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Normes sociales
normes descriptives
normes prescriptives
“c’est normale”
→ ça va de soi ?
norme
→ socialement construite
à travers le temps, la population, le contexte
Normes descriptives
niveau moyen d’apparition d’un phénomène («ce que tout le monde fait»)
normes de fait, de pratique, de référence
termes voisins : usages, coutumes, habitudes
exemple : heures de repas
Normes prescriptives
ce qui apparaît comme valable, désirable, requis dans une situation donnée («ce qu’on doit faire»)
impliquent une attente, une contrainte
termes voisins: règles, règlements, lois, modèles
exemple : règles de bienséance
Exemples de normes
normes de consommation
normes de réciprocité
normes de travail
normes de coopération et de participation
position /situation / contexte
intraindividuelle
interindividuelle
intergroupe
idéologie
Les normes sociales portent sur :
des comportements, conduites
des jugements, attitudes, opinions, croyances
→ renvoi à la classe sociale
Une norme sociale
arie en fonction de groupes, catégories sociales
– Est l’expression d’une collectivité (consensus, identité du groupe)
– Fait l’objet d’un apprentissage/transmission sociale
– Organise les relations sociales au sein du groupe
Fonctions sociales des normes
récompenses pour conduites normatives
grâce au conformisme avec des normes, on devient un « bon » membre du groupe
les normes d’un groupe définissent son identité
sanctions pour violations de normes
en violant les normes, on devient un « mauvais » membre du groupe (voire expulsé)
→ normes apportent stabilité et ordre, des relations prévisibles (« lubrifiant » social)
Désindividuation - vue d’ensemble
effets de désindividuation
rôles sociaux : Zimbardo vs. Reicher
l’effet spectateur : Dilution de la responsabilité – Anonymat vs. Identification
théories de désindividuation
psychologie des foules
psychologie de la désindividuation
approche sociale de la désindividuation
La désindividuation
quels sont les effets :
de l’endossement de rôles sociaux
de l’appartenance (temporaire) à un collectif social (par ex. foule) ?
hypothèse de base
→ situation collective à désindividuation
l’interprétation des effets de la désindividuation dépend :
du point de vue de l’observateur (intérieur vs. extérieur)
du niveau d’explication (1, 2, 3, 4)
La désindividuation et les comportements des foules peuvent être expliqués aux quatre niveaux d’analyse :
« Pulsions », « instincts animaux »
(psychologie des foules classique: Le Bon, McDougall)
foule rend individus dangereux et irrationnels
influence situationnelle, imitation (Zimbardo)
individus malléables qui « se fondent » dans des rôles sociaux
relations intergroupes et identification sociale (Reicher)
expérience collective et affirmation d’une identité positive
engagement idéologique
mouvements sociaux coordonnés et organisés en faveur d’idéaux politiques
Contextes des effets de la désindividuation
comportements d’aide
→ “effet spectateur”
Kitty Genovese
comportements collectifs
→ manifestations, sport
rôles sociaux
→ uniformes
avec → pareil que les autres
sans → différent que avec

Le pouvoir du rôle et de la situation
la prison fictive (Zimbardo, 1971)
situation
reconstructiond’une prison fictive
participants volontaires catégorisés au hasard en détenus ou en gardiens
tâche
organisationspontanéede la vie en prison
résultats
très rapidement : révolte des détenus, répression de la part des gardiens
dégradation du climat relationnel
mauvais traitements, brutalités de la part des gardiens
apathie des détenus
interruption de l’expérience après six jours, au lieu de deux semaines...

Conclusions de Zimbardo
les gens se trouvant dans les mêmes rôles manifestent des conduites similaires
participants interchangeables
→ n’importe qui peut devenir violent et autoritaire
les gens sont “malléables”
→ identification puissante et rapide à de nouveaux rôles
mais quels mécanismes ?
→ variable indépendante pas claire
imitation ?
endossement passif de nouvelles normes ?
désindividuation ?
Conclusion de l’étude
l’expérience est critiquable, car elle :
attribue toute responsabilité des comportements inhumains à la situation
déresponsabilise les individus en les considérant comme des « victimes passives » des rôles sociaux
OR : il y a des «bons» et des «mauvais» gardiens, ceux qui refusent de jouer le jeu et ceux qui se fondent dans leur rôle
→
$l’autonomie et la responsabilité individuelle permettent de résister aux pressions sociales
Autres effets néfastes de la désindividuation
étudiantes habillées en Ku Klux Klan donnent des chocs électriques deux fois plus longs que des sujets portant un badge avec leur nom (Zimbardo, 1970)
→ contexte personnelle (identification) = facteur important
équipes de football americain et de hockey habillées en noir sont les plus agressifs (Frank & Gilovich, 1988)
uto-perception (joueurs) et hétéro-perception (arbitres)
BBC prison study – Reicher & Haslam (2006)
→ l’alternative à Zimbardo
sélection
322 candidatures
15 ont été retenues, en fonction de critères éthiques et scientifiques
5 gardiens,10 détenus,«psychologiquement similaires »
mise en situation planifiée pour 14 jours, filmée pour une série TV à la BBC
quelques résultats
les gardiens se sont peu identifiés à leur rôle, étaient mal à l’aise, divisés
les détenus ont exploité cette division, en imposant de nouvelles normes
un système plus autoritaire, tyrannique, s’est progressivement mis en place, à la suite de l’échec d’imposer un système démocratique (situation ambiguë, sans véritable organisation)
l’étude est interrompue le jour 8, à cause de conditions chaotiques et incontrôlables
conclusions
différence entre rôle hétéro-attribué et auto-attribué
« Vous êtes gardien » vs. « Je suis gardien »
→ les individus ne se conforment pas aveuglement à des rôles sociaux
→ ce qui est dangereux, ce ne sont pas les normes des groupes (Zimbardo), mais l’absence de normes qui prédispose les individus à accepter un système hiérarchique, tyrannique
→ le sentiment d’impuissance et d’incapacité rend les solutions autoritaires attractives
→ on reste responsable de nos actes

Kitty Genovese † 1964
→ effet témoin / spectateur et psychologie de la foule
Queens, New York: Jeune femme assassinée la nuit du 13 mars 1964
le crime deviendra vite un mythe aux conséquences nationales et internationales
Les événements tels que rapportés par la presse
KG rentre la nuit de son travail, et se fait suivre par un homme qui la rattrape et la poignarde
suite à l’intervention d’un voisin, le meurtrier s’éloigne, mais revient quelques minutes plus tard, se rendant compte que personne ne vient à l’aide
il la poignarde à nouveau, fatalement
durant deux semaines, le meurtre est traité comme un fait divers parmi d’autres, mais après, sur la base du rapport de la police, c’est l’explosion médiatique :
→ «38 personnes ont observé, depuis leurs appartements, un meurtre qui a duré 30 minutes. Aucun n’est intervenu ou n’a appelé la police.»
De crime à légende : Que s’est il passé?
L’inspecteur de police rencontre un responsable de la New York Times, et lui présente une version « simplifiée », voire erronée des faits. Car en réalité:
pour beaucoup d’observateurs il n’était pas clair ce qui se passait (manque d’information plutôt qu’apathie)
plusieurs personnes sont intervenues, et au moins un appel à la police n’a pas abouti
le chiffre de 38 est arbitraire, voire faux
→ seulement 2 personnes auraient réellement dû intervenir.
Convaincu du potentiel vendeur de la narration de l’apathie urbaine, la NYT publie un article (non vérifié) à la une.
→ la distorsion délibérée de la réalité créé le mythe de l’apathie urbaine
Conséquences
nombreux articles de presse, débats TV, ouvrages, aussi au niveau international
à l’origine d’une discussion nationale sur le début de la fin de la « bonne société »
à l’origine des théories sur l’effet spectateur (bystander effect)
le meurtre devient une légende, un mythe de la déchéance urbaine : apathie, égoïsme, indifférence, aliénation, inhumanité
→ symbolise les effets pervers de l’anonymat urbain et la fin d’une époque idéalisée

L’effet spectateur / témoin – Bystander effect
un phénomène qui décrit des situations dans lesquelles les individus n’interviennent pas ou n’offrent aucune aide à une victime lorsque d’autres personnes sont présentes
la probabilité d’aide est inverse au nombre de spectateurs
The unresponsive bystander – Latané & Darley (1970)
expérience avec étudiants qui attendent, seuls ou en groupes de trois (avec deux sujets naïfs ou deux compères), dans une salle d’attente
de la fumée se dégage de l a bouche de ventilation...
résultats
75% des sujets qui attendaient seuls sont intervenus
10% des sujets en groupe avec compères passifs sont intervenus
38% des groupes de sujets naïfs sont intervenus
Crise nerveuse – (Darley & Latané, 1968)
déroulement
des étudiants participent à des discussions sur des problèmes personnels à l’université
salles individuelles, écouteurs : P (participant) pense que d’autres participants se trouvent dans d’autres salles
P anonymes, expérimentateur n’écoute pas discussions
ordre de parole prédéfini (discussions préenregistrées), P en dernier
premier tour : Description des problèmes,
deuxième tour : réactions des autres
variable expérimentale (indépendante)
→ nombre de P à la discussion (2 à 6)
la discussion et la crise
premier tour : la future victime par le en premier, dit qu’elle a parfois des crises nerveuses graves, les autres décrivent à leur tour leurs problèmes
deuxième tour : la victime commence à bégayer, dit des choses incohérentes, annonce une attaque, appelle de l’aide, est clairement en état de détresse
le comportement d’aide : sortir et avertir l’expérimentateur
résultats

Deux processus à la base de l’effet spectateur
dilution de responsabilité
division de la responsabilité personnelle ressentie par le nombre de témoins présents
ignorance plurielle
définition de la situation
→ on s’appuie sur autrui pour savoir si une situation est urgente ou non
→ l’inactivité d’autrui dissuade et décourage l’intervention
Ignorance plurielle – Miller & Prentice, 1994
perception erronée de l’opinion majoritaire
sur- ou sous-estimation
opinion minoritaire perçue comme une opinion majoritaire
tendance à se comporter en conformité avec la norme majoritaire perçue, même si cela implique un comportement contraire à ses propres valeurs
acceptation publique, rejet privé de la norme
peur d’isolation et d’embarras comme motivations sous-jacentes à l’ignorance plurielle
« Trick-or-Treat » – Diener, Fraser, Beaman & Kelem, 1976
L’expérience
observation de 1352 enfants faisant le tour de 27 maisons dans la ville de Seattle
enfants soit SEULS, soit EN GROUPE
→ pas choisi par expérimentateur mais simple observation de la réalité
l’« habitant » est un compère, et invite les enfants à rentrer
à la moitié, il demande nom et adresse (condition IDENTIFIE)
→ 1/2 est donc anonyme
il dit aux enfants de prendre un seul bonbon, et quitte la pièce
→ les enfants sont seuls dans la pièces
des observateurs cachés notent le comportement des enfants
Résultats
Les enfants en groupe et anonymes « piquent » le plus de bonbons
→ non respect des consignes
Les enfants seuls et identifiés respectent le plus les normes
Conclusion
les comportements « contre-normatifs » sont le produit de situations spécifiques
groupes
anonymat
la désindividuation facilite / encourage la transgression des normes

Théorie classique de la désindividuation
désindividuation = état psychologique d’évaluation et de conscience de soi diminuée, provoquant des conduites contre-normatives et désinhibées
→ psychologue social
applications
Hooliganisme
foules violentes
guerre et génocides
Origines de la théorie
Gustave Le Bon (1895): Psychologie des foules
→ version moins ancrée dans son esprit

Individualisme et psychologie des foules
haut degré de contrôle de soi-même
la psychologie des foules est basée sur une croyance individualiste selon laquelle un « bon » comportement est le résultat d’intentions individuelles contrôlées
seuls les individus avec un haut degré de contrôle de soi seraient capables de se comporter de façon responsable et « civilisée »
ne vas pas autant de soi que ce qu’on peut penser
anonymat diminuerait le sentiment de responsabilité (compris comme le respect des normes du groupe dominant)
le fait de ne pas être identifié et identifiable réduirait les restrictions internes
→ comportements régressifs, émotionnels, impulsifs, intenses, antisociaux
→ foules destructives
situation collective / Foule
→ absence d’individualité et perte de repères
comportements contre-normatifs
Problèmes avec la théorie « classique » de désindividuation
ne cherche qu’à montrer les effets négatifs des foules et des groupes
Exagération des forces situationnelles et minimisation de la possibilité de contestation
Le groupe est vu comme détruisant le jugement autonome et la capacité d’action individuelle
on garde notre capacité de contrôlé / resceptible
Le symbolisme de la foule
les foules comme symboles de désordre, de la non- civilisation, de l’irrationalité
l’image de la personne dans la foule est l’exact opposé d’une personne valorisée dans les sociétés occidentales
foules décrites comme sauvages, émotionnelles, agressives
stéréotype « collectiviste », féminin (hystérie)
les foules comme menace à un ordre social civilisé, ordonné, stable
Fonctions politiques
historiquement, la psychologie des foules servait à délégitimer les foules ouvrières du 19ème siècle devenues menaçantes pour les classes bourgeoises
l’image de foules dangereuses sert (toujours!) à légitimer l’ordre établi et à délégitimer toute tentative collective de changement social
Explication alternative des effets de désindividuation – Reicher, 1984
→ théorie de l’identité sociale
Approche des foules en termes de la théorie de l’identité sociale – Reicher, 1984
base sociale, et non individuelle, du comportement collectif
tenir compte des normes situationnelles, contextuelles, émergentes
analyser les comportements collectifs en fonction de l’identification aux groupes (foules)
Hypothèse générale
la participation à un mouvement collectif (foule) rend saillant
l’appartenance au groupe
le contexte intergroupe (par ex. manifestants vs. police)
→ ennemi commun
l’identité personnelle s’affaiblit au détriment
de l’identité sociale (groupale)
les normes du groupe deviennent plus saillantes
Analyse sociale du comportement des foules
décrit une manifestation à Bristol en 1980
incidents entre manifestants (noirs) et forces de l’ordre (police)
deux contrastes dans l’analyse des comportements de foule
entre dynamiques à l’intérieur (intragroupe) de la foule et entre la foule et la police (intergroupe)
entre points de vue de l’intérieur et de l’extérieur de la foule
Dynamiques à l’intérieur des foules et entre la foule et la police
explication du comportement de la foule en fonction de dynamiques intra- et intergroupes
INTRA
→ solidarité, cohésion, ambiance chaleureuse, ennemi commun
→ positif
INTER
→ violence ciblée contre la police (hors groupe)
→ négatif
Points de vue de l’intérieur et de l’extérieur
pour les médias et la police (extérieur)
chaos, désordre, violence gratuite, désorganisation, incohérence, arbitraire
pour les participants (intérieur)
expérience collective
comportements collectifs sophistiqués et organisés
affirmation d’une identité positive du groupe
définition de la communauté (« défendre le quartier contre l’invasion de la police »)
Conclusion comportement des foules
le comportement des foules ne peut pas être expliqué par des facteurs individuels, psychologiques, mais par des facteurs sociaux :
sentiment d’appartenance au groupe, identité sociale
conflit intergroupe
sensibilité collective au contexte
→ « Qu’est-ce qu’on fait, en tant que communauté de St.Pauls, face à cette situation ? »
le comportement de la foule est limité par l’identité sociale et les normes du groupe
→ une foule est souvent ordonnée et organisée
Effets prosociaux et antisociaux des foules
manipulation du contexte normatif : sujets soit habillés en uniformes d’infirmières (norme prosociale), soit en Ku Klux Klan (norme antisociale)
portent ou non cagoule (DÉSINDIVIDUATION)
→ anonyme
→ accentue la norme
+ → ++
- → - -
⇒ adhésion
doivent infliger des chocs électriques fictifs à des compères
conclusion
l’anonymat et la désindividuation renforcent l’adhésion aux normes du groupe, qu’elles soient pro-sociales ou anti-sociales
contrairement aux théories classiques, la désindividuation augmente la sensibilité au contexte
le contexte détermine le type de comportement collectif

Méta-analyse sur les effets de la désindividuation
analyse globale sur le lien entre manipulations de désindividuation (taille des foules/groupes) et comportements pro- et anti-normatifs
60 études avec 4714 participants
Résultat
r = .09, p < .001 (effet faible, mais significatif)
→ il existe un lien, mais seulement faible, entre désindividuation et comportements agressifs, inappropriés, hostiles, antisociaux, ...
Lien entre taille de l’échantillon et comportements anti-normatifs

Conclusions générales
la désindividuation
→ anonymat, grands groupes, réduction de conscience de soi
augmente la saillance de normes situationnelles
plutôt que de représenter l’effondrement de l’ordre social, les comportements des foules sont régulés par d’autres normes
La foule
“There are in fact no masses; there are only ways of seeing people as masses”
(Raymond Williams, 1958)
la foule ne fait pas n’importe quoi