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société urbaine hiérarchisée, tensions sociales, économiques et politiques. interroge à la fois les formes de rébellion propres au milieu urbain et les mécanismes mis en place par les autorités pour les contenir.
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Sociétés dangereuse?: plus de pain moins d’impôts époque moderne marquée par les révoltes rurales: Les croquants, c’est qui ?
paysans du Sud-Ouest de la France qui se soulèvent au XVIIe siècle contre les impôts royaux écrasants
révolte de 1636 en Périgord où 8 000 insurgés armés de faux et de bâtons s'emparent de Bergerac avant d'être violemment réprimés par l'armée royale
les révoltes rurales sont écrasées sous Louis XIV et disparaissent progressivement
• Les Nu-pieds de Normandie (1639) : révolte contre la gabelle (impôt sur le sel)
→ Richelieu envoie le maréchal de Gassion avec une armée régulière qui massacre les insurgés ; le chef de la répression reçoit les félicitations du roi
réalité enpourcentages des participations aux révoltes dans les lieux urbains: De 1661 à 1789
40% des émeutes en ville alors ils ne rassemblent que 15% de la population du royaume.
dans 30% des cas, ces révoltes mobilisent plus de 50 personnes
motifs des révoltes
Les émeutes frumentaires, liées à la faim et à la hausse des prix
Les impôts : la création d'un nouvel impôt = résistances ; la ville est largement mise à contribution, notamment via des taxes sur les denrées
Les gens de guerre : le logement forcé d'un régiment en ville génère un phénomène de peur et de résistance
Les spécificités urbaines portuaires : lors d'une déclaration de guerre, l'empressement (enrôlement forcé) des matelots provoque des révoltes, surtout sous Louis XIV
Les motifs quotidiens : accrochages avec la police, agitation de la jeunesse turbulente
contexte de ces tensions
la soudure: notamment au mois de mai, moment où les réserves de l'année passée s'épuisent avant la nouvelle récolte qui a lieu vers juillet
les formes de révoltes urbaines
L'émotion populaire désigne quelque chose de bref et spontané. Elle suit un mécanisme identifiable : contexte de hausse des prix au moment de la soudure (mai-juin), problème d'approvisionnement en pain
de quoi s’accompagne l’émotion populaire ?
rumeurs sur les grains : s'il n'y a plus de pain, c'est qu'il y a des accapareurs (pour les revendre + chère) → accusent les navires → attaquent
déclenchement de l’action collective
infractions réelles ou supposées (tricherie sur les poids et mesures)
représentation dans les révoltes
pas de meneur identifiable, mais forte représentation féminine (chargés des achats quotidiens)
cibles: meuniers, boulangers
l’émotion populaire connait une phase politique
émeutiers → hôtel de ville ou devant cour souveraine pour exiger un max des prix et perquisitions pour débusquer les réserves
peu réprimé car légitime de se soulever pour la faim
la révolte est aussi causé par des réformes économiques: Bertin-Laverdy (1763-64)
libéralise le commerce du grain MAIS appliqué lors d’une mauvaise récolte = brise l’image du roi nourricier = les paysans croit à un «pacte de la famine»
= guerre des Farines 1775 (10 000 émeutiers)
la révolte est aussi généré par la création d’impôts
surtout au printemps: révolte du papier timbré à bordeaux en 1675
révolte du papier timbré à bordeaux 1675
taxe sur le papier officiel et sur l'étain, provoque une insurrection violente. Le cri de ralliement est : "Vive le roi sans la gabelle !". Le cortège se forme en ville et cible les collecteurs d'impôts.
Travail et sédition: introduction dès le XVIe siècle à la grève
"cloque" à Sedan
le "tric" à Lyon
tensions naissent du blocage de l’ascension sociale :quasi impossible d’être maîtres de métier
Toulouse: les droits d'entrée dans la corporation des menuisiers s'élèvent à 50 livres pour un fils ou gendre de maître, et à 300 livres pour les autres
Travail et sédition: conditions de travail difficiles, encadrement plus étroit des ouvriers, retards de paiement alimentent également les contestations :
À Nantes (1750-1789) : agitation ouvrière réclamant de meilleurs salaires, des repas plus copieux et des paiements réguliers
Manufacture Van Robais (Abbeville) : grève de 17 mois, conclue par une répression sévère avec envoi de dragons
Sedan, 1er août 1750 : 600 tondeurs, retiennent l'appel à la "cloque", bloquent l'accès aux ateliers pendant 1 mois et demi ; la grève échoue
Lyon, 1786 : la "guerre des 2 sous": les ouvriers en soie réclament une revalorisation de deux sous du tarif des façons (le prix payé par pièce) ; affrontement armé avec les cavaliers de la maréchaussée
Travail et sédition: conditions de travail difficiles, encadrement plus étroit des ouvriers, retards de paiement alimentent également les contestations : Paris, avril 1789 Affaire Réveillon
insurrection populaire (faubourg Saint-Antoine jusqu'au quartier Notre-Dame).
oppose des ouvriers au fabricant de papier peint Jean-Baptiste Réveillon: estime que 15 sous par jour suffisent à faire vivre un ouvrier.
On observe :convergence des luttes les ouvriers du faubourg Saint-Antoine sont rejoints par ceux des ports et du faubourg Saint-Marcel. Une identité collective ouvrière commence à se former. La garde envoyée pour réprimer refuse partiellement d'agir contre les révoltés
exemple de création d’identité collective ouvrière
les ouvriers du faubourg Saint-Antoine sont rejoins par ceux des ports de Saint-Marcel pendant l’Affaire Réveillon
Délinquance urbaine: pourquoi la criminalité urbaine est difficile à saisir ?
connue qu'à travers les rapports de police (pris et punis): Vol, prostitution et autres délits composent un tableau partiel de la réalité.
évolutions de la nature des crimes
criminalité sur personnes → sur les biens (très courant)
plus rares: violences sur les représentants de l’autorité royale + délits de mœurs (disparaissent des registres judicaires)
type de vol qui prédomine la criminalité urbaine
plus fréquent: argent liquide, argenterie, vêtements, bijoux
vol au travail (vu comme trahison)
vol de soie
données judiciaires comparées
Juridiction | Délits contre les biens | Délits contre les personnes | Délits contre les mœurs |
|---|---|---|---|
Parlement de Toulouse (1760-1790) | 50% | ~33% | 10% |
Châtelet de Paris (2e moitié XVIIIe) | 92% | 5% | — |
profil des criminels
maj. : hommes, jeunes (la moitié a entre 21 et 30 ans), d'origine migratoire, exerçant des métiers instables
femmes représentent 20% des arrêtés.
preuve archive des profils des criminels à Paris
par l’historienne Arlette Farge, spécialiste du Paris des Halles, d’après les archives de l'inspecteur de police Poussot (1738-1754) :
sur 3 000 hommes et femmes arrêtés, 69% ne sont pas parisiens,
2/3 ont moins de 30 ans
1/3 est arrêté pour vol (à la tire ou en bande organisée).
contrôler les populations urbaines: définition du terme policier à l’époque moderne (qui se rapproche de la définition de Nicolas Delamare)
organiser, civiliser la société urbaine dans son ensemble
Nicolas Delamare et sa définition de la police
traité de la police 1705 définit la police comme 3l’art de gouverner les hommes et de leur faire du bien3
CPU: FC: la police relève de plusieurs domaines: l’ordre public
salubrité, sécurité, lutte contre les incendies, circulation
CPU: FC: la police relève de plusieurs domaines: La police économique
encadrement des marchés et du commerce
CPU: FC: la police relève de plusieurs domaines: police sociale
enregistrement et surveillance des corporations et métiers
CPU:FM: milice urbaine
force collective émanant des citoyens
CPU:FM: maréchaussée
environ 3 000 hommes à partir de 1720, déployée dans les villes et bourgs
CPU:FM: guet
sergents patrouillant la nuit et intervenant lors des émeutes
CPU:FM: cours souveraines
dotées de leurs propres forces
CPU:FM: L'armée
mobilisée pour le maintien de l'ordre en temps de paix
réforme majeure de 1667 pour l’organisation du système policier à Paris
création de la charge de lieutenant général de police, exercée par Nicolas de La Reynie pendant 30 ans.
Sous ses ordres: 48 commissaires et 20 inspecteurs à l'échelle de la ville
sur quoi s’appuie le lieutenant général de la police
sur un réseau d’espions, appelés “mouches”: tenanciers de cabarets, prostituées
CPU: formes de contrôle: stratégie de ciblage
Lieux fréquentés : certaines rues, places, ponts, théâtres, marchés
Lieux à risque : hôtels et auberges (surveillance clientèle, contrôle prostitution et étrangers) → à Paris, tout hôtelier doit tenir un registre communiqué au commissaire du quartier
seconde moitié du XVIIe siècle, le contrôle s'intensifie à Paris
sous les lieutenants de police Sartine et Lenoir: se concentrent sur les quartiers centre où y’a la popu salariée: Saint-Denis, de la Grève, Saint-Martin
but: limiter la mobilité des travailleurs
distinction entre le domestique et l’ouvrier
liberté du contrat de travail: pour l’ouvrier partir quand il le souhaite = marque de dignité
la monarchie cherche progressivement à encadrer la liberté des ouvriers
1749 : obligation du congé par écrit avant de quitter un employeur
1781 : création du livret ouvrier, délivré par les corporations, pouvant être exigé par la police. Il retrace les entrées et sorties chez les maîtres successifs, reconstituant la carrière de l'ouvrier, et vise à limiter la concurrence entre maîtres
la logique de l’encadrement des libertés de l’ouvrier s’inscrit dans une évolution globale vers le contrôle sociale amorcée dans l'armée
1716 : les soldats doivent porter un certificat de congé ; sans lui, ils sont considérés comme déserteurs. Ce document porte une description physique sommaire (âge, taille, couleur des cheveux)
pratique s'applique aussi aux criminels : identification par le fer rouge
deuxième moitié du XVIIIe siècle, par un papier mentionnant nom, âge, etc., rédigé par l'intendant et le curé
généralisation des pratiques du contrôle sociale entre 1715-1720: 2 contextes
démobilisations à la fin des guerres de Louis XIV (armées à surveiller)
peste de Marseille (1720), qui impose les patentes de santé pour circuler.
→ logique de contrôle social systématique.
que prouve le certificat dans ce contrôle social systémique
l’enracinement d’une personne dans sa communauté:
Les porteurs de papiers sont protégés
les pauvres domiciliés
les mendiants autorisés
les ouvriers en attente d'emploi.
contrôler = réprimer ?: évolution de la répression judiciaire (peines corporelles)
Disparition des mutilations les plus atroces (arrachage de lèvres, d'oreilles, de langue)
Mise en place du bagne, notamment celui de Cayenne
Pour les femmes : enfermement hospitalier (la Salpêtrière à Paris)
Apparition de la peine de prison pour les femmes, étendue aux hommes dans les années 1760
contrôler = réprimer ?: évolution de la répression judiciaire (peines corporelles): Évolution de la peine des galères :
XVIIe siècle, les galériens sont marqués au fer rouge et envoyés à Marseille pour ramer ;
XVIIIe siècle, les galères étant moins utilisées, les condamnés effectuent des travaux forcés dans les arsenaux ou sur les routes
contrôler = réprimer ?: hiérarchie des juridictions
Les justices subalternes sont sévères : elles prononcent mort, galères et bannissement
Les parlements tendent à l'allégement des peines car ils disposent d'un éventail plus large : amendes, peines infamantes, blâme, etc.
→ souligner l'importance du "chiffre noir" et de l'infra-judiciaire : large part des conflits se règle hors tribunaux, chez le notaire ou arbitrage de personnes extérieures
contrôler = réprimer ?: Réprimer les séditions urbaines
Émotion populaire : peines mesurées, relative clémence car la faim légitime la révolte
Soulèvements contre le logement des gens de guerre : peines collectives; rasage des murailles, destruction de la Halle, descente des cloches (priver la ville de sa voix)
contrôler = réprimer ?:Réprimer les séditions urbaines: Soulèvements anti-fiscaux
envoi de l'armée + enquêtes pour identifier les meneurs,
exécutés publiquement.
contrôler = réprimer ?: soulèvement anti fiscaux exemple de Rennes 1675
révolte des Bonnets rouges: un violoniste identifié comme meneur est battu au fer, roué et écartelé.
Jean Rivé, aubergiste reconnu comme chef de la révolte, doit faire amende honorable en public: torche en main, demander pardon à Dieu, au roi et à la justice, avant d'être rompu vif sur l'échafaud, décapité, sa tête plantée sur un pic
contrôler = réprimer ?: Punitions collectives
Imposition de l'hébergement de régiments :
à Bordeaux en 1675, 18 régiments sont cantonnés en ville pour un coût d'1 million de livres ; à
Rennes, 6 000 hommes
Exil des cours de justice : à Bordeaux en 1675 le roi ordonne la "translation" du parlement, = son déplacement temporaire hors de la ville en signe de punition et de disgrâce