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Quand une suite (un) est-elle minorée ?
Lorsque l’ensemble {u_{n} : n \in \mathbb{N}_0\} possède un minorant.

Quand une suite (un) est-elle majorée ?
Lorsque l’ensemble {u_{n} : n \in \mathbb{N}_0\} possède un majorant.
Quand une suite (un) est-elle bornée ?
Lorsque (un) est à la fois minorée et majorée.

Théorème : Soit (un) une suite réelle. Si la suite (un) converge dans R, alors (un) est bornée.
Démonstration directe :
Supposons que un⟶u
Par définition de la convergence,
∀ε>0,∃n∗∈N tel que ∀n≥n∗,un∈[u−ε,u+ε].
Ainsi, pour tout n≥n∗,
u−ε≤un≤u+ε
Les termes situés avant le rang n∗ sont en nombre fini :
u1,u2,…,un∗−1
On pose alors m=min{u1,u2,…,un∗−1,u−ε} et M=max{u1,u2,…,un∗−1,u+ε}
On obtient donc, pour tout n∈N, m≤un≤M.
Par conséquent, la suite (un) est bornée.
Quelle est la réciproque du théorème : (un) est bornée ⟹(un) converge dans R
La réciproque est
(un) est bornée ⟹(un) converge dans R
Cette réciproque est fausse
Un contre-exemple est la suite :
un=(−1)n
Cette suite est bornée puisque :
−1≤un≤1,∀n∈N
Cependant, elle ne converge pas, car ses termes alternent entre
−1 et 1 :
−1,1,−1,1,…
Donc :
(un) borneˊe⇐(un) convergente
Quelle est la contraposée du théorème (un) converge dans R⟹(un) est bornée
Pour une implication A⟹B, la contraposée est ¬B⟹¬A.
Ici, la contraposée du théorème est donc (un) n'est pas bornée ⟹(un) ne converge pas dans R.
On peut aussi l'écrire :
(un) ne converge pas dans R⟸(un) n'est pas bornée.
</p><p>Cettecontraposeˊeesttoujoursvraie.</p><p>EXP:Consideˊronslasuiteu_n=n.</p><p>Sestermessont(u_n)=(1,2,3,4,\ldots).</p><p>Cettesuiten′estpasborneˊe,car\forall M\in\mathbb{R}, \quad \exists n\in\mathbb{N}telqueu_n>M</p><p>Parlacontraposeˊedu<strong><markdata−color="green"style="background−color:green;color:inherit;">theˊoreˋme</mark></strong>(u_n)convergedans\mathbb{R} \Longrightarrow (u_n)estborneˊe:</p><p>\boxed{(u_n)\text{ n'est pas bornée}\Longrightarrow (u_n)\text{ ne converge pas dans }\mathbb{R}}$$
Quand une suite (un) est-elle croissante ?
La suite (un) est croissante lorsque :
∀n1,n2∈N,n1<n2⟹un1≤un2.
Quand une suite (un) est-elle strictement croissante ?
La suite (un) est strictement croissante lorsque :
∀n1,n2∈N,n1<n2⟹un1<un2.
Quand une suite (un) décroissante ?
La suite (un) est décroissante lorsque :
∀n1,n2∈N,n1<n2⟹un1≥un2.
Quand une suite (un) strictement décroissante ?
La suite (un) est décroissante lorsque :
∀n1,n2∈N,n1<n2⟹un1>un2

Quand une suite est-elle (strictement) monotone ?
La suite (un) est monotone lorsqu'elle est croissante ou décroissante :
(un) est monotone⟺(un) est croissante ou deˊcroissante.
Elle est strictement monotone lorsqu'elle est strictement croissante
ou strictement décroissante :
(un) est strictement monotone⟺(un) est strictement croissante ou strictement deˊcroissante.

Théorème : Soit (un) une suite réelle. Si la suite (un) est croissante
et majorée, alors elle converge vers u=sup{un:n∈N0}
Démonstration directe : Posons u=sup{un:n∈N0}
Soit ε>0. Comme u est le supremum de l'ensemble des termes de la suite,
le nombre u−ε n'est pas un majorant de cet ensemble.
Il existe donc un rang n∗∈N0 tel que u−ε<un∗.
Comme la suite (un) est croissante, pour tout n≥n∗, un∗≤un.
On obtient alors u−ε<un∗≤un.
D'autre part, puisque u est un majorant de la suite,
un≤u<u+ε,∀n∈N0.
Par conséquent, pour tout n≥n∗, u−ε<un<u+ε.
Cela équivaut à ∣un−u∣<ε.
Ainsi,
un⟶u.

Théorème : Soit (un) une suite réelle. Si la suite (un) est décroissante
et minorée, alors elle converge vers u=inf{un:n∈N0}
Démonstration directe : Posons u=inf{un:n∈N0}.
Soit ε>0. Comme u est l'infimum de l'ensemble des termes de la suite,
le nombre u+ε n'est pas un minorant de cet ensemble.
Il existe donc un rang n∗∈N0 tel que un∗<u+ε
Comme la suite (un) est décroissante, pour tout n≥n∗, un≤un∗.
On obtient alors un≤un∗<u+ε.
D'autre part, puisque u est un minorant de la suite, u≤un,∀n∈N0
Ainsi, pour tout n≥n∗, u≤un<u+ε.
Comme u−ε<u,
on obtient finalement u−ε<un<u+ε.
Cela équivaut à ∣un−u∣<ε.
Par conséquent,
un⟶u.
Théorème : Soit (un) une suite réelle telle que un⟶u,u∈R
Alors toute sous-suite (unk) de (un) converge également vers u :
un⟶u⟹unk⟶u
Démonstration directe : Supposons que un⟶u
Soit ε>0. Par définition de la convergence, il existe N∈N0 tel que ∀n≥N,∣un−u∣<ε.
Soit (unk) une sous-suite de (un).
Comme la suite des indices (nk) est strictement croissante,
nk⟶+∞.
Il existe donc K∈N0 tel que ∀k≥K,nk≥N
Par conséquent, pour tout k≥K, ∣unk−u∣<ε.
Ainsi,
unk⟶u
Toute sous-suite de (un) converge donc vers la même limite u.
La contaposée de ce théorème : Soit (un) une suite réelle telle que un⟶u,u∈R
Alors toute sous-suite (unk) de (un) converge également vers u :
un⟶u⟹unk⟶u
Si une suite possède une sous-suite qui ne converge pas dans R, alors la suite elle-même ne converge pas dans
R :
(unk) ne converge pas dans R⟹(un) ne converge pas dans R.
Théorème : Limite d'une somme - Soient (un) et (vn) deux suites réelles telles que un⟶uetvn⟶v,
où u,v∈R.
Alors,
un+vn⟶u+v
Démonstration directe : Soit ε>0. Comme un⟶u, il existe
Nu∈N0 tel que ∀n≥Nu,∣un−u∣<2ε
Cela équivaut à u−2ε<un<u+2ε.
Comme vn⟶v, il existe Nv∈N0 tel que ∀n≥Nv,∣vn−v∣<2ε
Cela équivaut à v−2ε<vn<v+2ε.
Posons N=max{Nu,Nv}.
Pour tout n≥N, on peut additionner les deux encadrements :
u+v−ε<un+vn<u+v+ε.
En soustrayant u+v, on obtient −ε<(un+vn)−(u+v)<ε.
Donc, ∣(un+vn)−(u+v)∣<ε.
Par conséquent,
un+vn⟶u+v
Quel est la limite d’un produit de suites (un) et (vn) ?
(un)→u(∈R) et (vn)→v(∈R). Alors (unvn)→uv.
Quelle est la limite d'une suite (un) multipliée par une constante c ?
Quelle est la limite d'une suite multipliée par une constante ?
Soit (un) une suite réelle telle que un⟶u,u∈R, et soit c∈R une constante.
Alors,
cun⟶cu
Autrement dit,
n→+∞lim(cun)=cn→+∞limun=cu.
Quelle est la limite d'une combinaison linéaire de plusieurs suites
convergentes ?
Soient k suites réelles
(un(1)),(un(2)),…,(un(k)) telles que, pour tout i∈{1,…,k},
un(i)⟶u(i).
Soient également c(1),c(2),…,c(k)∈R, des constantes.
Alors,
c(1)un(1)+c(2)un(2)+⋯+c(k)un(k)⟶c(1)u(1)+c(2)u(2)+⋯+c(k)u(k)
Sous forme de somme :
i=1∑kc(i)un(i)⟶i=1∑kc(i)u(i)
Autrement dit, limn→+∞(∑i=1kc(i)un(i))=∑i=1kc(i)limn→+∞un(i).
Quelle est la limite de l'inverse d'une suite convergente ?
Soit (vn) une suite de réels non nuls telle que vn⟶v,v=0.
Alors,
vn1⟶v1
Autrement dit,
n→+∞limvn1=n→+∞limvn1.
Conditions importantes : vn=0etv=0.
Théorème : Soient (un) et (vn) deux suites réelles telles que un⟶u,u∈R, et vn⟶v,v∈R∖{0}.
On suppose également que vn=0,∀n∈N0.
Alors,
vnun⟶vu
Démonstration directe : On écrit vnun=un⋅vn1.
Comme vn⟶v avec v=0, le lemme sur la limite d'un inverse donne vn1⟶v1.
De plus,un⟶u.
En appliquant le théorème sur la limite d'un produit, on obtient un⋅vn1⟶u⋅v1.
Par conséquent,
vnun⟶vu
Limite d’un quotient de polynômes de même degré ?
Soient deux polynômes de même degré ℓ :
P(n)=cℓnℓ+cℓ−1nℓ−1+⋯+c1n+c0 et Q(n)=dℓnℓ+dℓ−1nℓ−1+⋯+d1n+d0, avec dℓ=0
Alors,
Q(n)P(n)⟶dℓcℓ
Lemme de comparaison : Soient (un) et (vn) deux suites réelles telles que vn⟶0.
Supposons qu'il existe N∈N0 tel que
∀n≥N,0≤un≤vn.
Alors,
un⟶0.
Démonstration directe : Soit ε>0.
Comme vn⟶0, il existe Nv∈N0 tel que ∀n≥Nv,∣vn∣<ε.
Posons N∗=max{N,Nv}.
Pour tout n≥N∗, on a simultanément 0≤un≤vn et ∣vn∣<ε.
Puisque vn≥0, on a ∣vn∣=vn.
Ainsi, 0≤un≤vn<ε.
Comme un≥0,
∣un−0∣=∣un∣=un<ε.
Par conséquent,
∀ε>0,∃N∗∈N0 tel que ∀n≥N∗,∣un−0∣<ε.
Donc,
un⟶0.
Théorème de l'étau : Soient (an), (bn) et (cn) trois suites réelles telles que an⟶a et cn⟶a.
Supposons qu'il existe N∈N0 tel que ∀n≥N,an≤bn≤cn.
Alors,
bn⟶a.
Démonstration directe : Pour tout n≥N, on a
an≤bn≤cn.
En soustrayant an aux trois membres, on obtient
0≤bn−an≤cn−an.
Or, cn−an⟶a−a=0.
D'après le lemme de comparaison, bn−an⟶0.
Comme bn=(bn−an)+an, et puisque bn−an⟶0etan⟶a,
la règle de la limite d'une somme donne bn⟶0+a=a.
Par conséquent,
bn⟶a.