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Pourquoi dit-on que la perte de biodiversité actuelle est principalement d’origine anthropique ?
Parce que les causes dominantes observées aujourd’hui sont liées aux activités humaines : destruction et fragmentation des habitats, surexploitation, pollution, espèces exotiques envahissantes, et changement climatique (qui s’ajoute souvent aux pressions existantes). Contrairement aux extinctions massives du passé souvent liées à des changements géologiques/climatiques.
Que signifie l’idée de “capital naturel” en économie de la biodiversité ?
C’est l’idée que la biodiversité et les écosystèmes constituent un stock (capital) qui produit en continu des flux de biens et services utiles aux sociétés humaines : nourriture, eau, matériaux, médicaments, régulation du climat, pollinisation, purification de l’eau, etc.
Quelles sont les 4 grandes catégories de services écosystémiques ?
Approvisionnement : nourriture, eau, bois, matériaux, ressources biologiques.
Régulation : climat, cycle de l’eau, érosion, maladies, filtration/purification.
Culturels : loisirs, esthétique, spiritualité, identité, éducation.
Support / soutien : production primaire, cycles des nutriments, formation des sols (services qui rendent possibles les autres).
Quelle différence entre valeur d’usage direct et valeur d’usage indirect ?
Usage direct : bénéfices obtenus en consommant/utilisant directement la ressource (bois, poisson, chasse, récoltes).
Usage indirect : bénéfices issus de fonctions écologiques sans consommer la ressource (régulation climatique, prévention de l’érosion, filtration naturelle de l’eau, pollinisation).
Qu’est-ce que la valeur d’option en conservation ?
C’est la valeur associée au fait de garder une ressource disponible pour le futur, même si on ne l’utilise pas aujourd’hui. Exemple : préserver une forêt peut permettre des usages futurs (médicaments potentiels, adaptation climatique, ressources génétiques).
Qu’est-ce que la valeur d’existence et pourquoi est-elle importante ?
La valeur d’existence est la satisfaction (éthique, émotionnelle, culturelle) de savoir qu’une espèce ou un écosystème existe, même si on ne l’utilise pas. Elle est importante car elle justifie la conservation au-delà de l’utilité matérielle : beaucoup de personnes veulent préserver des espèces rares ou des milieux uniques même sans bénéfice direct.
Qu’est-ce que la valeur intrinsèque ?
C’est l’idée philosophique que la nature a une valeur indépendante de l’homme : une espèce ne vaut pas seulement parce qu’elle est utile, mais parce qu’elle existe en tant qu’entité vivante, résultat d’une histoire évolutive. Cette notion entre parfois en tension avec les approches utilitaristes qui évaluent la nature via ses services.
Qu’est-ce qu’une externalité négative ? Donne un exemple.
Une externalité négative est un coût imposé à des tiers par une activité économique sans être inclus dans le prix. Exemple : une centrale au charbon vend de l’électricité, mais ses émissions (pollution, GES) entraînent des coûts de santé et des dégâts environnementaux supportés par la société. Le marché “sous-estime” donc le vrai coût de l’électricité.
Explique la tragédie des communs (Hardin, 1968).
Dans un système d’accès libre à une ressource commune (pâturage, poisson, forêt), chaque individu a intérêt à augmenter son prélèvement pour maximiser son bénéfice personnel. Mais si tout le monde agit ainsi, la ressource est surexploitée et finit par se dégrader ou disparaître. La logique individuelle rationnelle produit donc un résultat collectif catastrophique.
Comment la théorie de Gordon (1954) nuance-t-elle la vision de Hardin ?
La théorie de Gordon illustre le lien entre l’effort d’exploitation, les coûts et les revenus liés à une ressource naturelle. Au départ, lorsqu’une ressource est peu exploitée, comme un lac contenant beaucoup de poissons, les bénéfices sont élevés et les efforts nécessaires sont faibles. Cependant, lorsque de plus en plus de personnes exploitent cette ressource, il devient plus difficile d’obtenir la même quantité de poissons. Les exploitants doivent alors augmenter leurs moyens techniques et leurs investissements, par exemple avec de meilleurs filets ou des bateaux plus performants. Les coûts augmentent progressivement tandis que les revenus, après une forte augmentation initiale, finissent par diminuer à cause de la surexploitation de la ressource. Finalement, on atteint une situation où les bénéfices deviennent très faibles et à peine supérieurs aux coûts d’exploitation.
Qu’est-ce que l’empreinte écologique et que mesure-t-elle ?
Elle estime la surface biologiquement productive nécessaire pour fournir les ressources consommées et absorber les déchets (notamment le CO₂). Elle est exprimée en hectares globaux par personne et inclut terres agricoles, pâturages, forêts, zones de pêche, surfaces bâties, et empreinte carbone. Elle compare la demande humaine à la biocapacité de la planète.
Explique la formule IPAT et son intérêt.
IPAT : I = P × A × T
Impact = Population × Affluence (consommation par personne) × Technologie (intensité d’impact par unité).
Elle montre que l’impact environnemental dépend à la fois du nombre d’humains, du niveau de consommation et des technologies. Même si la technologie améliore l’efficacité, l’augmentation de la consommation peut annuler les gains (effet rebond).
Quels sont les objectifs principaux du Millennium Ecosystem Assessment (MEA) ?
Faire un état des lieux global des impacts humains sur les écosystèmes.
Produire des scénarios d’avenir : comment améliorer le bien-être humain (réduction pauvreté, santé, sécurité) sans effondrer les écosystèmes.
Mettre en relation explicite : bien-être humain ↔ état des écosystèmes.
Quels sont les effets directs et indirects du développement humain sur les écosystèmes selon le MEA ?
Effets directs : changement d’usage des sols (forêts → cultures/villes), intensification agricole (engrais, pesticides, irrigation), surexploitation, pollution, espèces invasives, contribution au climat.
Effets indirects (facteurs sous-jacents) : croissance de population, développement économique, évolutions sociopolitiques, progrès techno-scientifique.
Quelles sont les 6 méthodes principales de valorisation économique des services écosystémiques ?
Coût évité : coût à prendre en charge pour échapper à un autre coût + important. Par exemple, le coût de la rétention d’eau par les forêts vaut le prix des dommages évités par les inondations
Coût de remplacement : coût de remplacement d’un service naturel → installation humaine. Par exemple, le cout d’un réservoir naturel vaut le prix de remplacement de celui-ci par un réservoir non-naturel
Revenu des facteurs : amélioration des rendements d’autres activités profitant du service. Par exemple, le coût des services écosystémiques vaut l’argent qu’ils nous permettent d’obtenir (bois, poissons)
Coût de déplacement : un service peut demander un transport à intégrer. Par exemple, le coût des sites de loisirs vaut le prix du nombre de visiteurs et du coût pour s’y déplacer
Prix hédoniste : un service influence la valeur du marché d’autres biens. Par exemple, la valeur (coût) de l’écosystème autour d’une maison modifie le prix de vente de cette dernière
Evaluation contingente : attribution d’un coût accepté en regard d’alternatives, la biodiversité vaut la valeur qu’on lui donne (sondage)
Pourquoi les services écosystémiques sont-ils difficiles à quantifier ?
Les services d’approvisionnement (nourriture, bois, eau) sont relativement faciles à quantifier car ils ont une valeur marchande. En revanche, les services de régulation (climat, pollinisation), de support (cycles écologiques) et culturels (paysage, patrimoine) sont beaucoup plus difficiles à monétiser. Ils n’ont pas de prix direct sur le marché, mais sont pourtant essentiels au fonctionnement des écosystèmes et au bien-être humain. Cette difficulté rend leur prise en compte dans les décisions économiques plus complexe.
Qu’entend-on par “empreinte écologique globale” d’un territoire ?
L’empreinte écologique globale reflète le fait qu’un territoire consomme des ressources et des services produits ailleurs. Par exemple, une ville comme Londres dépend de ressources importées (nourriture, matières premières) et des services écologiques associés (eau, carbone, biodiversité). Inversement, des régions comme Madagascar produisent des services à différentes échelles (locale, régionale, globale). Cela montre que la consommation des pays riches repose largement sur des écosystèmes situés dans d’autres régions du monde.
Pourquoi l’argument économique est-il utilisé en conservation (ex : Virunga) ?
L’argument économique vise à montrer que la nature a une valeur monétaire, souvent supérieure à celle obtenue par sa destruction. Dans le cas du parc des Virunga, le WWF tente de démontrer que la conservation (tourisme, services écosystémiques, carbone) peut générer plus de revenus que l’exploitation pétrolière.
La valeur actuelle correspond aux bénéfices déjà générés par l’écosystème, comme la pêche ou l’hydroélectricité. La valeur potentielle correspond aux bénéfices futurs possibles, comme le développement du tourisme, les paiements pour stockage de carbone ou la valeur de non-usage. Cependant, cette valeur potentielle repose souvent sur des hypothèses incertaines et peut être difficile à réaliser concrètement. Cela montre les limites de l’argument économique en conservation.
Quels sont les trois grands objectifs de la biologie de la conservation ?
Le premier est de documenter la biodiversité, c’est-à-dire inventorier les espèces existantes, comprendre leur répartition et leur diversité génétique.
Le deuxième est d’étudier l’impact des activités humaines sur cette biodiversité, en identifiant les causes de déclin, les mécanismes écologiques impliqués et les tendances à long terme.
Le troisième consiste à développer des solutions pour limiter les pertes de biodiversité.
Les deux premiers objectifs relèvent principalement de la science. En revanche, le troisième implique nécessairement des valeurs, des choix politiques et la participation d’acteurs variés comme les décideurs, économistes, gestionnaires et citoyens.
Quels sont les trois niveaux de biodiversité ?
La diversité des espèces correspond au nombre d’espèces présentes et à leur répartition géographique.
La diversité génétique concerne la variabilité des allèles au sein d’une espèce, essentielle pour la santé des populations et leur capacité d’adaptation.
La diversité des écosystèmes correspond à la variété des milieux naturels et à leur bon fonctionnement écologique (cycles de nutriments, interactions trophiques, stabilité).
Pourquoi la diversité génétique est-elle essentielle en conservation ?
Une forte diversité génétique augmente la fitness des populations. Elle réduit les effets de la consanguinité, améliore la résistance aux maladies et augmente la capacité d’adaptation face aux changements environnementaux (sécheresse, chaleur, acidification, nouveaux pathogènes).
À l’inverse, une faible diversité génétique rend une population vulnérable. Si tous les individus partagent des allèles sensibles à une maladie ou à un stress environnemental, la population peut s’effondrer rapidement.
Pourquoi la définition d’une espèce est-elle cruciale en conservation ?
L’espèce constitue l’unité pratique principale de la conservation (statuts UICN, protection juridique, plans d’action).
Modifier la définition d’une espèce peut changer le nombre d’espèces reconnues, leur aire de répartition, la taille des populations, leur statut de menace.
En quoi la génomique a-t-elle modifié la perception de la biodiversité ?
Les techniques modernes (RAD-seq, barcoding ADN, séquençage haut débit) permettent de détecter des espèces cryptiques invisibles morphologiquement.
Cela augmente le nombre d’espèces reconnues et révèle des espèces à aire restreinte, donc potentiellement plus menacées. La biodiversité ne s’accroît pas réellement : notre résolution scientifique s’améliore.
Qu’est-ce qu’une espèce indigène ?
Une espèce indigène est une espèce présente naturellement dans une région, sans introduction récente par l’être humain.
Cependant, déterminer si une espèce est indigène peut être difficile car il n’est pas toujours possible de savoir depuis combien de temps elle est présente dans une région ou si elle a été introduite très anciennement.
Certaines espèces introduites il y a très longtemps sont appelées archéophytes. Les archéophytes sont des espèces introduites avant 1500, les néophytes après 1500.
Qu’est-ce qu’une espèce introduite et comment les introductions peuvent-elles se produire ?
Une espèce introduite est une espèce présente dans une région à cause de l’action humaine.
L’introduction peut être :
volontaire, par exemple pour les plantes ornementales, la chasse, l’agriculture, les animaux exotiques…
involontaire, lorsque des organismes sont transportés accidentellement, par exemple : par les bateaux et les transports internationaux, avec des graines ou des spores transportées par l’homme...
Qu’est-ce qu’une espèce naturalisée et devient-elle forcément envahissante ?
Une espèce introduite devient naturalisée lorsqu’elle réussit à :
• survivre dans le nouvel environnement
• se reproduire
• maintenir une population stable sans aide humaine.
Une espèce naturalisée peut faire partie de l’écosystème local sans forcément causer de problème. Toutes les espèces introduites ne deviennent donc pas envahissantes.
Qu’est-ce qu’une espèce exotique envahissante et quels sont ses impacts ?
Une espèce exotique envahissante est une espèce :
• introduite en dehors de son aire naturelle
• capable de se reproduire et de se disperser rapidement
• qui perturbe les écosystèmes locaux.
Ces espèces peuvent :
• concurrencer les espèces indigènes
• modifier les habitats
• perturber les chaînes alimentaires
• réduire la biodiversité.
Exemples : Renouée du Japon, Berce du Caucase, Bernache du Canada, Rat musqué, Raton laveur.
Que sont les espèces archéophytes et les espèces apatrides ?
Les espèces archéophytes sont des espèces introduites par l’homme il y a très longtemps et naturalisées depuis des siècles, au point que leur origine étrangère est parfois oubliée.
Les espèces apatrides sont des espèces qui ne sont indigènes nulle part. Leur existence dépend directement de l’action humaine.
Exemple : la Spartine anglaise, issue d’une hybridation entre une espèce européenne et une espèce nord-américaine introduite.
Pourquoi les prairies extensives peuvent-elles être très riches en biodiversité ?
Les prairies extensives sont riches en biodiversité grâce à des pratiques agricoles peu intensives comme :
• la fauche tardive
• le pâturage modéré
• une faible fertilisation.
Cependant, l’intensification agricole entraîne :
• des fauches plus fréquentes
• l’utilisation d’engrais
• une homogénéisation des paysages.
Ces changements favorisent quelques espèces très compétitives et entraînent la disparition de nombreuses plantes à fleurs et des insectes pollinisateurs.
La biodiversité diminue donc fortement dans les milieux agricoles intensifs.
Pourquoi la perte de biodiversité n’est-elle pas toujours liée à la pollution ?
Un milieu peut être chimiquement propre mais écologiquement pauvre.
Par exemple, une prairie fauchée plusieurs fois par an peut contenir peu d’espèces car les plantes n’ont pas le temps de fleurir et de produire des graines.
À l’inverse, une prairie fauchée une seule fois par an peut abriter une grande diversité de plantes et d’insectes.
La biodiversité dépend donc fortement du mode de gestion du milieu.
Qu’est-ce que la translocation écologique et la restauration écologique ?
Lorsque les habitats sont modifiés, certaines espèces disparaissent tandis que d’autres colonisent le milieu. Ce changement de composition des espèces est parfois appelé translocation écologique.
Pour compenser la disparition d’habitats, on peut mettre en place des actions de restauration écologique, qui consistent à recréer artificiellement certaines conditions favorables aux espèces, par exemple en construisant des talus ou des structures de nidification.
Quelle est la différence entre espèces spécialistes et espèces généralistes ?
Les espèces spécialistes ont des exigences écologiques très précises et dépendent de certains habitats particuliers. Elles sont donc très sensibles aux modifications de l’environnement.
Les espèces généralistes ont une grande tolérance écologique et peuvent s’adapter à de nombreux habitats.
Dans les paysages modernes, les espèces spécialistes déclinent souvent tandis que les espèces généralistes deviennent plus communes, ce qui entraîne une homogénéisation biologique.
Pourquoi les espèces insulaires sont-elles particulièrement vulnérables ?
Les écosystèmes insulaires sont souvent très sensibles car de nombreuses espèces y ont évolué en absence de prédateurs terrestres.
Elles présentent donc des caractéristiques particulières :
• peu de comportements d’évitement
• faible capacité de fuite
• nidification au sol
• faible capacité de défense
Ces espèces sont dites naïves face aux prédateurs, car elles n’ont jamais été soumises à une pression de prédation importante et n'ont pas développé de comportements de défense efficaces contre les prédateurs. Lorsque de nouveaux prédateurs sont introduits (rats, chats, chiens), les populations peuvent décliner très rapidement.
Que sont les sanctuaires insulaires ?
Les sanctuaires insulaires sont des îles ou des zones protégées où l’on cherche à maintenir des conditions proches de l’état naturel.
Les mesures appliquées peuvent inclure :
• limitation de l’accès humain
• contrôle ou élimination des prédateurs
• protection des habitats.
Ces sanctuaires existent notamment sur certaines îles de Maurice, des Seychelles ou d’autres archipels océaniques.
Quelle est la différence entre sédentarisation et domestication ?
La sédentarisation correspond au passage d’un mode de vie nomade à un mode de vie sédentaire, où les populations restent durablement dans un même lieu.
La domestication correspond au processus par lequel l’être humain sélectionne et utilise certaines espèces végétales ou animales pour ses besoins.
Ces deux phénomènes sont souvent liés, car l’agriculture et l’élevage favorisent l’installation permanente des populations.
Pourquoi l’apparition de l’agriculture constitue-t-elle une grande rupture dans l’histoire humaine ?
Le passage des sociétés de chasseurs-cueilleurs aux sociétés agricoles sédentaires a entraîné :
• le développement de sociétés plus complexes
• la transformation des paysages
• l’augmentation de l’impact humain sur les écosystèmes.
L’agriculture est apparue indépendamment dans plusieurs régions du monde, appelées foyers de domestication.
Quelles plantes et animaux ont été le plus souvent domestiqués par les sociétés humaines ?
Dans différentes régions du monde, les sociétés humaines ont domestiqué des plantes fournissant des ressources essentielles :
• des plantes riches en énergie : blé, riz, maïs
• des plantes riches en protéines : lentilles, pois chiches, soja et autres légumineuses.
Plusieurs animaux ont été domestiqués dans différentes régions du monde, notamment :
• les chèvres
• les bovins
• les cochons
• les chiens (cas particulier car le chien aurait été domestiqué plusieurs fois indépendamment à partir de populations de loups).
Comment la domestication modifie-t-elle les espèces ?
La domestication transforme progressivement les espèces grâce à la sélection humaine. Les humains ont favorisé des individus :
• moins agressifs
• plus productifs
• produisant plus de graines ou de nourriture
• mieux adaptés aux besoins humains.
Au fil des générations, ces sélections modifient le génome et produisent des formes domestiques différentes des espèces sauvages.
La sélection humaine produit progressivement de nombreuses variétés ou lignées. Pour les plantes cultivées, on sélectionne par exemple :
• des variétés plus productives
• plus résistantes aux maladies
• adaptées au froid ou à la sécheresse.
Quel est le lien entre l’hypothèse du “déluge” et la diffusion de l’agriculture en Europe ?
Une hypothèse propose que la diffusion de l’agriculture en Europe soit liée à la montée du niveau de la mer à la fin de la dernière glaciation.
Lorsque les glaciers ont fondu le niveau des océans a augmenté, certaines zones autour de la mer Noire ont été inondées, ce qui fait que des populations humaines ont dû se déplacer. Ces migrations auraient pu contribuer à diffuser les pratiques agricoles vers d’autres régions d’Europe.
L’agriculture s’est diffusée en Europe selon deux grands fronts de progression.
Le front terrestre correspond à une diffusion progressive à travers les terres continentales, avec une expansion vers l’intérieur de l’Europe.
Le front maritime correspond à une diffusion par navigation le long des côtes méditerranéennes (Italie, sud de la France, Espagne, Portugal)
Quels sont les grands types d’évolution des systèmes agricoles au cours de l’histoire ?
Le premier système est souvent l’abattis-brûlis : on coupe les arbres, on brûle la végétation, puis on cultive quelques années grâce aux cendres qui enrichissent temporairement le sol. Quand le sol s’épuise, on abandonne la parcelle.
Ensuite apparaît le système à jachère et culture attelée, où l’on laisse certaines terres se reposer pour restaurer leur fertilité, tandis que les animaux de traction permettent de mieux travailler le sol.
Au Moyen Âge se développe l’assolement triennal, avec rotation entre céréales d’hiver, céréales de printemps et jachère, ce qui améliore la production.
Enfin, à partir du XIXe siècle, la révolution agricole moderne introduit machines, engrais et plus tard tracteurs, ce qui augmente fortement la productivité et réduit le besoin de jachère.
Pourquoi les prés de fauche et les paysages agricoles extensifs étaient-ils riches en biodiversité ?
Les prés de fauche étaient généralement fauchés une seule fois par an, souvent tardivement. Cela laissait aux plantes le temps de fleurir et aux insectes d’accomplir leur cycle de vie. De manière plus générale, les paysages agricoles extensifs comprenaient une grande diversité de milieux : champs, jachères, prairies, pâtures, haies, taillis et forêts résiduelles. Cette variété créait de nombreuses niches écologiques. De nombreuses espèces végétales et animales se sont adaptées à ces paysages façonnés par l’homme pendant des siècles.
Comment la productivité agricole a-t-elle évolué et quelles en sont les conséquences écologiques ?
Au départ, un agriculteur cultivait de petites surfaces avec des outils manuels et produisait relativement peu. Avec la traction animale, l’assolement triennal, puis la mécanisation et les engrais, la productivité a fortement augmenté. Aujourd’hui, un seul agriculteur peut exploiter des centaines d’hectares et produire des quantités très importantes. Cette hausse de productivité a eu deux grandes conséquences : d’une part, certaines terres ont été abandonnées ou transformées en villes, forêts ou zones industrielles ; d’autre part, les terres restantes ont été intensifiées avec engrais, pesticides, fauches fréquentes et monocultures.
Quels grands types de paysages agricoles existait-il en Europe ?
L’Europe n’a pas connu un seul modèle agricole. Dans les régions de l’assolement triennal, on trouvait de grands villages entourés de vastes champs ouverts presque sans arbres. Dans les régions méditerranéennes, on pratiquait plutôt un assolement biennal, alternant culture et jachère, complété par des cultures fruitières comme l’olive ou la vigne. Dans les régions plus septentrionales, on cultivait surtout des céréales de printemps à cause du froid. Le long de la façade atlantique, s’est développé le bocage, avec de petites parcelles entourées de haies. Ces haies servent de clôtures naturelles mais aussi d’abris, de corridors écologiques et de sources de nourriture pour de nombreuses espèces. Le bocage favorise donc une forte biodiversité
Quelles sont les grandes étapes de l’évolution de la biodiversité dans nos régions ?
L’évolution de la biodiversité dans nos régions peut être résumée en plusieurs phases. D’abord, les glaciations ont provoqué des déplacements d’espèces et certaines extinctions. Ensuite, à la préhistoire, la disparition d’une partie de la mégafaune a modifié les milieux. Après cela, une grande partie de l’Europe occidentale est devenue forestière. Puis, avec l’expansion humaine, surtout à partir de l’Antiquité et du Moyen Âge, les paysages ont été transformés par le déboisement, l’agriculture, le drainage des zones humides, l’aménagement des fleuves et la disparition progressive de nombreux écosystèmes comme les estuaires, tourbières et forêts alluviales.
Quelles transformations caractérisent la modernisation de l’agriculture aux XIXe et XXe siècles ?
La modernisation de l’agriculture se caractérise par plusieurs changements majeurs : la disparition progressive des jachères grâce aux engrais, la fin des pâturages communaux, l’apparition de clôtures artificielles comme le fil barbelé, l’introduction de nouvelles plantes venues d’Amérique comme le maïs, la pomme de terre et la tomate, ainsi que la mécanisation croissante. À cela s’ajoute le remembrement, qui regroupe les petites parcelles en grandes surfaces adaptées aux machines. Cette modernisation a augmenté la production, mais elle a aussi supprimé de nombreux éléments du paysage favorables à la biodiversité : haies, mares, talus, arbres isolés et jachères fleuries.
Les jachères accueillaient des plantes à fleurs, notamment des fabacées comme le trèfle ou la luzerne, qui nourrissaient de nombreux insectes pollinisateurs. Les haies, mares, talus et arbres isolés servaient de refuges, de lieux de reproduction et de corridors écologiques pour de nombreuses espèces.
Quel est le modèle actuel de conservation de la nature dans nos régions ?
Le modèle actuel de conservation repose souvent sur le maintien de milieux ouverts ou semi-ouverts hérités des anciennes pratiques rurales. C’est pourquoi de nombreuses réserves sont gérées par fauche tardive, pâturage extensif avec quelques vaches, moutons ou chèvres, ou entretien des landes et prairies maigres. L’objectif est d’éviter la fermeture du milieu par les broussailles et la forêt, afin de conserver les espèces qui se sont adaptées aux paysages agricoles extensifs anciens.
Pourquoi l’abissage est-il un bon exemple d’ingéniosité paysanne favorable à la biodiversité ?
L’abissage est une technique ancienne d’irrigation des prairies où l’on fait circuler de l’eau dans de petits canaux. Le but n’est pas d’arroser au sens classique, mais de réchauffer le sol au début de la saison et d’avancer la croissance de l’herbe. Cette pratique demandait un entretien manuel régulier, mais elle favorisait aussi des prairies humides très riches écologiquement.