Economie

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1
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Quelle est la différence entre economy et economics ?
L'economy désigne une partie de la réalité sociale : l'ensemble des activités de production, de distribution et de consommation des ressources (des faits concrets, historiquement et socialement situés). L'economics désigne la science économique, c'est-à-dire l'ensemble des théories, modèles et outils mobilisés pour analyser cette réalité. L'economics ne reflète donc jamais directement l'economy : elle en propose une lecture partielle construite à partir d'hypothèses théoriques.
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Pourquoi l'economics ne peut-elle jamais être une description neutre de l'economy ?
Parce que les économistes font des choix méthodologiques (quels acteurs considérer, quels mécanismes privilégier) qui reposent souvent sur des hypothèses normatives implicites (rationalité des individus, efficacité du marché, primauté de la croissance). Toute analyse économique est donc à la fois descriptive et interprétative, jamais purement objective.
3
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Qu'est-ce que la performativité d'une théorie économique ?
Une théorie est dite performative lorsqu'elle ne se contente pas de décrire le monde mais contribue à le transformer. Si les décideurs politiques, entreprises ou institutions s'appuient sur un modèle économique particulier, ils adaptent leurs comportements en fonction de ce modèle, ce qui rapproche la réalité de ses prédictions. L'economics influence donc l'economy qu'elle prétend analyser.
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Pourquoi les chiffres économiques ne sont-ils jamais totalement objectifs ?
Parce que mesurer un phénomène économique suppose toujours de le définir au préalable. Par exemple, mesurer le chômage implique de décider qui est considéré comme chômeur selon quels critères (recherche active d'emploi, disponibilité, âge). Ces choix sont conventionnels et reposent sur des cadres théoriques précis : mesurer, c'est déjà théoriser.
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En quoi l'économie est-elle à la fois une science sociale et une science normative ?
C'est une science sociale car elle étudie des comportements humains, des institutions et des rapports sociaux. C'est aussi une science normative car elle propose des critères d'évaluation (efficacité, croissance, optimalité, soutenabilité) et oriente les décisions publiques : elle ne se limite pas à dire « ce qui est », mais suggère aussi « ce qui devrait être ».
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Pourquoi la pluralité des approches économiques est-elle un atout ?
Parce qu'aucune théorie ne peut prétendre saisir à elle seule la complexité du réel. Le pluralisme permet de multiplier les angles d'analyse, de confronter les hypothèses et de révéler les angles morts des modèles dominants, ce qui est d'autant plus nécessaire que l'économie est traversée par des rapports de pouvoir et des inégalités.
7
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Pourquoi le capitalisme ne peut-il pas être expliqué par un seul facteur ?
Parce qu'il résulte de la convergence de plusieurs dimensions : technique (nouvelles techniques de production, machines), idéologique (philosophie des Lumières valorisant liberté, propriété, travail), politique (développement de l'État-nation qui standardise la vie sociale), économique (le salariat introduit concurrence entre employés/employeurs, division du travail, crédit bancaire) et sociétale (transition démographique, urbanisation, exportation forcée de main d'œuvre colonisée).
8
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Quels sont les trois critères permettant de caractériser le fonctionnement capitaliste ?
Le marché (dont la sphère d'influence n'a jamais été aussi large), la propriété (propriété privée des moyens de production et définition stable des droits de propriété) et l'entreprise (entité privée qui décide de l'orientation de la production, mue par la maximisation du profit). Aucune économie n'est aujourd'hui pleinement capitaliste ou non-capitaliste : ces critères servent à mesurer un degré de capitalisme.
9
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Quelles sont les trois explications théoriques des diversités entre capitalismes nationaux contemporains ?
1) La théorie des 'imperfections institutionnelles' (dite théorie FMI) : la diversité de performance tient à l'application plus ou moins aboutie des critères du capitalisme (marché, propriété, entreprise). 2) La théorie de la régulation : le capitalisme se définit par une combinaison plus ou moins cohérente de cinq types d'institutions (régime monétaire, rapport salarial, etc.), pas par une recette unique. 3) La variété des justifications/critiques du capitalisme : le système se transforme au fur et à mesure qu'il est critiqué (critiques sociales, artistes, écologiques).
10
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Comment la théorie néoclassique modélise-t-elle le comportement de l'individu (Homo œconomicus) ?
L'individu est caractérisé par ses préférences (supposées rationnelles : complètes, monotoniques, transitives, représentées par des courbes d'indifférence) et ses possibilités (représentées par sa droite de budget, selon ses revenus et les prix). Il choisit le panier de biens qui maximise son utilité, c'est-à-dire le point de tangence entre sa droite de budget et sa courbe d'indifférence la plus élevée.
11
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Comment la théorie néoclassique modélise-t-elle le comportement de l'entreprise ?
L'entreprise cherche à maximiser son profit (recettes moins dépenses). Sa fonction de production indique combien d'inputs sont nécessaires pour produire un output ; on suppose un rendement décroissant, donc des coûts marginaux croissants. Sa demande étant décroissante avec le prix, sa recette marginale est elle aussi décroissante. L'entreprise augmente sa production tant que le coût marginal est inférieur à la recette marginale, et s'arrête au point où ils s'égalisent (maximisation du profit).
12
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Quels sont les trois profils de rendement d'une entreprise dans la théorie néoclassique ?
Le rendement constant (il faut toujours le même nombre d'inputs pour produire un output), le rendement croissant (il faut de moins en moins d'inputs par output produit) et le rendement décroissant (il faut de plus en plus d'inputs par output produit). La théorie néoclassique standard suppose un rendement décroissant pour l'entreprise.
13
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Quel est le rôle de l'État dans le cadre néoclassique ?
Son action est considérée comme exogène (non expliquée par le modèle). Il agit selon deux leviers : intermédiaire de la consommation (dépenses pour la collectivité comme la justice, la police, la santé, l'éducation, qui entrent dans le PIB, environ 24 % en 2021) et redistributeur (transferts entre individus via pensions, subventions, allocations de chômage, qui n'entrent pas directement dans le PIB).
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Quel est le rôle de la Banque centrale dans le cadre néoclassique ?
Son action est également exogène. Elle définit et contrôle l'offre de monnaie, ce qui permet de simplifier l'échange par rapport au troc.
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Comment se forme le prix d'équilibre sur un marché dans le cadre néoclassique ?
Chaque acheteur a une disposition à payer et chaque vendeur une disposition à accepter. Le nombre d'acheteurs diminue quand le prix augmente (courbe de demande décroissante) et le nombre de vendeurs augmente (courbe d'offre croissante). La concurrence pousse le marché vers le point d'intersection de ces deux courbes : si le prix est trop haut, les vendeurs sont plus nombreux que les acheteurs et se font concurrence en baissant leurs prix, et inversement.
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Qu'est-ce que la concurrence parfaite et pourquoi est-ce un idéal théorique plutôt qu'une réalité ?
C'est une situation où acheteurs et vendeurs sont si nombreux qu'aucun ne peut influencer seul les prix (atomicité), les biens échangés sont identiques (homogénéité), l'entrée sur le marché est libre, et l'information est parfaite. Cette situation est rare en pratique : les entreprises ont parfois des rendements croissants, et les acheteurs valorisent parfois des biens précisément parce qu'ils sont chers (consommation ostentatoire, bulles spéculatives).
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Qu'est-ce que l'efficacité au sens de Pareto ?
Une situation est efficace au sens de Pareto si aucune autre situation, dans l'état actuel du marché, ne peut améliorer l'utilité d'un individu sans dégrader celle d'un autre. L'équilibre de marché concurrentiel maximise ainsi l'utilité collective, mesurée par la somme des écarts entre disposition à payer/accepter et prix d'équilibre.
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Quelles sont les trois limites de l'équilibre marchand néoclassique même en tant qu'idéal théorique ?
1) Il ne promet que l'efficacité (non-gaspillage) alors que d'autres objectifs sont aussi souhaitables (équité, durabilité). 2) Sa promesse d'efficacité ne concerne que les biens privés, pas les autres types de biens (biens collectifs, communs) où il est difficile d'exclure quelqu'un de leur jouissance. 3) Même pour les biens privés, l'équilibre est sous-optimal en présence d'externalités, c'est-à-dire d'effets sur des individus qui ne sont ni vendeurs ni acheteurs et qui ne sont pas intégrés dans le prix d'équilibre.
19
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Comment la théorie néoclassique explique-t-elle le chômage ?
Le chômage est soit volontaire (le salaire de réserve du travailleur est supérieur au prix d'équilibre du marché du travail ; solution : réduire ce salaire de réserve, par exemple en dégradant la condition des non-employés), soit dû à un déséquilibre où l'offre de travail dépasse la demande parce que les forces de concurrence sont entravées (solution : supprimer ces entraves, par exemple le salaire minimum).
20
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Comment la théorie néoclassique 'monétariste' (1.0) explique-t-elle l'inflation ?
L'inflation résulte d'un déséquilibre sur le marché de la monnaie : la demande de monnaie est décroissante mais l'offre est verticale (fixée exogènement par la Banque centrale). Une offre de monnaie trop importante fait baisser sa valeur, ce qui équivaut à une hausse des prix. Le remède est d'ajuster l'offre de monnaie à la demande.
21
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Comment la théorie néoclassique 2.0 (courbe de Phillips) explique-t-elle l'inflation ?
L'inflation résulte du pouvoir de négociation des employés sur le marché du travail : quand ils parviennent à augmenter leur salaire, cela augmente le coût des inputs de l'entreprise, donc de ses outputs (les prix). La courbe de Phillips indique alors l'augmentation de chômage nécessaire pour réduire l'inflation (et inversement), un arbitrage utilisé par les Banques centrales.
22
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Quelle est la différence entre internationalisation et mondialisation de l'économie ?
L'internationalisation renvoie à l'augmentation des échanges de biens, services et capitaux entre nations qui restent l'unité d'analyse de référence (spécialisation nationale selon les théories néoclassiques). La mondialisation renvoie davantage à un fonctionnement intégré à l'échelle globale où l'acteur central devient la firme multinationale qui lutte pour ses parts de marché, au-delà des seules stratégies nationales.
23
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Qu'est-ce que la théorie des avantages comparatifs de Ricardo ?
Même lorsqu'un pays produit moins pour tous les biens qu'un autre (pas d'avantage absolu), il a intérêt à se spécialiser dans le bien pour lequel son coût d'opportunité est le plus faible (c'est-à-dire ce qu'il doit sacrifier de l'autre bien pour le produire), puis à échanger. L'échange marchand augmente ainsi la consommation de chacun même quand une partie est plus productive pour tous les biens. C'est un argument puissant en faveur du libre-échange.
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Quelles sont les hypothèses critiquables de la théorie de Ricardo ?
Coûts de transaction nuls, rendements constants, termes de l'échange équilibrés, absence d'externalités, et prix révélateurs des coûts de production (concurrence parfaite). Elle n'explique en outre pas l'origine des avantages comparatifs et ne considère qu'un seul facteur de production, le travail.
25
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Qu'est-ce que le modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson (HOS) et que prédit-il ?
Il complète Ricardo en intégrant le capital comme second facteur de production et en expliquant l'origine de l'avantage comparatif : chaque pays se spécialise selon l'abondance relative de ses facteurs (capital ou travail). Il prédit qu'à l'équilibre, la spécialisation internationale fait converger les prix des facteurs de production (capital et travail) entre les pays, ce qui est cependant peu vérifié empiriquement car les hypothèses (technologie identique, immobilité des facteurs) sont peu réalistes.
26
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Qu'est-ce que le commerce intra-branche et pourquoi remet-il en cause les théories traditionnelles ?
C'est le fait qu'un même pays importe et exporte le même type de bien. Les théories néoclassiques de spécialisation nationale (Ricardo, HOS) expliquent mal ce phénomène ; les théories institutionnalistes expliquent mieux la mondialisation à partir des stratégies des firmes multinationales qui cherchent à accroître leurs parts de marché plutôt qu'à partir de la spécialisation des nations.
27
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Comment le rôle économique de l'État se transforme-t-il avec la mondialisation ?
L'État doit désormais 'séduire' les firmes multinationales pour développer son territoire (fiscalité, infrastructures). Il garde un rôle central (infrastructures, éducation, parfois contrôle des entreprises comme en Chine) mais n'est plus le seul régulateur : des acteurs privés comme les agences de notation comblent les 'trous' de régulation laissés par l'absence de standards publics mondiaux.
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Qu'est-ce que le trilemme de Mundell ?
Un pays ne peut atteindre simultanément trois objectifs : un taux de change fixe, la liberté de mouvement des capitaux et l'autonomie de sa politique monétaire. Il doit nécessairement en sacrifier un. Le système de Bretton Woods sacrifiait la liberté des mouvements de capitaux ; les pays 'dollarisés' comme le Panama sacrifient l'autonomie de leur politique monétaire.
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Pourquoi le dollar occupe-t-il une position centrale dans l'économie mondiale ?
Parce qu'il est la monnaie la plus utilisée dans les échanges et les réserves internationales, notamment via son rôle dans la politique monétaire de nombreux États (dollarisation). Cela confère aux États-Unis un pouvoir important : ils peuvent s'endetter dans une devise qu'ils sont capables de créer eux-mêmes via leur Banque centrale.
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Quelle est la différence entre monnaie Banque centrale et monnaie dépôt ?
La monnaie Banque centrale (cash et comptes des banques commerciales à la BC) est créée par la Banque centrale lors de crédits aux banques commerciales ou d'achats de titres. La monnaie dépôt (dépôts des individus et entreprises) est créée par les banques commerciales lors de crédits accordés aux individus et entreprises, et repose sur une promesse de parité : elle peut être convertie en monnaie Banque centrale sur simple demande.
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Pourquoi plus de 90 % des transactions reposent-elles seulement sur la monnaie dépôt, et quel est le risque associé ?
Cela permet aux banques commerciales de moins dépendre de la Banque centrale au quotidien. Le risque survient lors de situations de stress (bank run, refus de renouveler une dette) : la banque doit alors trouver du cash pour honorer sa promesse de convertibilité, via un crédit à la Banque centrale ou la liquidation d'actifs, ce qui est difficile si ces actifs sont peu liquides (ex. crédits hypothécaires).
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Quel est l'avantage et le désavantage du système bancaire de financement de l'économie par rapport aux marchés financiers ?
Le système bancaire a l'avantage d'être stable, mais l'inconvénient d'être centralisé : si une banque fait défaut, tout le système monétaire peut s'écrouler. Les marchés financiers offrent une alternative en principe décentralisée (une multitude d'épargnants remplace les banques) mais plus instable, car la valeur des titres varie selon les achats et ventes.
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Qu'est-ce que la titrisation et quel rôle a-t-elle joué dans la crise de 2007-2008 ?
C'est la technique par laquelle les banques vendent leurs crédits (regroupés en portefeuille) à un fonds de créance (special purpose vehicle), qui se finance en vendant des titres de dette (ex. CDO) remboursés par les remboursements des crédits initiaux. Cela a déresponsabilisé les banques, incitées à accorder de plus en plus de crédits à des publics de plus en plus précarisés ; les titres de dette adossés à ces crédits sont devenus douteux et ont fragilisé de nombreuses institutions financières.
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Pourquoi le système de financement hybride (banques + marchés financiers) a-t-il été qualifié du 'pire des deux mondes' ?
Parce qu'il combinait la centralisation du système bancaire (dépendance à quelques grandes institutions) et l'instabilité des marchés financiers (financement par dette à court terme). Quand les créanciers ont perdu confiance et refusé de renouveler cette dette, les banques n'ont plus trouvé de liquidités et seule l'intervention publique (prêts de la Banque centrale, injections de capital des gouvernements) a évité l'effondrement du système.
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Quels sont les trois modèles (marché, propriété, entreprise) mis en cause dans le dérèglement climatique, selon le cours sur l'environnement ?
Le marché (son extension accroît le transport, son signal-prix masque les externalités environnementales), la propriété (les actionnaires restreignent l'objectif de la production au seul profit) et l'entreprise (lieu même de l'exploitation des ressources). Il est jugé impossible et peu utile de trancher entre ces trois causes ; il est plus fécond d'identifier les 'moteurs écocidaires' pour trouver des leviers de changement.
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Que signifie la décomposition IPAT / KAYA de l'impact environnemental ?
IPAT décompose l'impact environnemental (I) en Population (P) x Affluence (A) x Technologie (T). La formule de Kaya précise l'impact carbone : CO2 = Population x (PIB/Population) x (Énergie/PIB) x (CO2/Énergie), permettant d'identifier séparément l'effet démographique, le niveau de richesse, l'intensité énergétique et l'intensité carbone de l'énergie.
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Pourquoi la production est-elle qualifiée de 'moteur écocidaire' ?
Les entreprises cherchent à maximiser leur profit en produisant tant que le coût marginal privé est inférieur à la recette marginale, sans intégrer l'impact environnemental dans ce calcul (indifférence). Cette logique a conduit à une augmentation continue de la production (gains de productivité, réaction à une demande stimulée par le marketing) non conditionnée à l'impact écologique.
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Quelles stratégies existent pour intégrer l'enjeu environnemental dans les décisions des entreprises ?
L'incitation, en misant sur l'effet de réputation (responsabilité sociétale des entreprises), et la contrainte, via l'imposition de règles à tous les acteurs (taxes ou quotas carbone). Pour être efficaces, ces régulations doivent être coordonnées à l'échelle planétaire (éviter la concurrence entre territoires) et cohérentes avec des mesures sur le financement et l'emploi.
39
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Pourquoi la consommation est-elle aussi qualifiée de 'moteur écocidaire' ?
Parce que la production domine quand la consommation est peu adaptable (biens de nécessité) et influence la consommation via le marketing ; en retour, la consommation influence les anticipations de vente des producteurs (la demande effective) et peut peser sur les régulations publiques. La culture de la consommation, ou consumérisme, est donc elle-même un moteur écocidaire à part entière.
40
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Quels sont les principaux freins à la transition écologique identifiés dans le cours ?
Une base électorale fragile (éco-négationnisme, peur de « l'écologie punitive ») et des intérêts contraires puissants (consommateurs des pays du Nord, travailleurs d'entreprises écocidaires, bénéficiaires lucratifs des productions polluantes), malgré un large consensus des économistes sur la nécessité de réguler ce que Nicholas Stern a appelé « le plus grand échec de marché que le monde ait connu ».
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Quelle est la définition du PIB (produit intérieur brut) ?
Le PIB est une mesure de la valeur monétaire de l'ensemble des biens et services nouvellement produits à l'intérieur d'un pays, quelle que soit la nationalité des entreprises qui les produisent (contrairement au PNB, qui comptabilise la production des entreprises nationales où qu'elles se trouvent dans le monde).
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Quelle est la différence entre le PIB et le revenu disponible ?
Le PIB par tête correspond au revenu moyen (total) de chaque individu. Le revenu disponible correspond au revenu total plus les transferts publics moins les taxes. Deux pays avec le même PIB par tête peuvent donc avoir des revenus disponibles très différents selon leur politique fiscale (ex. la Belgique a une fiscalité lourde mais des transferts publics élevés en éducation et santé).
43
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Quelles sont les limites du revenu disponible comme mesure du bien-être ?
Il omet la qualité de l'environnement social et physique, la quantité de temps libre, ainsi que les biens et services produits au sein du ménage (repas, garde d'enfants), relevant de « l'économie souterraine » (environ 22 % en Belgique). Le revenu a une influence majeure sur le bien-être, mais certaines de ses dimensions ne sont pas liées à ce que l'on peut acheter.
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Comment mesure-t-on les inégalités avec le ratio 90/10 ?
Le ratio 90/10 est le revenu moyen des 10 % les plus riches divisé par le revenu moyen des 10 % les plus pauvres (ou le revenu du 90e percentile divisé par celui du 10e). Plus il est élevé, plus les inégalités sont fortes : par exemple 5,4 en Norvège contre 16 aux États-Unis et 145 au Botswana.
45
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Quelle est la différence entre la moyenne et la médiane des revenus, et pourquoi cette distinction importe-t-elle ?
La médiane est la valeur qui partage la population en deux parts égales (50 % au-dessus, 50 % en dessous). La moyenne est le revenu total divisé par la population, et peut être fortement tirée vers le haut par quelques très hauts revenus non représentatifs. Si la moyenne est nettement supérieure à la médiane, cela signale une forte concentration des richesses chez une minorité.
46
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Qu'est-ce que le coefficient de Gini et la courbe de Lorenz ?
La courbe de Lorenz montre le pourcentage cumulé du revenu national détenu par un pourcentage cumulé de la population ; plus elle s'éloigne de la droite d'égalité parfaite, plus le pays est inégalitaire. Le coefficient de Gini se calcule comme le rapport entre l'aire séparant la courbe de Lorenz de la droite d'égalité et l'aire totale sous la droite d'égalité. Il varie de 0 (égalité parfaite) à 1 (inégalité maximale) ; les pays les plus égalitaires ont un Gini autour de 0,2 (Danemark, Suède), les plus inégalitaires autour de 0,6 (Brésil, Guatemala).
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Que sont la population active et la population inactive ?
La population active regroupe les personnes en âge de travailler (15-64 ans) qui ont ou souhaitent avoir un emploi rémunéré : elles sont soit employées, soit au chômage. La population inactive regroupe les personnes en âge de travailler qui ne sont ni employées ni activement à la recherche d'un emploi rémunéré, par exemple les personnes restant à la maison pour élever leurs enfants.
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Quelle est la définition standardisée (OIT) du chômage ?
Un chômeur est une personne qui est sans emploi pendant la période de référence, disponible pour travailler, et activement en recherche d'emploi (ayant engagé des démarches spécifiques pour trouver un emploi salarié ou indépendant). Le chômage désigne une situation où une personne ayant la capacité et la volonté de travailler n'est pas employée.
49
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Quelle est la différence entre le taux de chômage et le taux d'emploi ?
Le taux de chômage rapporte le nombre de chômeurs à la population active (personnes en emploi ou en recherche d'emploi). Le taux d'emploi rapporte le nombre de personnes employées à la population en âge de travailler (15-64 ans). Le dénominateur diffère donc entre les deux indicateurs, ce qui permet à un pays d'avoir simultanément, par exemple, un chômage et un taux d'emploi faibles (cas de la Corée du Sud).