Anthropologie sociale et culturelle

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Qu'est-ce qui pousse Durkheim à s'intéresser à la société et comment envisage-t-il les sociétés ? En quoi sa perspective diffère-t-elle de celle de Karl Marx ?

Durkheim s’intéresse à la société dans une France en pleine transformation. Il cherche à comprendre ce qui maintient la cohésion sociale. Pour lui, la société dépasse la somme des individus. Elle produit des faits sociaux, extérieurs aux individus et contraignants. Il compare aussi la société à un organisme, où les institutions remplissent des fonctions. Durkheim insiste surtout sur les structures sociales, tandis que Marx s’intéresse davantage aux processus et aux transformations sociales.



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Qu'est-ce que le fonctionnalisme britannique ? Influences, contexte et critiques

Le fonctionnalisme britannique domine l’anthropologie sociale entre environ 1920 et 1950. Il étudie surtout la fonction des institutions dans la société à un moment donné. Il adopte donc une approche synchronique et s’inspire fortement de Durkheim. Il se développe aussi dans le contexte de l’impérialisme britannique et de la domination indirecte. On lui reproche de présenter les sociétés comme trop stables, de négliger l’histoire, les conflits et le changement.

Bonus : Le fonctionnalisme britannique est critiqué parce qu’il présente parfois les sociétés comme trop stables et cohérentes, en négligeant l’histoire, les conflits et les transformations. Son développement dans le contexte colonial britannique pose aussi la question du lien entre savoir anthropologique et domination indirecte.


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Malinowski et Radcliffe-Brown : ressemblances et différences

Malinowski et Radcliffe-Brown sont deux grandes figures du fonctionnalisme britannique. Tous deux étudient les sociétés de manière empirique et synchronique. Malinowski développe l’observation participante et s’intéresse aux besoins des individus. Radcliffe-Brown est davantage influencé par Durkheim et s’intéresse à la stabilité de la structure sociale. En résumé, Malinowski part surtout de l’individu, Radcliffe-Brown de la société.

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Pourquoi les Comtes de Flandres se lancent-ils dans la poldérisation ?

Avant la poldérisation, des communautés paysannes vivaient déjà avec les crues et les marées. Les Comtes de Flandres lancent ensuite de grands travaux de drainage et d’endiguement pour obtenir des terres fermes exploitables. Ils considèrent ces zones comme des terrains vagues à mettre en valeur. Ils cherchent aussi la prospérité économique et veulent renforcer leur influence et leur pouvoir.


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a poldérisation a-t-elle assuré prospérité et sécurité ?

La poldérisation apporte des terres exploitables et une certaine protection contre l’eau. Mais elle remplace aussi une manière de vivre avec l’eau par une volonté de la contrôler. Les populations deviennent alors dépendantes des digues et du drainage. Le risque n’est donc pas supprimé, mais transformé. La poldérisation modifie aussi la propriété, le territoire et les rapports de pouvoir.


Bonus : La poldérisation ne supprime pas le risque : elle le transforme. Elle crée une nouvelle dépendance envers les digues et le drainage, tout en modifiant la propriété, le territoire et les rapports de pouvoir.

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Selon Graeber et Wengrow, quel est le lien entre saisonnalité et conscience politique ?

Graeber et Wengrow montrent que certaines sociétés changent d’organisation selon les saisons. Cela révèle une conscience politique, car les groupes connaissent plusieurs formes de pouvoir et peuvent passer de l’une à l’autre. Chez les Nambikwaras, l’autorité du chef varie selon la saison. Chez les Inuits, l’été et l’hiver correspondent à des organisations sociales différentes. Chez certains peuples des Grandes Plaines, une police coercitive n’existe que temporairement. Ces exemples montrent que les humains savent créer et supprimer leurs institutions.


Bonus : Chez les Nambikwaras, le chef est surtout persuasif pendant la saison des pluies mais plus autoritaire pendant la saison sèche. Chez les Inuits, l’été correspond à de petits groupes plus individualisés, tandis que l’hiver favorise les grands rassemblements et le partage. Dans les Grandes Plaines, une police coercitive est créée pour la chasse au bison puis supprimée. Ces exemples remettent en cause l’idée d’une évolution politique linéaire vers l’État.

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Chez Casciarri, quels savoirs doivent être maîtrisés pour avoir accès à l'eau ? Quel lien avec l'organisation sociale ?

Casciarri montre que l’accès à l’eau ne dépend pas seulement de la technique. Il faut connaître les pluies, les saisons, les pâturages et les points d’eau. Il faut aussi savoir creuser et entretenir les puits. Mais il faut surtout connaître les lignages, les alliances, les droits d’accès et les rapports entre groupes. L’eau est donc au cœur d’un système à la fois technique, social et politique.


Bonus : Le puits de Dalaja, chez les Ahâmda, montre que l’accès à l’eau est aussi social et politique : sa construction mobilise plusieurs lignages et renforce les droits territoriaux du groupe. Un puits n’est donc jamais seulement une installation technique.

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Vous faites partie d'une ONG qui veut creuser un puits moderne. Comment choisir l'endroit et quels écueils éviter ?

Il ne faut pas choisir l’emplacement uniquement selon des critères hydrologiques. Il faut étudier les déplacements des pasteurs, les pâturages, les points d’eau existants, les droits d’accès, les alliances et les conflits. Il faut aussi consulter les populations locales. Construire plus de puits ne garantit pas un meilleur accès à l’eau et peut créer de nouvelles inégalités ou de nouveaux conflits. Il faut donc combiner savoir expert et savoir local.


Bonus : Un nouveau puits peut modifier les déplacements pastoraux, favoriser certains groupes, provoquer des conflits ou entraîner une surexploitation. Chez Casciarri, augmenter l’offre technique en eau ne garantit donc pas un accès plus juste à l’eau.

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L'eau façonne-t-elle la société ou la société façonne-t-elle l'eau ?

Les deux se façonnent mutuellement. L’eau influence la mobilité, les activités, les campements et la coopération. Mais les sociétés transforment aussi l’eau par les puits, les digues, le drainage et les règles d’accès. Les polders et les exemples de Casciarri montrent que toute transformation de l’eau transforme aussi les rapports sociaux. Eau et société forment donc un système sociotechnique.


Bonus : Les polders flamands montrent que les humains transforment l’eau grâce aux digues et au drainage, mais deviennent ensuite dépendants de ces infrastructures. Chez Casciarri, les puits transforment aussi les droits, les territoires et les alliances. Cela illustre la co-construction entre eau et société.

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Qu'est-ce que l'Anthropocène ?

L’Anthropocène désigne une situation où les activités humaines sont devenues une force majeure de transformation de la Terre. Le terme est notamment proposé par Paul Crutzen en 2000. Il concerne le climat, la biodiversité, les océans, les sols ou encore les pollutions. Il peut désigner une nouvelle époque géologique, mais aussi un concept plus large pour penser les crises socio-écologiques actuelles.

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Pourquoi la Commission Internationale de Stratigraphie a-t-elle rejeté l'Anthropocène comme époque géologique ? Que révèle cette décision ?

Pour créer une nouvelle époque géologique, il faut un début et un marqueur stratigraphique clairement définis. Or plusieurs dates et plusieurs marqueurs ont été proposés pour l’Anthropocène. Le manque de consensus explique son rejet comme époque géologique formelle. Mais ce débat montre aussi que nommer une époque n’est pas totalement neutre. Cela influence notre manière de raconter l’histoire humaine et peut avoir des effets politiques.


Bonus : Le débat sur l’Anthropocène comme époque géologique porte notamment sur son point de départ : agriculture, révolution industrielle ou Grande Accélération après 1945. Plusieurs marqueurs sont également proposés, comme les radionucléides, les plastiques ou certains résidus industriels.

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Pourquoi l'Anthropocène remet-il en question les limites de l'histoire selon Chakrabarty ? Est-il le seul ?

Chakrabarty montre que l’Anthropocène brouille la séparation entre histoire humaine et histoire naturelle. Les humains ont toujours été des êtres biologiques, mais ils sont désormais aussi devenus des agents géologiques à l’échelle collective. L’histoire de l’industrie ou de l’énergie devient donc aussi une histoire du climat et de la planète. Chakrabarty n’est pas seul : Latour remet en cause la séparation nature/culture, et Tsing celle entre humains et non-humains.

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L'Anthropocène chamboule-t-il les catégories nature/culture et humain/non-humain ?

Oui, car ces catégories sont beaucoup plus imbriquées qu’on ne le pense. Latour critique l’idée moderne d’une séparation nette entre nature et culture. Le changement climatique est à la fois physique, économique, politique et technologique. Tsing critique aussi l’exceptionnalisme humain et insiste sur les interdépendances entre espèces. L’Anthropocène montre donc que les humains ne sont jamais séparés de leur environnement.

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Quelles critiques sont faites du terme Anthropocène ? Quels termes alternatifs sont proposés ?

Le terme Anthropocène est critiqué parce qu’il met l’humain au centre et parle de l’humanité comme si elle était homogène. Or tous les groupes humains ne sont pas également responsables des crises écologiques et ne sont pas également vulnérables. Le Capitalocène insiste sur le capitalisme. Le Plantationocène insiste sur les plantations, le colonialisme et l’exploitation. D’autres termes comme Chthulucène, Colonialocène ou White Anthropocene proposent d’autres manières de nommer le problème.


Bonus : La critique porte notamment sur le mot « Anthropos », qui donne l’impression que toute l’humanité est également responsable. Or les responsabilités comme les vulnérabilités sont très inégalement réparties entre sociétés et groupes sociaux.

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Selon Tsing et collègues, quels sont les quatre détonateurs de l'Anthropocène ?

Les quatre détonateurs sont l’invasion, l’impérialisme, le capitalisme et l’accélération. L’invasion renvoie notamment aux conquêtes commencées en 1492. L’impérialisme organise l’extraction des ressources des périphéries vers les métropoles. Le capitalisme transforme la nature et le travail en marchandises. L’accélération désigne surtout l’explosion de la production et de la consommation après 1945.


Bonus : Pour retenir les quatre détonateurs de Tsing et collègues, utilise IICA : Invasion – Impérialisme – Capitalisme – Accélération. Ils montrent que les transformations écologiques actuelles ont une histoire politique et économique précise.

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Pourquoi Ferdinand considère-t-il Plantationocène comme plus pertinent qu'Anthropocène ?

Ferdinand critique l’idée d’une humanité abstraite responsable de la crise. Le Plantationocène met en évidence une histoire précise de colonisation, d’esclavage, de monoculture et d’exploitation. La plantation combine exploitation des terres et domination de certains humains. Ferdinand parle ainsi d’une double fracture, à la fois environnementale et coloniale. Son écologie décoloniale cherche à penser ces deux dimensions ensemble.


Bonus : Chez Malcolm Ferdinand, le Plantationocène permet de penser la double fracture : une fracture environnementale entre humains et nature, et une fracture coloniale entre dominants et dominés. L’écologie décoloniale cherche à réunir ces deux problèmes.

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Qu'est-ce que le Négrocène met en évidence chez Ferdinand ?

Le Négrocène montre que la modernité écologique est liée à l’exploitation de populations noires et esclavisées. La cale du navire négrier représente des personnes indispensables au système mais exclues du monde commun. L’expression « bois d’ébène » montre aussi leur transformation en ressources exploitables. Le Négrocène décrit donc un monde où une minorité prospère grâce à l’énergie vitale de populations dominées. Ferdinand rappelle cependant aussi les résistances et le marronnage.


Bonus : Le Négrocène ne raconte pas seulement l’exploitation des populations noires. Ferdinand insiste aussi sur leur capacité de résistance, notamment à travers les révoltes et le marronnage.

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Pourquoi les catastrophes liées aux cyclones ne sont-elles ni naturelles ni politiquement neutres ?

Le cyclone est un phénomène naturel, mais la catastrophe dépend de la société qu’il frappe. La pauvreté, les logements, les infrastructures, la déforestation ou les choix agricoles influencent fortement les dégâts. Les vulnérabilités sont donc socialement et historiquement produites. Certaines populations peuvent aussi être peu responsables du changement climatique tout en y étant très exposées. La catastrophe est donc naturelle dans son aléa, mais sociale et politique dans ses conséquences.


Bonus : Pour Ferdinand, les cyclones caribéens montrent aussi que responsabilité et vulnérabilité ne coïncident pas : les populations de la Caraïbe ont relativement peu contribué au réchauffement mondial mais peuvent en subir des conséquences très importantes.

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La contamination au chlordécone demande-t-elle des solutions politiques ou techniques ?

Elle demande les deux. Les réponses techniques servent à mesurer la contamination, protéger la santé et adapter les pratiques agricoles. Mais il faut aussi poser des questions politiques sur les responsabilités, les décisions prises, les intérêts économiques et les réparations. Chez Ferdinand, le chlordécone s’inscrit dans la logique du Plantationocène. Le problème ne vient donc pas seulement d’une substance toxique, mais aussi d’un système économique et politique.


Bonus : Pour montrer pourquoi le chlordécone est aussi un problème politique, il faut demander : qui savait ? qui a autorisé ? qui a profité ? qui a été exposé ? qui doit réparer ? Cela dépasse largement la simple gestion technique d’un pesticide.

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Le projet agroécologique présenté dans le documentaire est-il simultanément décolonial et écologique ?

Il peut l’être à condition d’agir sur les deux dimensions. Il est écologique s’il réduit les produits toxiques, protège les sols et favorise la biodiversité. Il devient décolonial s’il remet aussi en cause le système plantationnaire, la dépendance à l’exportation et le contrôle inégal des terres. Il doit aussi renforcer l’autonomie des producteurs et la souveraineté alimentaire. Il ne s’agit donc pas seulement de produire autrement, mais aussi de transformer les rapports de pouvoir.


Bonus : Une agroécologie décoloniale doit aussi renforcer l’autonomie des producteurs et la souveraineté alimentaire. Remplacer les techniques agricoles sans transformer les rapports de pouvoir ne suffit donc pas à décoloniser l’agriculture.