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Trouble de l’adaptation (TA)
-trouble transitoire situationnel en réaction à un ou plusieurs stresseurs externes identifiables qui débordent les capacités d'adaptation du sujet.
-Conduit au cours des 3 mois suivant la survenue du stresseur au développement de symptômes (ECCS+S) dans les registres émotionnels, cognitifs, comportementaux et somatiques.
-Les symptômes ne durent pas plus de 6 mois après cessation du stress.
Trouble de l’adaptation (TA) - Caractéristiques des stresseurs
-événement unique ou multiples stresseurs ;
-stresseurs réguliers ou continus (insécurité d'un quartier) ;
-stresseurs associés à des étapes spécifiques de la vie (école, mariage, retraite) ;
-stresseurs les plus fréquents : difficultés scolaires ou sociales, problèmes familiaux, sentimentaux, professionnels ;
Certains événements de vie (déménagement, promotion, naissance) peuvent révéler une vulnérabilité.
Trouble de l’adaptation (TA) - Symptômes
ECCS+S
-symptômes Emotionnels : anxiété, tristesse, retrait affectif, irritabilité, agressivité ;
-symptômes Cognitifs : difficultés de concentration et d’attention, troubles de la MCT, intrusions de pensée, ruminations mentales, baisse de l’efficience scolaire ou pro ;
-symptômes Comportementaux : opposition, fugue, inhibition sociale, isolement, actes délictueux, abus de médicaments ou de toxiques, conduites suicidaires ;
-symptômes Somatiques : céphalées, douleurs, insomnie, fatigue, sensation de tension ou de déséquilibre, troubles fonctionnels digestifs/cardiovasculaires/respiratoires ;
-Souffrance subjective (excessive par rapport à la gravité ou à l’intensité du facteur de stress dans le contexte culturel) ou altération significative du fonctionnement (social ou professionnel).
Trouble de l’adaptation (TA) - Formes Cliniques
-avec humeur dépressive : baisse de l’humeur, larmoiement, sentiment de désespoir au 1er plan ;
-avec anxiété : nervosité, inquiétude, énervement ou anxiété de séparation au premier plan ;
-mixte avec anxiété et humeur dépressive : combinaison de dépression et d’anxiété au 1er plan ;
-avec perturbation des conduites au premier plan ;
-avec perturbation mixte des émotions (dépression, anxiété) et des conduites au 1er plan ;
-non spécifié.
Trouble stress aigu (TSA)
Détresse psychologique liée à des traumatismes, durant moins de 1 mois.
TSPT / TSA - Exposition à événement traumatique (selon DSM-5)
-exposition à une mort effective ou à une menace de mort, à une blessure grave ou des violences sexuelles ;
-directement exposé, témoin direct, si un événement traumatique arrive à un proche, exposé de manière répétée ou extrême aux caractéristiques aversives de l’événement traumatique ;
-exposition par des médias électroniques n’est pas un critère.
TSA et TSPT - Troubles immédiats
plus de 3 jours après l'événement et jusqu'à 1 mois.
-Troubles immédiats brefs (10 min, rarement plusieurs heures) et variables : sidération (sujet figé, hébété, sans voix, incapable d’éviter le danger), hyperactivité (agitation improductive avec cris, déambulation incessante, incohérente, gêne les secours), fuite panique inadaptée (sans choix logique, pouvant être mortifère), action automatique (gestes mécaniques stéréotypés, adaptés en apparence mais inefficaces).
-Dissociation péritraumatique (quelques minutes à dizaines de minutes) : restriction du champ de la conscience (difficultés d’intégration du contexte environnemental), amnésie dissociative (oubli d’un fait important voire de la situation traumatique), déréalisation (sentiment d’irréalité, scène vue comme regardant un film), dépersonnalisation (détachement, impression d’émoussement de l’affectivité et de la réactivité), altération de la perception du temps (vécu au ralenti) et de l’espace (rétréci à la scène traumatique).
-Réactions pathologiques transitoires : accès de panique, réactions agressives, réactivation de pathologies connues psychiques et somatiques, accès d’allure maniaque, psychose aiguë réactionnelle (BDA, bouffée confuso-délirante), réaction paranoïaque aiguë.
Trouble stress aigu (TSA)
9 (ou +) des symptômes parmi 5 catégories suivantes :
1) symptômes ENVahissants : souvenirs involontaires, rêves répétitifs, réactions dissociatives (le sujet se sent ou agit comme si l’événement allait se reproduire), intense détresse psychique qd exposé à des indices évoquant le traumatisme ;
2) humeur négative : incapacité persistante d'éprouver des émotions positives ;
3) symptômes dissociatifs : altération de la perception de la réalité, de son environnement ou de soi-même (hébétude, impression de ralentissement du temps), amnésie dissociative (oubli d'un aspect important de l'event traumatique) ;
4) symptômes d’EVitement : efforts pour éviter souvenirs, pensées ou sentiments associés au traumatisme, efforts pour éviter rappels externes (personnes, lieux, conversation, act, objets, sit.) qui réveillent souvenirs, pensées ou sentiments associés au traumatisme ;
5) symptômes d’EVeil (hyperéveil) : perturbation sommeil, irritabilité ou accès colère, hypervigilance, difficulté de concentration, réaction sursaut exagérée.
> détresse clinique ou altération du fonctionnement social ou professionnel.
> pas être dus à 1 substance ou affection médicale générale, ni à un trouble psychotique bref.
TSPT
Détresse psychologique liée à des traumatismes, durant plus de 1 mois.
-exposition à un événement traumatique
-troubles immédiats (+3J et -1M) : brefs, dissociation péritrauma, réactions patho transitoires
-troubles post-immédiats (svt latence pls M/A) : sympt envahissants/intrusifs, conduites évitement, altération marquée éveil, altération négative cognition et humeur, troubles cognition, réactivité neurovégétative, manif anxieuses, troubles corporels
TSA - résumé
Selon DSM-5 : Détresse psychologique liée à des traumatismes, durant moins de 1 mois
-exposition à événement traumatique
-troubles immédiats (entre 3J et 1M): troubles immédiats brefs(10min/qq heures), dissociation péritraumatique, réactions pathologiques transitoires
-troubles post-immédiats : 9 (ou +) des symptômes parmi 5 catégories (4 symp + 1 hum): 1)symptômes envahissants/intrusifs, 2)humeur négative, 3)symptômes dissociatifs, 4)symptômes d’évitement, 5)symptômes d’éveil
> détresse significative ou altération fonctionnement pro ou soc
TSPT - Troubles immédiats = précoces
plus de 3 jours après l'événement et le diagnostic peut être posé jusqu'à 1 mois.
-Troubles immédiats brefs (10 min, rarement plusieurs heures) et variables : sidération (sujet figé, hébété, sans voix, incapable d’éviter le danger), hyperactivité (agitation improductive avec cris, déambulation incessante, incohérente, gêne les secours), fuite panique inadaptée (sans choix logique, pouvant être mortifère), action automatique (gestes mécaniques stéréotypés, adaptés en apparence mais inefficaces).
-Dissociation péritraumatique (quelques minutes à dizaines de minutes) : restriction du champ de la conscience (difficultés d’intégration du contexte environnemental), amnésie dissociative (oubli d’un fait important voire de la situation traumatique), déréalisation (sentiment d’irréalité, scène vue comme regardant un film), dépersonnalisation (détachement, impression d’émoussement de l’affectivité et de la réactivité), altération de la perception du temps (vécu au ralenti) et de l’espace (rétréci à la scène traumatique).
-Réactions pathologiques transitoires : accès de panique, réactions agressives, accès d’allure maniaque, psychose aiguë réactionnelle (BDA, bouffée confuso-délirante), réaction paranoïaque aiguë, réactivation de pathologies connues psychiques et somatiques.
TSPT - Troubles post-immédiats
Symptômes dans la continuité des troubles précoces OU le plus souvent après leur régression, après un temps de latence souvent d’1 à 2 mois pouvant aller jusqu’à plusieurs années.
-Symptômes envahissants/intrusifs : reviviscence intrusive répétée (syndrome de répétition) apparaissant de façon SPONTANEE (intrusions répétitives diurnes, involontaires, à forte composante sensorielle, réactions dissociatives / flashbacks allant de la stupeur sidérante à la fuite angoissée, conduites automatiques, rêves répétitifs voire terreur nocturne avec réveil brutal) ou REACTIONNELLE à des indices internes ou externes rappelant la situation traumatique (images, bruits, odeurs, lieu, personnes, entraînant reviviscences diurnes, réactions de sursaut à forte charge émotive avec réactions physiologiques corporelles marquées).
-Conduites d'évitement : efforts pour éviter les souvenirs, pensées ou sentiments rappelant la situation initiale redoutée.
-Altérations négatives des cognitions et de l’humeur : amnésie de tout ou partie de l'événement traumatique, croyances négatives sur soi-même et le monde (impression d'un avenir bouché, état émotionnel négatif), ruminations avec remords et regrets quant à l’implication dans l'événement ou la responsabilité d'un tiers, états persistants de peur, culpabilité, honte, colère ou haine, détachement et réduction des intérêts limitant les relations et entraînant un handicap social important, composante dépressive constante (élément du pronostic, peut évoluer en épisode dépressif caractérisé).
-Troubles cognitifs : troubles de l'attention et de la concentration (parasitage de la mémoire de travail par le syndrome de répétition), mémoire biographique entachée de souvenirs négatifs.
-Altérations marquées de l’éveil : hypervigilance à l'environnement (entraîne angoisse, hyperactivité neurovégétative, reviviscences et réactions de sursaut, irritabilité et crises de colère), comportements irréfléchis ou autodestructeurs (parfois), troubles du sommeil (difficultés d'endormissement avec reviviscences hypnagogiques, cauchemars, augmentation du temps d’apparition du sommeil paradoxal dont la durée est réduite).
-Réactivité neurovégétative : réponse corporelle excessive, augmentation du rythme respiratoire et fréquence cardiaque, pâleur, sueur, contraction algique de viscères gastro-intestinaux et urinaires, vomissements, diarrhée, brusque envie d'uriner voire émission irrépressible d'urine.
-Manifestations anxieuses : omniprésentes dans symptômes de répétition, d’évitement, d’hypervigilance ; doutes sur capacités à recouvrer la maîtrise de ses pensées et de ses émotions.
-Troubles corporels (somatoformes) dominés par l’asthénie et les algies : troubles de conversion (paralysies transitoires), troubles psychosomatiques (blanchiment de mèches de cheveux, calvitie généralisée, poussée de psoriasis, déclenchement de diabète, survenue d'une dysthyroïdie, troubles du rythme cardiaque).
TSPT - Formes
-TSPT avec symptômes dissociatifs = symptômes de TSPT + dépersonnalisation et/ou déréalisation ;
-TSPT à expression retardée : si les critères diagnostiques sont remplis 6 mois après l’événement.
Trouble panique (TP)
attaques de panique (AP) répétées et anxiété secondaire, apparaissant entre 25 et 35 ans, chez la femme jeune.
3 éléments pour le diagnostic de TP :
AP répétées + anxiété secondaire anticipatoire et/ou agoraphobie + caractères évolutifs des symptômes
Trouble panique (TP) - 1. attaques de panique (AP) répétées
épisode aigu d’anxiété, à début brutal ;
paroxysme atteint en quelques minutes et décroissance progressive de la crise (dépasse rarement qq heures) ;
-symptômes physiques au 1er plan : débute souvent par sensation de striction épigastrique, douleurs thoraciques, tachycardie, dyspnée, sensation vertigineuses, tremblements, sueurs, paresthésies (fourmillement, engourdissement), dysphagie, douleurs abdo ; hyperventilation explique certains symptômes (paresthésies, contractures, sensations vertigineuses) ; augmentation fréquence cardiaque (100-120/min) et pression artérielle systolique ;
-cognitions « catastrophiques » : peur de mourir, d’étouffer, de tomber ou de perdre connaissance, de devenir fou, de perdre le contrôle de son comportement, de vomir, de perdre le contrôle des sphincters ;
-modifications sensorielles : dépersonnalisation, déréalisation, sensation de perte de repères ou d'équilibre, intolérance au bruit ou à la lumière, sensation d'accélération ou ralentissement du cours de la pensée, modification de la perception de l'espace ou du temps ;
-comportements : arrêt des activités en cours, fuite de la situation (recherche isolement, air, réassurance d'un tiers, ou consultation urgences ou hôpital ; abus d'alcool/sédatifs pour mettre fin à la crise) ;
1ères crises surviennent de manière inattendue/spontanée puis répétition et association à des situations (agoraphobie, phobie spécifique) ou anxiété anticipatoire ;
crises nocturnes possibles, souvent au cours du 1er sommeil, en dehors de toute activité onirique.
Trouble panique (TP) - 2. développement d’une anxiété secondaire
de type anticipatoire et/ou de l’agoraphobie.
-Anxiété anticipatoire : crainte de nouvelles crises ou de ses conséquences (conduite, transports, situation sociale).
-Agoraphobie : crainte de ne pas pouvoir être secouru, d’être seul ou éloigné d’un lieu sécurisant, de ne pas pouvoir s’échapper facilement en cas de malaise (file d’attente, endroit clos, pont, tunnel).
Rechercher d’autres conséquences des crises = équivalents phobiques : arrêt activités sportives, sexuelles, sociales, évitement d’aliments (café), nécessité permanente de se faire accompagner.
Trouble panique (TP) - Formes cliniques
-avec anxiété anticipatoire ;
-avec agoraphobie.
-caractéristiques évolutives de ces symptômes.
Phobies
-maladie de la peur qui a tendance à être chronique (≥ 6 mois) voire à s'aggraver et à s'étendre ;
-pas seulement la peur et la fuite, mais aussi l'échec émotionnel des confrontations avec la peur.
On distingue deux types de personnes phobiques :
-personne phobique évitante (évitement des situations)
-personne phobique confrontante (confrontation aux situations, mais épuisant et toxique).
Phobies - Symptômes
-peur très intense (jusqu’à l’AP et s'accompagnant de nombreuses manifestations physiologiques) déclenchée de façon quasi-systématique et immédiate dès la confrontation aux objets ou situations redoutés
-peur incontrôlable (souvent) ;
-souffrance extrême si la confrontation ne peut être évitée
-évitement des objets et situations phobogènes ;
>provoque un handicap lié à l’anticipation anxieuse des situations et évitements, qualité de vie dégradée.
Phobies - Formes cliniques (DSM-V)
1) phobies spécifiques (anciennement « phobies simples ») : phobie des animaux, des éléments naturels, du sang, des blessures… (handicap assez limité car conduites d'évitement associées sont compatibles avec une vie à peu près normale) ;
2) phobies sociales : peur intense du regard et du jugement d’autrui (les + invalidantes car évitements sociaux privent d’activités relationnelles nécessaires à l’équilibre) ;
3) trouble panique avec agoraphobie : crainte de ressentir un malaise dans certains lieux publics (très handicapante car les AP entraînent des évitements qui sapent les capacités d'autonomie).
Les phobies sociales et TP avec agoraphobie relèvent des « phobies complexes » car elles peuvent survenir dans des contextes variés et subtils et sont difficilement évitables, entraînant de plus nombreuses complications (dépression, alcool…) et de nbx autres dégâts sur la qualité de vie.
Phobies sociales
Phobie centrée sur la crainte d’agir de façon embarrassante ou humiliante sous le regard ou le jugement (réels ou supposés) d’autrui.
Phobies sociales - Situations sociales sources de peur
-de performance (passer un examen, un entretien d'évaluation, faire une conférence…) ;
-d'observation (être regardé pendant que l'on accomplit qq chose : marcher, manger, se garer) ;
-d'affirmation (défendre ses droits, donner son opinion, exprimer ses besoins, son désaccord) ;
-de révélation de soi (devoir se révéler de manière approfondie et implicante : faire connaissance avec quelqu’un) ;
-d'interactions superficielles (parler avec autrui de manière informelle, échange de banalités).
Phobies sociales - Symptômes
ECCev
-Émotions : peur et ses dérivés dont l’anxiété/angoisse (vigilance envers l’environnement dans l’attente de la survenue d’un danger comme agression ou désapprobation verbale/sociale) ; honte (conviction d’avoir pas pu se conformer aux règles du gp, certitude de s’en trouver dévalorisé) ; peur et honte coexistent dans la phobie sociale (anxiété avant et pendant la confrontation + honte pendant et après).
-Comportements : évitement = un des symptômes majeurs de la phobie sociale et explique son caractère chronique ; évitements situationnels (contextes sociaux : soirées, repas en tête-à-tête, opinions à donner en groupe) ; évitements subtils (confrontation sans aller au bout de la prise de risque : aller à une soirée mais ne pas parler, prendre la parole mais brièvement) ; évitements souvent non conscients, le sujet les rationalise en choix de vie (« je n’aime pas sortir »).
-Cognitions dominées par l’anxiété d’évaluation : le sujet croit que l'on va l’observer attentivement, que l’on va le juger négativement, que l’on va le rejeter ou se moquer de lui ; troubles de l’estime de soi quasi constants ; craintes les plus fréquentes : révéler son émotivité, révéler ses limites (manque de culture, d’intelligence).
Phobies sociales - Formes cliniques
-Formes limitées à 1 ou 2 circonstances sociales : le plus souvent peur de manger, boire, écrire devant autrui, peur panique de prendre la parole face à un groupe (si les autres situations sociales sont affrontées, petits signes d’anxiété sociale ou évitements subtils sous-tendus par la crainte de révéler son émotivité ou son incompétence).
-Formes généralisées : toute situation sociale est source de peur et de honte intenses.
-Formes confrontantes : capable de donner le change au prix de beaucoup d’énergie et d’évitements subtils élaborés (froideur relationnelle, agressivité, humour et ironie systématiques), de préserver activité sociale de façade, parfois à des postes de responsabilité ; les émotions, surtout de peur, n'en sont pas moins intensément ressenties (sentiment de frôler la catastrophe ou peur d’être démasqué à chaque confrontation).
-Formes associées à une personnalité évitante : plus difficiles à traiter en raison de leur caractère égosyntonique marqué.
Agoraphobie sans histoire de Trouble Panique
Peur ou anxiété intense (et ≥ 6 mois) de ne pas pouvoir être secouru, d'être seul ou éloigné d'un lieu sécurisant dans lequel une aide n'est pas aisément disponible si des symptômes de panique invalidants se développaient (files d'attente, endroits clos, encombrements, ponts, tunnels, etc.) et évitement de ces situations, pouvant restreindre considérablement l'autonomie de certains patients.
L'agoraphobie est une conséquence fréquente du trouble panique, mais les 2 troubles peuvent aussi se développer indépendamment.
Agoraphobie sans histoire de Trouble Panique - Symptômes DSM-5
>Patients doivent avoir une peur ou une anxiété marquées et persistantes (≥ 6 mois) dans 2 ou + des situations suivantes :
1) utiliser les transports publics ;
2) être dans des espaces ouverts (parking, marché) ;
3) être dans un lieu clos (magasin, théâtre) ;
4) faire la queue / être dans 1 foule ;
5) être seul à l'extérieur de la maison.
La peur doit impliquer des pensées de difficulté de s'échapper de la situation ou de recevoir aide s'ils étaient paralysés par la peur ou par une attaque de panique.
>Tous les éléments suivants doivent être présents :
-les mêmes situations déclenchent presque toujours ;
-évitement actif de situation et/ou avec compagnon ;
-la peur disproportionnée avec la menace réelle ;
- détresse importante ou significative qui nuit au fonctionnement social ou professionnel ;
-si une autre pathologie présente, peur/anxiété/ l'évitement = clairement excessifs.
-Pas de survenue brutale et répétée d’AP (et donc pas de TP).
Agoraphobie - Origines possibles
L’agoraphobie peut être secondaire à :
-la survenue de troubles organiques (épilepsie, malaises diabétiques, suites de pathologies traumatiques, coronariennes ou cardiovasculaires, chez le sujet âgé notamment) ;
-des épisodes aigus d’anxiété (état dépressif majeur ou autre pathologie psychiatrique, dans ce cas disparition des AP mais persistance d’une symptomatologie séquellaire d’agoraphobie).
L’agoraphobie peut résulter de prédispositions phobiques (claustrophobie, peur de la foule) depuis l'enfance qui se sont aggravées à l’occasion d'événements stressants, entraînant l'apparition de conduites d'évitement qui, en devenant plus nombreuses et invalidantes, aboutissent à l'agoraphobie.
Phobies spécifiques
Critères DSM-5 :
-peur ou anxiété intenses à propos d’un objet/situation spécifique ;
-objet/situation provoquent presque toujours peur/anxiété immédiate
-évitement de l’objet/situation avec anxiété/peur intenses
-anxiété/peur disproportionnées par rapport à danger réel de objet/situation et par rapport au contexte socio-culturel ;
-durée 6 mois ;
-souffrance significative / altération du fonctionnement social/professionnel/ autres domaines importants ;
-pas mieux expliqué par autre trouble mental.
Spécifier si animal / environnement naturel / sang-injection-accident / situationnel / autre.
Phobies spécifiques - Formes cliniques
-Phobies d’animaux : peur du mouvement, de l’apparence physique, du bruit émis, du contact physique => handicap modéré.
-Phobies d’éléments naturels : orages (astrophobie), tonnerre (brontophobie), hauteur (acrophobie), vide, eau, obscurité (nyctophobie) => handicap variable selon les contraintes sociales du sujet.
-Phobies liées au sang : peur de la vue du sang (hématophobie), des injections (trypanophobie), des blessures, des interventions médico-chirurgicales ; soins dentaires (stomatophobie) ; déclenchée par le stimulus visuel, par les odeurs associées (odeur de sang, d’hôpital) ; => handicap variable : empêche certaines professions (e.g. médecin), risque lié à l’évitement des prises de sang, soins et examens invasifs, opération.
-Phobies de type situationnel : peur des tunnels, des ponts, des transports ; inclut probablement des agoraphobes paniqueurs, qui redoutent toute situation d’où ils ne pourraient s'échapper rapidement en cas d’AP ; peur de prendre l'avion, de conduire, de prendre un ascenseur.
-Autres phobies : peur de tomber (basophobie), de s’étouffer (phagophobie), de vomir (émétophobie) ; chez l’enfant : peur des bruits violents (aspirateur) ou des personnages déguisés (clown) ; ces phobies sont souvent associées à d'autres troubles.
Certains peuvent vivre leur phobie par procuration : les acrophobes par ex.
Trouble d’anxiété généralisée (TAG)
État anxieux persistant caractérisé par :
1)des inquiétudes excessives et difficiles à contrôler 2) interférant avec les activités quotidiennes et
3) concernant deux ou plusieurs sphères de la vie,
4) pendant au moins 6 mois.
Trouble d’anxiété généralisée (TAG) - Symptômes DSM 5
Anxiété et soucis excessifs (attente avec appréhension)
-permanent (très souvent dans la journée ou presque tous les jours),
-durable (depuis au moins 6 mois),
-incontrôlable (envahit l’esprit du patient qui ne peut se raisonner),
-dirigée sur au moins 2 domaines différents comme : maladie/santé/risques de blessures/accident (pour soi ou les proches), argent et finances (risques de difficultés financières), travail ou école, problèmes familiaux/domestiques/relationnels, problèmes divers (être en retard, mal transmettre info importantes, casser des objets, guerre).
-Anxiété et soucis sont associés à au moins 3 parmi les 6 symptômes suivants (FAC-MI-S) :
1/ Agitation ou sensation d'être survolté ou à bout ;
2/ Fatigabilité ;
3/ difficultés de Concentration ou trous de mémoire ;
4/ Irritabilité ;
5/ tension Musculaire ;
6/ perturbation du Sommeil (difficultés d’endormissement, sommeil interrompu, agité, non satisfaisant).
- une souffrance et/ou une altération du fonctionnement significative.
Trouble obsessionnel-compulsif (TOC) - Symptômes
1)Obsessions = idées, sentiments, images surgissant de façon incoercible dans la pensée qui sont :
-nosognosiques (reconnues comme pathologiques), identifiées comme issues de l’activité psychique du sujet (bien qu'absurdes, stériles et égodystoniques),
-engendrent une lutte anxieuse pour les écarter.
2)Compulsions = comportements ou actes mentaux répétitifs, absurdes, ridicules ou gênants que le sujet se sent obligé d'exécuter afin de neutraliser une obsession.
3)Rituels = séquence stéréotypée d'actes exécutée de façon quasi-magique dans le même ordre.
Trouble obsessionnel-compulsif (TOC) - 4 formes cliniques majeures
1) les « laveurs » : obsessions de contamination et propreté ; rituels de lavage pour se prémunir contre cette contamination ressentie.
2) les « vérificateurs » : obsessions de doute et indécision ; compulsion de vérification pour contrôler l’accomplissement satisfaisant et/ou opérant de l’acte passé.
3) les « obsessionnels impulsifs » : obsessions (pensées, images, pulsions interdites, crainte de commettre l’acte imaginé contre sa propre volonté ; souvent thématique sexuelle ou religieuse) ; rituels de vérification, de toucher ou de comptage.
4) le syndrome de « lenteur primaire » : rituel particulier pour s’habiller et accomplir les actes de la vie quotidienne ; à rapprocher des patients « collectionneurs ou amasseurs » conservant chez eux des objets inutiles (diag plus difficile à établir car TOC caché et mauvaise prise de conscience).
Trouble obsessionnel-compulsif (TOC) - Autre classification à 3 formes
1) groupe « moteur » : obsessions de symétrie, perfectionnisme, compulsion d’amassage et d’ordre, associé à tics complexes.
2) groupe doute/contamination : obsessions de doute, contamination, rituels de lavage et de vérification.
3) groupe cognitif : obsessions à thématique religieuse, sexuelle, agressive, moins de compulsions.
Spectre obsessionnel-compulsif (SOC)
Approche dimensionnelle avec deux extrémités :
-pôle des troubles compulsifs (TOC, dysmorphophobie, anorexie mentale ; associé à des traits de personnalité pathologique d’évitement du risque) ;
-pôle impulsif (personnalité dyssociale, compulsions sexuelles ; associé à des traits de personnalité de recherche de sensation).
Symptômes apparentés au TOC :
-dysmorphophobie,
-syllogomanie,
-trichotillomanie,
-trouble d'excoriation compulsive (= dermatillomanie),
-syndromes obsessionnels-compulsifs induits par une substance ou par un traitement médicamenteux / par un trouble somatique,
-comportements obsessionnels et compulsifs centrés sur le corps ou la jalousie obsessionnelle.
SOC - Syndrome de Gilles de la Tourette
Noyau dur du SOC.
-Tics moteurs complexes et vocaux, difficilement contrôlables, survenant plusieurs fois par jour ;
-apparition précoce (souvent dans l’enfance ou l’adolescence) ;
-symptômes fréquents : clignement des yeux, grimaces, mouvements du chef, léchage répété, morsures des lèvres ;
-ces mouvements stéréotypés évoluent souvent vers des mouvements de nettoyage, de grattage, le besoin de toucher les autres, de s’étirer, de sauter ;
-le symptôme classique de coprolalie (émission brutale et incoercible de mots grossiers) est rare ; la comorbidité avec le TOC est fréquente (entre 28 et 62 %).
SOC - Trouble hypocondriaque
Noyau dur du SOC.
2 formes :
1)thymiques (notamment mélancoliques)
2) délirantes (syndrome de Cotard : conviction inébranlable concernant la maladie).
Symptômes :
-Attribuer les modifications physiques ressenties à des maladies graves ;
-plaintes fréquentes : symptômes cardiaques, respiratoires, troubles digestifs, nausée, fatigue, douleurs ;
-les préoccupations hypocondriaques st comparables à des obsessions et les actes de vérification à des compulsions ;
-nomadisme médical des patients qui recherchent la confirmation de leurs craintes (demandes de tests répétées) ;
-la réassurance par les médecins est insuffisante (phase d’atténuation de l’anxiété puis recrudescence des préoccupations concernant la maladie) ;
-débute souvent à l’adolescence, peut aussi survenir après 30 ans.
SOC - Dysmorphophobie
Noyau dur du SOC.
-Préoccupation excessive pour 1 partie du corps (obsession), impression d’un corps difforme, grotesque, ridicule ;
-préoccupation obsédante concernant la honte de son propre corps, peut aussi prendre un caractère délirant ;
-temps infini passé devant miroir, démarches pour masquer malformation physique ressentie (équivalents rituels) ;
-recours répété et inadapté à la chirurgie esthétique ;
-association très fréquente avec manifestations obsessionnelles, phobies sociales, épisodes dépressifs (80 %).
SOC - Trichotillomanie
Noyau dur du SOC.
-Arrachage répété de ses cheveux ou poils (sourcils, pubis) jusqu’à une alopécie manifeste ;
-sentiment croissant de tension accompagnant l’arrachage de poils ;
-apparition à la préadolescence, absence de troubles de personnalité patents ;
-comorbidités : TOC (15 à 20%), troubles dépressifs (30 à 60%).