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Expédition d’Égypte
1798-1801
Objectifs :
• affaiblir la présence anglaise en Inde en s’emparant de l’Égypte,
• donner à Bonaparte un prestige scientifique et militaire (et l’éloigner de Paris).
167 savants accompagnent l’expédition, dont :
• Gaspard Monge (fondateur de l’École polytechnique)
• Joseph Fourier (mathématicien)
• Edme-François Jomard (géographe)
→ Création de l’Institut d’Égypte.
Publication monumentale (1809–1821):
• 10 volumes de textes dont 4 consacrés aux Antiquités
• 12 volumes de planches dont 5 pour les Antiquités
• 1 atlas
les artistes ne connaissent pas l’art égyptien et ne comprennent pas les hiéroglyphes = imprecis

Le déchiffrement des hiéroglyphes
1822
Découverte déterminante : la Pierre de Rosette
• inscription en grec, en démotique (упрощённая скорописная форма египетской письменности) et en hiéroglyphes
• décret de Ptolémée V, 196 av. J.-C.
• basalte, 112 cm, British Museum
• découverte en 1799 à Rosette par l’ingénieur Bouchard
Champollion le Jeune (1790–1832) - расшифровывает в 1822
démontre que l’écriture égyptienne est à la fois phonétique et idéographique.
Travaux majeurs :
• Les Monuments de l’Égypte et de la Nubie
• Grammaire égyptienne (1836)
• Panthéon égyptien (1826)
после этого - 19 век temps des savants


(1903–1905) Cachette de Karnak - тайник
в храмовом комплексе обнаружили большую яму заполненную статуями и другими предметами
par Georges Legrain
→ 860 statues, 15 000 figurines en bronze, dispersées et vendues.
→ Base de données complète seulement en 2010.

buste de Néfertiti trouve par Ludwig Borchardt во время Fouilles d’El-Amarna (1912),
→ découverte du buste de Néfertiti.

1922 : Tombe de Toutânkhamon, vallée des Rois
→ Howard Carter(1874-1939) et Lord Carnarvon (1866-1923)
→ Découverte intacte (нетронута), retentissement médiatique mondial.
→ Le Service des Antiquités (sous la main des français) refuse le partage.

1939–1946 : Nécropole royale de Tanis, par Pierre Montet
→ 6 tombes royales, dont 1 intacte (pas de retentissement international, la Seconde Guerre mondiale éclatant au même moment).
→ Grande exposition internationale ; objets aujourd’hui au Musée du Caire.
L’archéologie moderne
- Nouveaux domaines d’étude :
Archéozoologie
Archéobotanique
Anthropologie culturelle
Radiocarbon C14
метод датирования органических материалов, то есть того, что когда-то было живым:
дерево;
ткань;
папирус;
кости;
семена;
уголь.
Пока растение или животное живы, они постоянно получают углерод из окружающей среды, включая радиоактивный углерод-14.
После смерти поступление углерода прекращается, и углерод-14 начинает постепенно распадаться.
Учёные измеряют, сколько C14 осталось:
много → предмет относительно молодой;
мало → предмет очень древний.
В Египте
Так датируют:
мумии;
льняные бинты;
деревянные саркофаги;
папирусы;
остатки растений из гробниц.
Thermoluminescence
Для керамики, кирпичей, обожжённой глины.
Когда глину обжигают в печи:
её «часы» как бы обнуляются.
После этого она начинает накапливать энергию от естественной радиации окружающей среды.
В лаборатории предмет снова нагревают.
При нагревании накопленная энергия высвобождается в виде слабого света (luminescence).
Чем больше света испускает предмет, тем больше времени прошло после его последнего обжига.
Le pays
L’Égypte se situe en Afrique, à la frontière de l’Asie, au contact de la mer Méditerranée et de la mer Rouge. navigation vers le IIIe millénaire av. J.-C., mer Rouge - accessible, mer Méditerranée - marecageuse (болотистое)
désert Libyque à l’ouest,
désert Arabique à l’est,
désert du Sinaï au nord-est.
Нил - центральный элемент, впадает в Méditerranée и формирует дельту нила (зеленый треугольник сверху, самые плодородные земли)
Le Nil est vital : il fournit l’eau et permet les récoltes grâce à la crue (наводнение) annuelle. Les pluies équatoriales et les pluies du printemps gonflent le Nil Bleu et le Nil Blanc ; la crue atteint l’Égypte fin juillet.
→ Elle inonde les terres pendant environ trois mois, dépose le limon fertile, puis l’agriculture commence.
Cette fonction vitale explique la divinisation du Nil :
→ Hâpy, dieu-Nil aux formes de femme et nourricières, symbolise la fertilité.
• Haute-Égypte : la vallée étroite du Nil (au Sud),
• Basse-Égypte : le delta (au Nord).
Le désert - ressource économique majeure
• granites dans le Sud,
• cuivre dans le sud du Sinaï,
• or en Nubie,
• pierres fines (turquoises, améthystes, etc.).

Les égyptiens
métissage entre les populations du Sahara et les populations venues du Levant (Syro-Palestine / Proche-Orient).
- Когда Сахара была более влажной (примерно 10 000–5000 лет до н.э.), там жили скотоводы и охотники. По мере высыхания климата многие переселялись к Нилу.
Из районов современной Сирии, Израиля, Палестины, Ливана. Они приносили некоторые технологии, культурные влияния и торговые связи.
Les premières métropoles régionales sont notamment : Elkab, Thèbes, Coptos, Memphis, etc
Les langues chamito-sémitiques
sémitiques — семитские языки (арабский, древнееврейский, аккадский и др.);
chamitiques — устаревший термин для некоторых языков Северной Африки.

Dans la tombe de Séthy Ier, Vallée des Rois, Thèbes, les Égyptiens représentent les différents peuples du monde avec des couleurs de peau stéréotypées : cela mêle observation et catégorisation symbolique.
L’écriture hiéroglyphique
• Phonogrammes : signes alphabétiques ou syllabiques
• Idéogrammes : signes-mots ou déterminatifs
Les hiéroglyphes ont une valeur performative : écrire ou représenter quelque chose contribue à faire exister ou agir cette chose.
→ Par exemple, on peut désactiver un signe dangereux (serpent, crocodile...) en ne le dessinant pas en entier.
→ Une statue fait « vivre » la personne représentée.
→ Pour les Égyptiens, écriture et image ne sont pas deux domaines distincts.
• Hiératique : écriture cursive des prêtres, mais utilisée à l’origine pour l’administration et la vie quotidienne (plus rapide que les hiéroglyphes).
• Démotique : apparaît au VIIe siècle av. J.-C. ; certains Égyptiens l’apprennent sans jamais maîtriser les hiéroglyphes.

Hiératique - écriture cursive des prêtres, mais utilisée à l’origine pour l’administration et la vie quotidienne (plus rapide que les hiéroglyphes). - упрощенные иероглифы

Démotique : apparaît au VIIe siècle av. J.-C. ; certains Égyptiens l’apprennent sans jamais maîtriser les hiéroglyphes. для простых людей типо
les croyances égyptiennes
Les Égyptiens croient à des dieux multiples, de portée locale ou nationale.
Les grands démiurges (dieux créateurs)
• Rê à Héliopolis
• Ptah à Memphis
• Thot à Hermopolis
Triades locales (sont caractéristiques à partir du Nouvel Empire (vers 1550 av. J.- C.).
• Memphis : Ptah – Sekhmet – Néfertoum
• Thèbes : Amon – Mout – Khonsou
• Abydos : Osiris – Isis – Horus
Un même dieu peut varier en apparence et en généalogie selon les villes. Des dieux ayant des caractéristiques proches peuvent être assimilés.
Le culte d’Osiris est central : mythe de mort et de renaissance, fondement de l’espérance de vie posthume.
La croyance en la vie après la mort nécessite :
• la conservation du corps (momification) et les rites funéraires,
• un culte rendu au défunt après l’enterrement,
• des nécropoles proches des villes, intégrées à la vie quotidienne.
→ Si le corps est détruit ou si le culte cesse, l’âme ne peut plus survivre : d’où l’importance vitale des tombeaux, des statues, et des rites.
dieux créateurs
démiurges
Aegyptiaca
peu de sources historiographiques continues comme celles de la Grèce ou de Rome : aucun texte égyptien n’a pour objectif de raconter l’histoire de l’Égypte de façon chronologique.
у нас их нет но это не значит что их не было
Sous l’influence grecque, un prêtre égyptien, Manéthon de Sebennytos, rédige au IIIe siècle av. J.-C. une histoire de l’Égypte en trois volumes : Aegyptiaca.
Il y établit une liste des rois en 30/31 dynasties.
L’œuvre originale est perdue ; il ne subsiste que des citations chez d’autres auteurs.
Nous savons donc qu’il existait une histoire narrative, car :
les extraits conservés contiennent des passages narratifs,
nous possédons un résumé de la liste des rois et des durées de règne, compilé plus tard par un continuateur.
Cette liste a été copiée pendant près de 1000 ans, par les chronographes antiques tels que Jules l’Africain et Eusèbe de Césarée.
Cependant, Manéthon a pu commettre des erreurs :
erreurs de calcul de durée,
inversions de noms,
incompréhensions de lacunes (пропуски).
Exemple : un roi appelé Sephis / Oujeffa n’est probablement pas un roi mais une annotation signifiant « lacune ».
Les 30 dynasties ne sont pas des dynasties familiales (comme les Bourbons). Il s’agit plutôt de groupes de rois dont l’autorité repose sur la même zone géographique et sur le même dieu protecteur.
Exemple : Toutânkhamon meurt vers 1320 av. J.-C., (конец XVIII династии.) dernier de sa lignée ; deux rois le succèdent au sein de la même dynastie sans être ses enfants.

Les sources égyptiennes:
1 - Liste royale du papyrus de Turin - Liste royale fragmentaire (endommagée pendant son transport), probablement rédigée sous Ramsès II.(XIX династия)
Это папирус, на котором перечислены египетские правители:
цари Египта;
иногда даже мифические боги и полубоги, которые якобы правили до людей;
указана продолжительность правления многих царей.
2 - Pierre de Palerme - Reconstitue année par année les événements de règne, des premiers rois jusqu’à la Ve dynastie (vers 2500 av. J.-C.).
→ Preuve que les Égyptiens avaient une conscience historique et une mémoire politique entretenue.
Certaines dynasties sont parallèles : il peut y avoir deux pouvoirs simultanés (par exemple un pouvoir en Basse-Égypte et un autre en Haute-Égypte).
На ней по годам записывались события правления фараонов:
имя царя;
важные религиозные церемонии;
строительство храмов;
переписи населения и скота;
уровень разлива Нила (crue du Nil);
крупные государственные события.
3 - Liste royale d’Abydos - Inscrite pour honorer les rois.
Elle inclut certains souverains absents d’autres listes.
Le contenu varie selon le lieu de rédaction : les listes sont sélectives et idéologiques.
царский список, высеченный в храме Сети I в Абидосе (XIX династия)
sources extérieures historiques
annales mésopotamiennes,
correspondances diplomatiques entre rois du Proche-Orient (permettant d’établir des synchronismes),
Hérodote, Enquête, livre II (fiable surtout à partir de 600 av. J.-C.),
Diodore de Sicile.
Époque prédynastique
-4500– -3100
Dynastie 0
Les périodes de formation : Préhistoire et Prédynastique
Révolution néolithique, développement de l’agriculture.
Deux grandes zones culturelles :
• Maadi–Bouto au Nord
• Nagada–Hiérakonpolis au Sud
Le Nord présente un désintérêt pour le monde funéraire, tandis que le Sud manifeste très tôt un investissement symbolique dans l’au-delà (tombes, dépôts, mobilier).
Unification culturelle, puis politique au profit du Sud (dynastie 0). Les recherches récentes suggèrent que l’unification politique a eu lieu plus tôt que ce que l’on pensait, étayée par des graffitis égyptiens au Sinaï et en Palestine.
Création de Memphis, ville placée à la « balance des deux Terres », centre d’équilibre du pouvoir.

Les cultures de la fin du Néolithique
La sédentarisation est plus précoce dans le Nord, ce qui laisse penser que la culture vient du Proche-Orient. Dans le Sud, la sédentarisation est plus tardive, créant au départ une opposition culturelle :
→ culture du Fayoum, Badari, Merimdè.
Même si ce sont des cultures agricoles, elles restent très frustres :
• céramique de faible qualité,
• peu de travail sur la pâte,
• cuisson mal maîtrisée.
Cependant, on voit déjà apparaître la représentation humaine :
→ ex. tête anthropomorphique, culture de Merimdè, vers 5100 av. J.-C., Musée du Caire.
→ Le talent de l’artiste commence à se développer.
La culture de Badari present l’evolution
• céramique cuite avec soin,
• exemplaires noirs et polis (black polished).
Culture semi-nomade, mal documentée sur l’habitat, mais montrant un intérêt précoce pour la mort :
• fosses funéraires,
• mobilier funéraire riche → culture déjà tournée vers le funéraire.
Comme dans la culture de Merimdè, on trouve de petites figures anthropomorphiques, probablement liées à la fécondité, témoignant des premières croyances religieuses.

Les cultures prédynastiques - Culture de Nagada I
La culture de Badari est remplacée par celle de Nagada.
Nagada I :
Nouvelle étape dans la continuité de Badari : le processus de sédentarisation est terminé, les habitants vivent dans de véritables villages (habitat simple).
Céramique dans la continuité badarienne :
→ black-top (bord du vase noirci volontairement), cuisson très maîtrisée.
Exemple : vase type black-top Nagada.
Diversification du travail de la pierre :
• développement des palettes en grauwacke (pierre tendre de Haute-Égypte)
• usage : broyer les pigments du maquillage (kohl) pour diminuer la réverbération du soleil autour des yeux
→ mobilier domestique et funéraire : le mort part avec sa palette.
Le côté esthétique devient important → formes animales, mais usage toujours fonctionnel.
Maadi–Bouto - Les cultures prédynastiques
Structures architecturales distinctes :
→ site considéré a posteriori comme ancienne capitale, avec un développement très ancien et des bâtiments monumentaux.
Ces bâtiments sont en briques crues (première apparition en Égypte). Leur technique vient probablement du Proche-Orient, où elle existait déjà à Uruk.
Autres habitats : maisons enterrées (fosses creusées dans la roche, parois renforcées de pierres, foyer central).
→ Ce modèle, déjà attesté en Palestine (Sud du Levant), montre des liens culturels entre les populations.
Nagada II - Les cultures prédynastiques
Période marquée par une hiérarchisation sociale :
→ tombes pauvres vs tombes riches, apparition de catégories sociales (agriculteurs, artisans, élites, chefs). On retrouve des bijoux, de la poterie dans les tombes etc..
Mutation de la céramique :
→ disparition du black-top, apparition d’une céramique beige avec motifs rouges.
Ex. : céramique de Nagada II, El-Amara, vers 3300 av. J.-C.
Iconographie caractéristique :
• bateau = mobilité / puissance
15 sur 36
• figure féminine (« la danseuse »)
• flambeaux roses derrière le personnage
Figurines humaines :
• figurines féminines → fécondité
• figurines masculines en pierre → chef ou divinité
Ex. : figurine masculine en schiste, 35 cm, Musée des Confluences, Lyon.
→ Production de luxe, image du chef : signe de hiérarchisation sociale, conflits, domination.
Nouvel objet de prestige : vaisselle en pierre
→ formes imitant la céramique
→ usage par des élites, souvent à fonction sacralisée.
Les palettes continuent d’être produites, de plus en plus luxueuses, parfois en relief.
Nagada III - Les cultures prédynastiques
Expansion de la culture de Nagada en Basse Nubie et en Basse-Égypte. Évolution importante de la céramique → distinction Nagada III A / B / C.
Nagada III = période de la formation de la royauté (première dynastie).
→ L’iconographie passe de la céramique à la palette.
→ Apparition de figurines en feuilles d’or (30–40 cm), rappel symbolique de l’éternité.
Exemple majeur : Tombe 100, Hiérakonpolis
Peintures murales (non pas des fresques) :
• motifs du bateau
• conflits entre hommes
• domination sur les animaux (lions)
→ affirmation d’une idéologie de domination / pouvoir du chef.
Objet associé : couteau du Gebel el-Arak (ivoire et silex, manche sculpté en bas-relief)
La palette évolue progressivement en objet cérémoniel :
→ iconographie initiatique / guerrière / hiérarchique.
Apparition de la technique du bas-relief, et parfois de formes scutiformes.

Nagada III - Les cultures prédynastiques
couteau du Gebel el-Arak (ivoire et silex, manche sculpté en bas-relief)
→ motifs de combat, bateaux, animaux maîtrisés par l’homme
→ personnage barbu à longue langue, force surnaturelle.

Nagada III - Les cultures prédynastiques
Palette du « tribut libyen »:
Sur cette palette, on voit en blanc de petits carrés qui symbolisent probablement des maisons ou une ville. Les animaux représentent des logogramme ou « signes » de villes. Ils portent un outil appelé la houe, utilisée pour creuser la terre, détruire un mur de briques ou tracer un sillon → outil de fondation et outil de destruction.
→ Le message peut donc signifier soit que le roi détruit / conquiert une ville, soit qu’il fonde une ville. L’image du faucon devient progressivement le symbole du roi.
Les premiers « Horus »
On assiste à l’apparition de la première écriture royale :
→ le nom d’Horus, associé à un faucon posé au-dessus du serekh (façade de palais stylisée).
Iri-Hor serait le plus ancien roi ayant régné sur l’Égypte. Son faucon n’est pas encore posé sur le palais, ce qui montre que le système est en formation. Le mot serekh signifie littéralement « faire connaître, proclamer », d’où son rôle d’identification royale.


la tête de massue du roi Scorpion, calcaire, env. 35 cm de haut
roi Scorpion
Nagada décline : pas de grands tombeaux à cette période. À Abydos, dans le cimetière U, la tombe U-J (structure en briques, plusieurs chambres, beaucoup de jarres) marque la naissance de l’écriture. On y trouve des étiquettes comportant les premiers hiéroglyphes gravés.
Un peu plus tard apparaît le « roi Scorpion », connu par un seul document :
la tête de massue du roi Scorpion, calcaire, env. 35 cm de haut
→ objet votif, décoré en bas-relief, trouvé dans le grand dépôt.
Les objets de Narmer sont très proches de ceux du roi Scorpion → on pense qu’il s’agit peut-être de la même personne ou d’une succession très courte.
Apparition des registres : organisation de l’image en bandes horizontales. La tête de massue est une forme circulaire, symbolisant un objet lié au pouvoir et au rituel.
Iconographie :
• couronne blanche
• houe dans la main
• personnages dansant → célébration / festivité
• rosette à huit branches devant le roi
• scorpion en dessous
Le scorpion est un signe récurrent, mais à aucun moment dans les textes contemporains il n’est appelé « Horus-Scorpion » → singularité : il n’utilise pas encore le protocole d’Horus, alors que d’autres rois le font depuis environ 200 ans. Scorpion n’a pas de tombe à Abydos. Pour la dynastie 0, on trouve au cimetière B : Iri-Hor, puis le successeur K, puis Narmer.
Époque protodynastique/époque thinite
-3100– -2740
Dynasties 1–3
Affirmation de la royauté
Consolidation du pouvoir royal sur toute l’Égypte.
Apparition :
• de l’écriture hiéroglyphique,
• du nom royal,
• d’une iconographie royale diffusée dans tout le pays.
Palette du roi Narmer, Ire dynastie, Le Caire (vers 3100 av. J.-C.)
Premières tombes royales en briques crues à Abydos (vers 3000), probablement inspirées du Proche-Orient (période d’Uruk). Les textes hiéroglyphiques s’allongent : ex. étiquette en ivoire de l’Horus Den.
Les années de règne portent le nom du roi → le roi est éponyme.
Sous la IIIe dynastie → Complexe de Djoser à Saqqarah (vers 2800) - Apparition de la première pyramide (pyramide à degrés), début de la statuaire royale monumentale.
Narmer
Époque protodynastique/époque thinite
Horus Narmer
→ L’opinion admise aujourd’hui : Narmer = premier roi de la Ire dynastie.
Palette de Narmer
Un document confirme que Narmer est bien le premier roi de la Ire dynastie : un sceau-cylindre découvert dans la tombe du roi Qaâ. Les empreintes de sceau mentionnent des hiéroglyphes d'un prêtre de la nécropole royale, attestant d’une continuité dynastique. Cela prouve qu’à la fin de la Ire dynastie, Narmer était déjà considéré comme le fondateur de la dynastie.

v. 3000 av. J.C. (Fin Nagada III, Ière Dynastie)
Palette de Narmer
• Grauwacke, 64 cm
• v. 3000 av. J.-C. (fin Nagada III, début Ire dynastie)
• Musée du Caire
Issue du grand dépôt, comme la tête de massue. Un des premiers chefs-d’œuvre de l’art égyptien.
Interprétation : elle commémore un événement militaire, probablement une victoire contre la Libye.
Lecture de la palette:
Il s’agit d’une palette à fard (круглым диском) → la face avec le disque circulaire (zone de broyage du fard) est la première face à lire.
Face 1 : 4 registres:
1) Deux têtes de vaches à visage humain encadrent le serekh de Narmer (protection divine).
2) Le roi, coiffé de la couronne rouge, avance vers un ennemi ; porteur de sandales derrière lui ; symboles de bateaux au-dessus → projection du pouvoir royal.
3) Deux animaux fantastiques au cou entrelacé (lion-giraffe) → symbole des forces sauvages maîtrisées.
4) Taureau détruisant une enceinte → puissance du roi en guerre / domination.
Face 2 : 1 grand registre:
Le roi, coiffé de la couronne blanche, massacre un prisonnier avec la massue.
→ derrière lui : porteur de sandales
→ devant lui : faucon-Horus dominant un captif → victoire du roi légitimée par l dieu.
→ queue de taureau = force surhumaine.
Style artistique:
L’art égyptien n’est pas réaliste → il suit le canon de l’aspectivité :
→ représentation de chaque élément selon l’angle qui le montre le mieux (nez de profil, œil de face, épaules de face, jambes de profil). La différence de taille exprime la hiérarchie sociale.
politique - victoire militaire
religieuse - protection divine
cosmique - maintien de Maât
mémorielle - commémoration rituelle
La palette est un acte performant - elle inscrit l’événement pour l’éternité dans la mémoire divine et cosmique.
→ Elle est déposée dans un temple afin que les dieux constatent que le roi accomplit son rôle.


Ière Dynastie
la tête de massue de Narmer, (environ 20 cm). Elle était probablement fixée à l’extrémité d’un manche de massue, mais il s’agit clairement d’un objet votif. Ces têtes de massue sont généralement piriformes (en forme de poire).
une seule composition.
Le Roi est assis sur une grande estrade, vêtu d’un manteau enveloppant qui dissimule bras et jambes. Il porte la couronne rouge, tient un sceptre et un fléau (цеп, бич). Au-dessus de lui plane un vautour, annonçant une iconographie qui deviendra récurrente. On observe également deux petits personnages.
Derrière l’estrade se tient le porteur de sandales du roi, accompagné de la rosette, symbole royal. On distingue un personnage penché, identifié comme le chati (vizir) (самый высокий чиновник после фараона.). Des hommes armés de grands bâtons constituent la garde rapprochée du roi.
Devant l’estrade se développe une scène divisée en trois registres :
• un enclos contenant une vache et son veau ;
• quatre étendards portés par de petits personnages, surmontés d’animaux
symboliques ;
• une chaise portée, suivie de personnages vêtus d’un vêtement enveloppant.
On observe également trois personnages courant, les bras repliés sur la poitrine, évoluant entre des bornes en forme de croissant.
Dans la partie inférieure, les images deviennent plus abstraites, signes hiéroglyphique: signes bovins, caprins et humains accompagnés de chiffres. On est face à un mélange d’écriture et de représentation, probablement en lien avec un temple ou une chapelle. Cette dernière partie reste difficile à interpréter. L’habit enveloppant du roi indique très probablement la fête-Sed, rituel de régénération du pouvoir royal, célébré traditionnellement après 30 ans de règne. Il s’agit d’un jubilé symbolique.

Le culte du taureau Apis et la fête-Sed
Lors de la fête-Sed, le roi est associé au taureau Apis, élevé à Memphis et incarnation du dieu Ptah (dieu démiurge, титульный бог Мемфиса). Un jeune taureau est sélectionné selon des critères précis, notamment une tache noire en forme de scarabée. Ce culte est attesté dès la Ire dynastie, on a quelques représentation, du roi qui lors de la fête rencontre le taureau Apis.
Dans la tête de massue de Narmer, le registre médian montre une course rituelle : les trois figures identiques représentent le roi, engagé dans une course symbolique destinée à prouver sa vigueur et à renouveler ses pouvoirs royaux. Le roi apparaît ainsi comme garant de l’ordre cosmique et terrestre. Il ne cherche pas à se légitimer : sa légitimité découle du fait que les dieux l’ont accepté comme roi. L’objet possède donc une dimension performative⚠ et commémorative.

Massacre de l’ennemi Plaquette d’ivoire, Tombe de Den Abydos

Ière Dynastie
étiquette en ivoire mentionne l’année de la fête-Sed :
• le roi porte la double couronne (blanche et rouge emboîtées),
• la course rituelle est représentée,
• les trois bornes réapparaissent.
Il s’agit de l’huile de Libye, millésimée en l’an 30. La même année, on mentionne la fondation d’une ville pour l’exploitation de la turquoise. À côté figure le nom d’un haut fonctionnaire, chargé de sceller les documents : les chanceliers du roi.
→ On assiste à la mise en place d’une administration structurée et à des réalisations architecturales importantes.
скорпион - нармер - ден
L’Horus Den - Massacre de l’ennemi Plaquette d’ivoire, Tombe de Den Abydos, Plaquette d’ivoire, Tombe de Den Abydos, On assiste à la mise en place d’une administration structurée et à des réalisations architecturales importantes.

L’accès se fait par une descenderie menant à une chambre funéraire centrale, entourée de tombes subsidiaires. La tombe principale est un tumulus entouré de murs de briques, abritant plusieurs appartements funéraires. Autour, une enceinte basse et des caveaux rectangulaires. Deux stèles de pierre, portant uniquement le nom du roi, marquent la tombe.
*ex: stèle du roi Djet, Ire dynastie, Musée du Louvre.

La IIe dynastie
La IIe dynastie est moins bien documentée que la première.
La nécropole de Saqqâra
Sous la IIe dynastie, le roi Peribsen se fait enterrer à Abydos. Il remplace le faucon d’Horus par le dieu Seth, révélant un conflit cultuel et politique. Il à donc changer de protection dynastique et cela n’a pas plue à tout le monde. La dynastie se caractérise aussi par une exceptionnelle vaisselle de pierre, utilisant une grande diversité de matériaux.
Apparition de la statuaire:
Exemple : statue de Hotepdief, granit, Musée du Caire.
Le règne de Khâsekhemouy
Les tensions entre le clergé d’Horus et le clergé de Seth, accentuées par le déplacement de la capitale vers Memphis, engendrent des conflits. Khâsekhemouy manifeste une volonté de réconciliation entre le Nord et le Sud. Apparition de la statuaire royale conservée : *statue en calcaire (62 cm), roi assis sur un trône*, vêtement enveloppant, couronne blanche, frontalité marquée, image destinée à recevoir offrandes et prières.
La tombe de Khâsekhemouy à Abydos est un vaste tumulus en sable et briques, renforcé par de la pierre.
• chambre funéraire entièrement en pierre
• magasins latéraux
→ entrée progressive de la pierre dans l’architecture funéraire
Les grandes enceintes sont construites à proximité. La plus célèbre est le Shunet el- Zebib : enceinte monumentale sans structure cultuelle centrale, probablement liée au rituel funéraire royal.


La IIe dynastie
statue de Hotepdief, granit, Musée du Caire.
Seul le pouvoir royal peut organiser les expéditions dans les carrières de granit. Toute statue en granit provient donc des ateliers royaux et constitue un don royal. La statue porte les noms des rois qu’il a servis → affiliation directe au pouvoir. Le personnage est représenté agenouillé, en attente d’offrandes. Il s’agit d’une statue funéraire.
À cette époque, environ 99 % des statues servent de support au Ka (double cosmique), notre énergie est façonnée avec l’individu durant sa vie et est destinée à survivre après la mort. Le KA à besoin d’une image pour survivre après la mort. La statue n’est pas un portrait, mais un support ontologique du Ka, permettant à l’âme d’effectuer des allers-retours entre le monde des vivants et l’au-delà.

La IIe dynastie
L’intérêt se déplace vers le Nord. À Saqqâra, on trouve les tombes de courtisans et de hauts fonctionnaires de la Ire dynastie.
Tombe d’Hotepsekhemouy à Saqqâra :
• vaste sous-structure creusée dans le sol,
• Série de couloirs, pièces et magasins (entrepôts) destinés au stockage, creusés en sous sol (il y a des séries de magasins sur les étagères, on les scelle souvent)
• Le secteur de Saqqâra à été tres occupé pendant 3000 ans
Les passages sont parfois fermés par des herses en pierre, matériau plus solide que la brique et doté d’une valeur symbolique protectrice (granit).
La IIIe dynastie
Le règne de Khâsekhemouy constitue un marchepied vers la IIIe dynastie. La IIIe dynastie s’installe à Memphis et fixe la nécropole à Saqqâra.
Le complexe funéraire de Djéser

Le complexe funéraire de Djéser
La IIIe dynastie
Ce complexe deviendra un modèle fondateur. Saqqâra sera utilisée pendant près de 30 siècles, en raison de la présence des pyramides.
Au centre se dresse la pyramide à degrés, conçue par Imhotep. Le complexe est conçu pour être vu :
• temple Nord accolé à la pyramide
• Serdab (chambre close abritant la statue du roi, avec fente visuelle) la statue du mort voit qui vient apporter des offrandes)
• 2 chapelles ornées de plantes symboliques :
◦ papyrus (Nord)
◦ lys (Sud)
La cour de la fête-Sed, avec podium, symbolise le renouvellement du pouvoir sur lequel on pouvait imaginer qu’était couronner le roi. Adosser à cette cours il y a la cours principale avec les bornes qui rappellent celle de la course.
Plus au sud, accès principal qui traverse des zones massives : deux tombeaux, pyramide et tombeau Sud.
La pyramide passe d’un mastaba invisible à une superposition de degrés pour rendre le tombeau visible :
→ pyramide à 6 degrés, 62 m de haut, plus haute construction humaine de son époque.
L’architecture est entièrement en pierre, matériau de l’éternité. Les bâtiments imitent l’architecture végétale : poutres sculptées, plafonds imitant le bois. Les appartements funéraires sont ornés de faïences bleues, imitant les nattes végétales. La statue du roi porte une perruque tripartite, coiffure divine, puis le nêmès, coiffure exclusivement royale.
→ Le nom du roi est indispensable pour activer la fonction de la statue.
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Ancien Empire
-2750– -2250
Dynasties 4–8
La IVe dynastie marque l’apogée architectural.
Architecture monumentale en pierre
Développement de sites funéraires monumentaux
Mise en place d’une administration centrale issue du palais royal
Affirmation du pouvoir royal et de son idéologie
→ Apparition des cinq noms du protocole royal :
1. nom d’Horus
2. nom des Deux Maîtresses
3. nom d’Horus d’or
4. nom de Fils de Rê (nom de naissance)
5. nom de roi de Haute et Basse-Égypte (nom de couronnement, dans un cartouche)
→ Ce protocole inscrit le roi dans le monde divin.
Linteau de Pépy Ier à Bubastis : des prêtres divins lui rendent hommage ; le roi apparaît comme l’égal des divinités, entouré des deux déesses du Nord et du Sud.
Mise en place du système pharaonique:
Pharaon est un terme anachronique : il vient de per-aa = « la grande maison », c’est-à- dire le palais.
→ Ce n’est qu’à partir de la XVIIIe dynastie que ce terme désigne directement le souverain en fonction.
Le roi est :
Roi de Haute et de Basse-Égypte
Fils et héritier des dieux
Gestionnaire du pays au nom des dieux
Rien ne lui appartient en propre : tout appartient aux dieux, mais il gère l’Égypte pour leur compte.
Rôle politique - paix, justice, administration
Rôle religieux - culte des dieux, construction de temples
Rôle cosmique - maintien de l’ordre du monde
La propagande royale vise à légitimer ce pouvoir.
Pour maintenir l’ordre, le roi doit accomplir Maât (= vérité / justice / harmonie) en :
• administrant la justice
• construisant et entretenant les temples
• accomplissant les rites (il est le premier prêtre d’Égypte)
Tous les prêtres ne sont que ses suppléants : dans l’iconographie, c’est toujours le roi qui fait l’offrande.
Il doit aussi repousser Iséfet (= le mal, le chaos), en :
• maintenant l’ordre intérieur (police)
• protégeant l’Égypte à l’extérieur (armée)
→ Si les dieux sont satisfaits, ils envoient une bonne crue du Nil qui assure la prospérité du pays. Ce système se met en place progressivement au cours de l’Ancien Empire.
Manifestations majeures:
• Plateau de Giza (IVe dynastie) → grandes pyramides
• Pyramides à textes (VIe dynastie) → premiers textes religieux gravés dans les pyramides
• Fragments des Textes des pyramides conservés
→ Naissance d’un État administratif
Exemple : Papyrus d’Abousir
Dès la Ve dynastie, on trouve des plaintes de prêtres, des inventaires, des dossiers sur la gestion des temples funéraires royaux.

Maât
Maât (= vérité / justice / harmonie) en :
• administrant la justice
• construisant et entretenant les temples
• accomplissant les rites (il est le premier prêtre d’Égypte)
Iséfet
(= le mal, le chaos), en :
• maintenant l’ordre intérieur (police)
• protégeant l’Égypte à l’extérieur (armée)
→ Si les dieux sont satisfaits, ils envoient une bonne crue du Nil qui assure la prospérité du pays. Ce système se met en place progressivement au cours de l’Ancien Empire.
Principes de l’image
Ancien Empire
⚠ Image performative
L’image n’est pas décorative : elle est performative⚠ . Représenter une chose, c’est en exprimer la réalité et proclamer son existence. Cela est lié au caractère figuratif de l’écriture hiéroglyphique.
Aspectivité
Les Égyptiens ne représentent pas les choses comme on les voit, mais comme elles sont :
• combinaison de plusieurs points de vue,
• chaque partie du corps est vue sous l’angle le plus « parlant » (visage de profil, œil
de face, épaules de face, jambes de profil, etc.).
Lien écriture / image
L’écriture est une écriture-image. On écrit de droite à gauche ou de gauche à droite, mais toujours en fonction de l’orientation des signes. Le décor peint est presque toujours d’abord dessiné, puis sculpté, puis repris à la peinture.
Processus de réalisation:
• un scribe-dessinateur quadrille les murs et dessine les scènes (il dirige tout le programme décoratif),
• les sculpteurs gravent le relief,
• les peintres appliquent les couleurs.
Deux types de reliefs:
• Relief levé (ou « vrai relief ») : le fond est creusé pour faire ressortir les figures. → effet plus soigné, idéal pour l’intérieur.
• Relief en creux : la figure est creusée, le fond reste en surface. → plus rapide, très adapté aux parois extérieures.
En principe :
• relief levé à l’intérieur,
• relief en creux à l’extérieur.
À partir de Ramsès II, pour aller plus vite, on utilise de plus en plus le relief en
creux, même à l’intérieur.


Iconographie royale
Ancien Empire
Repères principaux :
Couronne blanche (Haute-Égypte),
Couronne rouge (Basse-Égypte),
Double couronne (unification),
Sceptres :
- fléau nekhekh, (бич)
- bâton heka (sceptre-pastoral).
Ces attributs distinguent immédiatement le roi dans le décor.

Décor intérieur des complexes funéraires royaux
Ancien Empire
Мудл там картинки
a) Scènes liées à la construction et à l’économie du complexe
Exemple : scènes du transport de colonnes ou de blocs dans la chaussée montante d’Ounas à Saqqara.
Il ne s’agit pas de souvenirs précis, mais de scènes qui montrent le roi comme bénéficiaire de la faveur des dieux et garant de l’achèvement du temple.
b) Le roi et les offrandes
Représentation typique :
• le roi assis sur son trône,
• une main posée sur le genou,
• l’autre tendue vers une table d’offrandes.
Cette scène est souvent accompagnée d’un grand tableau-listing (une sorte de « menu » des offrandes) : Le roi devant sa table d’offrandes, temple de Pépy Ier, Saqqara-sud.
Le repas funéraire comprend :
• la préparation des offrandes,
• leur acheminement vers le temple funéraire,
• leur redistribution vers le défunt.
Exemple : Procession de porteuses d’offrandes, temple funéraire de Snéfrou, IVe dynastie, Dahchour.
→ toutes les femmes semblent identiques, mais au-dessus d’elles figure le nom du domaine agricole d’où proviennent les offrandes.
c) Scènes de chasse
Il ne s’agit pas du souvenir des loisirs du pharaon. Les artistes s’inspirent de la vie réelle, mais les scènes ne sont pas historiques : elles ont une valeur symbolique.
Exemple : chasse à l’hippopotame mâle :
• hippopotame = animal dangereux, associé au dieu Seth → incarnation des forces du mal ;
• le roi, assimilé à Horus, tue l’hippopotame → image symbolique de la victoire du roi sur le chaos.
On ne peut donc pas interpréter ces scènes comme des récits d’événements précis ; elles mettent en scène le roi comme garant de Maât, l’ordre du monde.
Autre exemple : Relief de Bédouins mourant de faim, Ve dynastie, règne d’Ounas, Saqqara, calcaire, Musée du Louvre.
→ thème iconographique attesté plusieurs fois, montrant la supériorité de l’Égypte civilisée sur les populations du désert.

les mastabas privés de l’Ancien Empire
Les pauvres sont enterrés dans de simples fosses.
Les personnes de statut plus élevé ont accès à des tombes plus élaborées :
• davantage d’offrandes,
• bijoux,
• superstructures en maçonnerie,
• petite stèle, etc.
La place dans la hiérarchie funéraire reflète la proximité avec le roi, pas seulement la richesse.
Deux voies principales :
1. être grand officier / ministre,
2. être domestique proche du roi (ex : coiffeur, intendant, porteur de sandales).
Un coiffeur du roi peut ainsi avoir un tombeau très prestigieux parce qu’il touche la personne royale.
Le mastaba est un massif rectangulaire :
• structure en blocage,
• parement en brique ou en pierre,
comprenant :
◦ un caveau fermé (sépulture),
◦ un sanctuaire de culte pour commémorer le défunt (chapelle, stèle, fausse porte).
Les mastabas se regroupent en vastes cimetières, souvent au pied ou à proximité des complexes royaux.
Exemples :
• ****IVe dynastie, mastaba du prince Kaouab, fils de Khéops, à Giza :
◦ organisation simple, culte extérieur avec fausse porte et stèle.
(shaft- шахта)
• VIe dynastie, mastaba de Mérérouka, Saqqara :
◦ très vaste, nombreuses pièces, décor abondant.
Le serdab est une petite pièce close, contenant la statue du défunt, tournée vers une fente d’observation.


Le serdab
une petite pièce close, contenant la statue du défunt, tournée vers une fente d’observation.
**Serdab du mastaba de Ti, Saqqâra

La chapelle- Stèle fausse porte
**Stèle fausse porte de Mérou, Saqqara
Le linteau est la pierre haute et horizontale de la porte ; il repose sur des montants verticaux que l’on appelle parfois des jambages (il y en a deux à chaque fois).
On y trouve une formule d’offrande et des prières, toujours rédigées de la même façon. Le début de la formule est toujours : « Offrande que donne le roi... »
Cette formule a subi plusieurs variations de traduction. Elle exprime que l’offrande est faite par le roi au nom d’un dieu, et que c’est le dieu qui, en retour, reverse les offrandes au défunt. Les temples servent ainsi de lieux de redistribution des offrandes vers les défunts : le rôle du pouvoir royal dans cette gestion est donc central, le monde funéraire n’est pas un domaine strictement privé.
Le défunt profite de ce type de monument pour afficher son statut social :
• titulature détaillée,
• épithètes qui soulignent ses rapports avec son maître : « directeur des greniers », « celui qui a la confiance de son maître », « celui qui entre le premier et sort le dernier », etc.
Le statut social justifie, en quelque sorte, l’ampleur des offrandes qui lui sont apportées.

Sanctuaire du mastaba de Nyankhnefertoum
Fin de la Ve dynastie, Saqqara
stèle fausse porte et table d’offrandes Le fait de verser de l’eau sur la table d’offrandes « active » les inscriptions hiéroglyphiques et, par là même, le pouvoir de la formule.
Le signe figurant sur la table signifie « satisfaire, apaiser » ; il peut être interprété comme une forme de « champignon » ou comme une représentation stylisée de pain.

|||eme dynastie
Panneaux de bois décorant la chapelle du mastaba d’Hésyré, IIIe dynastie, Saqqara
Ces panneaux habillaient des niches où les statues du défunt devaient être placées.
À l’intérieur de ces niches, on trouvait :
• la statue du défunt,
• sa titulature,
• et, en dessous, le propriétaire représenté dans différents accoutrements.
Son statut social est ainsi explicité par ces panneaux. Le premier thème fondamental est celui du repas funéraire, qui devient central.
Les stèles d’offrande
Dès la IVe dynastie, on trouve par exemple la stèle-dalle de la princesse Néfertiabet, fille de Khéops, calcaire, Giza, Musée du Louvre.
Les offrandes représentées sont à la limite entre hiéroglyphes et images. Néfertiabet porte une robe qui ressemble à une peau d’animal : en réalité, il s’agit d’un tissu tacheté imitant une peau, mais sans véritable poil.
Les stèles ne sont pas forcément destinées à être vues de tous : elles sont là avant tout pour leur pouvoir performatif(faire exister le culte et l’offrande).


Repas funéraire – Mastaba de Nyankhnefertoum (Ve dynastie, Saqqara)
Face au défunt, des offrandes sont apportées par un personnage présenté comme « son fils aîné, celui qui l’aime », c’est-à-dire celui qui est chargé de réactualiser le culte funéraire.
On voit aussi des scènes liées à la vie quotidienne, mais en réalité il s’agit de scènes de préparation des offrandes.
Par exemple, les bouchers sont presque toujours représentés par trois :
• l’un tient la patte,
• un autre aiguise le couteau,
• le troisième découpe.
Ces scènes garantissent au défunt qu’il aura toujours des offrandes dans l’au-delà. En remontant le « fil des offrandes », on remonte aux animaux vivants, puis à l’agriculture : le propriétaire de la tombe peut être représenté devant des scènes de travaux agricoles.

Mastaba de Mérérouka, VIe dynastie, Saqqara
On y voit notamment :
• une scène célèbre de gavage de hyènes pour produire une forme de foie gras,
• un défilé de porteuses d’offrandes avec le nom des domaines qu’elles représentent.
Les femmes semblent identiques au premier regard, mais leurs paniers contiennent des éléments variés, renvoyant à la diversité des biens offerts.
Les travaux agricoles sont détaillés :
• moissons,
• élevage,
• scènes de chasse dans le désert.
L’art égyptien est naturaliste dans sa manière d’observer et de représenter la faune et la flore.
Scènes typiques :
• scène de chasse dans le désert, mastaba de Mérérouka
• scène de gavage d’animaux (chiens, antilopes, lapins, hérissons, etc.).
On cherche un certain réalisme dans les détails.


Passage du gué – Tombe de Ti (Ve dynastie, Saqqara)
Les vaches ne sont pas toutes représentées dans le même sens ni de la même couleur. L’eau est rendue par des zigzags, mais l’artiste tente de montrer la transparence de l’eau : on voit les pieds des personnages « en dessous » de la surface.
Scènes rituelles : chasse et pêche comme allégorie
Dans la tombe de Niankhkhnoum et Khnoumhotep, Saqqara, les scènes de chasse et de pêche au harpon ont une valeur symbolique :
• lutte contre les forces du chaos,
• domination de la nature.
On y pêche notamment la tilapia (poisson considéré comme ayant avalé le sexe d’Osiris après son démembrement). La tilapia avale ses œufs pour les protéger des prédateurs, ce qui en fait un symbole de mort et de renaissance, donc de conquête de l’immortalité.
Détail du fourré de papyrus :
• faune stéréotypée (musaraigne mangeant un caneton, nid avec trois œufs, etc.),
• mêmes animaux obligatoires pour construire la scène,
• mais liberté de variation (libellules, grenouilles, sauterelles sur les branches,
crocodile en dessous, pêcheurs nus récupérant les poissons, etc.).
Les scènes de reproduction animale ne sont pas rares : on reste dans le monde funéraire, et les inscriptions rappellent toujours l’arrière-plan funéraire. Il y a donc une grande variété de scènes, mais l’ensemble obéit à une logique : garantir au défunt la continuité de la vie.

Ancien Empire
VI династия
Linteau de Pépy Ier à Bubastis : des prêtres divins lui rendent hommage ; le roi apparaît comme l’égal des divinités, entouré des deux déesses du Nord et du Sud.

Plateau de Giza (IVe dynastie) → grandes pyramides

Ancien empire
Papyrus d’Abousir
Dès la Ve dynastie, on trouve des plaintes de prêtres, des inventaires, des dossiers sur la gestion des temples funéraires royaux.

La IVe dynastie
trois pyramides monumentales de Snefrou :
• Meïdoum : Elle s’est effondrée mais on ne sait pas quand. C’est la première tentative de pyramide lisse. On a des données sur la construction, avec des dates d’intervention qui correspondent au début du règne. On a supposé que cette pyramide avait été commencée par le roi au début de la dynastie.
• Dahchour Sud (pyramide rhomboïdale),cette pyramide est assez compliquée à comprendre : on ne sait pas si cette forme avait été prévue dès l’origine. Le but de cette pyramide était de placer la chambre funéraire au cœur de la pyramide. Tout le poids de ce qu’il y a au-dessus pèse sur le plafond. On a adapté la pyramide, on l’a terminée, puis les craquements sont intervenus un peu après.
• Dahchour Nord dite « pyramide rouge », est la première pyramide lisse achevée. Elle est plus plate ; le poids qui pèse sur la chambre funéraire doit donc être inférieur. Trois pyramides en l’espace d’un règne de 30 à 40 ans. On arrive ensuite au déplacement de la nécropole à Giza. Khéops veut construire sa pyramide et choisit un nouvel emplacement, plus au nord.

La IVe dynastie
Pyramide Khéops
Le site de Giza sera ensuite utilisé par son fils et son petit-fils. On voit une ville funéraire s’installer autour des pyramides. On trouve des pyramides secondaires, et chacune de ces pyramides est entourée d’un complexe. On a un temple bas, par lequel arrive la momie du roi lorsqu’il meurt.
Cette chaussée monte jusqu’au temple haut, qui est accolé à la pyramide à l’est, puisque c’est le côté est qui correspond au côté du Nil. On a les pyramides satellites à l’est : on ne sait pas à quoi elles servent, elles sont simplement installées à côté de la grande pyramide ; on n’y a retrouvé que de la céramique. On a aussi des barques funéraires et le Sphinx de Giza.
La pyramide de Khéops s’élevait à environ 150 m de haut ; la construction s’est étalée sur environ 27 ans. On observe une volonté architecturale de placer à nouveau la chambre funéraire au cœur de la pyramide. Il y a plusieurs chambres : une chambre souterraine et deux autres. Elles doivent correspondre à des étapes différentes de la construction. Il y aura des plafonds intermédiaires, des plafonds en granit et des plafonds en chevrons.
On a un mode de construction sur environ 30 ans, avec une organisation énorme. La pyramide est construite sur une petite colline. 98 % des pierres de la pyramide viennent de moins de 1 km ; les pierres qui viennent de plus loin arrivent avec la crue du Nil. Les pierres calcaires qui vont recouvrir la pyramide à la fin viennent de la région du Caire, à environ 15 km.


La IVe dynastie
Pyramide de Khéphren
Le roi suivant simplifie le plan de sa pyramide. On a une seule entrée, et la chambre funéraire est au niveau du sol. C’est Khéphren qui est responsable du Sphinx.
Ce Sphinx est une image du roi ; très rapidement, les Égyptiens vont l’interpréter comme une image du soleil levant et l’appellent « l’Horus de l’horizon ».
Environ 1 300 ans après l’aménagement du Sphinx...
L’aménagement du plateau de Giza a été mieux compris grâce à des fouilles menées il y a une vingtaine d’années. Des équipes américaines ont fouillé un village d’ouvriers. On distingue deux secteurs : un secteur sud, organisé de façon « organique », où le village s’est développé de lui-même, et un secteur nord, planifié. Il y a un mur d’enceinte lié à un bâtiment administratif royal. Les sceaux retrouvés portent les noms des rois Khéops, Khéphren, etc.
Les parties nord sont aussi intéressantes car on y trouve de grands bâtiments, des couloirs d’environ 30 m de long sur 5 m de large, qui ne sont pas des magasins. Dans un couloir, on peut allonger les jambes et faire dormir environ 25 personnes : ce sont donc des dortoirs d’ouvriers.
On peut loger 2 000 à 3 000 personnes. On a trouvé dans le secteur nord-est les cuisines, la « cantine » des ouvriers. Ces ouvriers mangeaient de la viande animale plusieurs fois par semaine : le mythe d’une construction assurée uniquement par des esclaves est donc à relativiser.
L’autre grande découverte, faite en 2013 par Pierre Tallet, concerne les plus anciens papyrus du monde, trouvés à Wadi el-Jarf. Il y avait là des galeries destinées à abriter des bateaux. En étudiant ces bateaux, on a trouvé, coincés entre deux blocs de pierre, quelques papyrus tombés, appartenant à un chef d’équipe de l’expédition : il s’agissait d’un ancien journal de bord, rédigé à la fin du chantier de la pyramide royale.

Les pyramides royales de la fin de l’Ancien Empire (exemple de Pépy Ier)
Pyramide d’environ 52 m de haut, pente d’environ 53° (plus aiguë que celles de la IVe dynastie).
Organisation :
• on creuse dans le sol la chambre funéraire,
• la masse de la pyramide repose directement sur le substrat rocheux,
• couloir d’accès orienté vers le nord :
◦ symbolique : sortie de l’âme vers les étoiles circumpolaires (étoiles « impérissables »).
La chambre funéraire :
• antichambre sous l’axe de la pyramide,
• chambre funéraire (env. 8 m x 3 m),
• fosse aux canopes (pour les vases contenant les viscères),
• sarcophage orienté tête au nord.
Les parois sont couvertes d’inscriptions : les Textes des pyramides, apparus sous Ounas et repris sous Pépy Ier et ses successeurs.
• hiéroglyphes gravés et peints en vert,
• chapitres variables selon les rois, plusieurs traditions mêlées,
thèmes principaux :
1. avenir stellaire du roi,
2. participation à la course du soleil,
3. intégration dans le monde divin.
Les reines disposent parfois de petites pyramides à côté de celles des rois, comme des versions miniatures.
Cas des reines d’époque pépienne :
• certaines sont très puissantes (ex : Ankhnespépy II), régentes et mères de rois,
• des pyramides de reines ont été découvertes récemment (ex : reine Béhenou, découverte en 2009 avec Textes des pyramides), ce qui complique la chronologie et les identifications.
1re Période intermédiaire
-2250– -2045
Dynasties 9–11
• Effondrement de l’État central
• Division politique entre :
• dynasties memphites (VII–VIII)
• dynasties d’Héracléopolis (IX–X)
• dynastie thébaine (XI)
Crise sociale connue grâce à la littérature sapientiale (textes de sagesse) :
→ renversements de l’ordre social : « Le faucon a été tiré de sa pyramide » « Celui qui n’avait rien est devenu roi ; celui qui avait tout est devenu esclave »
→ Diffusion des pratiques funéraires royales vers les particuliers
→ Disparition de l’architecture monumentale, perte du canon artistique, quasi-absence de statuaire
La période prend fin avec la réunification du pays.
Moyen Empire
-2045– -1700
Dynasties 11–13
Réunification par les rois thébains de la XIe dynastie, notamment Montouhotep II. Puis, la XIIe dynastie constitue un âge d’or :
• retour des temples et de la statuaire
• regain d’un pouvoir royal fort
• réduction progressive des autonomies provinciales
• Thèbes devient centre politique et religieux majeur
Chapelle blanche de Sésostris Ier à Karnak → chef-d’œuvre de bas-reliefs
Statues de Sésostris III et Amenemhat III → représentation sévère, autoritaire → image d’un pouvoir fort face aux menaces extérieures (et non portrait réaliste).
Les forteresses de Nubie:
Le royaume de Kerma est puissant et contrôle le commerce du Sud. Les rois de la XIIe dynastie construisent des forteresses dans le Sud, aux cataractes du Nil, pour contrôler les passages stratégiques.
→ Architecture militaire monumentale (murs jusqu’à 25 m de haut)
→ Apogée de la joaillerie égyptienne
Orfèvrerie de la XIIe dynastie (Illahoun & Dahchour)
• technique du cloisonné
• usage de la pâte de verre
→ bijoux comme support de propagande royale.


Moyen Empire
Chapelle blanche de Sésostris Ier à Karnak, temple d’Amon → chef-d’œuvre de bas-reliefs

Les forteresses de Nubie:
Le royaume de Kerma est puissant et contrôle le commerce du Sud. Les rois de la XIIe dynastie construisent des forteresses dans le Sud, aux cataractes du Nil, pour contrôler les passages stratégiques.
→ Architecture militaire monumentale (murs jusqu’à 25 m de haut)
→ Apogée de la joaillerie égyptienne
Les tombes des nomarques (gouverneurs) de Haute-Égypte
Avant même que l’Égypte ne soit pleinement réunifiée, les gouverneurs de provinces (nomarques) développent des tombes ambitieuses pour affirmer leur prestige. Ils gouvernent des nomes (provinces).
Ces nécropoles marquent un changement topographique :
• autour de Memphis, les nécropoles sont en plaine,
• en Moyenne et Haute-Égypte, le relief est différent, avec des falaises et des talus.
On développe alors la tombe rupestre, creusée dans la roche de la pente, parfois entièrement creusée dans la falaise.
Exemple : nécropole de Béni Hassan Située dans la 16e province de Haute-Égypte.
La nécropole est creusée dans la falaise :
• à l’extérieur, des avant-cours dégagées,
• portiques de façade partiellement construits
• à l’intérieur, chambres funéraires décorées.

Façade de la tombe de Khnoumhotep II à Béni Hassan
Les autobiographies y mêlent :
• événements narratifs,
• mise en scène de la faveur du roi ou des dieux,
• éléments stéréotypés, le tout débouchant sur une formule d’offrande.
Les couleurs ont une valeur symbolique :
• bleu/vert = renaissance et prestige
• rose = imitation du granit.
On retrouve les thèmes classiques :
• chasse et pêche au harpon,
• grand personnage hiérarchiquement dominant (taille plus grande),
• pagne royal, parfois réutilisation de signes royaux par les gouverneurs.
On voit aussi des scènes nouvelles :
• brassage de la bière,
• scènes liées à l’armée, à l’organisation des combats, à la sécurité des frontières,
• représentation des forces armées locales.
On trouve fréquemment des mentions de pèlerinage à Abydos :
• pèlerinage post mortem,
• volonté symbolique de se rendre auprès des reliques d’Osiris.

Les tombes des notables au Moyen Empire
Les tombes des grands notables peuvent atteindre des dimensions presque royales, avec parfois :
• des attributs royaux,
• un décor inspiré du décorum royal.
Mais quand le pouvoir royal se renforce et que les gouverneurs de province perdent leur autonomie, ces grandes tombes disparaissent. On trouve alors des tombes plus petites, parfois très sobres, même pour des personnages importants comme le vizir.
Le décor s’adapte à la qualité du calcaire, parfois médiocre. On retrouve néanmoins des éléments du décor royal :
• frises de végétaux stylisés,
• scènes de chasse, animaux (chiens, lapins, renards, etc.),
• intérêt constant pour la nature,
• représentation du pèlerinage à Abydos par bateau pour aller se prosterner devant Osiris.
2e Période intermédiaire
-1700– -1539
Dynasties 14–17
Affaiblissement progressif sous la XIIIe dynastie : rois non issus de la famille royale (roturiers - простолюдины).
→ Installation pacifique de populations cananéennes dans le delta (Tell el-Daba) → fondation de la XIVe dynastie
→ Vers 1660, arrivée brutale d’un autre groupe cananéen : les Hyksôs → fondation de la XVe dynastie
→ Le sud reste au pouvoir des XIIIe, XVIe puis XVIIe dynasties.
Во Второй переходный период Египет раскололся:
север контролировали cananéennes и затем Hyksôs (XIV–XV династии),
юг оставался под властью фиванских царей (XIII, XVI и XVII династии), пока Amosis Ier не изгнал Hyksôs и не основал Новое царство.
Cananéens sont les populations qui vivaient au Levant (Palestine, Israël, Liban et une partie de la Syrie et de la Jordanie actuels) durant l’Antiquité.
Les Hyksôs sont des populations d’origine cananéenne ou levantine

Nouvel Empire
-1539– -1070
Dynasties 18–20
Amosis expulse les Hyksôs → fondateur du Nouvel Empire → réunification du pays.
Nous sommes à l’âge du bronze : pour produire du bronze, il faut du cuivre et de l’étain.
→ Lorsque l’Égypte ne contrôle pas la production, elle doit contrôler la circulation.
Les zones stratégiques : Levant / Syrie / Israël–Palestine
→ les cités-États cananéennes (Gaza → Liban) sont placées sous autorité égyptienne jusqu’à l’Euphrate.
→ Prospérité gigantesque.
Amenhotep III (1391–1353)
• Colosses de Memnon
• Temple d’Amenhotep III à Gourna
• Tête d’Amenhotep III, Musée du Louvre
→ Période de faste extrême, se reflétant dans les constructions du temple d’Amon à Karnak.
L’épisode amarnien:
Akhenaton (1353–1336) impose le culte exclusif d’Aton.
→ Nouveau style artistique : allongement des corps, androgynie, torsions, scènes domestiques.
→ Le roi se représente comme « père et mère » du peuple (androgynie symbolique).
Fondation d’une nouvelle capitale : Akhetaton (Tell el-Amarna) à partir de l’an IV du règne.
Après la mort d’Akhenaton (an 17) → période troublée :
→ un roi puis probablement une reine-roi, peut-être Néfertiti ou Méritaton.
Masque de Toutânkhamon, Musée du Caire
→ Toutankhaton / Toutânkhamon arrive au trône à 7 ans.
Les Ramessides (XIXe & XXe dynasties):
Le pouvoir revient à :
• un haut dignitaire militaire,
• puis un général devenu roi : Ramsès Ier, père de la lignée.
L’époque ramesside cherche à effacer l’héritage amarnien (démontage des temples d’Akhenaton).
Séthy Ier (au moins 9 ans de règne)
• réorganisation de l’armée
• campagnes en Syrie
13 sur 36
Ramsès II - 67 ans de règne
→ monarchie en position défensive, recherche intense de légitimation divine.

Nouvel Empire
Amenhotep III (1391–1353)
1 - Colosses de Memnon
Temple d’Amenhotep III à Gourna
2 - Tête d’Amenhotep III, Musée du Louvre

Nouvel Empire
Amenhotep III (1391–1353)
Période de faste extrême, se reflétant dans les constructions du temple d’Amon à Karnak

La révolution artistique amarnienne
Nouvel Empire
Akhenaton (1353–1336) impose le culte exclusif d’Aton.
→ Nouveau style artistique : allongement des corps, androgynie, torsions, scènes domestiques.
→ Le roi se représente comme « père et mère » du peuple (androgynie symbolique).
Fondation d’une nouvelle capitale : Akhetaton (Tell el-Amarna) à partir de l’an IV du règne.

Le temple dans l’Égypte du Nouvel Empire (1539–1069 av. J.-C.)
À Thèbes, la ville s’organise de part et d’autre du Nil :
• rive est : ville des vivants, grands temples – notamment le complexe de Karnak, dédié à Amon, Mout et d’autres divinités, ainsi que le temple de Louqsor, également lié à Amon ;
• rive ouest : rive des morts, nécropoles et temples funéraires.
Il existe des liens liturgiques entre les deux rives :
• Amon part de Karnak,
• il visite Louqsor,
• il est transporté vers les domaines funéraires de l’ouest,
• il rejoint son « harem » et son épouse, la déesse Mout.
Remarque introductive : appellation et orientation du temple
• pr : « maison », domaine du dieu
• ḥwt : « temple », « château »
Le temple n’est pas un lieu de réunion des fidèles : c’est la demeure du dieu, un espace tabou, réservé au clergé.
Orientation :
• le temple principal s’ouvre généralement vers le Nil ;
• un temple secondaire s’ouvre perpendiculairement au temple principal dont il dépend ;
• orientation théorique est-ouest :
◦ ouest = porte / entrée
◦ est = fond du temple, là où se trouve le sanctuaire.
Cette orientation théorique commande l’organisation du décor (mur nord/sud/est/ouest).
Les parties du temple
On accède au temple par un pronaos ou une allée pavée.
1. Pylône :
◦ porte monumentale axiale
◦ flanquée de deux grandes tours (pylônes)
◦ devant : parfois des obélisques, des statues, une allée de sphinx.
2. Cour :
◦ espace ouvert, parfois à colonnade (cour péristyle),
◦ lieu où peuvent se tenir certaines fêtes publiques,
◦ accessible à une partie du clergé et parfois à quelques laïcs lors des processions.
3. Salle hypostyle :
◦ salle à colonnes, souvent très dense,
◦ exemple : salle hypostyle de Karnak (134 colonnes),
◦ colonnes de deux hauteurs différentes permettant un éclairage zénithal.
4. Reposoir de barque :
◦ sorte de meuble ou de petite chapelle où l’on pose la barque du dieu lors des processions,
◦ représentation d’Hatshepsout devant un reposoir de la barque d’Amon, chapelle rouge, Karnak.
5. Sanctuaire (Saint des Saints)
◦ exemple : sanctuaire du temple d’Horus à Edfou, époque ptolémaïque.
◦ Naos : armoire sacrée (en bois précieux, bronze, etc.) dans laquelle réside la statue du dieu.
◦ Devant : table d’offrandes.
◦ Le dieu sort en procession dans une barque sacrée qui porte la statue.
Éléments extérieurs caractéristiques:
• Dromos : allée bordée de sphinx ou de criosphinx (corps de lion, tête de bélier) → Amon protégeant le temple et le roi.
• Obélisques : monolithes en granit, symbole solaire (rayon de soleil pétrifié), dressés devant les temples à caractère solaire, souvent par paire.
• Corniche à gorge : élément d’architecture traditionnel.
• Emplacements pour mâts portant des drapeaux sacrés.
• Sur les pylônes : scènes de massacre des ennemis, célébration des victoires royales.
**Plan type d’un temple égyptien : le temple d Ramsès III dans le domaine de Mout à Karnak
Principes décoratifs
Tous les grands temples reprennent ces éléments, mais aucun n’a exactement le même plan ni la même articulation.
La décoration suit des principes symboliques très stricts (orientation, registres, répartition des scènes d’offrandes, de victoire, de culte, etc.).
Le roi « entre » dans le temple, il va à la rencontre des dieux, les dieux sont chez eux, ils accueillent le roi.
On lit normalement la paroi gauche avant la droite, le registre du bas avant le haut.
On procède de l’entrée vers le fond, et par symétrie le long des axes

Sphinx
lion à tête humaine, représentant le pharaon
Criosphinx
lion à tête de bélier, représentant le dieu Amon, avec statuette du pharaon entre les pattes avant
3e Période intermédiaire
-1070– -664
Dynasties 21–25
Basse Époque / Époque tardive
-664– -332
Dynasties 26–30
Époque grecque
-332 - –30
Époque romaine
-30 à +395 —
Quand s’arrête l’époque romaine ?
Vers 395 apr. J.-C., l’Égypte est devenue majoritairement chrétienne et le paganisme a pratiquement disparu.