pharmacologie des anti parkinsoniens

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La maladie de l’automaticité : maladie de Parkinson

  • Le cerveau est l’organe qui consomme le plus d’énergie et d’oxygène.

  • Pour économiser cette énergie, il automatise de nombreuses actions du quotidien grâce à des réseaux sous-cortico-corticaux fonctionnant en boucle.

  • Chez un sujet sain, des actions comme marcher, cligner des yeux ou faire des mimiques deviennent automatiques et nécessitent peu d’effort cérébral.

  • Chez le patient parkinsonien, ces circuits de l’automatisation sont altérés : il n’est pas paralysé, mais les gestes automatiques deviennent difficiles, surtout lorsqu’il doit réaliser plusieurs tâches en même temps.

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Physiopathologie et vulnérabilité de la maladie de Parkinson

  • La maladie de Parkinson correspond à une dégénérescence de la substance noire et des neurones dopaminergiques. La substance noire agit comme un “pacemaker” cérébral impliqué dans l’automatisation motrice.

  • La maladie est multifactorielle avec :

    • facteurs environnementaux (pesticides, solvants, herbicides…),

    • facteurs génétiques,

    • vulnérabilité des régions cérébrales très consommatrices d’oxygène.

  • Cette notion de vulnérabilité existe aussi dans d’autres maladies neurodégénératives :

    • Alzheimer → atteinte de l’hippocampe,

    • SLA (maladie de Charcot) → atteinte des motoneurones.

  • La maladie de Parkinson n’est pas uniquement motrice : il existe aussi des atteintes cognitives et émotionnelles car les réseaux cérébraux sont interconnectés.

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Histoire maladie de Parkinson

  • La maladie est décrite pour la première fois en 1817 par James Parkinson, qui identifie les principaux symptômes.

  • Vers 1850, Jean-Martin Charcot reprend cette description, donne le nom de “maladie de Parkinson” et réalise des corrélations anatomo-cliniques grâce aux autopsies.

  • Au début du XXe siècle, plusieurs découvertes importantes sont faites :

    • description des corps de Lewy,

    • mise en évidence de la disparition de la substance noire chez les patients parkinsoniens,

    • découverte d’une accumulation de fer cérébral.

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Dopamine et découverte de L-DOPA

  • Hornykiewicz montre que la dopamine joue un rôle central dans la maladie de Parkinson.

  • La dopamine ne pouvant pas être administrée directement par voie orale ni traverser la barrière hémato-encéphalique, il utilise son précurseur : la L-Dopa.

  • L’administration de L-Dopa améliore fortement l’état des patients :

    • diminution de l’akinésie,

    • reprise de la marche,

    • amélioration motrice importante.

  • Le traitement est efficace seulement si le striatum conserve des récepteurs dopaminergiques fonctionnels.
    Si le striatum est aussi dégénéré → mauvaise réponse au traitement → syndrome parkinsonien atypique (red flag).

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Modèles expérimentaux et validation du ttt

  • Arvid Carlsson développe un modèle expérimental en bloquant la dopamine chez le lapin avec la réserpine.

  • Les animaux deviennent immobiles et apathiques, montrant le rôle essentiel de la dopamine dans la motricité.

  • Plus tard, George Cotzias réalise des essais thérapeutiques avec la L-Dopa contre placebo et démontre son efficacité dans la maladie de Parkinson.

    • Il montre aussi que des doses progressivement plus élevées améliorent davantage les symptômes moteurs.

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Voie dopaminergique et rôle de la dopamine

  • Les neurotransmetteurs prennent naissance dans le tronc cérébral puis projettent vers différentes régions du cerveau.

  • Pour la dopamine, il existe plusieurs grandes voies :

    • Voie nigro-striée : relie la substance noire au striatum
      → rôle dans l’automatisation motrice et la motricité.

    • Voie méso-limbique : impliquée dans les émotions et le comportement
      → hyperstimulation : addictions, agitation ;
      → hypostimulation : apathie, dépression.

    • Voie méso-corticale : impliquée dans les fonctions cognitives
      → notamment dans certains troubles psychiatriques comme la schizophrénie.

  • Dans la maladie de Parkinson, le déficit dopaminergique touche surtout la voie nigro-striée

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L-DOPA: efficacité et complications

  • La dopamine ne pouvant pas être administrée directement, on utilise son précurseur : la L-Dopa.

  • Le traitement est efficace seulement si les récepteurs dopaminergiques du striatum restent fonctionnels.

  • La L-Dopa améliore fortement les symptômes moteurs mais, avec le temps, des complications apparaissent liées aux variations de stimulation dopaminergique :

    • dyskinésies (mouvements involontaires),

    • agitation,

    • confusion,

    • hallucinations.

  • Ces complications ont permis de mieux comprendre les mécanismes pharmacocinétiques du traitement dopaminergique.

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Biais pharmacocinétique de la L-DOPA

  • La L-Dopa est le traitement le plus efficace de la maladie de Parkinson mais possède de nombreux biais pharmacocinétiques importants à connaître.

  • Principaux problèmes

    • Demi-vie très courte (~90 minutes) → effet non stable dans le temps.

    • La L-Dopa est fortement dégradée en périphérie → nécessité d’associer un inhibiteur de dopadécarboxylase périphérique pour qu’une quantité suffisante atteigne le cerveau.

    • Elle utilise les transporteurs des acides aminés pour passer la barrière digestive et hémato-encéphalique → compétition avec les repas riches en protéines (viande).

    • Une fois dans le cerveau, elle doit être transformée en dopamine par la dopadécarboxylase centrale.

  • Conséquence majeure

    • La stimulation dopaminergique se fait par pics (“pulsatile”) alors que le cerveau fonctionne normalement avec une stimulation continue et régulière.

      Cela provoque des alternances :

      • phases “OFF” : blocage, rigidité, lenteur, douleurs, humeur dépressive,

      • phases “ON” : amélioration motrice brutale,

      • puis parfois agitation ou dyskinésies.

      La dyskinésie n’est pas seulement motrice : il peut aussi exister une excitation psychique.

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Évolution de la maladie et complications de la dopatherapie

  • La maladie de Parkinson débute souvent 20 ans avant les symptômes moteurs avec :

    • anxiété,

    • constipation,

    • troubles du sommeil.

  • Puis apparaissent :

    • akinésie,

    • rigidité,

    • troubles de la marche.

  • Après environ 5 ans de traitement, près de 50% des patients développent des complications liées à la L-Dopa :

    • fluctuations motrices,

    • dyskinésies.

  • À un stade plus avancé apparaissent :

    • troubles axiaux et chutes,

    • troubles cognitifs,

    • démence sous-cortico-frontale,

    • hallucinations.

  • Avant l’arrivée de la L-Dopa, les patients devenaient rapidement grabataires, ce qui montre l’efficacité symptomatique majeure du traitement malgré ses limites.

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Agonistes dopaminergiques et troubles additifs

  • Dans les années 1980-2000, des agonistes dopaminergiques sont développés pour réduire les complications de la L-Dopa.

  • Ils stimulent directement les récepteurs dopaminergiques mais sont :

    • moins efficaces,

    • parfois moins bien tolérés (nausées, confusion, hallucinations).

  • Le principal problème découvert ensuite est l’apparition de troubles addictifs comportementaux liés à l’hyperstimulation de la voie méso-limbique :

    • jeux pathologiques,

    • hypersexualité,

    • achats compulsifs,

    • addictions diverses.

  • Le mécanisme est comparable à celui des drogues : hyperstimulation du système de récompense dopaminergique avec perte de la régulation tonique normale.

    Tous les patients ne réagissent pas pareil :

    • 1/3 répondent bien,

    • 1/3 ont peu d’effet,

    • 1/3 développent des complications psychiatriques importantes.

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Adaptation thérapeutique des ttt dopaminergiques

  • Les traitements dopaminergiques doivent être adaptés individuellement :

    • au poids,

    • au sexe,

    • à l’âge,

    • à la sévérité de la maladie.

  • Les femmes maigres sont particulièrement à risque de surdosage et de dyskinésies.

  • Les inhibiteurs enzymatiques :

    • IMAO-B,

    • inhibiteurs de COMT,

  • augmentent la disponibilité de la dopamine mais peuvent aussi majorer les dyskinésies si les doses de L-Dopa deviennent trop élevées.

  • 👉 Malgré ses nombreux défauts pharmacocinétiques, la L-Dopa reste le traitement symptomatique le plus efficace de la maladie de Parkinson.

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La dopatherapie

  • La dopathérapie par L-Dopa reste le traitement symptomatique le plus efficace de la maladie de Parkinson. Avant son utilisation, les patients devenaient rapidement grabataires, souvent en moins de 10 ans.

  • La L-Dopa améliore fortement :

    • l’akinésie,

    • la rigidité,

    • la marche,

    • l’autonomie.

  • Cependant, la stimulation dopaminergique est pulsatile à cause de la demi-vie courte du traitement, ce qui entraîne avec le temps :

    • fluctuations motrices (“ON/OFF”),

    • dyskinésies,

    • agitation psychique,

    • hallucinations ou confusion à fortes doses.

  • Les complications sont plus fréquentes en cas de surdosage, notamment chez les femmes maigres, alors que les patients de poids élevé peuvent être sous-dosés.

  • Malgré ses biais pharmacocinétiques, la L-Dopa reste le traitement de référence car son efficacité symptomatique est majeure.

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  • Définition

    • Stimulent directement les récepteurs dopaminergiques

    • Contrairement à la L-Dopa → pas besoin de transformation

  • Avantages

    • Meilleure observance (formes LP)

    • Moins de fluctuations motrices au début

    • Pas forcément d’addiction

  • Effets secondaires

    • Nausées, hypotension

    • Somnolence ( attaques de sommeil)

    • Troubles du contrôle des impulsions

      • jeu, achats, hypersexualité (≈ 20 %)

    • Hallucinations

    • Œdèmes, prise de poids

  • Indications

    • Sujet < 65 ans en première intention

    • Association avec L-Dopa possible

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Pourquoi COMt et MAO non efficace

  • Problème

    • Bloquer UNE seule voie ne suffit pas

  • Explication

    • Métabolisme de la dopamine = multiples voies

      • enzymatiques (COMT, MAO…)

      • non enzymatiques (oxydation)

  • Donc :

    • Si on bloque une voie → les autres compensent

  • Facteur aggravant

    • Milieu oxydatif → dégradation encore + complexe

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Administration dopaminergique continue

  • Peut-on faire une perfusion continue ? OUI

  • Pompe d’apomorphine

    • Agoniste dopaminergique

    • Pas per os (ne passe pas digestion)

    • Sous-cutané en continu

  • Indication :

    • Fluctuations motrices sévères

  • Pompe de L-Dopa (Duodopa)

    • Sonde digestive (gastrostomie)

    • Perfusion continue intestinale

  • Effet :

    • fluctuations motrices

    • stimulation stable

  • Indication :

    • Parkinson avancé

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Alternative non médicamenteuse

  • Stimulation cérébrale profonde

    • Cible : noyau sub-thalamique ou pallidum interne

    • Zones hyperactives dans Parkinson

  • Principe :

    • On stimule au lieu de détruire

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Dopamine directement dans le cerveau

  • L’idée serait d’administrer directement la dopamine dans le cerveau afin de contourner les limites de la L-Dopa et obtenir une stimulation plus physiologique.

  • Cependant, ce n’est pas simple car la dopamine est une molécule très instable qui s’oxyde extrêmement rapidement au contact de l’oxygène, ce qui la rend inefficace.

  • Des tentatives ont été faites pour limiter cette oxydation, notamment avec des antioxydants comme l’acide ascorbique, mais sans réel succès.

  • La solution proposée consiste à administrer la dopamine dans un environnement anaérobie, c’est-à-dire sans oxygène, afin d’empêcher son oxydation.

  • Cette approche a montré des résultats prometteurs chez l’animal (rats et primates), mais elle est encore en développement et n’est pas utilisée en pratique clinique à ce jour.

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Psychose et maladie de Parkinson

  • Dans la maladie de Parkinson, il existe un équilibre fragile autour de la dopamine : si on diminue trop les voies dopaminergiques, on induit un syndrome parkinsonien, tandis que si on les stimule excessivement, on peut provoquer une psychose avec hallucinations.

  • Chez les patients traités par dopaminergiques, ces effets psychiatriques sont donc fréquents, surtout aux stades avancés.

  • La clozapine est un antipsychotique particulièrement intéressant dans ce contexte, car elle agit à la fois sur les récepteurs dopaminergiques et sérotoninergiques, tout en ayant peu d’effet sur la motricité, ce qui permet de traiter la psychose sans aggraver le Parkinson.

  • Ce traitement a marqué une avancée majeure, car il permet de contrôler rapidement les épisodes délirants et hallucinatoires.

  • Par ailleurs, la rivastigmine, un inhibiteur de l’acétylcholinestérase, est utilisée dans les troubles cognitifs et la démence parkinsonienne, car ces patients présentent non seulement un déficit dopaminergique mais aussi cholinergique.

  • Ainsi, la prise en charge repose sur un équilibre entre les systèmes dopaminergique et cholinergique, en adaptant les traitements pour contrôler à la fois les symptômes moteurs et psychiatriques.