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Droit
Ensemble des règles dont se munit un Etat et qui vise à régir les rapports entre les individus
Droit pénal
Ensemble des règles de droit déterminant les infractions et les peines
1. droit matériel : l’incrimination des comportements délictueux et les sanctions prévues en conséquence
2. droit formel : la procédure à suivre pour réprimer les auteurs
3. droit de l’exécution des peines : la manière d’exécuter les sanctions
Droit matériel
Sous-distinction du droit pénal
1. DPG (droit pénal général) : étudie les règles communes à toutes les infractions pénales + la fixation de la peine
2. DPS (droit pénal spécial) : étudie les éléments constitutifs + régime juridique propre à chaque infraction particulière.
Critères de la distinction entre droit public et privé
La théorie des sujets de droit
La théorie de la subordination/sujétion
La théorie de l’intérêt en cause
Type de sanctions
pénale (peine ou mesure, vise l’auteur)
civile (dommages-intérêts, vise la victime)
administrative (retrait d’une autorisation)
voire disciplinaire
Nullum crimen sine lege (application du principe de la légalité au droit pénal matériel)
Le juge ne peut prononcer une peine ou une mesure qu’en raison d’un acte expressément érigé en infraction
Nulla piena sine lege
Le juge ne peut prononcer une peine ou une mesure autre que celle prévue par le texte réprimant l’infraction en cause
Types d’interprétation
Littérale
Systématique
Historique
Téléologique
Différentes classifications (9)
contraventions/délits/crimes
infractions de lésion/mise en danger
infractions formelles/matérielles
infractions instantanées/continues
infractions ordinaires/spéciales
infractions poursuivies d’office/sur plainte
infractions par négligence/intentionnelles
infractions de commission/omission
infractions simples/aggravées/privilégiées
Le meurtre, 111
1. Un comportement homicide
2. La mort d’un être humain
3. Un lien de causalité
4. (ECS : l’intention)
L’assassinat, 112
1. Un comportement homicide
2. La mort d’un être humain
3. Un lien de causalité
4. (ECS : l’intention)
5. Une absence particulière de scrupules
Le meurtre passionnel, 113
1. Un comportement homicide
2. La mort d’un être humain
3. Un lien de causalité
4. (ECS : l’intention)
5. Un état particulier excusable
L’homicide par négligence, 117
1. Un comportement homicide (résultant d’une violation fautive d’un devoir de prudence)
2. La mort d’un être humain
3. Un lien de causalité
4. (ECS : la négligence)
Les lésions corporelles graves, 122
1. Un comportement dangereux
2. Des lésions graves
3. Un lien de causalité
4. (ECS : l’intention)
Les lésions corporelles simples, 123
1. Un comportement dangereux
2. Des lésions simples
3. Un lien de causalité
4. (ECS : l’intention)
Les lésions corporelles par négligence, 125
1. Un comportement dangereux (résultant d’une violation fautive d’un devoir de prudence)
2. Des lésions
3. Un lien de causalité
4. (ECS : la négligence)
Voies de fait, 126
1. Un comportement agressif
2. Une faible atteinte à l’intégrité corporelle
3. Un lien de causalité
4. (ECS : l’intention)
Le vol, 139
1. Une chose mobilière appartenant à autrui
2. Une soustraction
3. (ECS : l’intention)
4. (ECS : Un dessein d’appropriation)
5. (ECS : Un dessein d’enrichissement illégitime)
= EC de l’infraction de vol au sens simple (139 ch. 1 CP)
Le brigandage, 140
1. Une chose mobilière appartenant à autrui
2. Une soustraction
3. L’emploi d’un moyen de contrainte
4. (ECS : l’intention)
5. (ECS : un dessein d’appropriation)
6. (ECS : un dessein d’enrichissement illégitime)
= EC de l’infraction de brigandage au sens simple (140 ch. 1 CP)
Les dommages à la propriété, 144
1. Un comportement délictueux consistant à endommager, détruire ou mettre hors d’usage
2. Une chose appartenant à autrui ou frappée d’un droit d’usage ou d’usufruit au bénéfice d’autrui
3. Un dégât
4. Un lien de causalité
5. (ECS : l’intention)
= EC de l’infraction de dommages à la propriété au sens simple (144 al. 1 CP)
L’intention
Agit avec intention celui qui agit avec conscience et volonté
Conscience
C’est la connaissance des faits, l’auteur agit en pleine connaissance des faits
Pas conscience =
- erreur sur les faits
- erreur sur l’illicéité
Volonté
L’auteur est déterminé à porter atteinte à un BJP
Types de causalité
Infractions :
- intentionnelles = causalité naturelle
- par négligence = causalité adéquate
- commission par omission = causalité hypothétique
- tentées = causalité imaginée
La causalité
Rapport qui existe entre le comportement répréhensible de l’auteur et le résultat (nécessaire pour déterminer la culpabilité)
La causalité naturelle
Prend en compte toutes les causes qui ont permis la survenance du dommage (c’est la plus large)
→ théorie de l’équivalence : toutes ces causes sont considérées comme équivalentes
La causalité imaginée
Prend en compte ce que l’auteur pouvait s’imaginer en agissant comme il l’a fait
(L’auteur avait-il la maîtrise de la chaîne des événements ? Pouvait-il, par des manipulations efficaces, augmenter dans une mesure sensible la probabilité que le résultat se produise ?)
La causalité adéquate
Prend en compte ce qui d’après le cours ordinaire des choses et l’expérience de la vie tend à produire le dommage
(Il s’agit de limiter la responsabilité des auteurs d’infractions par négligence : ⇒ la prévisibilité devient ainsi l’élément déterminant)
La causalité hypothétique
Prend en compte ce qui, à une très forte probabilité, aurait été évité si l’auteur avait agi comme on pouvait l’attendre de lui
Dessein (degré de culpabilité intentionnelle)
L’auteur recherche précisément les conséquences de son acte
Dol simple
L’auteur ne recherche pas les conséquences de son acte mais il les accepte comme un corollaire inévitable
Dol éventuel
L’auteur :
ne veut pas le résultat (les conséquences de son acte)
sait que ce résultat est possible
l’accepte (s’en accommode) dans l’éventualité où il se produirait
La négligence
Imprévoyance coupable
Imprévoyance = violation d’une règle de prudence ou de diligence
Coupable = quand l’auteur n’a pas usé de précautions commandées par les circonstances et par sa situation personnelle
La négligence consciente
L’auteur ne recherche pas la conséquence mais envisage sa possible survenance, toutefois il espère que cette conséquence ne se produira pas et ne s’en accommode pas au cas où cela se produirait
La responsabilité pénale
La RP de l’auteur est présumée, il était, au moment d’agir :
pleinement responsable
partiellement responsable
irresponsable
critères : facultés cognitives, volitives
Irresponsabilité pénale
Exclusion de culpabilité, pas de peine au sens pénal, mesures possibles
Responsabilité restreinte pénale
Obligation pour le juge d’atténuer la peine, mesures possibles
Correctifs à la responsabilité pénale
19 al. 4 : actio libera in causa, conditions cumulatives :
irresponsabilité ou responsabilité restreinte évitable
prévisibilité de la commission d’une infraction
263 : irresponsabilité fautive, conditions cumulatives :
irresponsabilité due à l’ivresse ou intoxication
commission d’un crime ou délit (≠ contravention)
19 al. 4 > 263
Modes de réalisation de l’infraction
la commission, comportement actif, interdictions d’agir
l’omission, comportement passif, obligations d’agir
la commission par omission, comportement passif mais infraction nécessitant comportement actif (interdictions d’agir)
COP
Exception à l’application de l’art. 12 CP, poursuivre l’auteur d’un acte que si certaines conséquences dommageables se produisent, indépendamment de toute faute de l’auteur
COP ≠ ECO
ECS (intention) ne vise pas COP
restriction + extension de la punissabilité de l’auteur en même temps
Points communs aux cas de tentative
→ Une volonté de l’auteur dirigée vers la réalisation d’une infraction
→ L’accomplissement de certains actes (qui dépendent du cas de tentative considéré)
→ Une non-consommation de l’infraction ou un comportement qui ne pouvait pas se traduire par la consommation de l’infraction
Cas de tentative
tentative simple (inachevée), atténuation de la peine possible
désistement, art. 23 al. 1
circonstances accidentelles, art. 22 al.1
délit manqué (tentative achevée), infractions matérielles
résultat ne se produit pas indépendamment de la volonté de l’auteur, art. 22 al.1
résultat ne se produit pas car empêché par l’auteur, repentir actif, art. 23 al. 1
délit impossible
impossible dû à l’objet → tentative simple ou délit manqué
impossible dû au moyen
relative → tentative simple ou délit manqué
absolue → auteur pas punissable si grave défaut d’intelligence
Types de participation (4 et 2)
1. les participants principaux :
l’auteur direct
le coauteur
l’auteur médiat
(le favorisateur)
2. Les participants accessoires :
l’instigateur
le complice
Définitions des différents participants principaux
auteur direct = celui qui réalise l’énoncé de fait légal en principe, si plusieurs auteurs directs :
communs
juxtaposés
coauteur = celui qui collabore de manière déterminante à la réalisation de l'infraction, cas de figure :
1 coauteur et 1 auteur direct
2 coauteurs
auteur médiat = l'auteur agit avec intention + joue le rôle déterminant pour prise de décision, planification ou exécution (l'infraction lui profite directement) ET qui se sert d'une personne qui n'a pas conscience de l'illicéité de son agissement ou qui est contrainte d'agir → instrument humain pour commettre infraction
Définitions des différents participants accessoires
instigateur = décide intentionnellement quelqu'un à commettre une infraction (exerce influence psychique ou spirituelle sur la volonté d'autrui, mais n'a aucune influence sur le déroulement des opérations). Rôle actif + causal.
complice = prête intentionnellement assistance à la commission d'une infraction (rôle causal)
La favorisation (REBD)
Le fait de prêter assistance à l'auteur d'une infraction après l'achèvement de cette dernière.
Elle n'est possible que pour certaines infractions :
➢ 160 CP = le recel
➢ 305 CP = l'entrave à l'action pénale
➢ 305bis CP = le blanchiment d'argent
➢ 305ter CP = le défaut de vigilance en matière d'opérations financières et de droit de communication
Cas particuliers de la punissabilité (participation)
punissabilité de l’entreprise (art. 102)
punissabilité des médias (art. 28)
Les faits justificatifs
légaux : prévus par le législateur
14 à 18 CP
extra-légaux : marge d’appréciation
sans base légale
Légitime défense
Fait justificatif qui consacre le droit de riposter à une attaque ou une menace d'attaque qui est contraire au droit et commise par une personne
Caractéristiques de l’agression (attaque ou menace d’attaque, 4 : IIPB) et de la riposte (5 : DBISL), pour LD
Attaque ou menace d’attaque :
illicite et préalable
imminente ou actuelle
le fait d’une personne
vise un bien juridique individuel
Riposte :
droit appartient à une personne
vise un bien juridique individuel de l’agresseur
intentionnelle : conscience et volonté de parer une attaque ou une menace
subsidiarité : pas d’alternative légale possible
légitime => proportionnelle
Défense excusable
Lorsqu'il y a un excès de légitime défense à la suite d'une attaque ou à une menace d'attaque
Questions à se poser :
➢Est-ce un cas de défense excusable ?
➢Si oui, est-elle consécutive à un état d'excitation ou de saisissement causé par l'attaque ?
Etat de nécessité
Fait justificatif qui consacre le droit d'empiéter sur les droits d'autrui ou sur les biens de la collectivité pour préserver ses propres intérêts ou ceux d'un tiers (EN pour autrui)
Infraction considérée comme nécessaire = si permet d'écarter un danger imminent (ni passé, ni futur) et impossible à détourner autrement (= principe de subsidiarité comme pour LD)
Etat de nécessité excusable
Si les biens en conflit sont de valeur égale ou comparable
Actes rendus licites par la sauvegarde d’intérêts légitimes (extra-légal, SSP)
Lorsque l'acte incriminé apparaît comme le moyen nécessaire et adéquat pour atteindre un but légitime (subjectivité), mais ce moyen doit être le seul disponible (subsidiarité) et l’acte incriminé < l’intérêt légitime (proportionnalité).
Actes rendus licites par consentement du lésé (extra-légal, conditions : VRDC TPL)
Actes constituant apparemment une infraction qui peuvent devenir licites lorsque l'auteur agit avec le consentement du lésé.
Consentement doit être :
valable
révocable
donné avant l’acte
conforme aux éventuelles formalités requises
Consentement peut être :
tacite
présumé
en lien avec l’importance du danger/risque qu’il se réalise/but poursuivi par la victime
Concours réel (parmi concours parfaits, application possible de l’art. 49)
L’auteur encourt plusieurs peines du fait que :
1) par plusieurs actes distincts, il remplit les EC de plusieurs infractions différentes, ou
2) qu’il commet la même infraction à plusieurs reprises.
Concours idéal (parmi concours parfaits, application possible de l’art. 49)
L’auteur, par un seul acte :
1. réalise les EC de plusieurs infractions, ou
2. commet la même infraction plusieurs fois.
Concours imparfaits
Lorsqu’une seule disposition pénale s’applique malgré un concours de lois apparent, elle exclut l’application d’une ou de plusieurs autres dispositions, ce qui peut être le cas :
⇒ soit par spécialité (spéciale > générale),
⇒ soit par absorption,
⇒ soit par subsidiarité.
Loi pénale dans le temps
Principe = non rétroactivité de la loi, le moment du jugement est déterminant
Exception = lex mitior en droit pénal uniquement, s’applique rétroactivement à chaque stade de la procédure
La prescription
Institution juridique dont l'effet est d'éteindre, par le seul écoulement du temps, le droit de punir auquel un acte délictueux donne naissance au profit de l'Etat
prescription de l’action pénale (plus possible de poursuivre l'auteur d'une infraction)
prescription de la peine (plus possible d'exiger l'exécution de la peine)
Justifications :
Sécurité du droit
Inutilité, voire caractère injuste, de la peine après écoulement d'un certain temps
Pour la victime : le temps peut « guérir » des blessures (procédure pénale ≠ toujours bénéfique)
Loi pénale dans l’espace
Dimension internationale du crime : il faut éviter conflits de compétence → positifs (plusieurs juges veulent) ou négatifs (aucun juge ne veut)
Détermination des règles de compétence :
pour les infractions commises sur le territoire suisse : principe de territorialité s’applique
pour les infractions commises en dehors du territoire suisse : compétences extraterritoriales (réelle, universelle, de substitution) s’appliquent
→ art. 3 à 8 CP
Détermination du territoire suisse
Il est délimité par toute l’étendue située dans les frontières de la Suisse, y compris le sous-sol (ex : tunnels) et l’espace atmosphérique dominant le territoire suisse (cas particuliers : ambassades étrangères et navires/avions)
Articles sur la loi pénale dans l’espace (TIESCSUSU)
art. 3 al. 1 = principe de territorialité, peu importe nationalité auteur/victime
art. 3 al. 2 = principe de l’imputation
art. 3 al. 3 = exception au principe de territorialité (délégation de compétence)
art. 3 al. 4 = spécificité de l’al. 3 car peine pas pas subie (ou pas entièrement)
art. 4 = crimes/délits commis à l’étranger contre l’Etat, pas besoin de double incrimination, imputation possible (al. 2)
art. 5 = infractions d’ordre sexuel commises à l’étranger sur des mineurs, pas besoin de double incrimination
art. 6 = principe de compétence universelle
art. 7 = compétence de substitution
art. 8 = principe d’ubiquité