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comment est désigné rimbaud? (3)
un “poète maudit” (P. Verlaine)
“l’homme aux semelles de vent” (P. Verlaine)
un « passant considérable »
Théodore de Banville: une influence de Rimbaud (1 + 1Iii Ii + 1)
Directeur de la revue du Parnasse contemporain
Rimbaud lui envoi une lettre en Mai 1870:
désir d’être publié + émancipation du quotidien
« Sensation » et « Credo in Unam » <=> «Je serrai Parnassien !»
« Je serai à Paris » ≠ Charleville (Charlestown )
émancipation de l’enfance
Il n’a que 15 ans, pas « presque 17 »
Rimbaud loge chez lui en Septembre 1871 (à Paris) — “vieux habits criblés de poux…”
def: s’émanciper + comment l’intitulé du parcours fait-il écho au contexte d’écriture des Cahiers?
s’émanciper = se libérer d’une contrainte, de quelque chose qui nous retient
conntexte d'écriture → arrêté à Paris en fin août 1870 (irrégularité de son billet de train…) — Izambard (ancien prof. de Français)règle l’amende & l’accueille à Douai.
Comment est ce que Rimbaud s’émancipe de la tradition poétique? (3)
avant de s’émanciper, il veut montrer qu’il en a le droit:
élève exemplaire → connaît l’histoire littéraire parfaitement
exercices de style → écrit à la manière de grands auteurs
→ introduit des décalages, de la modernité;
motifs triviaux,
prosaïsme,
distorsion des vers (rejets et contre-rejets qui marquent les modifications qu’il apporte au rythme traditionnel de l’alexandrin),
jeux de mots (V.A.)
Comment R. s’émancipe de son enfance? (3)
veut se vieillir: Lettre à Banville + « Roman » (17 ans?)
« Ma Bohème » références puériles, évoque le Moyen-Âge (période étudiée pendant son enfance) → permet à Rimbaud de laisser son enfance
poèmes charnels
poème de la révolte, la guerre
Comment est ce que R. s’émancipe de son quotidien? 2
poèmes contre la bourgeoise
poèmes de la fugue
Comment le travail de la terre et la poésie sont-ils associés? (3 + 3 exemples)
poésie→ poiein (grec) = créer
vers → versus (latin) = sillon (marque de la terre retournée, labourée)
La poésie consiste à retourner le langage, à le travailler comme on travaille la terre.
ex: le Parnasse Contemporain → illustration est un homme qui creuse la terre
Fleurs du Mal → retourne la terre pour faire pousser des fleurs + « L’Ennemi » (exploite la proximité du vers poétique et du travail de la terre)
« Trouver une langue », dit Rimbaud dans la Lettre du Voyant
La “Lettre du Voyant” (1 date + 2ii )
envoyée en Mai 1871 à Paul Demeny (poète qui R. rencontre chez Izambard)
→ définit le poète
« Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. »
« demandons aux poètes du nouveau » rôle créateur ⇒ lien avec la pulsion du désir (ex: « Je reconstruis les corps » dans « À la musique »)
→ image stéréotypé du poète
« le grand maudit — et le suprême Savant »
Baudelaire: « premier voyant » & « un vrai Dieu »
« Première soirée » ( 2 + 1 1i)
« Première soirée »
premier poème | vitalité et désir ⇒ opposition aux stéréotypes ( ≠ « Poètes Maudits »)
→ jeu amoureux, charnel
→ personnification de la nature, complice du poète
« — Elle était fort déshabillée / Et de grands arbres indiscrets / Aux vitres jetaient leur feuillée» (répété à la première et denière strophe)
« Soleil et Chair » (3 + 2ii)
« Soleil et Chair »
poème provocateur sous l’effet d’un poème traditionnel | envoyé à Banville sous le nom « Credo in Unam » | naissance classique de Vénus décrite ≠ « Venus Anadyomène »
→ opposition à l’Église & regret des temps mythologiques
« Je regrette les temps » répété deux fois
« Je crois en toi! Je crois en toi! » ⇒ épizeuxe, croit en Aphrodite (= dieux mythologiques)
→ désir en tant que force vitale/allusions sexuelles
« Et tout croît, et tout monte! »
« Le soleil […] verse l’amour brûlant à la terre ravie »
« Les réparties de Nina » (1 + 1ii)
« Les réparties de Nina »
pastiche ironique d’une invitation au voyage
→ tout semble volontairement maladroit
« Ta poitrine sur ma poitrine, Hein? nous irions » ⇒ répétition, prosaïsme du Hein?
« Les fesses luisantes et grasses d’un gros enfant »
« Au Cabaret-Vert » (1 + 2ii)
« Au Cabaret-Vert »
sonnet (rimes croisées) parcouru de prosaïsmes et de sensations
→ témoignage du voyage
daté: « cinq heures du soir » & « octobre 1870 »
« Depuis huit jours, j’avais déchiré mes bottines // Aux cailloux des chemins. »
→ prosaïsmes
« La fille aux tétons énormes, aux yeux vifs » ⇒ désir
elle lui apporte « du jambon rose et blanc parfumé d’une gousse d’ail »
« Le Forgeron » (1 +2i)
« Le Forgeron »
une critique théâtrale: s’inscrit dans la verve Hugolienne en écrivant à la manière de V. Hugo.
→ opposition aux figures d’autorité
« Le Peuple n’est plus une putain » ⇒ roi associé à un proxénète
→ introduction de prosaïsmes et de vulgarités
« Merde à ces chiens là! »
« À la musique » (1 + 2i)
caricature qui critique les bourgeois de son village (Charleville — Charlestown)
→ dépendance des bourgeois à leurs possessions
« Les gros bureaux bouffis traînent leurs grosses dames » (métonymie)
→ pulsion vitale du désir
“Je reconstruis les corps” ⇒ fantasme
« Morts de Quatre-vingt-douze » (1 + 2i)
Paul de Cassagnac justifie la guerre de 1870 en évoquant la mémoire noble et digne du peuple lors de la révolution (1792) => sonnet qui dénonce cette folie
→ première (seule) évocation sérieuse de la religion
“Ô million de Christs” → fait des sangs-culottés morts pour la liberté des Christs
→ la liberté, idéal de Rimbaud
« pâles du baiser fort de la liberté »
« Rages de Césars » (dernier poème du premier cahier) (2 + 1ii + 1i)
fait partie des 3 derniers sonnets concernant la guerre ⇒ prise de conscience | écrit après la défaite de Sédan
→ cible: Napoléon III
« L’Homme pâle »(cadavre, fantôme) ⇒ symbole de la défaite, fin du Second Empire
« vingt ans d’orgie » ⇒ période de débauche personnelle et de tyrannie
→ liberté
« La liberté revit »→ comme Christ, une divinité
« Le Dormeur du val » (2i)
→ nature
« Nature, berce-le chaudement: il a froid. »
→ révolte
« Il a deux trous rouges au côté droit. »
« Bal des Pendus » (1 +1i)
référence à la ballade « Bal des Pendus » de François Villon
→ sérieux mais macabre (rire de la mort)
« Hurrah ! » ⇒ prosaïsme
« Le Châtiment de Tartufe » (1)
référence au Tartuffe (1669) de Molière, faux dévot
→ dénonce l’autorité religieuse de manière prosaïque
« Tisonnant, tisonnant son cœur amoureux sous sa chaste robe noire, heureux, la main gantée » ⇒ métaphore de la masturbation | « main gantée », garder ses mains propres du péché?
« Les Éffarés » (1 +2i)
référence aux Misérables de V. Hugo
→ dénonce la pauvreté
intrerjection « misère! » + boulangerie, enfants pauvres
→ oscillation entre sérieux et ironie
« Leurs culs en rond » + « crèvent leur culotte » au dernier tercet ⇒ ouverture et fermeture sur le motif du derrière des enfants.
« Sensation » (2i)
→ annonce son programme, projet (cf. « Ma Bohême »)
« J’irai loin, bien loin, comme un bohémien, // Par la Nature, - heureux comme avec une femme »
→ écriture à la manière de Baudelaire (« Correspondances »)
« Je laisserai le vent baigner ma tête nue » ⇒ synesthésie
« Ophélie » (1 + 1i)
poème lyrique, classique | référence à Hamlet de Shakespeare (oscille entre « Ophélie » et « Ophélia »)
→ liberté
« les vents tombant […] de Norwège / T’avaient parlé tout bas de l’âpre liberté » ⇒ graphie à l’anglaise de Norvège (Norway)
« Roman » (1 + 2ii)
titre espiègle; on peut voir les parties comme des chapitres
→ liberté, aventure
“On n’est pas serieux quand on a dix-sept ans” reprise au premier et avant dernier vers ⇒ émancipation
« Le coeur fou Robinsonne » (Robinson Crusoé)
→ l’élan vital
“On se sent aux lèvres un baiser”
“La” & “l’adorée” ⇒ jeune fille dont il tombe amoureux est divinisée

« Rêvé pour l’hiver » (1 + 1i)
premier sonnet du 2e cahier (cependant hétérométrique) | daté: « En wagon, le 7 octobre 1870. »
→ désir de fuir
« nous irons dans un petit wagon rose // avec des coussins bleus. » ⇒ voyage plus important que la destination // sensation (la vue)
« Le Buffet » (2i)
→ prosaïsmes
« Tout plein, c’est un fouillis de vielles vieilleries » (polyptote « vieux » plusieurs fois)
→ sensations
« Le buffet est ouvert, et verse […] des parfums engageants »
Fleurs du Mal, Charles Baudelaire → association (1ii + 1i)
« Correspondances » 1857
« Les parfums, les couleurs et les sons se répondent » synesthésie
→ « Sensation » de Rimbaud
« Une Charogne » 1857
la chair morte et en décomposition d'un animal
« L’Albatros » 1861
analogie de l’albatros et du poète → archétype du poète maudit: exilé, inadapté, moqué
“Exilé sur le sol au milieu des huées, // Ses ailes de géant l’empêchent de marcher”
Louise Labé amorce
Je vis, je meurs, je brûle et me noie (“Je vis, je meurs” Louise Labé XVIe siècle)
Fiche d’identité de Manon Lescaut (5)
Titre complet: L’Histoire du Chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut
Œuvre dont il fait partie: Mémoires et Aventures d’un homme de qualité, qui s’est retiré du monde. (Tome VII) → récit enchâssé
Date de parution: 1731, puis 1753
Auteur: Abbé Prévost
Genre: Roman-mémoires
Contexte littéraire: Au XVIIe siècle, le roman est victime d’une sourde méfiance et de mépris.
« Je souffrirais mille morts sans pouvoir oublier l’ingrate Manon» 4
« Elle me parut si charmante que […] je me trouvai enflammé tout d’un coup jusqu’au transport »
« on ne ferait pas une divinité de l’Amour, s’il n’opérait souvent des prodiges »
« Pour n’avoir rien à désirer dans la plus charmante solitude, il y fallait être avec Manon »
« Manon était passionné par le plaisir. Je l’étais pour elle. »
« Elle pèche sans malice » +6
« charmante et perfide créature »
« reçut froidement cette proposition » (celle du mariage)
« Je vis tomber des larmes de ses beaux yeux: perfides larmes! » (Trahison M. B…)
« C’était du plaisir et des passes-temps qu’il lui fallait. Elle n’eût jamais voulu toucher un sou, si l’on pouvait se divertir sans qu’il en coûte. »
« la fidélité que je vous souhaite est celle du cœur » (après trahison avec le jeune de G… M…)
« Elle me répéta, en pleurant à chaudes larmes, qu’elle ne prétendant point justifier sa perfidie » (retrouvailles)
« Il est une chose d’admirable que la manière dont la Providence enchaîne les événements » +3
D.G. caractérisé comme un « jeune aveugle », qui « prévoit ses malheurs, sans vouloir les éviter »
« J’étais né pour les courtes joies et les longues douleurs »
« Le Ciel a toujours choisi, pour me frapper de ses plus rudes châtiments, le temps où ma fortune me semble le mieux établie »
« Les rues de Paris me redevenaient un pays libre » +5
« Quelque répugnance que j’eusse à tromper, je me laissai entraîner par une cruelle nécessité »
« Mais y a-t-il à balancer, si c’est Manon qui l’a réglé, et si je la perds sans cette complaisance? »
« Je ne le marchandai point; je lui lâchai le coup au milieu de la poitrine »
« nous fraudâmes les lois de l’Église, et nous nous trouvâmes époux sans y avoir fait réflexion »
« Je lui représentait les choses, à la vérité, du côté le plus favorable pour nous » ( DG qui parle aux Supérieur de St. Lazare)
Libertins sans scrupules 3
« Un homme brutal sans principes d’honneur » (DG décrit Lescaut, garde du corps (ces-derniers passaient pour des débauches en quête de plaisir sexuels))
« Une fille comme elle devrait nous entretenir vous, elle et moi » (Lescaut)
« Qu’il était permis à la faiblesse des hommes de se procurer certains plaisirs que la nature exige. » (M. de G… M…)
→ M. de T ? : l’image de l’honnête homme qui aide à l’évasion de Manon de l’Hopitâl (fils d’un des dirigeants), en effet, mais c’est lui qui propose à DG de séquestrer le jeune de G. M… entrainant ainsi le dernier malheur des amants…
Amis secourables 2
« Cette excessive générosité me toucha jusqu’aux larmes » (à propos de M de T…)
« un zèle et une générosité en amitié qui surpassent les plus célèbres exemples de l’Antiquité » (à propos de Tiberge)
Manon, ouvertures (4)
« La naïveté de la passion qui rend les héros si vrais, si sympathiques, si honorables bien qu’ils soient des fripons » (Flaubert, Correspondances)
« Je ne suis pas etonné que ce roman […] plaise, parce que toutes les actions du héros, […] ont pour motif l’amour qui est toujours un motif noble, quoique la conduite soit basse » Montesquieu, Pensees
« Veritable Sirène! » Musset, Namouna
+++ Romantique: les personnages romantiques attaqués d’un conflit interne, que lorsqu’il se résolve ils MEURENT ex: La Curée, Zola → immoralité de Renée (inceste avec Maxime)
L’argent dans Manon Lescaut 3
Somme que reçoit Manon après deux ans avec M. B… → 60 000 francs (environ 1,2M)
Somme que DG a EN POCHE après l’incendie → 20 pistoles (environ 4 000 euros)
Somme que les vieux de G… M… est prêt à donner (par an!) → 4 800 livres pour Manon ET pr. DG (son « petit frère » selon la ruse) ; ils essaient de lui voler 2 400 (moitié de la pension)
Plaisir: L’art du récit de DG (1iv 1ii)
vraisemblance
toponymes
l’argent, motif omniprésent
enchâssement du récit (Histoire au sein d’un roman-mémoires) → Renoncour, homme noble, digne de confiance.
première personne
un habile narrateur
mensonges
se présente à son avantage
Connaît-on vraiment DG?
Plaisir: L’amour romanesque (1i 1ii)
un amour divin
Manon, une figure à la fois divine et humaine.
un amour inconditionnel
Manon, une amante passionée
Des Grieux, qui représente le pardon et la fidélité
Plaisir: L’immoralité (1 2i)
Origine de péripéties
Curiosité, intérêt « sensationnel »
Montrer l’interdit, les marges → goût pour la transgression
Émotions variés
Manon: un personnage complexe → « Que je t’aime et te hais! » (Musset)
Plaisir: Tragique (3i)
prolepses
le sort de Manon est connu (rien ne pourra l’empêcher) → curiosité de la part du lecteur qui interroge les mécanismes permettant d’y arriver
oscillation entre malheurs et heurs
succession de aléas séduit
« instruire [le public] en l’amusant » (placere et docere)
plaisir de lire est aussi cathartique → catharisis: purgation des passions (se nettoie, se libère de ses sentiments trop forts (=passions)) ⇒ à relier avec le fait que c’est un “traité de morale réduit agréablement en exercice”
Marges (1i 1iii 1iv 1ii)
Marginalité vs Liberté
la géographie du roman (cf. lieux)
Le Chevalier Des Grieux (cf. réquisitoire)
mensonges
escroqueries
complaisance
Manon: à la fois perfide et ingénue
une femme dans une société immorale (a t-elle le choix?)
elle agit et va rechercher DG
un être de l’immédiateté
épisode du prince Italien
Les autres personnages
Lescaut
Les nobles
Discours, introduction
Titre: Discours de la servitude volontaire (oxymore)
Auteur: Étienne de La Boétie
Date de publication: deuxième moitié du XVIe siècle, à titre posthume (par les protestants, d’abord détournée sous forme de pamphlet et puis plus complet sous le titre de contr’un).
Genre littéraire: discours politique
Contexte d’écriture: un discours qui s’inscrit dans le mouvement humaniste
Discours, Grands thèmes et sous thèmes (avec parcours)
Thèmes
A. Le paradoxe de la servitude volontaire
1 - Un rapport de force démesuré
2 - Un remède tout aussi paradoxal
B. Les mécanismes de la tyrannie
1 - Appliquer une puissance “dure et déraisonnable”
2 - Entretenir la tyrannie
3 - Aveugler le peuple
C. Postériorité de l’oeuvre
1 - Un discours érudit et rhétorique
2 - Un ouvrage instrumentalisé
Parcours:
A. Pourquoi défendre sa liberté?
1 - Un état naturel
2 - Une condition essentielle à sa dignité
B. Comment entretenir sa liberté?
1 - L’amitié
2 - L’éducation
Discours:
A. Le paradoxe de la servitude volontaire
1 - Un rapport de force démesuré (2)
→ Malgré le fait qu’il « n’a pourtant que deux yeux, n’a que deux mains » le tyran seul contrôle des milliers voire des millions de personnes.
→ Ce constant suscite une pensée nouvelle, il oblige à songer à quelque chose que « la nature désavoue avoir fait et que la langue refuse de nommer » ⇒ la servitude volontaire
Discours:
A. Le paradoxe de la servitude volontaire
2 - Un remède tout aussi paradoxal (4)
a. Car le peuple est complice de sa servitude…
→ « c’est le peuple qui s’asservit »
→ c’est le peuple qui offre les outils au tyran pour l’asservir, qui est « complic[e] du meurtrier qui [le] tue »
b. … donc il lui suffit d’en prendre conscience.
→ il suffit de ne plus obéir: « soyez donc résolus à ne plus rester en servitude, et vous voilà libres! »
→ malgré ce dont témoignent les exemples antiques qu’il suscite, La Boétie n’invite pas à la violence: « je ne veux pas que vous le poussiez, […] seulement ne le soutenez plus »
Discours,
B. Les mécanismes de la tyrannie
1 - Appliquer une puissance “dure et déraisonnable” (1/2)
a. L’organisation pyramidale du pouvoir (3)
→ le tyran n’a besoin que de « quatre ou cinq hommes qui le maintiennent au pouvoir» du fait qu’ils en dirigent eux-mêmes un plus grand nombre, et ainsi de suite, créant un système pyramidale du pouvoir, où «il se trouve enfin presque autant de gens à qui la tyrannie semble être profitable, que de gens à qui la liberté serait agréable».
→ malgré cela, la plupart des tyrans ont étés assassinés par des membres de leur entourage le plus proche, comme l’est Claude par sa femme Agrippinne, car le « le tyran n’est jamais aimé ni aime jamais».
Discours,
B. Les mécanismes de la tyrannie
1 - Appliquer une puissance “dure et déraisonnable” (2/2)
b. La coercition par la violence (3)
→ indépendamment de la manière par laquelle il accède au pouvoir, «la puissance d’un seul, dès qu’il prend ce titre de maître, est dure et déraisonnable».
→ le tyran applique la violence, en plus des mécanismes discutés ailleurs, car il sait qu’« il est plus sûr d’être craint que d’être aimé », comme le dit l’humaniste italien Machiavel, environ vingt ans avant l’écriture du Discours, dans son traité politique, Le Prince.
→ en effet, « le tyran n’est jamais aimé ni n’aime jamais» et ne s’attarde pas à exercer la violence afin de maintenir son pouvoir, comme le fait Néron lorsqu’il empoisonne sa femme et fait assasiner sa mère (Agrippine).
Discours,
B. Les mécanismes de la tyrannie
2 - Entretenir la tyrannie (4)
a. l’abêtissement du peuple
→ Après avoir bu du gin de synthèse, parmi les seuls produits abondants à Océania, “le monde […] parait tout de suite plus accueillant” au personnage principal de 1984, Winston Smith.
→ Cyrus, après s’être emparé de Sardes, calme la révolte de ce peuple en y établissant « des bordels, des tavernes et des jeux publics ». C’est donc à travers le jeux qu’il parvient à soumettre les Lydiens, sans intervention armée, à la tyrannie.
b. la croyance
→ « Les tyrans […] se sont toujours efforcés d’habituer le peuple, non seulement à l’obéissance et à la servitude, mais encore à la dévotion. »
→ la croyance permet d’entretenir une image divine du tyran, malgré le fait qu’il soit le plus lâche et efféminé de la nation: « Les rois d’Assyrie […] ne se présentaient en public que le plus tard possible, pour faire douter cette populace se demandant s’ils étaient, en quelque sorte, des surhommes.»
Discours,
B. Les mécanismes de la tyrannie
3 - Aveugler le peuple (5)
a. par l’habitude…
→ «la première raison de la servitude volontaire, c’est l’habitude»
→ « Les tyrans […] se sont toujours efforcés d’habituer le peuple, non seulement à l’obéissance et à la servitude, mais encore à la dévotion. »
→ L’habitude permet d’accepter la tyrannie: “On a le sentiment d’avoir été floué d’un droit. Cependant, [Winston] ne se souvient pas que les choses aient été bien différentes”
a. par l’ignorance…
→ les tyrans interdissent, censurent et contrôlent l’information pour ne pas permettre au peuple de s’opposer à la tyrannie. Par exemple, « sur [l]es terres [du Grand Turc], il n’est guère de savants et [il] n’en demande pas. »
→ «N’ayant pas encore vu seulement l’ombre de la liberté et n’en ayant jamais entendu parler, [les peuples] ne se rendent pas compte de leur malheur d’être esclaves.»
Discours,
C. Postériorité de l’oeuvre
1 - Un discours érudit et rhétorique (5 arguments, une citation)
→ le discours est structuré: il contient un exorde, un développement et une péroraison.
→ prend Dieu comme témoin et utilise de la ponctuation expressive: «Mais, ô Bon Dieu! que peut être cela?» ou encore «vous voilà libres!»
→ varie le ton et les arguments
→ s’implique directement dans le discours au moyen de la première personne du singulier
→ des exemples nobles, de l’antiquité;
Cyrus (l’abêtissement du peuple comme appui de la tyrannie)
Les rois d’Assyrie (pouvoir des croyances)
Claude et son fils, Néron (violence des tyrans, qui ne sont jamais aimés ni aiment jamais)
Le Grand Turc (force de l’éducation)
Discours,
C. Postériorité de l’oeuvre
2 - Un ouvrage instrumentalisé (3)
→ Montesquieu a eu raison d’affirmer que «chacun a appelé liberté le gouvernement qui était conforme à ses coutume ou à ses inclinations» dans l’Esprit des lois au XVIIIe siècle:
→ Les protestants s’approprient le texte de La Boétie d’abord partiellement dans un pamphlet appelant à résister la monarchie des rois catholiques (=tyrans). Deux ans plus tard un pasteur genevois le publie dans son intégralité sous le nom de Contr’un pour le transformer en texte parlant de et à son temps, encore une fois afin de contester la monarchie absolue de droit divin.
→ Moins d’un siècle plus tard est publiée par le philosophe de Lamennais une version détachée du DSV en le présentant comme un texte ouvertement révolutionnaire, au service d’un idéal catholique libéral.
Discours,
Parcours:
A. Pourquoi défendre sa liberté?
1 - Un état naturel
→ « Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres, » affirme Diderot dans l’article “Autorité politique” de l’Encyclopédie.
→ « Nous ne sommes pas nés seulement avec notre liberté, mais aussi avec l’objectif de la défendre. » ⇒ L’exemple des bêtes, qui « lorsqu’on les prend, font si grande résistance […] qu’elles démontrent assez, par là, combien elles tiennent chèrement à ce qu’elles perdent » (= la liberté).
Discours,
Parcours:
A. Pourquoi défendre sa liberté?
2 - Une condition essentielle à sa dignité (3)
→ « Sous les tyrans, les hommes deviennent aisément lâches » , en recherche constante du confort comme en témoigne la fable “Le loup et le chien” où le chien préfère être attaché et «à son maître complaire» afin de demeurer «beau, gras [et] poli». Le loup, bien qu’il n’ait «que les os et la peau» prèfère exercer sa volonté.
→ «Les peuples en servitude […] ont le coeur bas et moi, et incapable de toute grande action» et finissent par accepter des conditions de vie misérables, où leurs biens, leurs enfants et leurs propres corps sont sacrifiés pour nourrir le luxe et les guerres du tyran.
Discours,
Parcours:
B. Comment entretenir sa liberté?
1 - L’amitié (3)
→ Au XXe siècle, Emmanuel Levinas suggère dans Étique et Infini que le visage d’autrui, lorsqu’on s’y reconnaît, permet de dire “Tu ne tueras point”. Dès lors, l’amitié se montre telle une arme subtile contre la tyrannie. Cela fait écho à ce que suggère La Boétie lorsqu’il explique que « la nature […] nous a tous faits […] au même moule, pour nous permettre de nous reconnaître tous ».
→ À partir du moment où « il ne peut y avoir d’amitié là où est la cruauté, […] la où est l’injustice» l’amitié et donc la collaboration permettent de lutter contre la cruauté et l’injustice, c’est-à-dire contre la tyrannie.
Discours,
Parcours:
B. Comment entretenir sa liberté?
2 - L’éducation (2)
→ l’éducation permet l’émancipation car «les livres et la bonne éducation inspirent aux hommes […] l’intelligence de se reconnaître et haîr la tyrannie.» (comme le constate le Grand Turc, Soliman le Magnifique, sultan de l’Empire Ottoman)
→ les tyrans interdissent, censurent et contrôlent l’éducation pour ces raisons. Par exemple, « sur [l]es terres [du Grand Turc], il n’est guère de savants et [il] n’en demande pas. »
Pour un oui ou pour un non: Amorce/Ouverture (2)
Selon le critique Arnaud Rykner, dans l’oeuvre de Natalie Sarraute, la parole est un “enjeu vital, dramatique par excellence, et c’est pourquoi le théâtre s’est toujours trouvé au coeur de l’écriture sarrautienne”.
« Les personnages se sont mis à dire ce que d’ordinaire on ne dit pas » (Sarraute dans son essai Le gant retourné)
Pour un oui ou pour un non: Fiche d’identité (5)
Nom: Pour un oui ou pour un non (expression lexicalisée)
Genre littéraire: Pièce de théâtre, originellement une pièce radiophonique, un logo-drame (drame du langage).
Date de parution: 1982
Auteur: Nathalie Sarraute
Contexte littéraire: Entourée par des auteurs du Nouveau Roman, un nouvel espace littéraire → l’expérimentation littéraire quitte le champ du texte purement théorique comme l’essai, dès lors que les auteurs s’autorisent à ne pas raconter d’histoire.
Pour un oui ou pour un non: Résumé de l’oeuvre (5 étapes avec chacune 3 éléments clef)
Scène d’exposition
demande
famille
crainte du langage (le “rien”) + annonces tragiques
Noeud de l’intrigue: l’aveu
“c’est biiien… ça.”
métaphore du territoire
“condescendant”
Développement de l’intrigue, péripéties
tribunal, mise en abyme
voyages, nostalgie (premier tropisme)
les bonheurs, la princesse, “jaloux”
Accélération de l’intrigue, les destinées se scellent
“la vie est là”
guillemets
alpinisme, cartes postales
Dénouement: une “lutte à mort”
la “taupe qui creuse sous les pelouses”
“sables mouvants” vs “claustrophobie”
“rien d’autre que les signes d’une amitié parfaite” ⇒ “déboutés tous les deux”
Pour un oui ou pour un non: Quatre grands thèmes et les deux sous-thèmes de chacun
A. Le langage
1 - Les mots du quotidien
2 - Des rapports au langage opposés
B. La Dispute
1 - Une amitié fraternelle
2 - Des rapports au monde inconciliables
C. Les tropismes
1 - La sous-conversation
2 - Le langage excède les personnages
D. La justice
1 - Un tribunal de la parole, les instances modératrices
2 - La déraison
Pour un oui ou pour un non: Le Langage: sous thèmes et idées clef de chacun
A. Le langage
1 - les mots du quotidien
a) paralangage et implicite
b) métalangage
2 - des rapports au langage opposés
a) soupçon, peur du langage (H.2)
b) le langage pour résoudre des conflits (H. 1)
Pour un oui ou pour un non: A. Le Langage, 1 - Les mots du quotidien (5)
1 - Les mots du quotidien
le paralangage et l’implicite
« « c’est biiien… ça… » Un accent mis sur le « bien »… un étirement: « biiien » […] Ce n’est pas sans importance » (H. 1) → les mots sont banals, et ils ont moins d’importance que la manière dont ils ont été prononcés
les « guillemets » de H.2 suscitent l’interrogation de H.1 « Quels guillemets? » → ces intonations sont impalpables, n’ont pas de consistance
“Si. Tu l’as dit. Implicitement”.
metalangage (→ un commentaire que l’on porte sur ce qui est dit et sur la manière dont cela est dit ou prononcé: une mise en abyme qui prend le langage comme sujet de reflexion.)
« Mais justement ce n’est rien… Et c’est à cause de ce rien… » (H. 2) → le pronom indéfini devient un nom, H.2 lui donne une consistance = origine étymologique res (latin) signifie « la chose ».
« […] tu t’es toujours tenu en marge… » (H.1) « Un marginal? » (H.3) → H.3 enferme et catégorise H.2 à travers un mot fixe et qui le rassure — même si se “se tenir en marge” et être “un marginal” n’ont pas vraiment la même signification (comme le suggère par la suite H.1).
Pour un oui ou pour un non: A. Le Langage, 2 - Des rapports au langage opposés (5)
2 - Des rapports au langage opposés
soupçon, peur du langage (H. 2)
“Ce n’est rien qu’on puisse dire… rien dont il soit permis de parler.” (H. 2) → → aposiopèses + épanorthose = les propos sont suspensdus, la dispute est évité
« Tu ne comprendras jamais… Personne, du reste, ne pourra comprendre » → tragique, annonce la suite
les silences → disdacalies: “Un silence” x3 (fin) + points de suspension
le langage pour résoudre des conflits (H.1)
“Écoute, je voulais te demander… c’est un peu pour ça que je suis venu… je voulais savoir…” (H. 1) → aposiopèse
c’est H.1 qui trouve et propose l’adjectif “condescendant” , et puis emploi l’adjectif “jaloux” → l’homme de l’explicite
Pour un oui ou pour un non: B. La Dispute sous thèmes et idées clef de chacun
B. La Dispute
1 - Une amitié fraternelle
a) des amis de longue date
b) incapables de revenir avec précision sur le contexte ds lequel leur mots ont été dits
2 - Des rapports au monde inconciliables
a) de véritables “camps ennemis”
b) des rôles qui s’inversent en permanence
Pour un oui ou pour un non: B. La Dispute 1 - Une amitié fraternelle (4)
1 - Une amitié fraternelle
des amis de longue date
«tu as toujours été […] un ami sûr» (H.2)
« au nom de ta mère, de nos parents… je t’adjure solennellement » (H. 1) → parents (motif de la tragédie) (+ parole = pacte)
«ne me dit pas qu’on a eu des mots… ce n’est pas possible… je m’en serais souvenu » → aucun souvenir probant de disputes & polisémie du mot “mot” qui prend au sens figuré “avoir des mots” veut dire “se disputer”
incapables de revenir avec précision sur le contexte ds lequel ont été prononcés les mots qui les ont froissés
« je ne sais plus quoi… de je ne sais plus quel succès » (H. 1)
Pour un oui ou pour un non: B. La Dispute 2 - Des rapports au monde inconciliables (7)
de véritables “camps ennemis”
« C’est toi ou moi » → la conjonction de coordination « ou » indique une alternative; on entend qu’il y aurait un gagnant, survivant
“là où tu es tout est… […] inconsistant, fluctuant… des sables mouvants où l’on s’enfonce” (H. 1)
“Un combat sans merci. Une lutte à mort”
“claustrophobie” (H.2)
des rôles qui s’inversent en permanence
“alors il m’a tendu un piège… il a disposé une souricière…”
“J’ai joué le jeu qu’on y joue” (y désigne la “cage” où H.2 s’est installé) // “Je ne joue pas le jeu”
“cette fois-ci, celui qui a placé le bout de lard, c’est toi.” → homophonie entre lard = appât, métaphore du piège et l’art = le vers de Verlaine
Pour un oui ou pour un non: Tropismes, définition
→ À travers ce terme emprunté aux sciences naturelles, l’auteure désigne “des mouvements indéfinissables, qui glissent très rapidement aux limites de notre conscience” (préface de l’essai L’Ère du soupçon, 1956).
Pour un oui ou pour un non: C. Les Tropismes sous-thèmes et idées clef de chacun
1 - La sous-conversation
b) l’enfouissement
b) les mouvements de conscience
2 - Le langage qui excède les personnages
a) les mots font défaut au personnages
b) le langage a sa propre vie
Pour un oui ou pour un non: C. Les Tropismes 1 - La sous conversation (4)
1 - La sous-conversation
l’enfouissement: “les personnages se sont mis à dire ce que l’on ne dit pas d’ordinaire”
« une taupe qui creuse sous les pelouses bien soignées où vous vous ébattez » (H. 2) → taupe surgit dans le texte comme l’animal hors de sa galerie, elle est sans rapport avec ce que H.2 venait de dire — elle revele un réseau de ramification du sens qui peut toujours surgir, si on le déloge.
“tous les autres, s’ils avaient pu parler, ils auraient avoué qu’ils avaient envie de te pousser dans une crevasse” (H. 1)
les mouvements de conscience
“entre autres avantages… l’occasion de faire des voyages” (H.2) → homéotéleute
“quand tu as senti en moi ce frémissement… comme une nostalgie…” (H. 2)
Pour un oui ou pour un non: C. Les Tropismes 2 - Le langage excède les personnages (tragique) (5)
2 - Le langage excède les personnages (tragique*)*
le mots font défaut aux personnages
les métaphores et l’incompréhension
“Je ne les trouve jamais quand il le faut”
“On se met à dire plus qu’on ne pense…”
le langage a sa propre vie
“C’est plus fort que moi” (H. 2)
“On ne sait pas comment ils nous viennent….” (H.2)
H.2 affirme “dans un élan” la peine qu’il ressent vis-à-vis de l’éloignement
Pour un oui ou pour un non: D. La Justice 1- Un tribunal de la parole, les instances modératrices (4)
“Ce n’est rien qu’on puisse dire… rien dont il soit permis de parler.” (H. 2) → aposiopèses + épanorthose = les propos sont suspensdus, la dispute est évité
“ne joue pas l’innocent” (H.1)
“qu’est-ce que vous pouvez comprendre…” (H.2) “Pas grand chose, en effet” (H.3)
“condamnés” “poursuivis” , plus tard “déboutés tous les deux” (H. 2)
Pour un oui ou pour un non: D. La Justice 2 - La déraison (3)
parole n’est jamais univoque → l’incertitude qui pese sur les mots rend toujours possible la reprise du conflit
“ils me trouvaient cinglé” (H.2)
“Tu es dingue.” (H. 2)
« tu divagues… » (H. 1) → usage banal (rejette la parole de H.2) + sens litéral (présence de folie) “bien sur, je divague…” “il est en plein delire”(4)