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Introduction
E.B. compose le Discours de la servitude volontaire entre 1546-48 (adolescent)
Publié après sa mort (malgré copies circulait dans cercles humanistes) → trop subversif (interroge mécanismes d’asservissement d’un ppl par tyran)
Situation du passage + problématique
Situé au début du D.S.V.
Argumentation d’E.B. se construit autour d’indignations → s’indigne face à généralisation de l’asservissement, relève l’importance de la liberté
Comment E.B. met en scène de manière très rhétorique l’indignation / stupéfaction devant servitude volontaire pour en dénoncer l’absurdité / scandale moral?
I. Le constat indigné du vice inqualifiable de la servitude (l. 1-9)
Limites : tentatives de nommer le “vice” → série questions rhétoriques indignées
L1 : connecteur d’opposition “Mais” → accroche lecteur avec un ton emporté dès début + apostrophe “ô grand Dieu” → dramatise discours, indignation face à scandale moral + questions rhétoriques → expriment stupeur, suscitent émotion et indignation du lecteur + démonstratif pour qualifier vice (cela, ce, cet)
L2-4 : anaphore de négations → efficace : abondance = expriment de manière très appuyée la négation de la liberté des hommes + gradation (ni…ni…) → situation s’aggrave pour les asservis (perte : biens > liens familiaux > vie / humanité) + gradation termes asservissement politique et moral → “ramper”, “tyrannisés” déplacent propos du domaine pol. vers humiliation moral.
L4 : “souffrir” → exprime douleur mais aussi subir, supporter voire accepter (écho à la réflexion sur la servitude volontaire)
L4-7 : champ lexical guerre → violence augmente. Lex. vol laisse place au lex. guerre
L2-5 : Antithèses hypothétiques “nombre infini d’hommes” / “un seul” → très forte antithèse, opposition crée une chute saisissante
L4-9 : Lexique “hommelet”, “lâche”… → tyran rabaissé, sans force ni virilité, impuissance sexuelle (misogyne mais très courant dans texte XVIème s.)
Conc : Débute par constat q. l’interro., scandaleux : soumission d’1 ppl. à homme faible, ridicule.
II. La réflexion sur la passivité des peuples qui ne peut être expliquée par la lâcheté (l.9-16)
Limites : encadré par la question “est-ce lâcheté?” L.B. pousse lecteur réfléchir au delà explication simple (couardise des asservis)
L9 : Enchaînement Q. rhétoriques, phrases courtes → rend Q. percutante, engagent le lecteur. Pousse la réflexion, réponse attendue = non, pas de la lâcheté + adj. “vils” (vice morale) “couards” (faiblesse psychologique) → associés aux rhétoriques, l’injure du peuple = explication trop facile
L10-16 : Anaphore de “si” → L.B. invite à le suivre dans une expérience de pensée
L10-11 : Connecteurs d’opposition, raisonnement concessif → concession “toutefois possible” = honnêteté argumentative (balaie pas toute les explications, les examines). Passage sert à reconnaître la possibilité avant de la dépasser
L12 : Connecteur d’opp. “mais” → pousse raisonnement plus loin (jusqu’où explication “lâcheté” est vraisemblable?) + parallélisme → même structure = met 2 phrases en valeur (ce qui était possible avec qq personne = absurde avec amplification nombres)
L13-14 : Locution “ou plutôt” → tjrs. dans son expérience de pensée, observe d’autres hypothèses en se corrigeant + antithèse “peur” / “mépris” → explication différente de la peur, mais forme interrogative = on y croit pas vraiment + verbe “vouloir” dans négation = seul explication restante : absence de volonté.
Conc : hypo. lacheté poussée au max. par L.B. Constate aucun mot pr. désigner ct. étrange passivité collective face injustice.
III. Un vice “monstrueux” qui défie la raison et le langage (l.16-22)
Limites : résume le mouvement précédent, amplifie effets rhétoriques : implication lecteur
L16 : Connecteur d’opposition “Mais” → relance réflexion en prenant de la distance + présent vérité générale → loi universelle, il y’a des bornes peuvent pas dépassées par vices + métaphore des “bornes” → y a limites dans lesquelles comportement humain = normale (donc vice apparaît défier nature humaine)
L18 : Phrase exclamative + interjection “Oh” → Exclamation souligne démesure (peur d’un grand groupe face au tyran), interjection = stupeur, indignation
L19-20 : Comparaison “de même que” → L.B. parvient pas à définir vice, il passe par l’inverse : vaillance + Gradation → 3 images héroïques impossibles (absurdes) : un homme seul s’attaque à un royaume = pas courageux / une armée ne s’attaque pas à un homme seul = pas lâche
L20 : Périphrase “celui-là que le mot couardise ne peut rendre” → les mots lui manque tellement qu’il montre le vice du doigt, on n’arrive pas à le nommer mais surtout il n’y a pas de mot pour lui (= phénomène moral inédit)
L21-22 : Personnification de la nature et de la langue + nombreuses négations → Rejet actif de la nature : vice contre-nature. L.B. humaniste donc pour lui homme = naturellement libre, servitude volontaire = contraire à l’essence humaine
Conc : Si un mot suffit pas, il faut tt. un discours pr. décrire ses mécanismes. L.B. a problématisé au db. de son Discours ce qui en sera l’objet : la servitude volontaire
Bilan
L.B. passe de l’indignation à l’analyse rationnelle puis à la condamnation philosophique
Montre domination tyran est possible que prcq ppl accepte → vrai scandale = l’obéissance volontaire