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« aider l'homme à refaire ce que la vie a fait sans lui, en lui ou hors de lui »
But connaissance et non détruire la vie = idée commune p12
le conflit n'est pas entre la pensée et la vie dans l'homme mais entre l'homme et le monde dans la conscience humaine de la vie
Pb mal évaluer, besoin de repenser à notre propre perception p12 (intro)
L'homme ferait-il mieux que l'oiseau son nid, mieux que l'araignée sa toile?
Homme considère qu'il est supérieur aux autres car capacités de résout problème mais pas les pb des animaux, juste des comportements différents p12 (intro)
« Si la connaissance est fille de la peur c'est pour la domination et l'organisation de l'expérience humaine, pour la liberté de la vie. » (p.14)
La connaissance découle de la peur et son moteur est son utilité pour l'humanité
La pensée du vivant doit tenir du vivant, l'idée du vivant
« pour faire de la biologie, même avec l'aide de l'intelligence, nous avons parfois besoin de nous sentir
bêtes»
Décentrement (bêtes dans le sens animalité) p16
On en vient pour n'utiliser que des exemples d'expérimentation de portée didactique consignés dans les manuels d'enseignement, à altérer involotairement mais profondément le sens et la valeur de cette « enteprise pleine de risques et de périls »
Pb de l'« expérimentation en biologie. » p20
« Il n'est pas étonnant que l'insatiable passion de connaître,(...) ait appliqué une violence licite à ces victimes de la philosophie naturelle »
XVIll siècle thèse de médecine Deish pas pas de reconnaissance à l'époque (idées défendus pas nouvelles, justes pas considérés) : conséquences de la volonté de l'H de percer les « secrets de la nature » p22 semble en accord avec Canguilhem sur role ingrat dont écopent les animaux (car crime sur H) et rôle de l'expérimentation
« Job de la biologie »
Violence <-> domination
Personnage de la Bible pieux et juste questionnant le malheur, le juste et l'injuste (souffrance pour tester piété)
Grenouille : souffrance au profit de la réussite humaine (sans faute)/ instrumentalisation du vivant/incapacité de la grenouille à s'exprimer (Job questionne Dieu, grenouille souffre en silence) / question d'éthique, légitimité des connaissances acquises par la violence
[l'auteur] «met en continuité l'expérimentation aux fins de vérification théorique et des techniques biologiques. » p23
Objectif lorsque l'H expérimente p23 or, pour Canguilhem, il ne faut pas fonder sa connaissance sur une idée préconçue, mais partir du vivant pour découvrir des fonctions biologiques, comme Claude Bernard
« Débat avec le milieu »
Expérimenter la nature c entrer en relation avec elle : évaluer l'ensemble des stimuli sensoriels, relever les indices utiles à la conservation et l'adaptation au milieu, coopérer, résister
Canguilhem
« prudent et honnête (...) que les lois des phénomènes qui portent, ici comme ailleurs, presque toujours le nom de l'homme qui les formula, portassent de surcroît le nom de l'animal utilisé pour l'expérience » / la grenouille, «Job de la biologie», pour les réflexes;
Attribuer aux animaux la reconnaissance ou au moins une part du mérite des recherches abouties p31
Job = incarne la souffrance innocente et la coexistence de la présence du mal et celle d'un dieu bon et tout puissant
spécificité des formes vivantes, la diversité des individus, la totalité de l'organisme, l'irréversibilité des phénomènes vitaux « nous avançons sur une route qui marche elle même »
4 précautions à prendre, la vie ne peut être étudié comme une chose inerte p31
Ch. Nicolle sens biologique a l'étude des maladies infectieuses car en constante évolution (découverte immunité (Pasteur) par injection 2 doses de choléra à des poules)
« machine animée »
Vision de l'esclave d'Aristote dans La Politique p137
« Est-ce la facilité de l'exploitation de l'homme par l'homme qui fait dédaigner les techniques d'exploitation de la nature par l'homme? Est-ce la difficulté de l'exploitation de la nature par l'homme qui oblige à justifier l'exploitation de l'homme par l'homme? »
Autres époques —> nature moins sollicité car plus dangereuse p137
C'est parce que l'Homme, à l'époque des Lumières, est valorisé par rapport à la Nature qu'est affirmé « son droit et son devoir d'exploiter la matière, sans égards pour elle»
Il fallait d'abord que l'homme fût conçu comme un être transcendant à la nature et à la matière pour que son droit et son devoir d'exploiter la matière, sans égard pour elle, fût affirmé.
Conception de l'homme comme « un être transcendant à la nature et à la matière » mène à « son droit et son devoir d'exploiter la matière, sans égard pour elle »
Vision de Père Laberthonnière cause exploitation Nature p138
Christianisme à l'origine de la philosophie cartésienne selon le père Laberthonnière p138
«Descartes fait pour l'animal ce qu'Aristote avait fait pour l'esclave, il le dévalorise afin de justifier l'homme de l'utiliser comme instrument »
Analogie. En 1952, date de parution, esclavage très mal perçu = négation de l'humanité / dévalorisation ontologique (attaque dans le fondement, même de l'être : sa nature). Pas seulement descriptif, mais permissif, p142
Arg de Descartes : tuer (et manger) sans remords (opinion « pieuse à l'égard des hommes »)
« si l'on est forcé de voir en l'animal plus qu'une machine, il faut se faire Pythagoricien et renoncer à la domination sur l'animal »
Leibniz : ne pas attribuer les mêmes égards aux animaux et aux humains sinon, ordre social remis en cause
Canguilhem : biologie ne peut éviter de se confronter à ces questions éthiques p142
Artificiel veut dire qui tend à un but défini. Et s'oppose par là à vivant. [...] Si la vie avait un but, elle ne serait plus la vie.
Paul Valery, artificiel vs vivant p150
Sans doute cette vicariance des fonctions, cette polyvalence des organes ne sont pas absolues, mais elles sont, par rapport à celles de la machine, tellement plus considérables que, à vrai dire, la comparaison ne peut pas se soutenir
Vicariance : Argument contre théorie animal-machine
Exemple : hémiplégie droite chez l'enfant de moins de 9ans (paralysie) sans aphasie car cerveau compensent (d'autres parties assure le langage)
« La vie est expérience, c'est-à-dire improvisation, utilisation des occurrences; elle est tentative dans tous les sens. (...) la vie tolère des monstruosités. »
Vie inclusive, hasard p152
« lorsqu'une montre marque les heures, par le moyen des roues dont elle est faite, cela ne lui est pas moins naturel qu'il est à un arbre de produire des fruits » D
« L'homme ne peut se rendre maître et possesseur de la nature que s'il nie toute finalité naturelle »
Or « pour la production d'un effet d'abord seulement rêve ou désiré »
Ce qui est naturel pour Descartes p155
Canguilhem : montre faite pour une fonction particulière, l'arbre vie sans objectif donc différent
p. 142
« une fonction biologique, un aspect de l'organisation de la matière par la vie »
invention mécanique pour Bergson p161
« l'homme [est] en continuité avec la vie par la technique » mais, il y a « une rupture dont il assume la responsabilité par la science »
Différence science (activité, pouvoir et responsabilité qui lui est propre) et technique (répondre aux besoins naturels d'adaptation comme tout être) dans l'impact sur la rapport H/N p164
«le système ambiant ne saurait modifier l'organisme, sans que celui-ci n'exerce à son tour sur lui une influence correspondante ». + action négligeable de l'organisme sur le milieu
« Dans le cas de l'espèce humaine, Comte, (...) admet que, par l'intermédiaire de l'action collective l'humanité modifie son milieu »
Comte, incidence des êtres vivants sur leur milieu p170
La qualité d'organisme se trouve réduite à un ensemble de quantités.
dénonciation d’une vision réductrice de la biologie par canguilhem, la vie comme totalité organisée a été remplacée par une simple addition de mesures p171
Le premier milieu dans lequel vit un organisme, c'est un entourage de vivants qui sont pour lui des ennemis ou des alliés, des proies ou des prédateurs
p. 175
« Entre les vivants s'établissent des relations d'utilisation, de destruction, de défense »
p. 176 relations du vivant Canguilhem
« Les poissons ne mènent pas leur vie d'eux-mêmes, c'est la rivière qui la leur fait mener, ils sont des personnes sans personnalité».
Louis Roule enlève la notion de libre arbitre des organismes, entièrement déterminés par le milieu (dévalorise) (dans une perspective historique, retrace la vision mécaniste du terme, milieu) p173
Opposé à Canghuilhem, pour qui le milieu est une construction du vivant renversement du rapport organisme, milieu auxquels il a abouti à la fin de son chapitre, le vivant et son milieu
« l'organisme ne donne rien qu'en réalité il ne reçoive . La situation du vivant, son être dans le monde, c'est une condition, ou plus exactement, c'est un conditionnement. »
Le vivant n'existe pas indépendamment du milieu : son activité est inséparable des conditions qui le façonnent (travail sur la relation entre excitation et réponse = approche physique et non biologique)
« La végétation est répartie en ensembles naturels où des espèces diverses se limitent réciproquement et où, par conséquent, chacune contribue à créer pour les autres un équilibre. »
Nature = équilibre (à étendre à l'homme et l'animal d'après Canguilhem) p181
« étudier un vivant dans des conditions expérimentalement construites, c'est lui faire un milieu, lui imposer un milieu. Or, le propre du vivant, c'est de se faire son milieu, de se composer son milieu »
expériences ne reproduiront jamais la réalité p185
Opposition à la def naturaliste
Article indéfini contre déterminant possessif/ verbe transitif contre pronominal / paronomase imposer et composer (préfixe change tout)
"Umwelt désigne le milieu de comportement propre à tel organisme; Umgebung c'est l'environnement géographique banal et Welt, c'est l'univers de la science."
Uexküll p185
Réalités perceptives différentes d'un même milieu donc projeter nos propres perceptions = insuffisant
« situation anormale pour lui, dont il n'a pas besoin d'après ses propres normes, qu'il n'a pas choisie, qui lui est imposée. »
L’expérience de la nature n’est pas seulement active : elle peut être subie, comme dans la maladie, où le vivant découvre ses propres normes en étant mis en difficulté
def de l’anormal
« situation catastrophique »
« La biologie doit donc tenir d'abord le vivant pour un être significatif, et l'individualité, non pas pour un objet, mais pour un caractère dans l'ordre des valeurs. »
Goldstein : expérimentation sur vivants en labo p188 ???
l'homme n'est plus au milieu du monde, mais il est un milieu
Renversement de vision par la découverte de l'héliocentrisme (idem à faire en biologie —> s'éloigner de l'anthropocentrisme) p193
mi-lieu comme centre ou comme champ intermédiaire
« Les mesures se substituent aux appréciations, les lois aux habitudes, la causalité à la hiérarchie et l'objectif au subjectif. »
Par la science, les calculs et les analyses, tout est quantifié et classé = évolution de la science moderne : il en souligne la logique d'exclusion. Or même si quantification —> objectivation nécessaire, problématique lorsqu'elle prétend remplacer toute appréciation vécue du vivant, alors même que la vie se définit, chez Canguilhem, par sa capacité à instituer ses propres normes.
p196
le milieu des valeurs sensibles et techniques de l'homme n'a pas en soi plus de réalité que le milieu propre du cloporte ou de la souris grise
La perception du monde peut être très différente d'un vivant à l'autre car chacun a une vision autocentrée (informations triés cf tique) p196
Canguilhem
«La nature a un type idéal en toute chose, c'est positif; mais jamais ce type n'est réalisé. » mais alors, « n'est-ce pas faire de la connaissance une impuissance à atteindre le réel » ? p202/203
« ce rapport en même temps qu'il [est « clé de l'idiosyncrasie sur laquelle repose toute la médecine » ] est aussi obstacle »
Claude Bernard avis sur
Soulève la question du rapport entre idéal scientifique et réalité empirique.
Induit des différences de réaction
« des normes sociales d'usage se sont substituées aux normes biologiques
d'exercice. »
milieux sociotechniques
protecteurs que se sont construits les différentes cultures permettent de conjurer la sévérité de la
sélection naturelle p. 209
« comme un échec ou comme un essai, comme une faute ou comme une aventure. Dans la deuxième hypothèse, aucun jugement de valeur négative n'est porté par l'esprit humain »
« moins comme des être référables à un type réel préétabli que comme des organisations dont la validité, c'est-à-dire la valeur, est référée à leur réussite de vie éventuelle »
« la valeur est dans le vivant »
la vie qui est expériences dans tout les sens, definition de la singularité du vivant et où se trouve sa valeur (3 citations)
« L'anormal, c'est simplement le différent »
Anormal = écart par rapport à une moyenne ou en tout cas à une norme (chiffré) dissocié du pathologique = altération de la capacité du vivant à vivre, agir et s'adapter (basé sur une expérience de la vie) p205
« Toutes les réussites sont menacées puisque les individus meurent (...). Les réussites sont des échecs retardés, les échecs des réussites avortées »
??? p206
« Ni le vivant, ni le milieu ne peuvent être dits normaux si on les considère séparément, mais seulement dans leur relation »
« Le normal doit
être dit instituteur de la norme ou normatif, il est prototypique et non plus simplement archétypique. »
p 208
« le signe d'une causalité de la domestication, (...) la réussite élective de la domestication sur ces espèces à l'exclusion des autres.» p209
l’expérience humaine de la nature n’est jamais unilatérale, elle dépend des capacités du vivant lui même
Canguilhem
« allure de la vie réglée par des normes vitalement inférieures ou dépréciées du fait qu'elles interdisent au vivant la participation active et aisée, génératrice de confiance et d'assurance, à un genre de vie qui était antérieurement le sien »
Maladie = appréciation d'un état et non une perte de qqchose p214
(Q Narratrice de MH)
Le pathologique doit donc être reconnu non comme le contradictoire de « normal »
(= privation ou disparition de la norme) mais comme le contraire du fait d'être en bonne santé
lien étymologique valeur et santé : valere = « se bien porter »
« vivre, pour l'animal déjà, et à plus forte raison pour l'homme, ce n'est pas seulement végéter et se conserver, c'est affronter des risques et en triompher »
Réflexion : H menace la vie sans possibilité qu'elle se relève
Un être vivant ne se contente pas de survivre p215
La monstruosité zoomorphe, si on en admet existence, doit être tenue pour la suite d'une tentative delhérée d'infraction à l'ordre des choses
p224
Crainte (...) et même terreur panique, d'une part. Mais aussi, d'autre part, curiosité, et jusqu'à la fascination. Le monstrueux est du merveilleux à rebours, mais c'est du merveilleux malgré tout.
Emotions face au monstrueux p221
Expérimenter la nature c’est faire face à l’imprévisible, c’est une expérience ambivalente, montre la puissance de la nature
Les objets perçus par une mère ont un « contrecoup» sur l'enfant en gestation. («Malbranche, inspiration cartésienne)
Imagination, cause de monstruosité p225
les monstruosités sont réparties en classes(...) on se flatte de les pouvoir provoquer expérimentalement, alors le monstre est naturalisé, l'irrégulier est rendu à la règle, le prodige à la prévision.
Volonté des rationalistes de démystifier, rôle des expériences => critique de canguilhem, on vient à oublier la dimension vécue de la vie
Grâce à la science, les anomalies ne sont plus vues comme des miracles ou des horreurs inexplicables : elles deviennent des phénomènes naturels qu’on peut comprendre, classer et même provoquer.
Dans son Histoire des anomalies de l'organisation (1837), Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, fils d'Étienne, achève (...) la domestication des monstruosités, en les rangeant parmi les anomalies, en les classant selon les règles de la méthode naturelle, en leur appliquant une nomenclature méthodique
Processus de classement pour mieux contrôler (ce qui ne devrait pas l'être ?) p230
«Il n'y a pas d'exceptions aux lois de la nature, il y a des exceptions aux lois des naturalistes»
Geoffroy Saint-Hilaire sur l'existence des anomalies (réflexions qualifiées de pertinentes par Canguilhem donc accord) p231
=> Ce n’est pas la nature qui a des exception, ce sont nos lois scientifiques qui sont parfois fausses ou incomplètes
L’expérience de la nature nous montre que les exceptions ne sont que les limites de notre savoir
« Toute histoire naturelle (parle de la biologie au sens de l'étude) tend à devenir une science expérimentale »
« étude expérimentale des conditions de production artificielle des monstruosités »
Def tératogénie par Camille Dareste au milieu du XIXème p231
Réaumur déçu qu'une poule et un lapin n'est pas eu de descendance.
« Que dirons-nous le jour où nous apprendrons qu'on a tenté sur l'homme des expériences de tératogénie? »
Compare motivation scientifique à loisir, curiosité sans recul « à destination de bouffons », lorsque la volonté de connaissance se transforme à des manipulations sans limites p233
Si l'essai de tous les possibles, en vue de révéler le réel, est inscrit dans le code de l'expérimentation, il y a risque que la frontière entre l'expérimental et le monstrueux ne soit pas aperçue du premier coup. Car le monstrueux est l'un des possibles.
Pb de l'expérimentation (aboutit à dérives comme eugénisme) p233
Ce qui est techniquement acceptable peut devenir amoral, le monstrueux n’étant pas “contre nature” mais une possibilité de la nature
« moins d'ambition, plus de mesure » «borne son intervention à
la perturbation d'un processus commencé sans lui (...) Après quoi il laisse faire la matière vivante, il attend et voit venir » «Sa puissance est étroitement limitée »
Mesure, tempérance, différence entre XXème et XIXème (mesure prises) p234
L'expérimentateur ne peut pas tirer plus de ficelles que la nature.
Homme ne peut pas être plus puissant que la nature
« vie ne peut pas être la force mécanique, aveugle et stupide, qu'on se plaît à imaginer quand on l'oppose à la pensée »
Vie s'entremêlent aux connaissances ( l'Homme cherche à expliquer ce qui l'entoure, pour améliorer) p12
« la vie est pauvre en monstre alors que le fantastique est un monde »
« Le fantastique est capable de peupler un monde. La puissance de l'imagination est inépuisable, infatigable. » car « l'imagination est une fonction sans organe » « proliférant »
expérience esthétique de
la nature qui se prolonge dans les aspects fantastiques de la fiction p235
aucun être vivant ne peut vraiment être évalué comme « monstre »
monstrueux n'est pas une monstruosité. Il n'est pas contre nature du
point de vue de la nature.