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Définition de l'hypertension artérielle chez l'adulte
1. Définition
Hypertension artérielle (HTA) :
Moyenne de PAS ≥ 140 mmHg.
Et/ou moyenne de PAD ≥ 90 mmHg.
Valeurs obtenues par des mesures cliniques répétées au cabinet médical.
2. Diagnostic hors cabinet
- Automesure tensionnelle ou MAPA diurne :
PAS ≥ 135 mmHg.
Et/ou PAD ≥ 85 mmHg.
3. Objectifs du bilan de l'HTA
Vérifier la permanence de l'HTA.
Identifier :
La situation cardiovasculaire : prévention primaire ou secondaire.
Le retentissement de l'HTA.
Les autres facteurs de risque cardiovasculaire.
Les arguments en faveur d'une HTA secondaire.
4. Retentissement cardiovasculaire
- Rechercher notamment :
Hypertrophie ventriculaire gauche (HVG).
Autres anomalies ECG.
Points clés :
HTA au cabinet : ≥ 140/90 mmHg.
Automesure ou MAPA diurne : ≥ 135/85 mmHg.
Mesures répétées nécessaires.
Bilan = confirmation + risque cardiovasculaire + retentissement + recherche d'une cause secondaire.
Intérêt du diagnostic d'une hypertension artérielle endocrinienne
1. Principe
- Certaines endocrinopathies sont responsables d'une HTA secondaire.
2. Premier intérêt diagnostique
Identification d'une affection causale.
→ Traitement spécifique de l'endocrinopathie.
→ Possibilité de guérison de l'HTA.
3. Deuxième intérêt diagnostique
- Les endocrinopathies responsables d'HTA peuvent provoquer :
D'autres comorbidités.
Des complications spécifiques.
4. Conséquence
- → Rechercher et traiter les manifestations associées à l'endocrinopathie.
Points clés :
HTA endocrine = HTA secondaire potentiellement curable.
Traitement de la cause → guérison possible de l'HTA.
Recherche et traitement des comorbidités endocriniennes.
Épidémiologie des causes endocriniennes d'hypertension artérielle
1. Fréquence globale
- Les causes endocriniennes représentent une minorité des HTA.
2. Hyperaldostéronisme primaire
- Prévalence :
Au moins 8 % des patients hypertendus.
3. Phéochromocytomes et paragangliomes
- Prévalence :
Moins de 1 % des patients hypertendus.
4. Conséquence sur le dépistage
- Pas de dépistage biologique endocrinien systématique de tous les patients hypertendus.
5. Exception
- Kaliémie à jeun :
Seul examen biologique systématiquement recommandé à visée endocrinienne dans ce chapitre.
Points clés :
Hyperaldostéronisme primaire ≥ 8 % des HTA.
Phéochromocytomes/paragangliomes < 1 %.
Pas de bilan hormonal systématique.
Kaliémie à jeun systématique (+++).
Situations indiquant la recherche d'une hypertension artérielle secondaire
1. HTA sévère
- HTA de grade 3 :
PAS ≥ 180 mmHg.
Ou PAD ≥ 110 mmHg.
2. HTA résistante
- HTA non contrôlée malgré :
Les mesures hygiénodiététiques.
Au moins 3 médicaments antihypertenseurs à doses optimales.
3. Hypokaliémie
Kaliémie ≤ 3,7 mmol/L.
→ Évoquer un hyperaldostéronisme primaire.
Avec éventuelle kaliurèse inappropriée.
Y compris après l'arrêt d'un diurétique.
4. Âge jeune
- HTA chez un sujet de moins de 30 ans.
5. Incidentalome surrénalien
- HTA + tumeur surrénalienne découverte fortuitement.
6. Retentissement vasculaire disproportionné
Retentissement important malgré une HTA d'intensité relativement modérée.
→ Évoquer un hyperaldostéronisme primaire.
7. Antécédents familiaux
HTA précoce familiale.
Complications cardiovasculaires familiales avant 40 ans.
Antécédent familial au premier degré d'HTA endocrinienne.
8. Signes cliniques associés
- Symptômes évocateurs d'une endocrinopathie.
Points clés :
HTA grade 3 : ≥ 180/110 mmHg.
HTA résistante malgré ≥ 3 antihypertenseurs.
Kaliémie ≤ 3,7 mmol/L (+++).
HTA avant 30 ans.
HTA + incidentalome surrénalien.
Retentissement vasculaire disproportionné.
ATCD familiaux précoces ou signes endocriniens.
Bilan initial biologique et électrocardiographique de l'hypertension artérielle
1. Objectif
- Réaliser idéalement le bilan initial avant l'introduction d'un antihypertenseur.
2. Kaliémie
Potassium sanguin à jeun.
Prélèvement si possible sans garrot :
→ Limiter le risque d'hémolyse.
→ Éviter de méconnaître une hypokaliémie.
3. Fonction rénale
Créatinine à jeun.
Estimation du DFG :
MDRD.
Ou CKD-EPI.
4. Métabolisme glucidique
- Glycémie à jeun.
5. Bilan lipidique
Cholestérol total.
HDL-cholestérol.
Triglycérides.
→ Calcul du LDL-cholestérol.
6. Analyse urinaire
Bandelette urinaire :
Recherche d'hématurie.
Recherche de protéinurie.
Si positive :
→ Quantification sur 24 heures, selon le tableau du collège.
7. Examen cardiaque
- ECG à 12 dérivations.
Points clés :
Kaliémie à jeun sans garrot si possible.
Créatinine + DFG.
Glycémie à jeun.
Bilan lipidique complet.
BU : hématurie/protéinurie.
ECG 12 dérivations.
Principales étiologies endocriniennes d'hypertension artérielle
1. Hyperminéralocorticismes primaires
- Hyperaldostéronisme primaire :
Maladie bilatérale des surrénales.
Adénome de Conn.
2. HTA endocriniennes iatrogènes
Contraception œstroprogestative.
Corticoïdes.
Réglisse et apparentés.
3. Tumeurs sécrétant des catécholamines
Phéochromocytomes.
Paragangliomes.
4. Syndrome de Cushing
ACTH-dépendant.
ACTH-indépendant.
5. Autres endocrinopathies
Acromégalie.
Hyperthyroïdie.
Hyperparathyroïdie.
Points clés :
Hyperaldostéronisme primaire = cause endocrine fréquente d'HTA.
Phéochromocytome/paragangliome.
Syndrome de Cushing.
Acromégalie, hyperthyroïdie, hyperparathyroïdie.
Causes iatrogènes : œstroprogestatifs, corticoïdes, réglisse.
Hyperaldostéronisme primaire : définition, fréquence et étiologies
1. Définition
- Sécrétion excessive et autonome d'aldostérone par les surrénales.
2. Fréquence
Cause la plus fréquente d'HTA endocrinienne.
Prévalence :
Au moins 8 % des patients hypertendus.
3. Première grande étiologie
- Adénome de Conn :
Tumeur bénigne du cortex surrénalien.
Maladie unilatérale.
4. Deuxième grande étiologie
- Hyperaldostéronisme primaire bilatéral :
Production excessive d'aldostérone par les deux surrénales.
Classiquement nommé hyperplasie bilatérale, même si sa physiopathologie est plus complexe.
Points clés :
Cause endocrine la plus fréquente d'HTA.
Prévalence ≥ 8 %.
Adénome de Conn = forme unilatérale.
Maladie bilatérale = deux surrénales impliquées.
Dépistage biologique de l'hyperaldostéronisme primaire
1. Principe du dépistage
- Mesurer simultanément :
Aldostérone plasmatique.
Rénine plasmatique.
2. Indicateur biologique
- Calcul du rapport aldostérone/rénine.
3. Précautions
- Le système rénine–angiotensine–aldostérone (SRAA) est influencé par :
Les apports sodés.
La posture.
Le tonus sympathique.
De nombreux antihypertenseurs.
4. Conséquences
- Risque de :
Faux positifs.
Et surtout de faux négatifs.
5. Principe de fiabilité
- Effectuer le dépistage dans des conditions standardisées.
Points clés :
Aldostérone + rénine mesurées simultanément (+++).
Calcul du rapport aldostérone/rénine.
SRAA sensible au sodium, à la posture et aux médicaments.
Faux positifs et surtout faux négatifs possibles.
Standardisation indispensable.
Conditions préanalytiques du dosage aldostérone/rénine
1. Apports sodés
Ne pas réaliser de régime désodé avant le prélèvement.
Vérifier une natriurèse > 75 mmol/24 h.
2. Kaliémie
- Éviter une hypokaliémie :
Elle peut diminuer la sécrétion d'aldostérone.
→ Risque de faux négatif.
Objectif :
Kaliémie > 3 mmol/L.
Possibilité de supplémentation orale en potassium avant le prélèvement.
3. Horaire
Prélèvement matinal.
Pas nécessairement immédiatement au réveil.
4. Position
- Patient idéalement assis depuis au moins 15 minutes.
5. Traitements
- Éviter, dans la mesure du possible, les médicaments modifiant le SRAA.
Points clés :
Pas de régime désodé.
Natriurèse > 75 mmol/24 h.
Kaliémie > 3 mmol/L.
Prélèvement le matin.
Position assise ≥ 15 minutes.
Tenir compte des médicaments interférents.
Antihypertenseurs interférant avec le dépistage de l'hyperaldostéronisme primaire
1. Bêtabloquants
Rénine diminuée.
→ Risque de faux positif du rapport aldostérone/rénine.
2. IEC et ARA II
- Rénine augmentée.
3. Diurétiques
- Rénine augmentée.
4. Inhibiteurs calciques dihydropyridines
Rénine augmentée après diminution de la pression artérielle.
Aldostérone diminuée par inhibition d'étapes de synthèse calcium-dépendantes.
5. Antihypertenseurs centraux
Rénine diminuée.
Aldostérone diminuée.
6. Médicaments préférentiels si traitement indispensable
Certains inhibiteurs calciques non dihydropyridines.
Vasodilatateurs alphabloquants.
7. Particularité
En cas d'HTA sévère, il peut être nécessaire de traiter le patient avant le dépistage hormonal.
Un bêtabloquant peut parfois être maintenu si son arrêt représente un risque, en tenant compte des biais biologiques.
Points clés :
Bêtabloquants → rénine ↓ → faux positif possible.
IEC / ARA II / diurétiques → rénine ↑.
Dihydropyridines → rénine ↑, aldostérone ↓.
Antihypertenseurs centraux → rénine et aldostérone ↓.
Ne pas interrompre un traitement indispensable sans évaluation clinique.
Signature biologique de l'hyperaldostéronisme primaire
1. Anomalie caractéristique
Aldostérone plasmatique élevée.
Avec rénine plasmatique basse.
2. Conséquence
- Rapport aldostérone/rénine augmenté.
3. Interprétation
- Rapport augmenté par :
Une augmentation de l'aldostérone.
Et une diminution de la rénine.
- → Diagnostic d'hyperaldostéronisme primaire très vraisemblable.
4. Confirmation
- Réaliser une deuxième mesure.
5. Limite
- Une augmentation du rapport due uniquement à une rénine très basse, sans élévation adaptée de l'aldostérone, peut être trompeuse.
Points clés :
Aldostérone ↑ + rénine ↓ = signature biologique (+++).
Rapport aldostérone/rénine ↑.
Deuxième mesure pour confirmer.
Attention aux faux positifs par rénine très basse.
Confirmation diagnostique et principales orientations biologiques de l'HTA avec anomalie du système rénine–aldostérone
1. Rapport aldostérone/rénine évocateur
Le dépistage peut nécessiter des tests de confirmation spécialisés.
Objectif :
Démontrer une sécrétion autonome d'aldostérone.
2. Test de charge sodée intraveineuse
Administration de sel par voie veineuse.
→ Expansion volémique.
Normalement :
Diminution de la sécrétion d'aldostérone.
Dans l'hyperaldostéronisme primaire :
Absence de freinage de l'aldostérone.
3. Alternative
Test au captopril :
Inhibition de l'enzyme de conversion de l'angiotensine.
Normalement :
Diminution de l'aldostérone.
Hyperaldostéronisme primaire :
Absence de freinage suffisant.
4. Hyperaldostéronisme secondaire
Rénine augmentée.
Aldostérone augmentée.
→ Production d'aldostérone secondaire à la stimulation par la rénine.
5. Autres hyperminéralocorticismes
Rénine diminuée.
Aldostérone diminuée.
Exemples :
Excès de réglisse.
Déficit en glycyrrhizique, selon le mécanisme évoqué dans le collège.
Certaines tumeurs surrénaliennes sécrétant d'autres minéralocorticoïdes.
Points clés :
Confirmation spécialisée d'une sécrétion autonome d'aldostérone.
Charge sodée → absence de freinage dans l'hyperaldostéronisme primaire.
Captopril → absence de freinage de l'aldostérone.
Hyperaldostéronisme secondaire : rénine ↑ et aldostérone ↑.
Autres hyperminéralocorticismes : rénine ↓ et aldostérone ↓.
Hyperaldostéronisme primaire : distinction entre sécrétion unilatérale et bilatérale
1. Principe
Le traitement de l'hyperaldostéronisme primaire (HAP) dépend de son étiologie.
Il faut distinguer :
Une sécrétion unilatérale d'aldostérone.
Une sécrétion bilatérale d'aldostérone.
2. Sécrétion unilatérale
Généralement liée à un adénome de Conn.
Tumeur bénigne du cortex surrénalien.
→ Surrénalectomie unilatérale possible.
3. Sécrétion bilatérale
Production excessive d'aldostérone par les deux surrénales.
→ Traitement médical recommandé.
4. Objectif
- Identifier les patients pouvant bénéficier d'une guérison chirurgicale.
Points clés :
HAP unilatéral → chirurgie possible.
HAP bilatéral → traitement médical.
Adénome de Conn = cause unilatérale.
La distinction uni-/bilatérale conditionne le traitement (+++).
Hyperaldostéronisme primaire unilatéral : traitement chirurgical
1. Étiologie principale
- Adénome de Conn :
Tumeur bénigne.
Localisée à une seule surrénale.
2. Traitement
- Surrénalectomie unilatérale.
3. Résultats de la chirurgie
- Guérison complète de l'HTA et de l'hypokaliémie :
Environ 50 % des patients.
- Chez les autres patients :
Diminution de l'intensité de l'HTA.
Disparition habituelle de l'hypokaliémie.
4. Facteurs associés à un résultat tensionnel moins favorable
Âge avancé.
Ancienneté de l'HTA.
Insuffisance rénale.
5. Alternative
- Traitement médical parfois discuté plutôt que la chirurgie.
Points clés :
HAP unilatéral → surrénalectomie.
Guérison HTA + hypokaliémie ≈ 50 %.
Sinon : HTA améliorée et hypokaliémie corrigée.
Âge, ancienneté de l'HTA et insuffisance rénale → résultats moins favorables.
Hyperaldostéronisme primaire bilatéral : traitement médical
1. Indication
Production bilatérale d'aldostérone.
→ Traitement médical recommandé.
2. Première intention
Spironolactone.
Diurétique épargneur de potassium.
Antagoniste du récepteur minéralocorticoïde.
3. Mécanisme d'action
Se fixe sur le récepteur minéralocorticoïde.
→ Empêche l'aldostérone d'activer son récepteur.
4. Effets indésirables
- La spironolactone agit aussi sur les récepteurs :
Des androgènes.
De la progestérone.
- Conséquences possibles :
Gynécomastie.
Hypogonadisme masculin.
Troubles menstruels chez la femme.
5. Deuxième intention
Éplérénone en cas d'effets indésirables.
Antagoniste minéralocorticoïde plus sélectif.
→ Moins d'effets indésirables liés aux récepteurs sexuels.
Points clés :
HAP bilatéral → traitement médical (+++).
Spironolactone = première intention.
Antagonisme du récepteur minéralocorticoïde.
Gynécomastie, hypogonadisme, troubles menstruels.
Éplérénone = deuxième intention si effets indésirables.
Hyperaldostéronisme primaire : examens de localisation
1. Objectif
- Distinguer une maladie unilatérale d'une maladie bilatérale.
2. Scanner surrénalien
Examen le plus simple à réaliser.
Recherche :
Un nodule surrénalien.
Une anomalie morphologique des surrénales.
3. Limites du scanner
Les adénomes de Conn sont souvent petits.
→ Scanner normal n'éliminant pas un adénome de Conn.
- Après 50 ans :
Nodules surrénaliens aspécifiques fréquents.
→ Risque d'interprétation trompeuse.
4. Cathétérisme des veines surrénaliennes
Mesure de l'aldostérone dans les effluents veineux surrénaliens.
Comparaison :
Droite.
Gauche.
- → Recherche d'une sécrétion latéralisée.
5. Place du cathétérisme
Examen invasif et très spécialisé.
Utile notamment lorsque :
Le scanner est douteux.
Une chirurgie serait envisagée si la maladie est unilatérale.
6. Particularité du sujet jeune
- Chez un patient de moins de 40 ans :
HAP confirmé.
Nodule strictement unilatéral.
- → Possibilité de ne pas réaliser de cathétérisme, selon le collège.
Points clés :
Scanner + cathétérisme des veines surrénaliennes.
Scanner normal ≠ absence d'adénome de Conn.
Nodule après 50 ans ≠ nécessairement cause de l'HAP.
Cathétérisme = recherche de latéralisation (+++).
< 40 ans avec nodule strictement unilatéral : cathétérisme parfois évitable.
Phéochromocytome et paragangliome : définitions et effets cardiovasculaires
1. Phéochromocytome
Tumeur dérivant de la médullosurrénale.
Synthétise des catécholamines :
Adrénaline.
Noradrénaline.
- Ainsi que leurs métabolites :
Métanéphrines.
2. Paragangliome
Tumeur dérivant des ganglions sympathiques.
Localisations possibles :
Du pelvis à la base du crâne.
- Sécrétion de catécholamines et HTA moins fréquentes que dans le phéochromocytome.
3. Effets vasculaires des catécholamines
Stimulation des récepteurs α-adrénergiques.
→ Vasoconstriction.
→ Augmentation de la pression artérielle.
4. Effets cardiaques
Stimulation des récepteurs β-adrénergiques.
→ Tachycardie.
5. Autre mécanisme
- Stimulation du système rénine–angiotensine.
Points clés :
Phéochromocytome = tumeur de la médullosurrénale.
Paragangliome = tumeur des ganglions sympathiques.
Adrénaline + noradrénaline.
Récepteurs α → vasoconstriction et HTA.
Récepteurs β → tachycardie.
Phéochromocytome : triade de Ménard et présentation clinique
1. Manifestation principale
HTA.
Caractérisée par une grande variabilité.
2. Triade de Ménard
- Céphalées :
Souvent pulsatiles.
- Sueurs.
- Palpitations :
Liées à une tachycardie.
3. Valeur diagnostique
- Triade de Ménard :
Forte spécificité.
Faible sensibilité.
- Présente chez environ 1/3 des patients.
4. Présentation tensionnelle évocatrice
HTA sévère.
HTA intermittente.
Alternance :
Hypertension.
Hypotension.
5. Autres présentations
HTA d'intensité modérée.
Voire minime.
6. Découverte fortuite
Incidentalome surrénalien.
Y compris chez un patient initialement considéré comme ayant une HTA essentielle.
Points clés :
Triade de Ménard = céphalées + sueurs + palpitations (+++).
Spécificité forte, sensibilité faible.
Seulement 1/3 des patients présentent la triade.
HTA fluctuante, intermittente, parfois sévère.
HTA banale ou incidentalome possibles.
Phéochromocytome : diagnostic biologique par les métanéphrines
1. Examen diagnostique
- Dosage des métanéphrines, également appelées métoxyamines.
2. Prélèvements possibles
Plasma.
Ou urines de 24 heures.
3. Intérêt des métanéphrines
Produites de façon permanente par les phéochromocytomes.
Demi-vie longue.
4. Limites du dosage des catécholamines
L'adrénaline et la noradrénaline sont libérées de manière intermittente.
Leur concentration augmente également lors d'un stress.
- → Valeur diagnostique inférieure à celle des métanéphrines.
5. Conséquence
- Une concentration plasmatique normale de catécholamines n'exclut pas une sécrétion intermittente.
Points clés :
Diagnostic = métanéphrines plasmatiques ou urinaires sur 24 h (+++).
Métanéphrines produites en permanence.
Demi-vie longue.
Catécholamines intermittentes et influencées par le stress.
Préférer les métanéphrines aux catécholamines.
Métanéphrines : causes de faux positifs et précautions d'interprétation
1. Stress aigu majeur
Augmentation possible des métanéphrines.
Exemple :
Phase aiguë d'un infarctus du myocarde.
2. Insuffisance rénale
- Peut entraîner une élévation des métanéphrines.
3. HTA essentielle
- Des valeurs modérément élevées peuvent également être observées.
4. Conséquence
- Une élévation des métanéphrines doit être interprétée selon le contexte clinique.
Points clés :
Infarctus aigu → faux positif possible.
Insuffisance rénale → faux positif possible.
HTA essentielle → élévation modérée possible.
Interprétation contextualisée indispensable.
Phéochromocytome : imagerie de localisation
1. Objectifs
- Préciser :
Le nombre de tumeurs.
Leur localisation.
Leurs rapports anatomiques.
La présence éventuelle de métastases.
2. Imagerie morphologique
Scanner.
IRM.
3. Particularités du phéochromocytome de l'adulte
- Tumeur généralement :
Unique.
De grande taille.
Facile à localiser.
4. Tumeurs multiples, paragangliomes ou formes avec métastases
TDM thoraco-abdomino-pelvienne.
Possibilité d'une imagerie fonctionnelle.
Points clés :
Scanner ou IRM = localisation du phéochromocytome.
Préciser nombre, siège, rapports et métastases.
Tumeur souvent unique et volumineuse chez l'adulte.
Formes multiples ou métastatiques → bilan d'extension.
Phéochromocytome : examens d'imagerie fonctionnelle
1. Scintigraphie MIBG
Méta-iodobenzylguanidine (MIBG).
Examen historiquement utilisé.
De moins en moins employé selon le collège.
2. TEP-FDG
Tomographie par émission de positons au fluorodésoxyglucose.
Une positivité :
N'est pas synonyme de malignité dans les phéochromocytomes.
3. Autres examens
TEP à la F-DOPA.
TEP-DOTATOC.
TEP-DOTANOC :
Visualisation des récepteurs de la somatostatine.
4. Choix en cas de statut mutationnel inconnu
TEP à la F-DOPA.
Ou TEP-DOTATOC en cas de paragangliome abdominal.
Points clés :
MIBG = examen historique.
TEP-FDG positive ≠ malignité systématique.
TEP F-DOPA / DOTATOC / DOTANOC.
DOTATOC et DOTANOC → récepteurs de la somatostatine.
Statut mutationnel inconnu : F-DOPA ou DOTATOC selon la situation.
Phéochromocytome : fréquence et indications de l'enquête génétique
1. Fréquence des formes génétiques
- Environ 40 % des phéochromocytomes sont associés à une anomalie génétique germinale.
2. Transmission
- Anomalie susceptible d'être transmise au sein des familles.
3. Formes syndromiques
- Association possible à :
Neurofibromatose de type 1.
Maladie de von Hippel-Lindau.
Néoplasies endocriniennes multiples.
4. Formes apparemment sporadiques
- Une anomalie génétique est retrouvée chez au moins :
20 % des patients.
5. Recommandation
- Enquête génétique systématique devant :
Un phéochromocytome.
Un paragangliome.
- Même en l'absence d'antécédent familial.
Points clés :
40 % de formes avec anomalie génétique germinale.
≥ 20 % des formes apparemment sporadiques sont génétiques.
NF1, von Hippel-Lindau, NEM.
Enquête génétique systématique (+++).
Phéochromocytome : mutations du gène RET et néoplasie endocrinienne multiple de type 2
1. Gène concerné
- RET.
2. Conséquence
- Mutation associée aux néoplasies endocriniennes multiples de type 2 (NEM2).
3. Autres manifestations endocriniennes associées
Carcinome médullaire de la thyroïde.
Hyperparathyroïdie primaire.
Points clés :
RET → NEM2.
Phéochromocytome + carcinome médullaire thyroïdien.
Hyperparathyroïdie primaire possible.
Phéochromocytome : traitement chirurgical et préparation préopératoire
1. Traitement de référence
- Exérèse chirurgicale du phéochromocytome.
2. Préparation avant l'intervention
- Bilan préopératoire du retentissement vasculaire.
3. Objectif tensionnel
- Essayer de normaliser la pression artérielle avant la chirurgie.
4. Traitement antihypertenseur préopératoire
Alphabloquants.
Seuls ou associés à :
D'autres antihypertenseurs.
Points clés :
Phéochromocytome → chirurgie (+++).
Bilan cardiovasculaire préopératoire.
Préparation tensionnelle indispensable.
Alphabloquants avant l'intervention.
Phéochromocytome : surveillance après chirurgie
1. Nécessité d'une surveillance prolongée
- Même en cas de rémission complète après chirurgie.
2. Durée minimale
- Au moins 10 ans.
3. Modalités
Surveillance clinique.
Dosage des métanéphrines.
Points clés :
Suivi après chirurgie ≥ 10 ans (+++).
Même après rémission complète.
Clinique + métanéphrines.
Acromégalie : hypertension artérielle associée
1. Fréquence
- L'HTA est fréquente au cours de l'acromégalie.
2. Mécanisme associé
- Hypersécrétion d'hormone de croissance (GH).
3. Évolution
- La correction de l'hypersécrétion de GH peut améliorer l'HTA.
4. Référence du collège
- Développement de l'acromégalie :
Item 244 — Chapitre 15.
Points clés :
Acromégalie → HTA fréquente.
Correction de l'hypersécrétion de GH → amélioration possible de l'HTA.
Acromégalie détaillée dans l'item 244.
Acromégalie : dépistage biologique devant une hypertension artérielle
1. Indication du dépistage
Le dépistage biologique de l'acromégalie n'est pas systématique devant toute HTA.
Il est indiqué dans un contexte clinique évocateur d'acromégalie.
2. Examen de dépistage
- Dosage sanguin de l'IGF-1.
3. Objectif
- Rechercher une hypersécrétion de GH responsable de l'acromégalie.
Points clés :
HTA isolée → pas de dépistage systématique de l'acromégalie.
Suspicion clinique d'acromégalie → dosage de l'IGF-1 (+++).
Syndrome de Cushing : hypertension artérielle associée
1. Association
- Le syndrome de Cushing peut provoquer une HTA.
2. Particularité
- Cette HTA peut survenir quelle que soit l'étiologie du syndrome de Cushing.
3. Référence du collège
- Développement du syndrome de Cushing :
Item 244 — Chapitre 15.
Points clés :
Syndrome de Cushing → cause endocrine d'HTA.
Association indépendante de son étiologie.
Syndrome de Cushing : examens biologiques de dépistage
1. Indication
- Dépistage du syndrome de Cushing devant une suspicion clinique évocatrice.
2. Premier examen possible
Cortisol libre urinaire des 24 heures.
Associé à la mesure de la créatininurie.
3. Deuxième examen possible
Test de freinage minute.
Administration de :
1 mg de dexaméthasone.
4. Troisième examen possible
Cortisol salivaire.
Recueil :
Au coucher.
À partir de 22 heures.
Lorsque le dosage est disponible.
5. Principe
- Le dépistage repose, selon les conditions, sur un seul de ces tests dans la présentation du collège.
Points clés :
Cortisol libre urinaire 24 h + créatininurie.
Freinage minute : 1 mg de dexaméthasone (+++).
Cortisol salivaire au coucher à partir de 22 h.
Choix d'un test selon les conditions.
Autres endocrinopathies associées à une hypertension artérielle
1. Hyperthyroïdie
- Une HTA peut être observée au cours de l'hyperthyroïdie.
2. Hyperparathyroïdie primaire
- Une HTA peut également être observée au cours de l'hyperparathyroïdie primaire.
Points clés :
Hyperthyroïdie → HTA possible.
Hyperparathyroïdie primaire → HTA possible.
Deux causes endocriniennes supplémentaires à connaître (rang A).