Item 224 - Hypertension de l'adulte: causes endocriniennes

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Définition de l'hypertension artérielle chez l'adulte

1. Définition

  • Hypertension artérielle (HTA) :

    • Moyenne de PAS ≥ 140 mmHg.

    • Et/ou moyenne de PAD ≥ 90 mmHg.

  • Valeurs obtenues par des mesures cliniques répétées au cabinet médical.

2. Diagnostic hors cabinet

- Automesure tensionnelle ou MAPA diurne :

  • PAS ≥ 135 mmHg.

  • Et/ou PAD ≥ 85 mmHg.

3. Objectifs du bilan de l'HTA

  • Vérifier la permanence de l'HTA.

  • Identifier :

    • La situation cardiovasculaire : prévention primaire ou secondaire.

    • Le retentissement de l'HTA.

    • Les autres facteurs de risque cardiovasculaire.

    • Les arguments en faveur d'une HTA secondaire.

4. Retentissement cardiovasculaire

- Rechercher notamment :

  • Hypertrophie ventriculaire gauche (HVG).

  • Autres anomalies ECG.

Points clés :

  • HTA au cabinet : ≥ 140/90 mmHg.

  • Automesure ou MAPA diurne : ≥ 135/85 mmHg.

  • Mesures répétées nécessaires.

  • Bilan = confirmation + risque cardiovasculaire + retentissement + recherche d'une cause secondaire.


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Intérêt du diagnostic d'une hypertension artérielle endocrinienne

1. Principe

- Certaines endocrinopathies sont responsables d'une HTA secondaire.

2. Premier intérêt diagnostique

  • Identification d'une affection causale.

  • → Traitement spécifique de l'endocrinopathie.

  • → Possibilité de guérison de l'HTA.

3. Deuxième intérêt diagnostique

- Les endocrinopathies responsables d'HTA peuvent provoquer :

  • D'autres comorbidités.

  • Des complications spécifiques.

4. Conséquence

- → Rechercher et traiter les manifestations associées à l'endocrinopathie.

Points clés :

  • HTA endocrine = HTA secondaire potentiellement curable.

  • Traitement de la cause → guérison possible de l'HTA.

  • Recherche et traitement des comorbidités endocriniennes.


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Épidémiologie des causes endocriniennes d'hypertension artérielle

1. Fréquence globale

- Les causes endocriniennes représentent une minorité des HTA.

2. Hyperaldostéronisme primaire

- Prévalence :

  • Au moins 8 % des patients hypertendus.

3. Phéochromocytomes et paragangliomes

- Prévalence :

  • Moins de 1 % des patients hypertendus.

4. Conséquence sur le dépistage

- Pas de dépistage biologique endocrinien systématique de tous les patients hypertendus.

5. Exception

- Kaliémie à jeun :

  • Seul examen biologique systématiquement recommandé à visée endocrinienne dans ce chapitre.

Points clés :

  • Hyperaldostéronisme primaire ≥ 8 % des HTA.

  • Phéochromocytomes/paragangliomes < 1 %.

  • Pas de bilan hormonal systématique.

  • Kaliémie à jeun systématique (+++).


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Situations indiquant la recherche d'une hypertension artérielle secondaire

1. HTA sévère

- HTA de grade 3 :

  • PAS ≥ 180 mmHg.

  • Ou PAD ≥ 110 mmHg.

2. HTA résistante

- HTA non contrôlée malgré :

  • Les mesures hygiénodiététiques.

  • Au moins 3 médicaments antihypertenseurs à doses optimales.

3. Hypokaliémie

  • Kaliémie ≤ 3,7 mmol/L.

  • → Évoquer un hyperaldostéronisme primaire.

  • Avec éventuelle kaliurèse inappropriée.

  • Y compris après l'arrêt d'un diurétique.

4. Âge jeune

- HTA chez un sujet de moins de 30 ans.

5. Incidentalome surrénalien

- HTA + tumeur surrénalienne découverte fortuitement.

6. Retentissement vasculaire disproportionné

  • Retentissement important malgré une HTA d'intensité relativement modérée.

  • → Évoquer un hyperaldostéronisme primaire.

7. Antécédents familiaux

  • HTA précoce familiale.

  • Complications cardiovasculaires familiales avant 40 ans.

  • Antécédent familial au premier degré d'HTA endocrinienne.

8. Signes cliniques associés

- Symptômes évocateurs d'une endocrinopathie.

Points clés :

  • HTA grade 3 : ≥ 180/110 mmHg.

  • HTA résistante malgré ≥ 3 antihypertenseurs.

  • Kaliémie ≤ 3,7 mmol/L (+++).

  • HTA avant 30 ans.

  • HTA + incidentalome surrénalien.

  • Retentissement vasculaire disproportionné.

  • ATCD familiaux précoces ou signes endocriniens.


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Bilan initial biologique et électrocardiographique de l'hypertension artérielle

1. Objectif

- Réaliser idéalement le bilan initial avant l'introduction d'un antihypertenseur.

2. Kaliémie

  • Potassium sanguin à jeun.

  • Prélèvement si possible sans garrot :

    • → Limiter le risque d'hémolyse.

    • → Éviter de méconnaître une hypokaliémie.

3. Fonction rénale

  • Créatinine à jeun.

  • Estimation du DFG :

    • MDRD.

    • Ou CKD-EPI.

4. Métabolisme glucidique

- Glycémie à jeun.

5. Bilan lipidique

  • Cholestérol total.

  • HDL-cholestérol.

  • Triglycérides.

  • → Calcul du LDL-cholestérol.

6. Analyse urinaire

  • Bandelette urinaire :

    • Recherche d'hématurie.

    • Recherche de protéinurie.

  • Si positive :

    • → Quantification sur 24 heures, selon le tableau du collège.

7. Examen cardiaque

- ECG à 12 dérivations.

Points clés :

  • Kaliémie à jeun sans garrot si possible.

  • Créatinine + DFG.

  • Glycémie à jeun.

  • Bilan lipidique complet.

  • BU : hématurie/protéinurie.

  • ECG 12 dérivations.


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Principales étiologies endocriniennes d'hypertension artérielle

1. Hyperminéralocorticismes primaires

- Hyperaldostéronisme primaire :

  • Maladie bilatérale des surrénales.

  • Adénome de Conn.

2. HTA endocriniennes iatrogènes

  • Contraception œstroprogestative.

  • Corticoïdes.

  • Réglisse et apparentés.

3. Tumeurs sécrétant des catécholamines

  • Phéochromocytomes.

  • Paragangliomes.

4. Syndrome de Cushing

  • ACTH-dépendant.

  • ACTH-indépendant.

5. Autres endocrinopathies

  • Acromégalie.

  • Hyperthyroïdie.

  • Hyperparathyroïdie.

Points clés :

  • Hyperaldostéronisme primaire = cause endocrine fréquente d'HTA.

  • Phéochromocytome/paragangliome.

  • Syndrome de Cushing.

  • Acromégalie, hyperthyroïdie, hyperparathyroïdie.

  • Causes iatrogènes : œstroprogestatifs, corticoïdes, réglisse.


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Hyperaldostéronisme primaire : définition, fréquence et étiologies

1. Définition

- Sécrétion excessive et autonome d'aldostérone par les surrénales.

2. Fréquence

  • Cause la plus fréquente d'HTA endocrinienne.

  • Prévalence :

    • Au moins 8 % des patients hypertendus.

3. Première grande étiologie

- Adénome de Conn :

  • Tumeur bénigne du cortex surrénalien.

  • Maladie unilatérale.

4. Deuxième grande étiologie

- Hyperaldostéronisme primaire bilatéral :

  • Production excessive d'aldostérone par les deux surrénales.

  • Classiquement nommé hyperplasie bilatérale, même si sa physiopathologie est plus complexe.

Points clés :

  • Cause endocrine la plus fréquente d'HTA.

  • Prévalence ≥ 8 %.

  • Adénome de Conn = forme unilatérale.

  • Maladie bilatérale = deux surrénales impliquées.


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Dépistage biologique de l'hyperaldostéronisme primaire

1. Principe du dépistage

- Mesurer simultanément :

  • Aldostérone plasmatique.

  • Rénine plasmatique.

2. Indicateur biologique

- Calcul du rapport aldostérone/rénine.

3. Précautions

- Le système rénine–angiotensine–aldostérone (SRAA) est influencé par :

  • Les apports sodés.

  • La posture.

  • Le tonus sympathique.

  • De nombreux antihypertenseurs.

4. Conséquences

- Risque de :

  • Faux positifs.

  • Et surtout de faux négatifs.

5. Principe de fiabilité

- Effectuer le dépistage dans des conditions standardisées.

Points clés :

  • Aldostérone + rénine mesurées simultanément (+++).

  • Calcul du rapport aldostérone/rénine.

  • SRAA sensible au sodium, à la posture et aux médicaments.

  • Faux positifs et surtout faux négatifs possibles.

  • Standardisation indispensable.


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Conditions préanalytiques du dosage aldostérone/rénine

1. Apports sodés

  • Ne pas réaliser de régime désodé avant le prélèvement.

  • Vérifier une natriurèse > 75 mmol/24 h.

2. Kaliémie

- Éviter une hypokaliémie :

  • Elle peut diminuer la sécrétion d'aldostérone.

  • → Risque de faux négatif.

  • Objectif :

    • Kaliémie > 3 mmol/L.

  • Possibilité de supplémentation orale en potassium avant le prélèvement.

3. Horaire

  • Prélèvement matinal.

  • Pas nécessairement immédiatement au réveil.

4. Position

- Patient idéalement assis depuis au moins 15 minutes.

5. Traitements

- Éviter, dans la mesure du possible, les médicaments modifiant le SRAA.

Points clés :

  • Pas de régime désodé.

  • Natriurèse > 75 mmol/24 h.

  • Kaliémie > 3 mmol/L.

  • Prélèvement le matin.

  • Position assise ≥ 15 minutes.

  • Tenir compte des médicaments interférents.


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Antihypertenseurs interférant avec le dépistage de l'hyperaldostéronisme primaire

1. Bêtabloquants

  • Rénine diminuée.

  • → Risque de faux positif du rapport aldostérone/rénine.

2. IEC et ARA II

- Rénine augmentée.

3. Diurétiques

- Rénine augmentée.

4. Inhibiteurs calciques dihydropyridines

  • Rénine augmentée après diminution de la pression artérielle.

  • Aldostérone diminuée par inhibition d'étapes de synthèse calcium-dépendantes.

5. Antihypertenseurs centraux

  • Rénine diminuée.

  • Aldostérone diminuée.

6. Médicaments préférentiels si traitement indispensable

  • Certains inhibiteurs calciques non dihydropyridines.

  • Vasodilatateurs alphabloquants.

7. Particularité

  • En cas d'HTA sévère, il peut être nécessaire de traiter le patient avant le dépistage hormonal.

  • Un bêtabloquant peut parfois être maintenu si son arrêt représente un risque, en tenant compte des biais biologiques.

Points clés :

  • Bêtabloquants → rénine ↓ → faux positif possible.

  • IEC / ARA II / diurétiques → rénine ↑.

  • Dihydropyridines → rénine ↑, aldostérone ↓.

  • Antihypertenseurs centraux → rénine et aldostérone ↓.

  • Ne pas interrompre un traitement indispensable sans évaluation clinique.


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Signature biologique de l'hyperaldostéronisme primaire

1. Anomalie caractéristique

  • Aldostérone plasmatique élevée.

  • Avec rénine plasmatique basse.

2. Conséquence

- Rapport aldostérone/rénine augmenté.

3. Interprétation

- Rapport augmenté par :

  • Une augmentation de l'aldostérone.

  • Et une diminution de la rénine.

- → Diagnostic d'hyperaldostéronisme primaire très vraisemblable.

4. Confirmation

- Réaliser une deuxième mesure.

5. Limite

- Une augmentation du rapport due uniquement à une rénine très basse, sans élévation adaptée de l'aldostérone, peut être trompeuse.

Points clés :

  • Aldostérone ↑ + rénine ↓ = signature biologique (+++).

  • Rapport aldostérone/rénine ↑.

  • Deuxième mesure pour confirmer.

  • Attention aux faux positifs par rénine très basse.


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Confirmation diagnostique et principales orientations biologiques de l'HTA avec anomalie du système rénine–aldostérone

1. Rapport aldostérone/rénine évocateur

  • Le dépistage peut nécessiter des tests de confirmation spécialisés.

  • Objectif :

    • Démontrer une sécrétion autonome d'aldostérone.

2. Test de charge sodée intraveineuse

  • Administration de sel par voie veineuse.

  • → Expansion volémique.

  • Normalement :

    • Diminution de la sécrétion d'aldostérone.

  • Dans l'hyperaldostéronisme primaire :

    • Absence de freinage de l'aldostérone.

3. Alternative

  • Test au captopril :

    • Inhibition de l'enzyme de conversion de l'angiotensine.

  • Normalement :

    • Diminution de l'aldostérone.

  • Hyperaldostéronisme primaire :

    • Absence de freinage suffisant.

4. Hyperaldostéronisme secondaire

  • Rénine augmentée.

  • Aldostérone augmentée.

  • → Production d'aldostérone secondaire à la stimulation par la rénine.

5. Autres hyperminéralocorticismes

  • Rénine diminuée.

  • Aldostérone diminuée.

  • Exemples :

    • Excès de réglisse.

    • Déficit en glycyrrhizique, selon le mécanisme évoqué dans le collège.

    • Certaines tumeurs surrénaliennes sécrétant d'autres minéralocorticoïdes.

Points clés :

  • Confirmation spécialisée d'une sécrétion autonome d'aldostérone.

  • Charge sodée → absence de freinage dans l'hyperaldostéronisme primaire.

  • Captopril → absence de freinage de l'aldostérone.

  • Hyperaldostéronisme secondaire : rénine ↑ et aldostérone ↑.

  • Autres hyperminéralocorticismes : rénine ↓ et aldostérone ↓.


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Hyperaldostéronisme primaire : distinction entre sécrétion unilatérale et bilatérale

1. Principe

  • Le traitement de l'hyperaldostéronisme primaire (HAP) dépend de son étiologie.

  • Il faut distinguer :

    • Une sécrétion unilatérale d'aldostérone.

    • Une sécrétion bilatérale d'aldostérone.

2. Sécrétion unilatérale

  • Généralement liée à un adénome de Conn.

  • Tumeur bénigne du cortex surrénalien.

  • → Surrénalectomie unilatérale possible.

3. Sécrétion bilatérale

  • Production excessive d'aldostérone par les deux surrénales.

  • → Traitement médical recommandé.

4. Objectif

- Identifier les patients pouvant bénéficier d'une guérison chirurgicale.

Points clés :

  • HAP unilatéral → chirurgie possible.

  • HAP bilatéral → traitement médical.

  • Adénome de Conn = cause unilatérale.

  • La distinction uni-/bilatérale conditionne le traitement (+++).


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Hyperaldostéronisme primaire unilatéral : traitement chirurgical

1. Étiologie principale

- Adénome de Conn :

  • Tumeur bénigne.

  • Localisée à une seule surrénale.

2. Traitement

- Surrénalectomie unilatérale.

3. Résultats de la chirurgie

- Guérison complète de l'HTA et de l'hypokaliémie :

  • Environ 50 % des patients.

- Chez les autres patients :

  • Diminution de l'intensité de l'HTA.

  • Disparition habituelle de l'hypokaliémie.

4. Facteurs associés à un résultat tensionnel moins favorable

  • Âge avancé.

  • Ancienneté de l'HTA.

  • Insuffisance rénale.

5. Alternative

- Traitement médical parfois discuté plutôt que la chirurgie.

Points clés :

  • HAP unilatéral → surrénalectomie.

  • Guérison HTA + hypokaliémie ≈ 50 %.

  • Sinon : HTA améliorée et hypokaliémie corrigée.

  • Âge, ancienneté de l'HTA et insuffisance rénale → résultats moins favorables.


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Hyperaldostéronisme primaire bilatéral : traitement médical

1. Indication

  • Production bilatérale d'aldostérone.

  • → Traitement médical recommandé.

2. Première intention

  • Spironolactone.

  • Diurétique épargneur de potassium.

  • Antagoniste du récepteur minéralocorticoïde.

3. Mécanisme d'action

  • Se fixe sur le récepteur minéralocorticoïde.

  • → Empêche l'aldostérone d'activer son récepteur.

4. Effets indésirables

- La spironolactone agit aussi sur les récepteurs :

  • Des androgènes.

  • De la progestérone.

- Conséquences possibles :

  • Gynécomastie.

  • Hypogonadisme masculin.

  • Troubles menstruels chez la femme.

5. Deuxième intention

  • Éplérénone en cas d'effets indésirables.

  • Antagoniste minéralocorticoïde plus sélectif.

  • → Moins d'effets indésirables liés aux récepteurs sexuels.

Points clés :

  • HAP bilatéral → traitement médical (+++).

  • Spironolactone = première intention.

  • Antagonisme du récepteur minéralocorticoïde.

  • Gynécomastie, hypogonadisme, troubles menstruels.

  • Éplérénone = deuxième intention si effets indésirables.


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Hyperaldostéronisme primaire : examens de localisation

1. Objectif

- Distinguer une maladie unilatérale d'une maladie bilatérale.

2. Scanner surrénalien

  • Examen le plus simple à réaliser.

  • Recherche :

    • Un nodule surrénalien.

    • Une anomalie morphologique des surrénales.

3. Limites du scanner

  • Les adénomes de Conn sont souvent petits.

  • → Scanner normal n'éliminant pas un adénome de Conn.

- Après 50 ans :

  • Nodules surrénaliens aspécifiques fréquents.

  • → Risque d'interprétation trompeuse.

4. Cathétérisme des veines surrénaliennes

  • Mesure de l'aldostérone dans les effluents veineux surrénaliens.

  • Comparaison :

    • Droite.

    • Gauche.

- → Recherche d'une sécrétion latéralisée.

5. Place du cathétérisme

  • Examen invasif et très spécialisé.

  • Utile notamment lorsque :

    • Le scanner est douteux.

    • Une chirurgie serait envisagée si la maladie est unilatérale.

6. Particularité du sujet jeune

- Chez un patient de moins de 40 ans :

  • HAP confirmé.

  • Nodule strictement unilatéral.

- → Possibilité de ne pas réaliser de cathétérisme, selon le collège.

Points clés :

  • Scanner + cathétérisme des veines surrénaliennes.

  • Scanner normal ≠ absence d'adénome de Conn.

  • Nodule après 50 ans ≠ nécessairement cause de l'HAP.

  • Cathétérisme = recherche de latéralisation (+++).

  • < 40 ans avec nodule strictement unilatéral : cathétérisme parfois évitable.


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Phéochromocytome et paragangliome : définitions et effets cardiovasculaires

1. Phéochromocytome

  • Tumeur dérivant de la médullosurrénale.

  • Synthétise des catécholamines :

    • Adrénaline.

    • Noradrénaline.

- Ainsi que leurs métabolites :

  • Métanéphrines.

2. Paragangliome

  • Tumeur dérivant des ganglions sympathiques.

  • Localisations possibles :

    • Du pelvis à la base du crâne.

- Sécrétion de catécholamines et HTA moins fréquentes que dans le phéochromocytome.

3. Effets vasculaires des catécholamines

  • Stimulation des récepteurs α-adrénergiques.

  • → Vasoconstriction.

  • → Augmentation de la pression artérielle.

4. Effets cardiaques

  • Stimulation des récepteurs β-adrénergiques.

  • → Tachycardie.

5. Autre mécanisme

- Stimulation du système rénine–angiotensine.

Points clés :

  • Phéochromocytome = tumeur de la médullosurrénale.

  • Paragangliome = tumeur des ganglions sympathiques.

  • Adrénaline + noradrénaline.

  • Récepteurs α → vasoconstriction et HTA.

  • Récepteurs β → tachycardie.


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Phéochromocytome : triade de Ménard et présentation clinique

1. Manifestation principale

  • HTA.

  • Caractérisée par une grande variabilité.

2. Triade de Ménard

- Céphalées :

  • Souvent pulsatiles.

- Sueurs.

- Palpitations :

  • Liées à une tachycardie.

3. Valeur diagnostique

- Triade de Ménard :

  • Forte spécificité.

  • Faible sensibilité.

- Présente chez environ 1/3 des patients.

4. Présentation tensionnelle évocatrice

  • HTA sévère.

  • HTA intermittente.

  • Alternance :

    • Hypertension.

    • Hypotension.

5. Autres présentations

  • HTA d'intensité modérée.

  • Voire minime.

6. Découverte fortuite

  • Incidentalome surrénalien.

  • Y compris chez un patient initialement considéré comme ayant une HTA essentielle.

Points clés :

  • Triade de Ménard = céphalées + sueurs + palpitations (+++).

  • Spécificité forte, sensibilité faible.

  • Seulement 1/3 des patients présentent la triade.

  • HTA fluctuante, intermittente, parfois sévère.

  • HTA banale ou incidentalome possibles.


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Phéochromocytome : diagnostic biologique par les métanéphrines

1. Examen diagnostique

- Dosage des métanéphrines, également appelées métoxyamines.

2. Prélèvements possibles

  • Plasma.

  • Ou urines de 24 heures.

3. Intérêt des métanéphrines

  • Produites de façon permanente par les phéochromocytomes.

  • Demi-vie longue.

4. Limites du dosage des catécholamines

  • L'adrénaline et la noradrénaline sont libérées de manière intermittente.

  • Leur concentration augmente également lors d'un stress.

- → Valeur diagnostique inférieure à celle des métanéphrines.

5. Conséquence

- Une concentration plasmatique normale de catécholamines n'exclut pas une sécrétion intermittente.

Points clés :

  • Diagnostic = métanéphrines plasmatiques ou urinaires sur 24 h (+++).

  • Métanéphrines produites en permanence.

  • Demi-vie longue.

  • Catécholamines intermittentes et influencées par le stress.

  • Préférer les métanéphrines aux catécholamines.


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Métanéphrines : causes de faux positifs et précautions d'interprétation

1. Stress aigu majeur

  • Augmentation possible des métanéphrines.

  • Exemple :

    • Phase aiguë d'un infarctus du myocarde.

2. Insuffisance rénale

- Peut entraîner une élévation des métanéphrines.

3. HTA essentielle

- Des valeurs modérément élevées peuvent également être observées.

4. Conséquence

- Une élévation des métanéphrines doit être interprétée selon le contexte clinique.

Points clés :

  • Infarctus aigu → faux positif possible.

  • Insuffisance rénale → faux positif possible.

  • HTA essentielle → élévation modérée possible.

  • Interprétation contextualisée indispensable.


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Phéochromocytome : imagerie de localisation

1. Objectifs

- Préciser :

  • Le nombre de tumeurs.

  • Leur localisation.

  • Leurs rapports anatomiques.

  • La présence éventuelle de métastases.

2. Imagerie morphologique

  • Scanner.

  • IRM.

3. Particularités du phéochromocytome de l'adulte

- Tumeur généralement :

  • Unique.

  • De grande taille.

  • Facile à localiser.

4. Tumeurs multiples, paragangliomes ou formes avec métastases

  • TDM thoraco-abdomino-pelvienne.

  • Possibilité d'une imagerie fonctionnelle.

Points clés :

  • Scanner ou IRM = localisation du phéochromocytome.

  • Préciser nombre, siège, rapports et métastases.

  • Tumeur souvent unique et volumineuse chez l'adulte.

  • Formes multiples ou métastatiques → bilan d'extension.


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Phéochromocytome : examens d'imagerie fonctionnelle

1. Scintigraphie MIBG

  • Méta-iodobenzylguanidine (MIBG).

  • Examen historiquement utilisé.

  • De moins en moins employé selon le collège.

2. TEP-FDG

  • Tomographie par émission de positons au fluorodésoxyglucose.

  • Une positivité :

    • N'est pas synonyme de malignité dans les phéochromocytomes.

3. Autres examens

  • TEP à la F-DOPA.

  • TEP-DOTATOC.

  • TEP-DOTANOC :

    • Visualisation des récepteurs de la somatostatine.

4. Choix en cas de statut mutationnel inconnu

  • TEP à la F-DOPA.

  • Ou TEP-DOTATOC en cas de paragangliome abdominal.

Points clés :

  • MIBG = examen historique.

  • TEP-FDG positive ≠ malignité systématique.

  • TEP F-DOPA / DOTATOC / DOTANOC.

  • DOTATOC et DOTANOC → récepteurs de la somatostatine.

  • Statut mutationnel inconnu : F-DOPA ou DOTATOC selon la situation.


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Phéochromocytome : fréquence et indications de l'enquête génétique

1. Fréquence des formes génétiques

- Environ 40 % des phéochromocytomes sont associés à une anomalie génétique germinale.

2. Transmission

- Anomalie susceptible d'être transmise au sein des familles.

3. Formes syndromiques

- Association possible à :

  • Neurofibromatose de type 1.

  • Maladie de von Hippel-Lindau.

  • Néoplasies endocriniennes multiples.

4. Formes apparemment sporadiques

- Une anomalie génétique est retrouvée chez au moins :

  • 20 % des patients.

5. Recommandation

- Enquête génétique systématique devant :

  • Un phéochromocytome.

  • Un paragangliome.

- Même en l'absence d'antécédent familial.

Points clés :

  • 40 % de formes avec anomalie génétique germinale.

  • ≥ 20 % des formes apparemment sporadiques sont génétiques.

  • NF1, von Hippel-Lindau, NEM.

  • Enquête génétique systématique (+++).


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Phéochromocytome : mutations du gène RET et néoplasie endocrinienne multiple de type 2

1. Gène concerné

- RET.

2. Conséquence

- Mutation associée aux néoplasies endocriniennes multiples de type 2 (NEM2).

3. Autres manifestations endocriniennes associées

  • Carcinome médullaire de la thyroïde.

  • Hyperparathyroïdie primaire.

Points clés :

  • RET → NEM2.

  • Phéochromocytome + carcinome médullaire thyroïdien.

  • Hyperparathyroïdie primaire possible.


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Phéochromocytome : traitement chirurgical et préparation préopératoire

1. Traitement de référence

- Exérèse chirurgicale du phéochromocytome.

2. Préparation avant l'intervention

- Bilan préopératoire du retentissement vasculaire.

3. Objectif tensionnel

- Essayer de normaliser la pression artérielle avant la chirurgie.

4. Traitement antihypertenseur préopératoire

  • Alphabloquants.

  • Seuls ou associés à :

    • D'autres antihypertenseurs.

Points clés :

  • Phéochromocytome → chirurgie (+++).

  • Bilan cardiovasculaire préopératoire.

  • Préparation tensionnelle indispensable.

  • Alphabloquants avant l'intervention.


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Phéochromocytome : surveillance après chirurgie

1. Nécessité d'une surveillance prolongée

- Même en cas de rémission complète après chirurgie.

2. Durée minimale

- Au moins 10 ans.

3. Modalités

  • Surveillance clinique.

  • Dosage des métanéphrines.

Points clés :

  • Suivi après chirurgie ≥ 10 ans (+++).

  • Même après rémission complète.

  • Clinique + métanéphrines.


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Acromégalie : hypertension artérielle associée

1. Fréquence

- L'HTA est fréquente au cours de l'acromégalie.

2. Mécanisme associé

- Hypersécrétion d'hormone de croissance (GH).

3. Évolution

- La correction de l'hypersécrétion de GH peut améliorer l'HTA.

4. Référence du collège

- Développement de l'acromégalie :

  • Item 244 — Chapitre 15.

Points clés :

  • Acromégalie → HTA fréquente.

  • Correction de l'hypersécrétion de GH → amélioration possible de l'HTA.

  • Acromégalie détaillée dans l'item 244.


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Acromégalie : dépistage biologique devant une hypertension artérielle

1. Indication du dépistage

  • Le dépistage biologique de l'acromégalie n'est pas systématique devant toute HTA.

  • Il est indiqué dans un contexte clinique évocateur d'acromégalie.

2. Examen de dépistage

- Dosage sanguin de l'IGF-1.

3. Objectif

- Rechercher une hypersécrétion de GH responsable de l'acromégalie.

Points clés :

  • HTA isolée → pas de dépistage systématique de l'acromégalie.

  • Suspicion clinique d'acromégalie → dosage de l'IGF-1 (+++).


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Syndrome de Cushing : hypertension artérielle associée

1. Association

- Le syndrome de Cushing peut provoquer une HTA.

2. Particularité

- Cette HTA peut survenir quelle que soit l'étiologie du syndrome de Cushing.

3. Référence du collège

- Développement du syndrome de Cushing :

  • Item 244 — Chapitre 15.

Points clés :

  • Syndrome de Cushing → cause endocrine d'HTA.

  • Association indépendante de son étiologie.


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Syndrome de Cushing : examens biologiques de dépistage

1. Indication

- Dépistage du syndrome de Cushing devant une suspicion clinique évocatrice.

2. Premier examen possible

  • Cortisol libre urinaire des 24 heures.

  • Associé à la mesure de la créatininurie.

3. Deuxième examen possible

  • Test de freinage minute.

  • Administration de :

    • 1 mg de dexaméthasone.

4. Troisième examen possible

  • Cortisol salivaire.

  • Recueil :

    • Au coucher.

    • À partir de 22 heures.

  • Lorsque le dosage est disponible.

5. Principe

- Le dépistage repose, selon les conditions, sur un seul de ces tests dans la présentation du collège.

Points clés :

  • Cortisol libre urinaire 24 h + créatininurie.

  • Freinage minute : 1 mg de dexaméthasone (+++).

  • Cortisol salivaire au coucher à partir de 22 h.

  • Choix d'un test selon les conditions.


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Autres endocrinopathies associées à une hypertension artérielle

1. Hyperthyroïdie

- Une HTA peut être observée au cours de l'hyperthyroïdie.

2. Hyperparathyroïdie primaire

- Une HTA peut également être observée au cours de l'hyperparathyroïdie primaire.

Points clés :

  • Hyperthyroïdie → HTA possible.

  • Hyperparathyroïdie primaire → HTA possible.

  • Deux causes endocriniennes supplémentaires à connaître (rang A).