1/6
Looks like no tags are added yet.
Comment peut-on condamner un criminel si le libre arbre n’existe pas? Au nom de quoi?
Spinoza : Même si c’est pas sa faute, on le condamne quand même car il est dangereux pour la société (donc on le condamne pour protéger la société)
Ex 1 : Un chien qui a la rage → ce n’est pas sa faute mais on va quand même le tuer ou l’enfermer
Ex 2 : Chien enragé, film de Kurosawa → histoire d’un criminel
La solution de Kant
Critique de la raison pure - ouvrage de Kant, 1781
Il est vrai que la science ne peut pas démontrer le libre-arbitre (parce que la science recherche toujours les causes alors que le libre arbitre, c’est agir sans cause)mais elle ne peut pas non plus démontrer le contraire (c’est à dire qu’il n’existe pas) → on peut donc y croire
Ex : Dieu → la science ne prouve pas que Dieu existe mais elle ne prouve pas non plus qu’il n’existe pas. Donc on peut toujours y croire.
Kant dit “J’ai du limiter la connaissance pour faire place à la croyance”
On doit y croire que le libre arbitre existe, c’est une nécessité, sinon il n’y a plus de morale, plus de droit (loi de l’État), plus de société
La critique de la raison pure → une porte sur les limites de la connaissance : Que peut savoir l’Homme?
La physique devient mathématique au XVIIe siècle, c’est le siècle de la révolution scientifique (Galilée, Newton, Descartes, Pascal).
Les scientifiques renoncent à chercher le but/la finalité d’un phénomène mais uniquement la cause
Ex : Pour quelle raison le vent souffle?
Pour empêcher Ulysse de rentrer chez lui. Ou pour arroser les plantes ( c’est le but : avant le XVIIe siècle)
Parce qu'il y a une différence de pression (c’est la cause : après le XVIIe siècle)
1er loi de physique moderne → loi de chute des corps - 1603, Galilée
Réponse de Jean-Paul Sartre
Les objets (les choses, les plantes, les animaux, les éléments) sont entièrement déterminés par leur passé. Par contre, nous ne sommes pas des objets, nous avons une conscience qui nous permet de nous projeter dans le futur.
Donc, nous sommes totalement libres à l’égard de notre passé. Nous agissons en fonction de ce que nous voulons et choisissons d'être → la temporalité de la conscience
L’existentialisme est un humanisme
Sartre appartient au courant existentialiste. L’existentialisme est un humanisme - Livre de Sartre, 1946
L’essence : c’est ce qu’est essentiellement une chose (c’est une idée, un concept, une définition).
Le mot “table” par exemple est un concept. Le langage humain aussi est conceptuel. D’ailleurs le concept transcende le temps (la table d’aujourd’hui c’est la table pendant l’empire romain)
Pour les choses, “l’essence précède l’existence”. Les choses ne font que réaliser leur essence (ce qu’est prévu par leur essence). Par exemple, tous les chats répondent au concept du chat (4 pattes, miaule…).
Mais pour l'être humain, c’est l’inverse : “l'existence précède l’essence” : d’abord on existe (on vit), ensuite on se définit.
Parfois on se demande qui suis-je? Quelle est ma nature essentielle? Pour Sartre, on ne peut pas répondre à cette question parce que nous sommes “rien”. À la naissance, nous n'avons pas de définition (nous sommes néant). C’est par mes actes que je vais me définir, c'est-à-dire par mon existence ≠ objets → on les définit puis on les crée.
On va montrer qui on est par nos actes → c’est ça l'existentialisme. Nos actes ne sont pas déterminés par nos passés parce que nous agissons par rapport au futur.
Est ce qu’on peut choisir ce qu’on peut être dans le futur, n’est-il pas déterminé?
Dans le cadre de notre époque, c’est nous qui choisissons. Il y a des conditions : on ne peut pas choisir d'être mortel, notre époque, d'être naît dans notre famille. Mais, on choisit ce qu’on veut faire dans ces conditions.
Ex de Sartre : L’élève qui veut entrer dans la résistance et rester avec sa mère qui est seule : rien ne peut l’aider à choisir. Il décide ce qu’il veut.
Ex : dilemme amoureux sans échappatoire → fuir avec son âme-soeur qui est chassé par la police ou rester
Si on s’enfuit avec, on est une personne passionnée, prête à tout sacrifier pour l’amour
Si on reste, on montre qu’on est pas prêt à sacrifier ses parents, son travail
L’erreur pour Sartre c’est de croire que “l’essence” de la personne va déterminer son acte
Ex : c’est une personne passionnée, donc elle s’enfuit avec son ame-soeur.
Imaginons la personne choisit de ne pas s’enfuir et suivre sa passion et 10 ans plus tard revoit son âme sœur. S’il dit “c’est pas ma faute”, pour Sartre c’est la mauvaise foi = hypocrisie: la personne se cache derrière des excuses/déterminismes alors qu’elle a choisi de ne pas partir.
Contrairement à Nietzsche et Spinoza, Sartre croit à la liberté absolue
Dans L’Etre et le Néant Sartre explique que c’est moi qui décide de l’importance de mon passé par l’action de la signification : c’est en réfléchissant, en se “délibérant” et non en pesant le pour et le contre. Ce n’est pas en analysant nos souvenirs qu’on va comprendre ce qui est important dans notre passé → il s’oppose à Descartes qui dit que c’est en rentrant en moi-même que je découvre la vérité. Pour Sartre, je trouve la vérité par l’action. L’action va décider de l’importance du passé
Conclusion
On a vu que l'être humain, contrairement à l'animal, possède une libre-arbitre, il est responsable de ses actes à priori. Il ne suffit pas d'être conscient pour être libre. Il faut de plus la raison et le libre-arbitre (la volonté).
Cependant, on a vu que la notion du libre-arbitre est bien mystérieuse, dans la réalité tout semble déterminé, il est difficile de croire que l’Homme serait une exception, le libre-arbitre est une notion métaphysique (religieuse d’origine).
Mais alors comment assurer la responsabilité de nos actes. Nous ne sommes responsables de rien? On a vu des réponses de plusieurs auteurs. Il ne faut pas oublier que nous sommes des post-modernes (nous venons après la modernité). Nous avons du mal à accepter les notions métaphysiques.