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Flashcards de révision basées sur le cours magistral de Dr Menif Hèla portant sur les groupes sanguins érythrocytaires (ABO, Rhésus, Kell, Duffy, Kidd, etc.), leucocytaires (HLA, granulocytaires), plaquettaires (HPA) et sériques, ainsi que leurs applications transfusionnelles et obstétricales.
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Dans le cas clinique présenté, quels signes cliniques et biologiques indiquent une hémolyse aiguë intravasculaire par incompatibilité ABO ?
Un malaise brutal avec oppression thoracique, des douleurs lombaires « en coups de barre » dès les premières cc, des frissons, une chute de la tension artérielle de 3 points, une tachycardie et l'émission d'urines « rouges laquées » après transfusion d'une poche A+ à un patient O+.
Quelles sont les dates clés de l'historique de la transfusion sanguine selon le cours ?
1670 (transfusion animal-humain à forte mortalité), 1818 (premières transfusions interhumaines bras à bras), 1902 (découverte du système ABO par Karl Landsteiner, prix Nobel en 1930), 1914 (premières transfusions réussies pendant la 1ère guerre mondiale) et 1940 (découverte du facteur Rhésus).
Quelle est la triple définition d'un groupe sanguin ?
Une définition génétique (systèmes de groupes induits par des gènes), immunologique (antigènes membranaires détectés spécifiquement par des anticorps) et biochimique (nature des structures membranaires glucidiques ou protéiques).
Qu'est-ce qu'un système de groupe sanguin érythrocytaire ?
Un ensemble d'allo-antigènes situés sur la membrane du globule rouge, génétiquement induits (produits directs de gènes ou indirects par des enzymes), génétiquement indépendants les uns des autres lors de la transmission et capables d'induire une allo-immunisation.
Quelles sont les caractéristiques principales des anticorps naturels ?
Ils semblent préexister à toute stimulation antigénique décelable, sont habituellement de classe IgM et sont capables d'activer le complément, provoquant ainsi une hémolyse aiguë intravasculaire.
Quelle est la différence entre un anticorps naturel régulier et un anticorps naturel irrégulier ?
L'anticorps naturel régulier est constamment présent chez les personnes dépourvues de l'antigène correspondant (ex. : Anti-A et Anti-B), tandis que l'anticorps naturel irrégulier est inconstant dans la population (ex. : Anti-Lewis).
Quelles sont les caractéristiques des anticorps immuns ?
Ils apparaissent à la suite d'une stimulation antigénique (transfusion, greffe/transplantation ou grossesse), sont toujours irréguliers et sont le plus souvent de classe IgG.
Quels sont les antigènes de groupes sanguins érythrocytaires les plus immunogènes ?
Les plus immunogènes sont A, B et RH1 (D), suivis selon l'ordre décroissant d'immunogénicité par : D>K>c>e>E>Fya>Jka>S>s.
Quelles sont les propriétés immunologiques des anticorps naturels réguliers anti-A et anti-B du système ABO ?
Ce sont des IgM, agglutinants en milieu salin, actifs principalement à froid (4∘C et 22∘C), incapables de traverser la barrière fœto-placentaire et apparaissant au cours des 6 premiers mois de vie.
Quelles sont les fréquences phénotypiques respectives des groupes ABO en Tunisie comparées à la France ?
En Tunisie : O = 46%, A = 32%, B = 17%, AB = 5%. En France : A = 45%, O = 43%, B = 9%, AB = 2%.
En quoi consistent les deux épreuves obligatoires pour la détermination du groupe ABO ?
L'épreuve globulaire (Beth-Vincent) détermine les antigènes érythrocytaires à l'aide de sérums tests (anti-A, anti-B, anti-AB). L'épreuve sérique (Simonin) détermine les anticorps naturels sériques à l'aide d'hématies tests (A et B). La concordance stricte entre les deux épreuves est impérative.
Quelle est la distribution tissulaire des antigènes A, B et H ?
Ils sont présents sur les cellules sanguines (hématies, plaquettes, leucocytes), l'endothélium vasculaire et les humeurs. Ils sont en revanche totalement absents de la cornée, des os et des cellules nerveuses.
Quelle est la base génétique et biochimique de la synthèse des antigènes ABO ?
Les gènes codent pour des glycosyltransférases qui fixent un sucre immunodominant sur le précurseur H : le gène A code la N-acétylgalactosamyl-transférase (N-aceˊtylgalactosamine), le gène B code la Galactosyl-transférase (galactose). Le gène ABO est sur le chromosome 9 et le gène Hh sur le chromosome 19.
Qu'est-ce que le phénotype Bombay (hh) sur le plan sérologique et génétique ?
C'est l'absence de l'allèle H fonctionnel (h/h), empêchant la synthèse de la substance H. Les hématies ne portent ni Ag A, ni B, ni H, et le sérum contient des anticorps naturels réguliers hémolysants anti-A, anti-B et anti-H. Ces individus peuvent transmettre leurs gènes A ou B silencieux à leur descendance.
Qu'est-ce qu'un « donneur universel dangereux » dans le système ABO ?
Il s'agit d'un sujet de groupe O dont le sérum contient des anticorps immuns anti-A et/ou anti-B (hémolysines de classe IgG actives à 37∘C), capables d'induire une hémolyse chez un receveur non-O. Leur sang ne doit être transfusé qu'à des receveurs isogroupes O.
Quelles sont les différences quantitatives et qualitatives entre les sous-groupes A1 et A2 ?
Le sous-groupe A1 (80% des sujets A) possède 1 à 2 millions de sites antigéniques fortement ramifiés. Le sous-groupe A2 (20%) ne possède que 500 000 sites avec persistance de l'Ag H. Un anticorps naturel irrégulier anti-A1 peut apparaître chez 2% des sujets A2 et 20% des sujets A2B.
Quelles sont les particularités génétiques et sérologiques du système Lewis ?
Situé sur le chromosome 19, le gène Le permet la synthèse d'antigènes solubles secondairement adsorbés sur la membrane du globule rouge. Il n'existe pas de gène ou enzyme propre à Leb (résultat de la coopération des gènes Le et Se). Les anticorps sont souvent naturels réguliers et sans impact sur la MHNN.
Quelle est l'évolution des antigènes I et i de la naissance à l'âge adulte ?
L'antigène i est exprimé à la naissance et se transforme progressivement en antigène I chez l'adulte. Leurs anticorps sont des agglutinines froides pouvant être responsables d'anémies hémolytiques auto-immunes (AHAI).
Comment s'organise le système MNSs et quelle est la différence clinique entre M/N et S/s ?
Porté par le chromosome 4, il comprend deux couples d'antigènes antithétiques : M/N (peu immunogènes, avec des anticorps froids naturels irréguliers actifs à 4∘C) et S/s (immunogènes, actifs à 22∘C ou 37∘C, ayant un intérêt transfusionnel et obstétrical).
Comment le facteur Rhésus a-t-il été découvert en 1939 et 1940 ?
En 1939 par Levine chez une femme ayant accouché d'un enfant atteint de MHNN (allo-immunisation fœto-maternelle), puis en 1940 par Landsteiner par injection d'hématies de singe Maccacus Rhésus au cobaye/lapin, obtenant un hétéro-anticorps agglutinant 85% des sujets de race blanche (définis comme Rhésus positif).
Quels sont les 5 principaux antigènes du système Rhésus et comment sont-ils transmis ?
Les antigènes D (RH1), C (RH2), E (RH3), c (RH4) et e (RH5). Ils sont codés sur le chromosome 1 par 3 couples d'allèles (D/d, C/c, E/e) transmis en bloc sous forme d'haplotype lors de la méiose (ex. les plus fréquents : DCe, dce, DcE).
Que signifie la notion d'antigènes antithétiques pour les couples C/c et E/e du système Rhésus ?
Toute hématie C- est obligatoirement c+ (et inversement), et toute hématie E- est obligatoirement e+ (et inversement). Il n'y a jamais de réaction négative simultanée avec les deux antisérums d'un même couple antithétique.
Qu'est-ce que la variante Rh D faible (Du) et quelle est sa conduite clinique ?
C'est un déficit quantitatif en antigène D (diminution du nombre de sites). En pratique : un donneur Du est considéré comme RhD positif (risque d'allo-immuniser un receveur Rh-). Une mère Du négative accouchant d'un enfant RhD+ ou Du+ doit recevoir des immunoglobulines anti-D.
Qu'est-ce qu'un antigène Rh D partiel et quel est le risque transfusionnel encouru ?
C'est un déficit qualitatif où l'Ag D est amputé de certains épitopes de sa mosaïque. Chez un receveur D partiel (apparemment D+), une transfusion de sang D+ complet peut entraîner une allo-immunisation anti-D paradoxale contre les fragments manquants. Il doit donc être transfusé en sang RhD négatif.
Quelle est la conséquence clinique du phénotype Rh nul (délétion totale ---/---) ?
Le phénotype Rh nul entraîne une anémie hémolytique chronique compensée par anomalie de la membrane érythrocytaire, démontrant le rôle structural fondamental des protéines Rhésus dans l'intégrité de la membrane.
Quelles sont les caractéristiques immunologiques des allo-anticorps du système Rhésus ?
Ce sont des anticorps immuns de classe IgG, actifs à 37∘C, ne fixant pas le complément, mis en évidence par la recherche d'agglutinines irrégulières (RAI) par technique enzymatique ou test de Coombs indirect.
Quelles sont les caractéristiques du système Kell (KEL) ?
Situé sur le chromosome 7, il comprend deux allèles codant pour K (KEL1) et k (Cellano ou KEL2). L'antigène K est le plus immunogène après l'antigène D. Ses anticorps immuns sont responsables d'accidents transfusionnels hémolytiques et de MHNN sévères.
Quelle est la particularité du système Duffy en lien avec le paludisme ?
Porté par le chromosome 1 (Fya et Fyb), le phénotype double négatif Fy(a−b−) est présent chez 70% des sujets de race noire et exceptionnel chez les caucasiens. Il confère une résistance naturelle à l'invasion par Plasmodium vivax, dont l'antigène Duffy est le récepteur.
Quelle est la particularité clinique de l'anticorps anti-Jka du système Kidd ?
L'anticorps anti-Jka (chromosome 18) est particulièrement dangereux car il est fortement hémolysant, capable d'activer le complément, mais son titre sérique décroît vite, ce qui rend sa détection pré-transfusionnelle difficile lors de la RAI.
Quelle est la règle fondamentale de compatibilité pour la transfusion de concentrés de globules rouges (CGR) en ABO ?
Ne jamais transfuser de globules rouges dont les antigènes correspondent aux anticorps naturels réguliers présents chez le receveur (règle : respecter l'anticorps du receveur). Le donneur universel de CGR est le groupe O et le receveur universel est le groupe AB.
Quelles sont les règles de compatibilité ABO pour les produits plasmatiques (Plasma Frais Congelé, Cryoprécipité) ?
Elles sont strictement inverses de celles des globules rouges : le groupe AB est le donneur universel de plasma (absence d'anticorps anti-A et anti-B) et le groupe O est le receveur universel.
Quelles sont les conditions médico-légales rigoureuses pour valider une carte de groupage sanguin définitive ?
Deux prélèvements sanguins différents, analysés par deux techniciens distincts, comprenant chacun l'épreuve de Beth-Vincent et de Simonin, deux lots de sérums tests différents, la détermination du Rh standard (D) avec recherche de D faible si D(-), et une double saisie des résultats.
Pourquoi le groupage ABO n'est-il validé définitivement chez le nouveau-né qu'entre 6 mois et 1 an ?
En raison de l'immaturité immunologique : les antigènes A, B et H sont faiblement exprimés à la naissance et les anticorps naturels réguliers sont absents (l'épreuve de Simonin est sans valeur chez le nouveau-né) et n'apparaissent qu'entre 6 mois et 1 an.
Quelles sont les différences entre la MHNN par incompatibilité ABO et par incompatibilité Rhésus D ?
L'incompatibilité ABO survient dès la 1ère grossesse chez une mère O (hémolysines IgG anti-A/B) ; elle est fréquente et bénigne. L'incompatibilité Rh D survient classiquement à partir de la 2ème grossesse chez une mère Rh- portant un fœtus Rh+ ; elle est beaucoup plus grave et prévenue par l'injection d'immunoglobulines anti-D.
Quelles sont les pathologies immuno-hématologiques associées aux antigènes plaquettaires HPA ?
La thrombopénie néonatale allo-immune (TPNAI) par incompatibilité fœto-maternelle et le purpura post-transfusionnel. L'anticorps le plus fréquemment incriminé est l'anti-HPA-1a.
Quelles sont les différences d'expression cellulaire entre les molécules HLA de classe I et de classe II ?
Les molécules HLA de classe I (HLA-A, B, C) ont une expression ubiquitaire (très forte sur lymphocytes, plaquettes, macrophages ; nulle sur hématies, os, cartilage et SNC). Les molécules de classe II (DR, DQ, DP) sont restreintes aux cellules présentatrices d'antigènes (lymphocytes B, cellules dendritiques, monocytes/macrophages).
Quelle est la conséquence transfusionnelle principale de l'immunisation anti-HLA chez les polytransfusés ?
L'apparition d'un état réfractaire aux transfusions de plaquettes (inefficacité transfusionnelle plaquettaire avec mauvais rendement) souvent accompagné de réactions fébriles non hémolytiques (frissons-fièvre).
Quels sont les principaux systèmes de groupes de protéines sériques et leur utilité ?
Le système Gm (porté par les IgG1, IgG2, IgG3) et le système Km (porté par les chaînes légères kappa). Ils n'ont pas d'incidence clinique transfusionnelle mais représentent des marqueurs génétiques pour l'étude des populations et les expertises médico-légales.