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15 novembre 2017- « il y’a une seule langue française, une seule grammaire, une seule République »
Sens objectif : norme avec une minuscule
Correspond à l’usage général de la langue , ce qui semble correct du point de vue des utilisateurs/locuteurs. Elle est acquise inconsciemment , en écoutant et en reproduisant ce que les autres disent.
Sens prescriptif : Norme avec une majuscule
Correspond à l’usage valorisé d’une forme de langue , considérée comme meilleure qu’une autre.Elle est subjective et imposée par les institutions ( écoles , académies) qui choisissent quel usage de la langue est valorisé et considéré comme préférable ( = normatif)
Institutions ayant participé à la construction de la Norme linguistique
Les grammairiens de la renaissance puis ceux de l’académie ( cf.Vaugelade)
L’élite parisienne
L’instruction publique
L’élite parisienne
Ceux qui ont la parole publique , comme les dirigeants , les journalistes…
L’instruction publique
Écoles et professeurs qui transmettent leurs connaissances de la Norme , instruction obligatoire depuis les lois Jules Ferry des années 1880
Définition de « faute »
La faute peut être définie comme toute production linguistique qui ne se conforme pas à la langue , tous les objets linguistiques qui sont stigmatisés et rejetés par les connaisseurs de la Norme. (NB: la notion de faute n’existe pas pour le linguiste, il n’y a que des variations)
William Labov
(1927-2024) linguiste américain , père fondateur de la sociolinguistique moderne, le domaine qui étudie les variations langagières qui dépendent des rapports sociaux.Toutes ses théories sont développées en opposition à Noam Chomsky qui a une conception idéaliste de la langue, en ayant, lui, une conception matérialiste.
Conception idéaliste
Approche Saussurienne/Chomskyenne
Intérêt pour la compétence , potentiel individuel non encore activé ( ce que les gens peuvent hypothétiquement dire , capacité en puissance ) : Langue = phénomène abstrait , virtuel.
Conception matérialiste
Approche Labovienne
Intérêt pour la performance , actualisation de la compétence ( en acte et non en puissance) linguistique en situation de communication ( = ce que les gens disent effectivement) : Langue = phénomène concret qui existe dans un contexte social de communication et dans une communauté de paroles ( speech community).
Œuvres majeures de William Labov et dates
Sociolanguistic patterns ( 1963)
The social stratification of English in NYC ( 1966)
Language in the inner city ( 1972)
Sociolinguistic patterns
Cette étude est l’acte de naissance de la sociolinguistique par ses résultats et sa méthode. Expérience conduite sur l’île de Martha’s Vineyard , 5km au Sud des USA . C’est la première étude sur une variété de langue réalisée sans ignorer les facteurs sociaux , ses conclusions ont permis de mettre le doigt sur l’importance des facteurs sociaux dans l’étude d’une langue , Labov a d’ailleurs publier un atlas phonétique de la langue américaine. Résultats : la distributions des façons de parler dépend de plusieurs facteurs :
l’âge : effet générationnel , les 31-45 ans se comportent différemment des autres
Le lieu : les habitants du Haut de l’île ( à l’Ouest ), les ruraux, centralisent + en utilisant la prononciation en voie de disparition, surtout dans un petit patelin nommé chilmark
Du profil socio-économique : les ruraux et les pêcheurs ont tendance à centraliser , pour se démarquer, ils utilisent cet accent comme un marqueur identitaire pour se différencier des Américains continentaux.
NYC study aka « L’étude des grands magasins »
Labov veut vérifier si ses observations s’appliquent à d’autres contexte que Martha’s Vineyard. Il effectue donc un travail sur l’articulation (ou non) de /R/ en fin de mot après voyelle, dans des grands magasins ayant des clientèles socialement très différentes :
1. Saks Fifth Avenue : cher, fréquenté par une clientèle plutôt aisée
2. Macy’s (équivalent des Galeries Lafayette) : classe moyenne
3. S. Klein : bon marché, clientèle peu aisée
Ils ont tous un certain nombre d’étages et Labov demande aux personnes travaillant dans les magasins où est le 4ème étage (the fouRth flooR) deux fois ( genre il demande après il fait genre qu’il a pas entendu pour les faire répéter) . Le but est de leur faire prononcer dans deux contextes : naturel et emphatique (exagéré)
Les résultats : La prononciation de /R/ varie avec :
Le niveau social (il n’est pas prononcé dans 80% des cas chez Klein)
Le contexte (le /R/ est plus prononcé lors de la répétition, c’est-à-dire dans le contexte emphatique, sauf chez Klein où il saute dans tous les cas)
Le niveau de grade des employés (managers, vendeurs, metteurs en rayons)
Les axes de la dia-variation: la variation diachronique
variation de la langue à travers le temps
Les axes de la dia-variation: la variation Diatopique
Variation de la langue en fonction du lieu ex: quatre vingt dix neuf et nonante neuf ou pain au chocolat et chocolatine et petit-pain.
Les axes de la dia-variation: la variation diastratique
Variation de la langue en fonction du niveau/ de l’origine sociale
Les axes de la dia-variation: la variation Diaphasique
Variation de la langue en fonction du contexte de communication ( avec ses amis, avec sa famille..)
Les axes de la dia-variation: la variation diamésique
Variation de la langue selon le canal de communication ex : réseau social , lettres , discours en publique