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Fiches de vocabulaire exhaustives préparatoires à l'examen intra, portant sur les concepts fondamentaux de toxicomanie, la classification pharmacologique des psychotropes, la loi de l'effet, les modèles explicatifs (prohibitionniste, thérapeutique, réduction des méfaits), le cadre législatif canadien et les théories criminologiques de Goldstein et Brochu.
Substance psychoactive (SPA)
Toute substance licite ou illicite (alcool, tabac, caféine, fentanyl, etc.) qui modifie le fonctionnement du cerveau et du système nerveux central (SNC), affectant les comportements, les perceptions, l'état émotionnel, les fonctions cognitives ou physiologiques.
Intoxication
État consécutif à la prise d'une substance se traduisant par des perturbations de la conscience, des facultés cognitives, de la perception, du jugement, de l'affect, du comportement ou d'autres réponses psychophysiologiques.
Tolérance
Diminution progressive de l'effet d'une substance lorsqu'elle est consommée à la même dose, obligeant l'usager à augmenter les doses pour retrouver les sensations initiales. Elle ne constitue pas un synonyme de dépendance.
Sevrage
Ensemble de symptômes survenant à la suite de l'arrêt de la prise d'une substance psychoactive, lié au temps nécessaire aux neurones pour retrouver leur fonctionnement initial après s'être adaptés aux perturbations de neurotransmission.
Craving
Composante de la dépendance psychologique caractérisée par une envie irrépressible et persistante de consommer une substance afin d'en revivre les effets.
Polyconsommation
Fait de consommer plus d'une substance psychoactive, qu'elles soient du même type ou de types différents.
Additivité
Effet résultant de la consommation simultanée de plusieurs substances partageant les mêmes propriétés, entraînant une simple addition de leurs effets.
Potentialisation
Effet observé lorsque la consommation de plusieurs substances conduit l'une d'entre elles, qui procure habituellement un effet faible ou nul, à décupler considérablement les effets d'une autre.
Effet antagoniste
Interaction où la consommation d'une substance psychoactive entraîne la diminution ou l'annulation complète des effets d'une autre substance.
Usage récréatif
Mode de consommation opportuniste, occasionnel et peu coûteux, souvent associé aux fêtes ou au groupe de pairs, qui n'entraîne pas de problèmes de santé, de comportement ou de conséquences négatives.
Usage abusif (Abus)
Mode de consommation souvent incontrôlé qui outrepasse les limites de ce qui est socialement acceptable, fondé sur l'illusion qu'une plus grande consommation apportera davantage de bonheur.
Dépendance
État psychologique et physique se manifestant par des comportements à risque, une détresse devant l'impossibilité de consommer, ainsi que des symptômes de sevrage ou de craving lors de l'arrêt.
Trouble lié à l'utilisation d'une substance (DSM-V)
Entité diagnostique regroupant 11 critères répartis en quatre catégories majeures : manque de contrôle, fonctionnement social altéré, consommation risquée et propriétés pharmacologiques.
Dépresseurs du SNC
Famille pharmacologique (alcool, solvants, benzodiazépines, GHB, opioïdes) qui ralentit les fonctions psychiques en diminuant le niveau d'éveil et l'activité générale du cortex cérébral, induisant détente et somnolence.
Stimulants du SNC
Famille pharmacologique (cocaïne, amphétamines, caféine, nicotine, méthylphénidate) qui active les fonctions psychiques, augmente l'éveil et accélère les processus mentaux en provoquant une poussée d'énergie.
Perturbateurs du SNC
Famille pharmacologique (cannabis, LSD, ecstasy/MDMA, kétamine, PCP, champignons magiques) qui déstabilise le fonctionnement cérébral, provoquant des altérations marquées des perceptions, de l'humeur et de la cognition.
Voie orale (ingestion)
Mode d'administration par la bouche, facile d'auto-administration, dont l'absorption est lente et variable, nécessitant 20 à 30minutes avant d'atteindre le cerveau.
Injection intraveineuse
Mode d'administration direct dans les vaisseaux sanguins au moyen d'une seringue, entraînant des effets extrêmement rapides, un risque élevé de surdose et des complications infectieuses ou des abcès.
Inhalation
Mode d'administration par les voies respiratoires (gaz, fumée, aérosol) caractérisé par une large surface d'absorption pulmonaire, une montée très rapide des effets au cerveau et une disparition tout aussi rapide.

Loi de l'effet
Principe stipulant que l'effet d'une substance psychoactive (nature, intensité, durée) n'est jamais garanti et résulte de l'interaction dynamique entre trois composantes : l'individu, la substance et le contexte.
Prohibitionnisme
Modèle axé sur une logique de criminalisation qui interdit par la loi la production, la vente et la possession de substances, imposant l'abstinence comme norme et traitant l'usager comme un contrevenant passible de sanctions pénales.
Modèle moral de la consommation
Approche inscrite dans le prohibitionnisme expliquant l'usage de substances par un échec moral, une faiblesse de caractère ou un manque de volonté, estimant le blâme individuel légitime et la sanction pénale justifiée.
Entrepreneurs moraux (Becker)
Acteurs convaincus qu'un comportement constitue un mal moral et qui mènent une croisade afin de le faire interdire par la loi, aboutissant à la création de nouvelles catégories d'infractions et d'agences d'application.
Panique morale (Cohen, 1972)
Réaction sociale disproportionnée orchestrée par les médias, politiciens et entrepreneurs moraux, où un groupe (« Folk Devils ») est désigné comme une menace pour les valeurs fondamentales de la société.
Association différentielle (Sutherland)
Théorie criminologique stipulant que le comportement criminel s'apprend par interaction au sein de groupes intimes, survenant lorsqu'un individu est exposé à un excès de définitions favorables à la violation de la loi.
Théorie générale de la tension (Agnew, 1992)
Théorie selon laquelle des sources de tension (échec d'un but, perte de stimulus positif ou confrontation à un stimulus négatif) génèrent de la colère ou de la frustration que l'individu cherche à réguler par la consommation.
Approche thérapeutique orientée vers l'abstinence
Modèle fondé sur une logique de symptomatologisation où la consommation problématique est comprise comme le symptôme d'un trouble de santé, considérant l'usager comme un patient dont l'abstinence est obtenue par le soin médical.
Modèle de la maladie (Jellinek, 1960)
Conception biomédicale introduisant l'idée que la personne dépendante est malade plutôt que coupable, caractérisée par une perte de contrôle sur la consommation et orientée vers un rétablissement sans promesse de guérison.
Trois fonctions de l'abstinence
Articulation au croisement du prohibitionnisme et de la thérapeutique : l'abstinence sert d'objectif (visé par la loi et le traitement), de critère de succès (modèle du Minnesota) et de norme sociétale attendue.

Hypothèse de l'automédication
Théorie suggérant que les personnes dépendantes s'administrent des substances pour calmer des souffrances affectives spécifiques ou des troubles psychiatriques sous-jacents (ex. les opiacés pour apaiser la rage, la cocaïne pour soulager la détresse dépressive).
Réduction des méfaits
Mouvement de justice sociale et ensemble de stratégies pratiques s'inscrivant dans une logique de périllisation, visant à réduire les risques et torts associés à l'usage de substances sans exiger l'abstinence, en traitant l'usager comme un sujet compétent.
Risk environment (Rhodes, 2022)
Cadre théorique examinant l'interaction entre les échelons micro et macro à travers quatre dimensions fondamentales : l'environnement physique, social, économique et politique.
Modèle transthéorique du changement
Modèle développemental décrivant les étapes du changement chez un individu : précontemplation, contemplation, préparation, action, maintien et terminaison.
Modèle biopsychosocial
Modèle intégratif expliquant la dépendance par l'interaction dynamique entre quatre dimensions de la personne : facteurs biologiques, psychologiques, sociaux et spirituels.
Loi sur l'opium (1908)
Première législation fédérale canadienne sur les drogues, découlant de l'émeute anti-asiatique de septembre 1907 à Vancouver et du rapport de Mackenzie King, rendant illégales l'importation, la fabrication et la vente d'opium hors usage médical.
Possession simple (art. 4 LRCDAS)
Infraction du droit criminel canadien interdisant, hors dérogations formelles, d'avoir en sa possession une substance désignée, passible d'une peine maximale de 7ans.
Loi sur les bons samaritains (art. 4.1 LRCDAS)
Immunité légale interdisant les poursuites pour possession simple de drogue envers toute personne qui appelle les services d'urgence ou se trouve sur les lieux lors d'une surdose.
Légalisation
Régime juridique autorisant et encadrant activement par l'État la production, la vente et la possession d'une substance (définition de l'âge légal, normes sanitaires, taxation, points de vente).
Décriminalisation
Mesure juridique retirant la possession pour usage personnel du champ du droit criminel, bien que le produit demeure interdit et que la vente ou le trafic restent des crimes.
Dépénalisation
Suppression ou atténuation des sanctions pénales effectives pour une infraction qui demeure formellement inscrite dans les textes de loi (pouvant s'appliquer en droit ou de fait).
Lien psychopharmacologique (Goldstein)
Dimension du modèle de Goldstein expliquant la violence comme la conséquence directe des effets aigus ou chroniques de la substance (désinhibition, agressivité, paranoïa, sevrage) sur le comportement de l'auteur ou de la victime.
Lien économico-compulsif (Goldstein)
Dimension du modèle de Goldstein décrivant les actes criminels commis dans le seul but de se procurer l'argent nécessaire pour financer une consommation de drogue dispendieuse.
Lien systémique (Goldstein)
Dimension du modèle de Goldstein représentant la violence inhérente au fonctionnement du marché illégal des drogues (luttes territoriales, recouvrement de dettes, élimination d'informateurs).
Modèle intégratif de Brochu
Cadre théorique concevant la consommation de substances et la délinquance comme deux manifestations non linéaires d'un même style de vie déviant, modulées par des facteurs de risque, de maintien et d'interruption.
Facteurs de risque (Brochu)
Caractéristiques et antécédents passés (milieu violent, difficultés familiales) qui rendent une personne vulnérable à l'entrée dans une trajectoire déviante, constituant un bagage ineffaçable.
Facteurs de progression et de maintien (Brochu)
Éléments de la vie présente d'une personne (fréquentation de pairs consommateurs, chômage) qui concourent activement à aggraver sa trajectoire de consommation et de délinquance ou à l'y stabiliser.
Facteurs d'interruption (Brochu)
Ressources et événements ponctuels (soutien de la famille, engagement en thérapie, insertion dans un travail stable) qui contribuent à ralentir, briser ou faire cesser le mode de vie déviant.