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Quelle est l’idée centrale de la globalité du patient ?
Le praticien ne traite pas une carie, une bouche ou un dossier médical, mais une personne dans sa globalité
Quels éléments de la personne doivent être pris en compte au-delà de la bouche ?
Les antécédents médicaux, le parcours de vie et les représentations personnelles de la santé et de la maladie
Que représente l’identité-idem chez Ricœur ?
Ce qui est identifiable, classable, mesurable et descriptible de l’extérieur
Que représente l’identité-ipse chez Ricœur ?
Ce qu’une personne est pour elle-même, à travers son identité narrative, ses relations, ses engagements, ses angoisses et ce qui a de la valeur pour elle
Quels éléments relèvent de l’identité-idem en odontologie ?
Les paramètres anatomiques, le nombre de dents manquantes, la classe d’occlusion et le dossier médical
Quels éléments relèvent de l’identité-ipse ?
Le vécu subjectif, les relations, les engagements, les angoisses, les attentes et les valeurs personnelles
Quel exemple clinique illustre la différence entre idem et ipse ?
L’adolescent de 15 ans avec une oligodontie sévère dont la préoccupation principale est de ne plus oser sourire sur les photos de classe
Que montre la plainte « je n’ose plus sourire sur les photos de classe » ?
L’impact subjectif de l’anomalie sur la vie sociale et l’estime de soi
Quels éléments biomédicaux caractérisent l’oligodontie sévère de l’adolescent ?
Des agénésies dentaires multiples, des incisives coniques atypiques, des défauts d’alignement et une crête alvéolaire sous-développée
À quoi sert l’identité-idem dans la prise en charge de l’oligodontie ?
À établir la classification nosologique et le plan d’intervention prothétique
Quelle tendance de la médecine Ricœur critique-t-il concernant l’ipse ?
La tendance à exceller dans la description de l’idem tout en occultant l’ipse
Pourquoi reconnaître l’altérité revient-il à un refus éthique ?
Parce que cela empêche de réduire une personne à son diagnostic
Pourquoi deux patients présentant la même anomalie anatomique peuvent-ils nécessiter des prises en charge différentes ?
Parce qu’ils peuvent avoir des vécus, des attentes et des valeurs différents
Quelle conception du pathologique Canguilhem refuse-t-il ?
Celle qui réduit le pathologique à une simple variation statistique par rapport à une moyenne
Qu’est-ce qu’une norme biologique selon Canguilhem ?
La capacité dynamique et individuelle d’un organisme à instaurer et faire évoluer ses propres règles d’existence face aux contraintes environnementales
Comment Canguilhem définit-il le fait d’être malade ?
Comme un rétrécissement de la marge de tolérance vitale et une contrainte à un mode d’existence plus étroit et moins flexible
Comment Canguilhem définit-il la santé ?
Comme la capacité d’encaisser les agressions et d’inventer de nouvelles normes de fonctionnement
Quel principe doit guider le praticien face à une anomalie cranio-faciale ou un édentement selon Canguilhem ?
Ne pas imposer une moyenne standard mais élargir avec le patient son champ d’action et son confort relationnel
Que signifie être vulnérable selon Joan Tronto ?
Être exposé à l’autre
Que suppose le soin du point de vue de la vulnérabilité ?
Une dépendance temporaire envers un tiers
Quel devoir incombe au soignant face à la vulnérabilité ?
L’accueillir sans dépersonnaliser le patient
Quels concepts sont mobilisés par le vocabulaire du soin ?
Confiance, empathie, relation, altérité, guérison, réparation, éthique, déontologie, savoir, autorité médicale, consentement, paternalisme, normalité, souffrance, altruisme, soumission, fonction et confidentialité
En quoi consiste la rencontre clinique au fauteuil ?
En une confrontation de deux expériences vécues en miroir, marquée par une dissymétrie
Que apporte le praticien dans le colloque singulier ?
Son savoir académique, ses responsabilités légales, ses certitudes scientifiques, sa maîtrise gestuelle et son cadre professionnel
Que apporte le patient dans le colloque singulier ?
Sa peur, ses angoisses existentielles, son incertitude, sa douleur corporelle, sa gêne intime ou sa honte esthétique
Qu’est-ce que le colloque singulier ?
Une rencontre bilatérale et intime entre la confiance du patient et la conscience du soignant
Dans les années 1950, quel concept désigne cette rencontre bilatérale et intime ?
Le colloque singulier
Quel est le statut éthique du colloque singulier ?
Un espace éthique protégé où se noue l’alliance thérapeutique
Quelle conception du soin découle du colloque singulier ?
Le soin comme construction partagée et non comme acte unilatéral
Qu’est-ce qu’une relation verticale en médecine ?
Une relation asymétrique où le pouvoir est déséquilibré et où le soignant impose unilatéralement ses choix
Qu’est-ce qu’une relation horizontale ?
Une rencontre fondée sur la reconnaissance mutuelle de deux personnes d’égale dignité et sur la décision partagée
Comment le savoir du patient et celui du clinicien s’articulent-ils dans une relation horizontale ?
Le savoir clinique collabore avec l’expérience vécue du patient
Comment l’environnement physique du fauteuil peut-il renforcer l’asymétrie ?
Le patient est allongé tandis que le praticien est debout
Pourquoi s’asseoir au même niveau que le patient a-t-il une portée clinique ?
Parce que c’est un premier acte de respect réduisant symboliquement l’asymétrie
Quelle maxime résume la démarche centrée sur le patient de la HAS ?
« Rien pour moi sans moi »
Quels sont les trois axes de la démarche centrée sur le patient ?
Personnalisation des soins, développement des compétences du patient et continuité des prises en charge
Que comprend la personnalisation des soins ?
L’écoute active, le dialogue sans jargon et la compréhension des attentes réelles
Quel est l’objectif du développement des compétences du patient ?
Favoriser son autonomie par l’éducation thérapeutique
Que signifie assurer la continuité des prises en charge ?
Garantir un suivi cohérent et une coordination de l’équipe
Comment le praticien doit-il instaurer le consentement éclairé ?
Par une démarche active qui associe le patient à l’information et à la décision
Quelle formulation restitue explicitement l’autonomie du patient ?
« Si vous le permettez, je vais vous exposer… et nous envisagerons ensemble… »
Comment définir l’empathie clinique ?
Comprendre les représentations cognitives et les affects douloureux du patient tout en conservant une distance protectrice permettant la lucidité du geste
En quoi l’empathie clinique se distingue-t-elle de la compassion fusionnelle ?
Elle implique une compréhension du patient sans fusion émotionnelle
En quoi l’empathie clinique se distingue-t-elle de la sympathie amicale ?
Elle repose sur une compréhension professionnelle du vécu du patient et non sur une relation amicale
Quel réflexe défensif peuvent avoir les jeunes soignants face aux émotions intenses ?
Se retrancher derrière les faits ou la technique pour créer une barrière protectrice
Quel risque présente ce réflexe défensif s’il devient permanent ?
Anesthésier l’écoute clinique
Que doit faire le praticien face à une douleur vive exprimée malgré l’anesthésie ?
Suspendre l’acte, ajuster le protocole, réévaluer l’anesthésie et éventuellement reprogrammer la séance
Pourquoi reconnaître ses limites professionnelles est-il éthique ?
Parce qu’annoncer son manque d’affinité pour un geste et référer à un confrère spécialisé relève de la probité et renforce la confiance
Pourquoi le praticien doit-il garder conscience de sa propre vulnérabilité ?
Parce qu’une fois dépouillé de sa blouse, il redevient lui-même un patient potentiel
Quels comportements du praticien peuvent être perçus par le patient et altérer la relation ?
Les murmures, l’agacement, le temps passé sur l’ordinateur, les discussions futiles et le jargon technique
Comment gérer une discussion clinique complexe en présence du patient ?
Informer le patient, se retirer si nécessaire pour échanger, puis revenir avec une synthèse intelligible
Que doit faire le praticien face à un refus de soins ?
Respecter l’autonomie du patient même lorsque la thérapeutique est scientifiquement indiquée
Quel dilemme apparaît lorsque les souhaits d’un adolescent divergent de ceux de ses parents ?
Déterminer quelle subjectivité doit être prise en compte dans la décision, notamment pour l’esthétique du sourire
Comment favoriser un consentement sincère chez une personne présentant une déficience intellectuelle ?
Utiliser une pédagogie adaptée afin de faire émerger un accord respectant sa volonté profonde
Comment définir la beauté dans une perspective clinique et éthique ?
Comme une notion subjective et culturellement située, dont les normes sociales sont transitoires
Que peuvent révéler la singularité et la dissemblance corporelle ?
Une valeur et une beauté propres qui ne dépendent pas d’une norme esthétique unique
Pourquoi les critères esthétiques du praticien peuvent-ils poser problème ?
Parce qu’ils ne coïncident pas nécessairement avec ceux du patient
Que montrent Botero, Beth Ditto et Joseph Merrick concernant les normes esthétiques ?
Ils illustrent la diversité des canons esthétiques et la possibilité d’affirmer sa valeur au-delà des jugements physiques
Quelle attitude adopter face à un visage atypique ?
Dépasser l’inconfort initial pour reconnaître la trajectoire de vie, la dignité et la personnalité inaliénable de la personne
Quelle est la charge symbolique de la bouche ?
Elle est à la fois un lieu de parole, un organe de sensualité et une zone de pudeur, de honte ou de fierté identitaire
Pourquoi la signification de la bouche doit-elle être pensée culturellement ?
Parce que ses représentations et sa charge symbolique varient selon les cultures
Quelle population est particulièrement touchée par le renoncement aux soins dentaires ?
Les classes populaires, les personnes âgées dépendantes et les populations précaires
Pourquoi l’accès aux soins dentaires constitue-t-il une fracture sociale majeure ?
Parce que les ressources économiques et les conditions de vie influencent fortement la possibilité d’accéder aux traitements
Quelles causes médicales peuvent expliquer un édentement ?
Les parodontites, les caries, les agénésies et les traumatismes
Que peut représenter socialement un édentement ?
Un marqueur d’un renoncement contraint aux soins, notamment lorsque les restaurations prothétiques sont coûteuses
Pourquoi les restaurations prothétiques peuvent-elles favoriser le renoncement aux soins ?
Parce que leur coût peut être élevé par rapport à celui des actes chirurgicaux basiques
Pourquoi une prescription coûteuse et non remboursée peut-elle être problématique chez un patient précaire ?
Elle peut être irréaliste et vécue comme humiliante
Comment le soignant doit-il adapter le traitement chez un patient précaire ?
Adapter l’ordonnance et les objectifs thérapeutiques à son environnement tout en maintenant la qualité de l’écoute
Comment aborder le tabagisme chez un patient nécessitant des soins ?
Expliquer les risques scientifiques sans ultimatum moralisateur, proposer une aide au sevrage et adapter le traitement si le patient n’est pas prêt
Quels effets systémiques du tabagisme sont cités dans le cours ?
Une altération microvasculaire, une inhibition immunitaire et un risque accru d’échec des greffes ou implants
Que sont les CRMR ?
Des centres de référence dédiés aux maladies rares
Pourquoi les affections génétiques cranio-faciales complexes nécessitent-elles une prise en charge sur mesure ?
Parce qu’elles associent des besoins médicaux, fonctionnels, développementaux et relationnels complexes
Quels professionnels peuvent participer au suivi interdisciplinaire des affections cranio-faciales complexes ?
Chirurgiens maxillo-faciaux, orthodontistes, odontologues pédiatriques, prothésistes, phoniatres et psychologues
Pourquoi le suivi des maladies cranio-faciales doit-il être adapté à la croissance ?
Parce que les besoins fonctionnels et relationnels évoluent avec le développement de l’enfant
Pourquoi un enfant de 8 ans et un adolescent de 15 ans n’ont-ils pas nécessairement les mêmes objectifs thérapeutiques ?
Parce que leurs besoins fonctionnels, relationnels et leur identité-ipse évoluent avec l’âge
Quels sont les deux grands aspects qui fusionnent dans l’acte odontologique abouti ?
L’idem et l’ipse
Que combine l’odontologie comme « métier de la main et de l’esprit » ?
Savoir médical scientifique, geste manuel de précision, sensibilité esthétique et écoute bienveillante
Quels domaines scientifiques sont mobilisés dans le savoir médical odontologique ?
Biologie, anatomie, biomatériaux et diagnostic
Quelles capacités sont nécessaires au geste manuel odontologique ?
Motricité fine, sensibilité proprioceptive et maîtrise volumétrique
Quels éléments esthétiques doivent être maîtrisés dans une restauration ?
Les teintes, la translucidité, la texture et l’intégration au visage
Pourquoi chaque restauration prothétique est-elle considérée comme une pièce artisanale unique ?
Parce qu’elle doit être adaptée aux caractéristiques anatomiques, fonctionnelles et esthétiques de chaque patient
Le numérique, la CFAO et l’IA rendent-ils le jugement clinique inutile ?
Non, l’œil, le toucher et le jugement clinique du praticien restent irremplaçables
Quelle caractéristique doit avoir une prothèse réussie selon le cours ?
Elle doit être discrète et s’effacer dans le corps et la conscience
Pourquoi l’acquisition de la gestuelle manuelle peut-elle être angoissante ?
Parce que la maîtrise d’un geste de précision impose de visualiser et contrôler un volume tridimensionnel
Quelle idée permet de déconstruire la peur de la gestuelle manuelle ?
La main est l’exécutant du cerveau
Quelle est la clé intellectuelle de l’apprentissage du geste odontologique ?
La visualisation du volume tridimensionnel à préparer
Qu’est-ce qui doit suivre la visualisation intellectuelle du geste ?
La régularité du geste
Quels sont les trois sens de la réhabilitation présentés dans le cours ?
Juridique, urbanistique et médical
Que signifie réhabiliter au sens juridique ?
Rétablir un citoyen dans ses droits
Que signifie réhabiliter au sens urbanistique ?
Rénover un édifice afin de réinsérer ses occupants
Que signifie réhabiliter au sens médical ?
Restaurer une personne malade ou handicapée à un mode de vie le plus proche possible de la normale
Pourquoi la réhabilitation orale dépasse-t-elle la réparation mécanique ?
Parce qu’elle vise aussi la fonction, la dignité, l’intégration et la possibilité d’exister pleinement dans ses relations
Que signifie réparer une denture absente sur le plan humain ?
Répondre à un besoin universel et contribuer à restaurer la dignité de la personne
Pourquoi la frontière entre soin et esthétique n’est-elle pas binaire ?
Parce qu’une amélioration esthétique peut avoir une véritable portée thérapeutique lorsqu’un sourire altère profondément la vie relationnelle
Dans quel cas l’amélioration d’un sourire peut-elle relever pleinement du soin ?
Lorsqu’un sourire empoisonne l’existence d’une personne et paralyse sa vie relationnelle
Quelle limite éthique doit être posée au « smile design » ?
Éviter les mutilations tissulaires injustifiées dictées par des modes éphémères
Pourquoi le plan chirurgical de l’adolescent avec oligodontie repose-t-il sur l’idem ?
Parce que les agénésies, les mensurations et les données anatomiques sont indispensables à la sécurité de l’acte
Quand le travail clinique authentique prend-il tout son sens ?
Lorsque le praticien écoute l’ipse et comprend ce que le sourire représente dans la vie sociale et l’identité du patient
Pourquoi le patient est-il « infiniment supérieur à la somme de ses radiographies » ?
Parce que son vécu, son identité, ses valeurs et ses relations dépassent les seules données biomédicales
Quels philosophes fournissent le socle conceptuel de cette approche du patient ?
Georges Canguilhem et Paul Ricœur