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Fiches de vocabulaire couvrant les concepts fondamentaux de psychologie sociale : définitions historiques, regard ternaire, facilitation et paresse sociale, ainsi que les processus d'influence sociale (normalisation, conformisme et soumission à l'autorité).
Psychologie sociale
Discipline des sciences humaines qui étudie les interactions entre l'individuel et le collectif, s'intéressant à la façon dont les appartenances et positions sociales influencent les comportements, les jugements, les affects et les performances des individus.
Comportement
Ensemble des conduites et actions motrices directement observables de l'individu (non-verbal), distinctes des traits de personnalité permanents.
Attitude
Disposition interne, jugement ou évaluation non directement observable (ex. : racisme, homophobie, posture pensive), mesurable principalement par le biais d'entretiens.
Âme collective (Gustave Le Bon, 1895)
Entité psychologique propre à la foule qui pousse les individus à sentir, penser et agir de manière radicalement différente de ce qu'ils feraient isolément, notamment sous le couvert de l'anonymat.
Lois de l'imitation (Gabriel Tarde, 1890)
Théorie postulant que les individus ne naissent pas criminels mais le deviennent sous l'influence sociale et le processus d'imitation au sein d'un groupe ou d'une foule qui leur sert de modèle.
Suggestibilité chez les enfants (Binet et Henri, 1894)
Phénomène mis en évidence lors de la première expérimentation montrant que la suggestibilité dépend de la situation : un enfant seul se laisse davantage influencer par les adultes qu'un enfant entouré de pairs de son âge.
Regard binaire
Approche épistémologique classique opposant l'explication psychologique (recherchée à l'intérieur du sujet individuel) à l'explication sociologique (recherchée dans l'organisation et les structures sociales).
Regard ternaire (Moscovici, 1984)
Grille de lecture fondamentale de la psychologie sociale remplaçant la relation binaire Sujet-Objet par une relation médiatisée par un Alter (autre individu, groupe ou contexte social).

Facilitation sociale (Norman Triplett, 1898)
Amélioration des performances individuelles observée chez des sujets exécutant une tâche motrice simple en présence de pairs (situation de coaction ou d'audience) comparativement à une situation isolée.
Théorie du « drive » et de la réponse dominante (Zajonc, 1965)
Modèle postulant que la simple présence d'autrui (« mere presence ») induit une élévation de la tension générale de l'organisme (« arousal »), facilitant l'émission de la réponse dominante (améliorant la réussite pour les tâches simples, mais détériorant la performance pour les tâches complexes).

Expérience du labyrinthe des blattes (Zajonc, Heingartner et Herman, 1969)
Démonstration expérimentale où des blattes fuient plus vite la lumière en présence de congénères dans un couloir droit (tâche simple), mais sont ralenties dans un labyrinthe en croix (tâche complexe nécessitant un apprentissage).

Appréhension de l'évaluation (Cottrell et al., 1968)
Hypothèse démontrant que la présence passive d'autrui ne modifie pas les résultats, mais que c'est la présence de pairs perçus comme des évaluateurs potentiels qui engendre l'activation favorisant la réponse dominante.
Paresse sociale (Ringelmann / Latané, Williams et Harkins, 1979)
Diminution de l'effort individuel et perte de productivité observée lorsqu'un individu réalise une tâche collectivement plutôt qu'individuellement, la perte étant proportionnelle à la taille du groupe à partir de 3 personnes.

Schéma triadique de l'influence sociale (Doise, 1982)
Processus relationnel par lequel la source de l'influence (entité sociale 2) modifie les perceptions, jugements ou comportements de la cible de l'influence (entité sociale 1) par rapport à un objet envers lequel leurs positions divergent.

Effet autocinétique
Illusion visuelle se produisant dans l'obscurité totale où un point lumineux immobile paraît se déplacer en raison de l'absence totale de cadre de référence extérieur.

Muzafer Sherif (1936)
Psychologue social ayant utilisé l'effet autocinétique pour analyser la formation de normes collectives en situation ambiguë, montrant la convergence et l'intériorisation durable des repères du groupe.
Normalisation
Processus d'influence réciproque par lequel les membres d'un groupe confrontés à une situation ambiguë sans norme préétablie procèdent à des concessions mutuelles pour bâtir un cadre de référence commun.
Conformisme (Salomon Asch, 1956)
Processus d'influence majoritaire par lequel un individu modifie son jugement objectif évident pour s'aligner sur la réponse manifestement erronée d'une majorité unanime.
Influence informationnelle
Mécanisme de conformisme reposant sur le besoin d'exactitude et d'objectivité, où l'individu interprète l'avis du groupe unanime comme un indice rationnel de la réalité.
Influence normative
Mécanisme de conformisme motivé par le besoin d'acceptation sociale et la peur d'être rejeté par le groupe, conduisant à s'aligner publiquement sans adhésion intime durable.
Changement de complaisance (Kelman, 1958)
Modification superficielle et temporaire d'un jugement en public pour satisfaire aux attentes du groupe, l'individu reprenant ses réponses exactes dès qu'il est testé isolément.
Conformisme en actes (Milgram)
Tendance observée dans la première série d'expériences de Milgram démontrant que la pression implicite d'un groupe majoritaire unanime peut dicter non seulement des opinions verbales, mais également des actions réelles et violentes.
État agentique (Milgram)
État psychologique dans lequel l'individu ne se considère plus comme l'auteur responsable de ses actes, mais comme le simple instrument d'exécution d'une autorité légitime hiérarchique.
Facteur de la proximité de la victime (Milgram)
Variable situationnelle montrant que la soumission diminue à mesure que la victime se rapproche physiquement : 63% de choc maximal à travers une paroi, 40% dans la même pièce, et 30% en cas de contact physique imposé.
Discordance au sein de l'autorité (Milgram)
Condition expérimentale dans laquelle des expérimentateurs émettent des ordres contradictoires, entraînant une rupture totale de la soumission (0% des sujets allant jusqu'au choc maximal et 90% s'arrêtant à 150V).
Distinction Conformisme vs Soumission à l'autorité (Asch vs Milgram)
Différenciation structurelle montrant que le conformisme repose sur une majorité quantitative, une pression implicite, un état d'autonomie et une influence verbale, tandis que la soumission repose sur une autorité qualitative, une pression explicite, l'état agentique et des actes réels.

Expérience d'obéissance en milieu naturel (Hofling et al., 1966)
Étude en milieu hospitalier confirmant la portée de la soumission à l'autorité dans la vie réelle : 95% des infirmières (21 sur 22) ont obéi à un médecin inconnu leur ordonnant par téléphone d'administrer une surdose létale d'Astroten.
