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Inhibiteurs de l'aromatase (létrozole, exémestane) — Chimie thérapeutique ?
Classe : inhibiteurs de l'aromatase (hormonothérapie) ATC : L02BG (dans L02)
Létrozole → segment-clé DCI « -rozole » (dérivés d'imidazole-triazole)
Exémestane → segment-clé DCI « -mestane »
Autre molécule : anastrozole
Inhibiteurs de l'aromatase (létrozole, exémestane) — Indications + exemples ?
Létrozole et exémestane :
Cancer du sein chez la femme MÉNOPAUSÉE
Récepteurs hormonaux positifs (> 10 %)
Adjuvant ou métastatique
Associations :
Exémestane + trastuzumab si HER2+++
Inhibiteur de l'aromatase + abémaciclib (sein RH+ HER2–)

Inhibiteur de l'aromatase azolé > -rozole

Exémestane
inhibteur de l’aromatase stéroïdien
Anti-oestrogènes (tamoxifène) — Chimie thérapeutique ?
Classe : anti-estrogènes (hormonothérapie) ATC : L02BA (dans L02)
Tamoxifène → segment-clé DCI « -ifène » (modulateurs des récepteurs aux estrogènes, dérivés du clomifène et du tamoxifène)
Autres : médroxyprogestérone, mégestrol (voir aussi exémestane) Prostate : diéthylstilbestrol, fosfestrol, apalutamide
Anti-oestrogènes (tamoxifène) — Pharmacologie ?
MÉCANISME
Inhibition COMPÉTITIVE de la liaison de l'estradiol à ses récepteurs
Effet estrogénique sur : → endomètre → os (↓ perte osseuse post-ménopause) → lipides (↓ LDL-cholestérol)
Anti-oestrogènes (tamoxifène) — Indications + exemples ?
Cancer du sein avec ≥ 10 % de récepteurs aux estrogènes (≈ 90 % des femmes)
ADJUVANT
1 prise/jour pendant 5 à 10 ans
Monothérapie
Ou + trastuzumab 1 an si HER2+++, puis monothérapie
MÉTASTATIQUE
Monothérapie
Ou association : trastuzumab ou ITK

pharmacophore des anti oestrogène
Anticorps monoclonaux 1 (rituximab) — Chimie thérapeutique / bioproduction ?
Classe : anticorps monoclonal anti-CD20 ATC : L01FA (dans L01F)
Rituximab → segment-clé DCI « -ximab » = CHIMÉRIQUE (murin/humain)
Régions constantes : IgG1 humaine
Régions variables (chaînes lourdes et légères) : murines
Immunoglobuline glycosylée, ADN recombinant
Anticorps monoclonaux 1 (rituximab) — Pharmacologie ?
CIBLE : CD20
Phosphoprotéine transmembranaire non glycosylée
Sur les lymphocytes pré-B et B matures (normaux et malins)
> 95 % des cellules B des LNH
Absent : cellules souches, pro-B, plasmocytes, autres tissus
Pas internalisé, pas libéré, pas de forme circulante
MÉCANISME
Fab → se lie au CD20
Fc → fonctions effectrices : → CDC (cytotoxicité dépendante du complément, C1q) → ADCC (récepteurs Fcγ : granulocytes, macrophages, NK)
Induction d'apoptose
Anticorps monoclonaux 1 (rituximab) — Indications + exemples ?
LLC et lymphomes
Uniquement si CD20+ sur les lymphocytes tumoraux (> 95 % des patients)
Autres : maladies auto-immunes, rejet de greffe
Protocoles :
LLC : RFC = Rituximab – Fludarabine – Cyclophosphamide
Lymphomes : RCHOP = Rituximab – Cyclophosphamide – Hydroxyadriamycine (doxorubicine) – Prednisone → 4 ou 6 cures puis maintenance rituximab seul → 1 administration tous les 2 mois pendant 2 ans
Anthracyclines (daunorubicine, doxorubicine) — Chimie thérapeutique ?
Classe : anthracyclines = antibiotiques cytotoxiques ATC : L01DB (dans L01D)
Segment-clé DCI : « -rubicine » (dérivés de la daunorubicine)
Autres : idarubicine, épirubicine, mitoxantrone, doxorubicine liposomale pégylée
Anthracyclines (daunorubicine, doxorubicine) — Pharmacologie ?
3 modes d'action :
INTERCALATION entre 2 bases adjacentes de l'ADN
Inhibition de la topo-isomérase II
Espèces réactives de l'oxygène (réduction en semiquinone par les CYP450 réductases)
Anthracyclines (daunorubicine, doxorubicine) — Indications + exemples ?
DAUNORUBICINE
DOXORUBICINE
DOXORUBICINE LIPOSOMALE PÉGYLÉE
⚠ Contre-indiquée avec le trastuzumab (2 cardiotoxiques)

Antracycline
Inhibiteurs de kinases 1 (imatinib) — Chimie thérapeutique ?
Classe : inhibiteurs de tyrosine kinase ATC : L01X – autres antinéoplasiques
Imatinib → segment-clé DCI « -tinib »
Autres anti-BcrAbl (2e génération) : nilotinib, dasatinib, bosutinib Autres inhibiteurs de kinases : vémurafénib, crizotinib, idélalisib, duvélisib, erdafitinib
Inhibiteurs de kinases 1 (imatinib) — Pharmacologie ?
Cibles :
TK Bcr-Abl (puissamment)
Kit (récepteur du SCF)
DDR1 et DDR2
CSF-1R
Récepteurs α et β du PDGF
Inhibiteurs de kinases 1 (imatinib) — Indications + exemples ?
Imatinib :
LMC (leucémie myéloïde chronique)
LAL Phi+
Tumeurs stromales gastro-intestinales (GIST)
Inhibiteurs BcrAbl de 2e génération (LMC, LAL Phi+) :
Efficacité plus rapide, peut-être plus forte
Nilotinib, dasatinib, bosutinib

Imatinib
Inhibiteurs de kinases 2 (abémaciclib) — Chimie thérapeutique ?
Classe : inhibiteurs des kinases cycline-dépendantes (CDK) ATC : L01EF (dans L01E – inhibiteurs de protéine kinase)
Abémaciclib → segment-clé DCI « -ciclib »
Autres molécules : palbociclib, ribociclib
Inhibiteurs de kinases 2 (abémaciclib) — Pharmacologie ?
CDK4 et CDK6 activées par la cycline D (D1, D2 ou D3)
Complexe → passage de la phase G1 à la phase S
Abémaciclib inhibe CDK4 et CDK6 → bloque la division des cellules cancéreuses
Métabolisme hépatique, notamment CYP3A4
⚠ Inducteurs : anticonvulsivants, rifampicine, corticoïdes forte dose, alcool
⚠ Inhibiteurs : antifongiques azolés, macrolides, inhibiteurs de protéase, jus de pamplemousse, réglisse
Inhibiteurs de kinases 2 (abémaciclib) — Indications + exemples ?
Toujours en association avec une HORMONOTHÉRAPIE
CANCER DU SEIN PRÉCOCE (adjuvant)
RH+, HER2–, atteinte ganglionnaire, haut risque de rechute
Pré/périménopause : inhibiteur de l'aromatase + agoniste LHRH
CANCER DU SEIN AVANCÉ / MÉTASTATIQUE
RH+, HER2–
+ inhibiteur de l'aromatase ou fulvestrant (1re intention)
ou après une hormonothérapie antérieure
Pré/périménopause : + agoniste LHRH

Abémaciclib
Inhibiteurs des topo-isomérases (irinotécan) — Chimie thérapeutique ?
Classe : inhibiteurs de la topo-isomérase I (produits naturels végétaux) ATC : L01CX (dans L01C)
Irinotécan → segment-clé DCI « -técan » Dérivé HÉMISYNTHÉTIQUE de la camptothécine
Autre molécule : topotécan
Inhibiteurs des topo-isomérases (irinotécan) — Pharmacologie ?
Inhibiteur spécifique de la TOPO-ISOMÉRASE I
Activé par la carboxylestérase en SN-38 → SN-38 plus actif et plus cytotoxique que l'irinotécan
Lésions SIMPLE BRIN de l'ADN → blocage de la fourche de réplication
Cytotoxicité temps-dépendante
Spécifique de la phase S
Élimination biphasique
Large variabilité interindividuelle (surtout pour le SN-38)
Inhibiteurs des topo-isomérases (irinotécan) — Indications + exemples ?
Cancer colorectal métastatique
Protocole FOLFIRI (très courant) :
FOL = folinate de calcium
F = fluoro-uracile
IRI = irinotécan
Bevacizumab-FOLFIRI possible

Irinotécan
Taxanes (docétaxel, paclitaxel) — Chimie thérapeutique ?
Classe : taxanes (produits naturels végétaux) ATC : L01CD (dans L01C)
Segment-clé DCI : « -taxel » (dérivés du taxane)
Autres : épothilones (ixabépilone, en phases cliniques)
Taxanes (docétaxel, paclitaxel) — Pharmacologie ?
FAVORISENT l'assemblage de la tubuline en microtubules stables
INHIBENT leur dépolymérisation
→ ↓ marquée de la tubuline libre
→ désorganisation des microtubules (mitose + interphase) (≠ vinca-alcaloïdes qui empêchent la polymérisation)
Taxanes (docétaxel, paclitaxel) — Indications + exemples ?
DOCÉTAXEL
CBNPC, cancer du sein, VADS, cancer gastrique
PACLITAXEL
CBNPC, cancer du sein, cancer de l'ovaire
Protocoles :
Carboplatine – paclitaxel (ovaire)
Cisplatine + paclitaxel (bronchique)
Trastuzumab + taxane (sein HER2+++)

Taxane
Dérivés de la podophyllotoxine (étoposide) — Chimie thérapeutique ?
Classe : dérivés de la podophyllotoxine (produits naturels végétaux) ATC : L01CB (dans L01C)
Étoposide (VP-16) :
Podophyllotoxine = principal actif de la podophylline (extraits de Podophyllum peltatum)
Dérivés de la podophyllotoxine (étoposide) — Pharmacologie ?
Inhibiteur de la TOPO-ISOMÉRASE II (qui ressoude les brins d'ADN)
Inhibe l'entrée en mitose (prophase) — phases S et G2 (la fiche écrit « G3 »)
N'inhibe PAS l'assemblage des microtubules
Fortes concentrations : lyse des cellules en mitose
Dérivés de la podophyllotoxine (étoposide) — Indications + exemples ?
CBNPC
Cancer du testicule
Lymphome
Protocoles :
Carboplatine – étoposide (CBNPC)
BEP : Bléomycine – Étoposide – cisPlatine (testicule)
Conditionnement de greffe (lymphome) avec carmustine, aracytine, melphalan

Etoposide
Analogues des purines (fludarabine) — Chimie thérapeutique ?
Classe : analogues des purines = antimétabolites ATC : L01BB (dans L01B)
Pharmacophore :
Fludarabine → segment-clé DCI « -(ar)abine » (dérivés de l'arabinofuranosyl)
Autres molécules : clofarabine, nélarabine, 6-mercaptopurine, thioguanine
Analogues des purines (fludarabine) — Pharmacologie ?
Phosphate de fludarabine = 2-F-ara-AMP
Déphosphorylé rapidement en 2-F-ara-A → entre dans la cellule
Phosphorylé par la déoxycytidine kinase → 2-F-ara-ATP (ACTIF)
Le 2-F-ara-ATP inhibe :
Ribonucléotide réductase
ADN polymérases α, δ et ε
ADN primase
ADN ligase → inhibition de la synthèse d'ADN
Inhibition partielle de l'ARN polymérase II → ↓ synthèse protéique
Élimination principalement rénale
Analogues des purines (fludarabine) — Indications + exemples ?
Leucémie lymphoïde chronique (LLC) → schéma RFC : Rituximab – Fludarabine – Cyclophosphamide
Conditionnement de greffe et de CAR-T (effet immunosuppresseur) → souvent avec le busulfan ou le cyclophosphamide

analogue des purines

Fludarabine
Analogues des pyrimidines (5-FU, capécitabine, gemcitabine) — Chimie thérapeutique ?
Classe : analogues des pyrimidines = antimétabolites ATC : L01BC (dans L01B)
Pharmacophore : mime d'une base pyrimidique ± ribose/désoxyribose ± phosphate
5-Fluoro-uracile → segment-clé DCI « -racil » (type uracile)
Capécitabine, gemcitabine → segment-clé DCI « -citabine » (dérivés de la cytarabine ou de l'azacitidine)
Autres molécules : décitabine, cytarabine
Analogues des pyrimidines (5-FU, capécitabine, gemcitabine) — Pharmacologie ?
5-FU : 3 effets antimétaboliques
FdUMP + méthylène-tétrahydrofolate → bloque la thymidylate synthétase → plus de thymine → ↓ ADN
FUTP incorporé dans les ARN à la place de l'uracile → erreurs de lecture
Inhibe l'uridine-phosphorylase
5-FU : pharmacocinétique
Passe bien la BHE
Demi-vie plasmatique : 11 min
Diffusion rapide et sélective dans les tissus tumoraux
15 % rénal ; 60–80 % respiratoire (CO2)
Catabolisé par la DPD → déficit en DPD = toxicité ↑
⚠ Recherche du déficit en DPD OBLIGATOIRE avant traitement
CAPÉCITABINE
Prodrogue orale du 5-FU
Activation en plusieurs étapes dont la thymidine phosphorylase (plus abondante dans les tumeurs)
GEMCITABINE
Diphosphate → inhibe la ribonucléotide réductase
Triphosphate → inhibe les polymérases
Analogues des pyrimidines (5-FU, capécitabine, gemcitabine) — Indications + exemples ?
5-FU
Cancer colorectal, sein, carcinomes épidermoïdes des VADS et de l'œsophage
Protocole FOLFIRI : folinate de calcium + 5-FU + irinotécan
CAPÉCITABINE
Cancers colorectaux, de l'estomac, du sein
GEMCITABINE
Pancréas, CBNPC, vessie, sein
Bronchique : association avec le cisplatine

5-Fluoro-Uracile

Capécitabine

Gemcitabine
Vinca-alcaloïdes (vincristine) — Chimie thérapeutique ?
Classe : vinca-alcaloïdes et analogues (alcaloïdes végétaux) ATC : L01CA (dans L01C)
Vincristine → segment-clé DCI « vin- » Alcaloïde extrait de la pervenche Vinca rosea L.
Autres molécules : vindésine, vinflunine, vinorelbine, vinblastine
Vinca-alcaloïdes (vincristine) — Pharmacologie ?
« Poison du fuseau » classique
Se lie à la tubuline
Bloque les cellules en MÉTAPHASE
Empêche la polymérisation de la tubuline → pas de microtubules
Dépolymérise les microtubules existants
Métabolisme probablement hépatique (CYP450)
Substrat du CYP3A4 et de la P-gp
Vinca-alcaloïdes (vincristine) — Indications + exemples ?
Leucémies aiguës lymphoblastiques (LAL)
Lymphomes
Neuroblastomes
Sarcomes
Cancers broncho-pulmonaires
Cancer du col de l'utérus

Vincristine
Analogues de l'acide folique (méthotrexate, pemetrexed) — Chimie thérapeutique ?
Classe : analogues de l'acide folique = antimétabolites ATC : L01BA (dans L01B)
Méthotrexate → segment-clé DCI « -trexate »
Pemetrexed → segment-clé DCI « -trexed » (inhibiteurs de la thymidylate synthétase)
Analogues de l'acide folique (méthotrexate, pemetrexed) — Pharmacologie ?
CIBLES
Méthotrexate : inhibe la DHFR
Pemetrexed : antifolate MULTICIBLE → TS, DHFR, GARFT
→ Arrêt de la synthèse de thymidine et de purines → arrêt synthèse ADN
Agissent surtout en phase S
ENTRÉE ET ACTIVATION
Entrée par le transport actif des folates réduits
Polyglutamation (folyl-polyglutamate synthétase) → demi-vie intracellulaire ↑ et inhibition plus puissante → temps- et concentration-dépendante, surtout dans les cellules tumorales
MÉTHOTREXATE (PK)
Absorption VO en 1 à 5 h
Demi-vie : 20 h
Passe peu la BHE
RÉSISTANCES
↓ transport intracellulaire
↓ affinité de la DHFR
Surproduction de DHFR
↓ polyglutamation
Analogues de l'acide folique (méthotrexate, pemetrexed) — Indications + exemples ?
MÉTHOTREXATE
IV : ostéosarcome, lymphome cérébral, métastases cérébrales
Intrathécale : leucémies (systématique dans les LAL), lymphome cérébral, méningite carcinomateuse (cancer du sein)
VO : traitement d'entretien des LAL de l'enfant
PEMETREXED
CBNPC à prédominance non épidermoïde
Mésothéliome pleural malin
Association possible avec le cisplatine (cancer bronchique)

Méthotrexate

Pemetrexed
Dérivés du platine (cisplatine, carboplatine, oxaliplatine) — Chimie thérapeutique ?
Classe : dérivés du platine (complexes de coordination du platine) ATC : L01AX – autres agents alkylants (dans L01A)
Segment-clé DCI : « -platine »
Cisplatine
Carboplatine
Oxaliplatine
Dérivés du platine (cisplatine, carboplatine, oxaliplatine) — Pharmacologie ?
Mécanisme similaire aux alkylants
Hydrolyse en complexes monoaquo et diaquo (1 ou 2 ligands chlorure remplacés par H2O)
Fixation sur l'ADN : ponts intrabrins ou interbrins
→ Inhibition de la réplication
→ Secondairement : inhibition des synthèses d'ARN et de protéines
Pharmacocinétique du cisplatine :
Concentré dans les reins après 3 h
Dans l'intestin et le foie après 40 h
Fortement lié aux protéines plasmatiques
Demi-vie biphasique (2e phase de plusieurs jours)
Dérivés du platine (cisplatine, carboplatine, oxaliplatine) — Indications + exemples ?
CISPLATINE
Cancers bronchiques, digestifs, urologiques, gynécologiques, ORL, testiculaires, lymphomes
Bronchique : + pemetrexed, paclitaxel, gemcitabine ou étoposide
Testicule : schéma BEP = Bléomycine – Étoposide – cisPlatine
CARBOPLATINE
Bronchique si cisplatine déconseillé (toxicité / profil patient)
Ovaire : carboplatine – paclitaxel
CBNPC : carboplatine – étoposide
OXALIPLATINE
Cancers digestifs, surtout colorectaux

Ciplastine

Carboplatine

Oxaliplatine
Nitroso-urées (carmustine / BCNU) — Chimie thérapeutique ?
Classe : nitroso-urées = agents alkylants ATC : L01AD (dans L01A)
Carmustine → segment-clé DCI « -mustine » (dérivés de la β-chloroéthylamine) BCNU = bischloroéthylnitrosourée
Autre molécule : lomustine (CCNU)
Nitroso-urées (carmustine / BCNU) — Pharmacologie ?
Dialkylation de l'ADN
Alkyle aussi l'ARN
Carbamoylation des protéines → inhibition d'enzymes
Particularité : très grande LIPOSOLUBILITÉ → traverse facilement la barrière hémato-encéphalique
Nitroso-urées (carmustine / BCNU) — Indications + exemples ?
Carmustine :
Lymphomes
Conditionnement de greffe hématopoïétique (lymphome) → association étoposide + aracytine + melphalan
Tumeurs du système nerveux central (passage de la BHE)
Lomustine (CCNU) :
Leucémies, lymphomes, tumeurs cérébrales

Carmsutine
Anticorps monoclonaux 4 (pembrolizumab) — Chimie thérapeutique / bioproduction ?
Classe : inhibiteurs de PD-1 / PD-L1 ATC : L01FF (dans L01F)
Pembrolizumab → « -zumab » = HUMANISÉ
Autres anti-PD-1 : nivolumab, cémiplimab, dostarlimab Anti-PD-L1 : atézolizumab, avélumab, durvalumab
Anticorps monoclonaux 4 (pembrolizumab) — Pharmacologie ?
PD-1 = récepteur sur les LYMPHOCYTES T, régulateur négatif
PD-L1 / PD-L2 = ligands sur les cellules cancéreuses
Leur liaison freine la réponse antitumorale
Pembrolizumab se lie à PD-1 → bloque l'interaction avec PD-L1/PD-L2
→ Restaure l'activité antitumorale des lymphocytes T
= inhibiteur de point de contrôle immunitaire (immunothérapie)
Anticorps monoclonaux 4 (pembrolizumab) — Indications + exemples ?
~30 indications (2026), seul ou en association
Exemples :
Autres : mésothéliome, lymphome de Hodgkin, urothélial, tête et cou, rein, œsophage, sein triple négatif, col de l'utérus, voies biliaires, ovaire
Alkylsulfonates (busulfan) — Chimie thérapeutique ?
Classe : alkylsulfonates = agents alkylants (méthanesulfonates) ATC : L01AB (dans L01A)
Busulfan → segment-clé DCI « -sulfan »
Autre molécule : pipobroman (Vercyte®)
Alkylsulfonates (busulfan) — Pharmacologie ?
Agent alkylant BIFONCTIONNEL
Cytotoxicité notamment sur les cellules de la moelle osseuse
Molécule très hydrophobe
Métabolisme principalement hépatique
Excrétion rénale
Alkylsulfonates (busulfan) — Indications + exemples ?
Busulfan :
Conditionnement avant ALLOGREFFE de cellules hématopoïétiques
Souvent en association avec la fludarabine
Pipobroman :
Maladie de Vaquez (polyglobulie primitive)

Alkylsulfonates

Busulfan
Moutardes à l'azote (cyclophosphamide, melphalan) — Chimie thérapeutique ?
Classe : analogues des moutardes à l'azote = agents alkylants ATC : L01AA (dans L01A – agents alkylants)
Cyclophosphamide → segment-clé DCI « -fosfamide » (agents alkylants du groupe du cyclophosphamide)
Melphalan → pas de segment-clé DCI
Autres molécules de la classe : ifosfamide, chlorambucil
Moutardes à l'azote (cyclophosphamide, melphalan) — Pharmacologie ?
CYCLOPHOSPHAMIDE
Prodrogue activée par les CYP450 hépatiques
⚠ Interactions avec les inhibiteurs enzymatiques
Donne 2 métabolites : → moutarde phosphoramidée = ACTIVE (alkylant bifonctionnel) → acroléine = INACTIVE, responsable des cystites hémorragiques
Liaisons covalentes avec l'ADN (radicaux alcoyles)
Ponts alcoyles intrabrins ou interbrins
→ Inhibition de la transcription et de la réplication
Action cycle-dépendante : respecte les cellules en G0
Élimination essentiellement urinaire
MELPHALAN
Alkylant « bifonctionnel » (2 groupements alkylés)
Liaisons covalentes stables sur les 2 brins d'ADN
L'ADN ne peut plus être séparé → plus de réplication
Moutardes à l'azote (cyclophosphamide, melphalan) — Indications + exemples ?
CYCLOPHOSPHAMIDE
IV : cancer du sein, de l'ovaire, sarcome, lymphome, myélome, LAL
Mobilisation des cellules souches périphériques (+ G-CSF) avant autogreffe
Immunosuppresseur : post-allogreffe de moelle, maladies auto-immunes
VO : éventuellement sein, ovaire
Protocoles : RFC (LLC), RCHOP (lymphomes)
MELPHALAN
IV forte dose : conditionnement avant autogreffe (myélome, lymphome)
VO : myélome multiple ; éventuellement sein et ovaire avancés
AUTRES
Ifosfamide : sarcome, lymphomes
Chlorambucil : lymphome surtout

moutarde à l’azote

cyclophosphoramide

melphalan
Anticorps monoclonaux 3 (bevacizumab) — Chimie thérapeutique / bioproduction ?
Classe : anticorps monoclonal anti-VEGF ATC : L01FG (dans L01F)
Bevacizumab → « -zumab » = HUMANISÉ ; « -ci- » = cardiovasculaire
IgG1 : 93 % humain / 7 % souris
Immunisation de souris avec le VEGF recombinant (165 acides aminés)
Bioproduction :
Cellules CHO en suspension, bioréacteur 12 000 L, mode fed-batch
Purification : → affinité protéine A → inactivation virale → échangeuse d'anions → échangeuse de cations → ultrafiltration / diafiltration
Congelé à –20 °C
Anticorps monoclonaux 3 (bevacizumab) — Pharmacologie ?
Se lie au VEGF (facteur clé de la vasculogenèse et de l'angiogenèse)
Empêche sa liaison à VEGFR-1 (Flt-1) et VEGFR-2 (KDR) sur les cellules endothéliales
Conséquences :
Régression des vaisseaux tumoraux
Normalisation des vaisseaux restants
Inhibition de la néovascularisation
→ Inhibition de la croissance tumorale
Agit sur l'environnement tumoral, pas sur une cible spécifique de la tumeur
Anticorps monoclonaux 3 (bevacizumab) — Indications + exemples ?
Nombreuses indications en situation MÉTASTATIQUE :
Cancer colorectal
Poumon (si risque hémorragique faible : pas près d'un gros vaisseau)
Rein
Ovaire
Sein triple négatif (RE–, RP–, HER2–)
Tumeurs cérébrales : hors AMM, bénéfice/risque discutable
Protocoles :
Bevacizumab-FOLFIRI (colorectal) : bévacizumab + folinate de calcium + 5-FU + irinotécan
Ajout possible au protocole standard (si AMM)
Anticorps monoclonaux 2 (trastuzumab) — Chimie thérapeutique / bioproduction ?
Classe : anticorps monoclonal anti-HER2 ATC : L01FD (dans L01F)
Trastuzumab → segment-clé DCI « -zumab » = HUMANISÉ (anti-p185, rhuMab HER2)
Obtention :
Immunisation de souris Balb/c avec des cellules surexprimant HER2
Humanisation de l'anticorps le plus affin + Fc γ1 humain
Bioproduction :
Cellules CHO, milieu sans sérum, bioréacteurs 12 000 L
Purification : → affinité protéine A (contaminants, endotoxines) → échangeuse de cations (agrégats, impuretés CHO) → échangeuse d'anions (ADN, endotoxines) → chromatographie hydrophobe (derniers agrégats)
Congelé à –20 °C
Anticorps monoclonaux 2 (trastuzumab) — Pharmacologie ?
Se lie à HER2, sous-domaine IV
Inhibe l'activation des voies HER2 indépendamment du ligand
Empêche le clivage protéolytique du domaine extracellulaire
→ Inhibe la prolifération des cellules surexprimant HER2
Puissant médiateur de l'ADCC
Uniquement si tumeur HER2+ (test validé)
HER2 surexprimé dans 20 à 30 % des cancers du sein
Domaine extracellulaire (ECD, p105) dosable dans le sérum
Anticorps monoclonaux 2 (trastuzumab) — Indications + exemples ?
Schémas :
⚠ CI avec les anthracyclines (2 cardiotoxiques)