II. Quels liens entre progrès technique et croissance (un processus cumulatif auto-entretenu) ?

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Comment le progrès technique favorise la croissance

  1. Par les gains de productivité

  2. Le progrès technique renouvelle le tissu productif (entreprises, organisations…)

  3. Mais le lien progrès technique-croissance peut être fragilisé



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Les gains de productivité

Le progrès technique constitue un moteur essentiel de la croissance économique, car il est à l'origine d'importants gains de productivité. Lorsqu'une entreprise introduit une innovation de procédé, elle parvient à produire davantage de biens ou de services avec une quantité identique ou moindre de facteurs de production. La répartition de ces gains de productivité permettent d'une part, d'augmenter les profits des entreprises, ce qui accroît leur capacité d'épargne et stimule l'investissement. D'autre part, ils autorisent une hausse des salaires tout en permettant une baisse des prix de vente pour les consommateurs. Ces deux mécanismes libèrent du pouvoir d'achat et stimulent la demande globale, à la fois via la consommation des ménages, la dépense publique et les exportations. Cet accroissement simultané de l'offre et de la demande se traduit directement par une augmentation durable du PIB (= croissance économique)

Ex : Dans l’industrie automobile, l’introduction de la robotisation génère des gains de productivité. En automatisant les chaînes de montage, cette innovation de procédé permet de produire plus de véhicules en moins de temps, augmentant ainsi la productivité globale des facteurs (PGF). Cette efficacité accrue engendre une baisse des coûts de fabrication unitaires, ce qui libère des profits pour l'entreprise : elle peut ainsi réduire ses prix de vente pour stimuler la demande, augmenter les salaires ou accroître ses profits pour investir à nouveau. À l'échelle macroéconomique, cette dynamique alimente un cercle vertueux qui fait la croissance économique

<p>Le progrès technique constitue un moteur essentiel de la croissance économique, car il est à l'<strong>origine </strong>d'importants <strong>gains de productivité</strong>. Lorsqu'une entreprise introduit une innovation de procédé, elle parvient à <strong>produire davantage de biens ou de services avec une quantité identique ou moindre de facteurs de production.</strong> La répartition de ces gains de productivité permettent d'une part, d'augmenter les profits des entreprises, ce qui accroît leur capacité d'épargne et stimule l'investissement. D'autre part, ils autorisent une hausse des salaires tout en permettant une baisse des prix de vente pour les consommateurs. Ces deux mécanismes libèrent du pouvoir d'achat et stimulent la demande globale, à la fois via la consommation des ménages, la dépense publique et les exportations. Cet accroissement simultané de l'offre et de la demande se traduit directement par une augmentation durable du PIB (= croissance économique)</p><p><span style="color: rgb(6, 180, 28);"><strong>Ex : Dans l’industrie automobile, l’introduction de la robotisation génère des gains de productivité. En automatisant les chaînes de montage, cette innovation de procédé permet de produire plus de véhicules en moins de temps, augmentant ainsi la productivité globale des facteurs (PGF). Cette efficacité accrue engendre une baisse des coûts de fabrication unitaires, ce qui libère des profits pour l'entreprise : elle peut ainsi réduire ses prix de vente pour stimuler la demande, augmenter les salaires ou accroître ses profits pour investir à nouveau. À l'échelle macroéconomique, cette dynamique alimente un cercle vertueux qui fait la croissance économique</strong></span></p>
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Le progrès technique renouvelle le tissu productif (entreprises, organisations…)

Selon la théorie développée par Joseph Schumpeter, l'innovation ne fait pas qu’augmenter la production, elle transforme et renouvelle en profondeur les structures mêmes de l'économie à travers le mécanisme de la « destruction créatrice ». L'apparition d'innovations majeures entraîne la création de nouvelles activités économiques, de nouveaux produits et de nombreux emplois dans les secteurs porteurs. Cependant, ce processus rend simultanément obsolètes les technologies, les entreprises et les secteurs d'activité anciens qui ne parviennent pas à s'adapter, provoquant des faillites et des destructions d'emplois dans les industries dépassées. À long terme, l'économie évolue par vagues ou cycles d’innovation (Schumpeter : l’économie est cyclique) : les phases d'expansion (Kondratiev) portées par la diffusion des nouvelles technologies succèdent aux phases de récession caractérisés par le ralentissement de la croissance, réorganisant en permanence le tissu productif au profit des secteurs les plus performants.

Ex : les plateformes de musique en ligne comme Spotify ont détruit le marché des disques physiques, tout en créant des emplois dans le numérique.

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Un lien progrès technique-croissance qui peut être fragilisé

Bien que le progrès technique soit le moteur de développement, la relation entre progrès technique et croissance peut se trouver fragilisée ou ralentie par plusieurs obstacles majeurs. Ce phénomène est illustré par le « paradoxe de Solow ». Solow explique que l'impact des nouvelles technologies sur la productivité globale n'est en effet ni instantané ni automatique, car il exige un temps d'apprentissage, une réorganisation du travail et des investissements complémentaires en capital humain. Une nouvelle technologie demande du temps pour être maîtrisée et les entreprises doivent changer leurs méthodes avant de devenir plus efficaces.

Ex : Solow explique : « On voit des ordinateurs partout, sauf dans les statistiques de productivité ». À l’arrivée des ordinateurs, vers les années 1940, l’impact de l'informatique a en effet été freiné par le temps nécessaire aux salariés pour maîtriser les logiciels, réorganiser le travail et gérer les bugs informatiques.

De plus, le progrès technique actuel tend à être « biaisé en faveur des hautes qualifications », ce qui signifie qu'il profite principalement aux travailleurs très qualifiés et accroît les inégalités de revenus.

Ex : Avec l'arrivée de l'intelligence artificielle dans les hôpitaux, les logiciels d'analyse médicale multiplient l'efficacité et le salaire des médecins radiologues (très qualifiés), car leur expertise devient encore plus précieuse. À l'inverse, ces technologies automatisent les tâches de secrétariat, ce qui menace les emplois moins qualifiés.

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Un progrès technique endogène

Avant 1980, les économistes comme Solow n’expliquaient pas la source du progrès technique. Il était considéré comme extérieur de la sphère économique (le heureux hasard d’une découverte scientifique, une manne tombée du ciel) et donc non prévisibles. On disait alors que le progrès technique était exogène. Cette idée est contestée dans les années 80 par des économistes qu'on appellera les théoriciens de la croissance endogène (Barro, Lucas, Romer) qui vont affirmer que le progrès technique est endogène, autrement dit qu'il trouve sa source dans la sphère économique. Le progrès technique n’est pas le fruit du hasard, il résulte des décisions des agents économiques (entreprises, Etat, ménages…). En effet, les innovations proviennent de décisions de l’Etat et des entreprises d’investir dans certains domaines pour accumuler du capital. Ces capitaux sont porteurs d’externalités positives, vont donc générer de la croissance.

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Le progrès technique s'explique par l'accumulation des capitaux permise par la croissance

En effet, les innovations proviennent de décisions de l’Etat et des entreprises d’investir dans certains domaines pour accumuler du capital. Ces capitaux sont porteurs d’externalités positives, vont donc générer de la croissance.

  • Accumulation du capital physique c’est l’accumulation de l’ensemble des biens de production par l’investissement. On a une hausse de la productivité car l'investissement incorpore le progrès technique et est source d'apprentissage par la pratique

Externalité : En utilisant des machines plus perfectionnées, la qualité des biens produites augmente mais aussi les travailleurs augmentent leur savoir faire et ce savoir se diffuse dans toutes les entreprises

  • Accumulation du capital humain est l’investissement dans le niveau d'éducation et de santé de la population : le capital humain s'accumule par les dépenses en éducation et en santé et augmente la productivité car une population bien éduquée et en bonne santé est plus efficace.

Externalité : Elle peut faire de nouvelles découvertes et prendre des risques en innovant. De plus, le niveau d'éducation d'un agent a des effets positifs sur ses partenaires.

  • Accumulation du capital technologique c’est l’accumulation des connaissances relatives à la production : le capital technologique s'accumule par les dépenses de R&D et progrès technique et augmente la productivité car les nouveaux procédés de production réduisent les couts et les nouveaux produits étendent la taille du marché.

Externalité : Ces capitaux améliorent le processus productif, développent de nouveaux produits et diffusent de l’innovation

  • Accumulation du capital public est l’accumulation des infrastructures financé par la puissance publique comme les transports, les ports, les écoles, les hôpitaux) : le capital public s'accumule par les dépenses publiques. Les infrastructures publiques élèvent la productivité du secteur privé. Le niveau d'éducation et de santé s'améliore. La croissance permet de financier de nouvelles infrastructures.

Externalité : La concentration géographique des infrastructures entraîne l'arrivée de nouvelles entreprises de nouveaux travailleurs qualifié. Le capital public a donc des effets positifs sur le capital humain, le capital technologique et le capital physique.

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La croissance : un processus cumulatif auto-entretenue

Le progrès technique est endogène et permis par la croissance, donc la croissance est un processus cumulatif auto-entretenue : le progrès technique fait la croissance et en retour la croissance provoque le progrès technique. Autrement dit, la croissance entraine elle-même les conditions de la croissance future. Si la croissance est forte en 2024, il est probable qu’elle soit également forte en 2025. L’explication est la suivante : pour investir, l’Etat et les entreprises ont besoin d’argent. Et lorsque la croissance est élevée, les recettes de l’Etat et les profits des entreprises augmentent. Ils ont alors davantage la capacité d’investir… et cet investissement va à son tour générer de la croissance. C’est un cercle vertueux. Et inversement lorsque la croissance est faible, cela entraine un cercle vicieux. Chaque innovation ouvre la voie à de nouvelles découvertes ultérieures, auto-entretenant l'accumulation des capitaux et la croissance

Ex : Les ventes massives et les bénéfices historiques générés par les premiers modèles de l’iPhone ont permis à Apple de réinvestir des milliards chaque année dans la recherche et le développement. Ces investissements ont financé des innovations majeures (puces plus puissantes, capteurs photo avancés…), rendant les modèles suivants toujours plus attractifs pour les consommateurs.

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L’innovation

L’innovation est au cœur du processus de la croissance économique. Elle correspond à la

mise en œuvre d’inventions dans la sphère productive. Il existe des innovations de produit et de

procédé. Ces dernières correspondent à la création ou à l’amélioration des techniques de production.

Par exemple une nouvelle forme d'organisation du travail comme l’apparition de l'organisation Fordiste du travail ou le recours à la production assistée par ordinateur.

Les innovations de produit font référence à la création ou à l’amélioration de produits

Par exemple l’apparition des smartphones ou l’introduction de la reconnaissance faciale pour le téléphone portable.


Les innovations résultent notamment des investissements

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L’investissement (FBCF)

L'investissement (FBCF : Formation Brut de Capital Fixe) c’est l’achat du capital fixe

- L'investissement peut être privé (l'investissement des entreprises)

- L'investissement peut aussi être aussi publique (l'investissement de l’État)

(attention : les ménages n'investissent pas sauf quand ils achètent un logement neuf)


1. La Recherche et développement (R&D)

L’État ou les entreprises peuvent choisir d’investir dans la recherche et développement car plus on finance des chercheurs, plus les innovations seront nombreuses.

2. Le système éducatif

Plus les travailleurs sont éduqués et plus ils sont susceptibles d’innover.

3. La sécurité et les infrastructures publiques

Plus les routes et de moyens de télécommunications sont efficaces et l’environnement social et politique stable, plus les entreprises vont pouvoir échanger rapidement des informations et des produits, ce qui accélère le processus d’innovation.

Ex : La playstation a été inventée en 1994 par Ken Kutaragi, ingénieur-chercheur de l’entreprise Sony, après trois couteuses années de recherche infructueuses. A l’origine du PT, il y avait donc bien la décision d’une entreprise d’investir dans la recherche en finançant une équipe de recherche. La Playstation n’est donc pas une innovation tombée du ciel. Sans investissement préalable, il y a moins d’innovation/de PT.

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Le rôle des institutions

Pour inciter les entreprises à prendre des décisions d’investissement qui augmenteront le progrès technique, l’Etat a tout intérêt à mettre en place les bonnes conditions. Ces bonnes conditions sont garanties par les institutions. Les institutions ont un fort impact sur la croissance. Les entreprises privées investissent lorsque le contexte est favorable. Des exemples d’institutions sont le respect du droit de propriété, les brevets, un système judiciaire efficace…Dans les pays où les institutions ne sont pas adaptées, les investissements (en capital ET en R&D) sont faibles et la croissance très lente.

Ex : Dans un pays où il y a une forte inflation, dans une région où il y a des mafias qui rackettent les marchands et les producteurs, la décision d’investir sera plus risquée que dans un territoire où les prix sont stables et le respect des lois démocratiques est assuré. Les institutions jouent donc un rôle non négligeable sur la croissance.

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Le droit de propriété

L’institution la plus importante pour que les entreprises investissent est le droit de propriété. Le droit de propriété la loi qui interdit aux personnes qui ne sont pas propriétaires d’un bien d’utiliser ce bien sans l’accord de son propriétaire. Le droit de propriété est très important pour les entreprises puisqu’elles n’investiraient pas si elles savaient qu’elles pouvaient se faire voler le fruit de leur investissement. Et sans investissement, il n’y a pas de croissance économique.

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Le brevet

En second lieu, des institutions spécifiques comme le brevet jouent un rôle central pour inciter à l'innovation. Le brevet accorde à un inventeur un monopole temporaire d'exploitation sur sa découverte, ce qui lui permet de rentabiliser ses investissements en R&D. En échange, il impose la publication et la diffusion publique des connaissances techniques, créant ainsi des externalités positives. Ces externalités se manifestent par le fait qu'une information ou une innovation est un bien non rival et non exclusif : elle peut être partagée et réutilisée par d'autres acteurs (selon la célèbre formule d'Isaac Newton, en étant « montés sur les épaules de géants ») pour stimuler de futures recherches sans tout réinventer. En l’absence des brevets, les entreprises n’investiraient pas en R&D et donc n’innoveraient pas (ou moins). En rendant illégale la copie de l’innovation par les entreprises concurrentes pendant une durée de plusieurs années, les brevets octroient un monopole temporaire aux innovateurs. Ils incitent ainsi les entreprises à investir en R&D.

Ex : Imaginons une entreprise pharmaceutique qui souhaiterait créer un nouveau médicament pour soigner une maladie rare. Le coût d’investissement en R&D est très élevé (et la réussite assez incertaine) et l’Etat n’a pas mis en place un système de brevet interdisant la copie des innovations. Ainsi, l’entreprise innovante sait que, si elle parvient à créer ce fameux médicament, elle sera immédiatement copiée par ses concurrents et que ces derniers pourront même vendre le médicament à bas prix puisqu’ils n’ont pas eu besoin de payer les coûts d’investissement en R&D. L’entreprise innovante, contrainte de vendre au prix du marché, sait donc dès le départ qu’elle perdra de l’argent. Evidemment, dans ce cas, elle abandonnera son idée et l’innovation en médecine s’arrêterait. C’est pour éviter ce phénomène que l’Etat a mis en place un système de brevets.

Ainsi, les institutions, et particulièrement les droits de propriété, favorisent l’investissement et surtout l’innovation.

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Le rôle de l’État

L'État joue un rôle clé dans la croissance grâce à des politiques structurelles, notamment en investissant dans la recherche publique et l'éducation. En finançant le système éducatif, la puissance publique augmente le capital humain (le niveau de formation et de qualification des travailleurs), ce qui génère d'importantes externalités positives pour toute l'économie.

De plus, face aux défaillances du marché (lorsque le secteur privé ne produit pas suffisamment d'innovations par peur des coûts élevés), l'État intervient pour corriger le sous-investissement en R&D. Il met en place des subventions, des crédits d'impôt et des infrastructures publiques qui soutiennent l'innovation et stimulent la croissance à long terme.

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Règles de marchés

Les règles d'encadrement

vérifier le bon fonctionnement du marché en produisant des règles qui garantissent qu'on est le plus proche possible de la concurrence (lutter contre les monopoles)

Ex : Pour empêcher Google d'imposer son moteur de recherche et son navigateur par défaut sur les téléphones Android en étouffant les concurrents, les autorités de la concurrence lui ont infligé des amendes milliardaires et imposé de laisser le choix aux utilisateurs.


Les règles de stabilisation

Le marché doit fonctionner dans un environnement relativement stable c'est-à-dire sans trop d'inflation, de chômages, de dettes publiques ou de déséquilibre pour attirer les investisseurs

Ex : Face à la forte hausse de l'inflation, la Banque centrale européenne a relevé ses taux d’intérêt pour stabiliser les prix et préserver le pouvoir d'achat ainsi que la confiance des investisseurs.


Les règles de légitimation

Une protection sociale nécessaire pour assurer des bonnes conditions de travail

Ex : L'existence d'une assurance chômage et d'un système de retraite garantit aux travailleurs une sécurité financière à long terme. Un salarié accepte des conditions de travail parfois pénibles ou exigeantes parce qu'il sait qu'il bénéficiera d'une protection sociale et d'une retraite en fin de carrière.