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Fiches de vocabulaire et notions clés portant sur les documents d'histoire et les analyses historiographiques de la colonisation au XIXe siècle.
Jules Ferry (discours du 28 juillet 1885)
Discours parlementaire prononcé à la Chambre des députés par l'artisan de l'expansion coloniale, défendant la politique impériale française à travers trois justifications majeures : économique, civilisatrice et patriotique.
« Trois ordres d'idées » (Ferry)
Ensemble des trois piliers justifiant la colonisation selon Jules Ferry : la recherche de débouchés économiques pour l'industrie, le devoir civilisateur des « races supérieures » sur les « races inférieures », et la puissance politique et maritime de la France.
Recherche de « débouchés »
Argument économique de Jules Ferry expliquant que l'industrie française, tournée vers l'exportation depuis les traités de libre-échange de 1860, a impérativement besoin de nouveaux marchés face à la concurrence mondiale.
Points d'appui et de ravitaillement
Bases maritimes indispensables à la flotte française (notamment en Tunisie, au Tonkin ou en Afrique équatoriale) pour préserver son rang mondial et éviter l'« abdication » face aux autres puissances.
Paul Déroulède
Figure nationaliste opposée à la politique coloniale de Jules Ferry, considérant que les conquêtes lointaines détournent la France de la revanche et de la reprise de l'Alsace-Lorraine.
« Le fardeau de l'homme blanc » (1899)
Poème de Rudyard Kipling encourageant les États-Unis à coloniser les Philippines conquises sur l'Espagne en 1898, présentant la colonisation comme un devoir altruiste, pénible et ingrat.
« Sauvages guerres de la paix »
Formule de Rudyard Kipling décrivant les conquêtes coloniales non comme des entreprises violentes d'exploitation, mais comme des luttes bienveillantes visant à éradiquer la famine et la maladie chez les colonisés.
« Paradigme racial »
Concept historiographique (Fureix et Jarrige) postulant une hiérarchie et une « infériorité ontologique » des peuples colonisés (« Mi-diables, mi-enfants » chez Kipling), partagé par l'ensemble des puissances coloniales de l'époque.
« Conquête et civilisation (5 juillet 1830) »
Lithographie de propagande de Victor Adam (1843) célébrant la prise d'Alger, qui associe la France à la Rome antique et met en scène une soumission pacifique et consentie des Algériens recevant les bienfaits de la civilisation.
Enfumades du Dahra (1845)
Massacre commis durant la guerre de conquête de l'Algérie menée par Bugeaud, illustrant la violence réelle de la conquête en contraste avec l'imagerie pacifique de la propagande de 1843.
François-Auguste Biard (peinture de 1849)
Peintre officiel de « L'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises en 1848 », représentant l'émancipation comme un bienfait généreusement octroyé par la République à des esclaves spectateurs et reconnaissants.
Décret du 27 avril 1848
Texte officiel préparé par Victor Schœlcher sous la IIe République qui abolit définitivement l'esclavage dans les colonies françaises, après son premier décret de 1794 et son rétablissement par Napoléon en 1802.
Insurrection du 22 mai 1848
Soulèvement d'esclaves en Martinique qui força le gouverneur local à proclamer l'abolition immédiate avant même la réception et la promulgation officielle du décret de la métropole.
« Évangile du travail »
Principe idéologique décrit par Fureix et Jarrige selon lequel la fin de l'esclavage s'est accompagnée de la réinstauration d'un travail contraint au nom du progrès moral et de la mission civilisatrice.
Engagisme
Forme de travail sous contrat contraignant qui a pris le relais économique de l'esclavage après 1848, maintenant les populations sous une dépendance étroite malgré l'émancipation légale.
« Légendes » historiographiques (Singaravélou)
Désignation critique de Pierre Singaravélou visant les récits historiques de la colonisation construits uniquement à partir des sources coloniales (propagande, littérature, discours officiels) sans confronter la réalité des pratiques.