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Céphalées et algies faciales — Classification internationale
La classification internationale des céphalées est l'ICHD :
→ International Classification of Headache Disorders
Les céphalées et les algies faciales ne sont pas clairement distinguées dans cette classification.
Explication :
→ Une cause de céphalée peut provoquer une douleur faciale
→ Une cause de douleur faciale peut provoquer une céphalée
Cette intrication est liée à l'anatomie du :
→ Complexe trigémino-cervical
→ Point clé : les céphalées et les algies faciales peuvent se chevaucher en raison du complexe trigémino-cervical.
Céphalée — Définition anatomique
Une céphalée est une douleur de la tête située :
→ Au-dessus de la nuque
→ Au-dessus de la ligne orbitoméatale
La ligne orbitoméatale relie :
→ L'orbite
→ À l'orifice du conduit auditif externe
→ Point clé : une céphalée correspond à une douleur située au-dessus de la ligne orbitoméatale.
Algie faciale — Définition anatomique
Une algie faciale est une douleur de la tête située :
→ Au-dessous de la ligne orbitoméatale
→ En avant du pavillon de l'oreille
→ Au-dessus du cou
→ Point clé : une algie faciale se situe sous la ligne orbitoméatale, en avant de l'oreille et au-dessus du cou.
Céphalées et algies faciales primaires — Définition
Ce sont des maladies neurologiques.
Mécanisme :
→ Mise en jeu spontanée des systèmes nociceptifs crâniens
→ En l'absence d'autre cause
Principales formes :
→ Migraine
→ Céphalée de tension
→ Algie vasculaire de la face
Évolution :
→ Par crises
→ Douleur crânienne et/ou faciale
Diagnostic :
→ Fondé sur les critères ICHD
→ Examens complémentaires normaux
→ Point clé : les céphalées primaires sont diagnostiquées cliniquement, selon les critères ICHD, sans cause secondaire identifiée.
Céphalées et algies faciales primaires — Évolution et traitement
Les crises peuvent persister :
→ Pendant plusieurs années
→ Parfois toute la vie
Les traitements disponibles :
→ Améliorent les symptômes
→ Ne permettent pas toujours une guérison
Le traitement doit être :
→ Le plus spécifique possible
La précision du diagnostic conditionne :
→ L'efficacité thérapeutique
→ Point clé : le diagnostic précis permet de choisir le traitement spécifique adapté.
Céphalées et algies faciales secondaires — Définition
Elles sont symptomatiques d'une autre affection.
Causes possibles :
→ Générales
→ Neurologiques
→ Locales : dents, sinus, yeux…
À évoquer devant :
→ Une douleur crânienne et/ou faciale récente
→ Une douleur inhabituelle
Évolution :
→ Disparaissent généralement après le traitement de la cause
→ Point clé : une céphalée récente et inhabituelle doit faire rechercher une cause secondaire.
Neuropathies crâniennes douloureuses — Définition et caractéristiques
Douleurs strictement localisées au territoire sensitif d'un nerf.
Nerfs concernés :
→ Trijumeau (V)
→ Nerf intermédiaire (VII bis)
→ Glossopharyngien (IX)
→ Grand nerf occipital
Deux types de douleurs :
→ Névralgie : douleur en décharge électrique
→ Douleur neuropathique : brûlure continue
Origine possible :
→ Secondaire (symptomatique)
→ Idiopathique
→ Point clé : névralgie = décharges électriques ; douleur neuropathique = brûlure continue.
Céphalées — Prévalence générale
Dans le monde :
→ 50 à 75 % des adultes ont présenté au moins une céphalée au cours des 12 derniers mois.
Dans la majorité des cas, il s'agit :
→ D'une céphalée de tension
→ Ou d'une migraine
→ Point clé : les céphalées sont très fréquentes : 50 à 75 % des adultes en ont présenté au moins une dans l'année.
Céphalée de tension — Épidémiologie
Céphalée primaire la plus fréquente.
Forme épisodique :
→ Moins de 15 jours/mois
→ Affecte 50 à 70 % de la population selon les pays.
Forme chronique :
→ Au moins 15 jours/mois
→ Affecte 1 à 2 % des adultes.
Débute souvent à l'adolescence.
Prédominance féminine :
→ 3 femmes pour 2 hommes
Aggravation possible par :
→ Surconsommation d'antalgiques
Handicap généralement moins important que dans la migraine
→ Point clé : la céphalée de tension est la plus fréquente des céphalées primaires, avec un seuil de chronicité de 15 jours/mois.
Migraine — Épidémiologie
Prévalence mondiale :
→ Environ 15 %
→ Soit 1 milliard de personnes
Migraine épisodique :
→ Moins de 15 jours/mois
→ Environ 12 % des adultes
Migraine chronique :
→ Au moins 15 jours/mois
→ 1,7 % des adultes en France
Début fréquent à la puberté.
Prédominance féminine :
→ 2 femmes pour 1 homme
Pic de prévalence :
→ Entre 35 et 39 ans
Caractère souvent familial.
Responsable d'un handicap considérable
→ Point clé : la migraine touche environ 15 % de la population mondiale, prédomine chez les femmes et peut être très invalidante.
Algie vasculaire de la face — Épidémiologie
Céphalée primaire rare et très invalidante.
Prévalence :
→ Environ 1 personne sur 1 000
Début habituel :
→ Chez l'adulte jeune
→ Vers 30 ans
Prédominance masculine :
→ 4 à 5 hommes pour 1 femme
Deux formes évolutives :
→ Épisodique
→ Chronique
Crises :
→ Courtes (moins de 4 heures)
→ Très intenses
→ Strictement unilatérales
→ Avec signes dysautonomiques
→ Point clé : 1 personne sur 1 000, prédominance masculine, crises très intenses et strictement unilatérales.
Céphalée par abus médicamenteux — Mécanisme et fréquence
Favorisée par une consommation excessive de traitements de crise.
Situations favorisantes :
→ Automédication
→ Prise en charge inadaptée
Conséquences :
→ Aggravation de la céphalée primaire initiale
→ Passage possible vers une migraine chronique
→ Ou une céphalée de tension chronique
Prévalence :
→ 1 à 5 % des adultes selon les pays
→ Point clé : la surconsommation de traitements de crise peut entretenir les céphalées et favoriser leur chronicisation.
Céphalée par abus médicamenteux — Prévention
Limiter la prise des traitements de crise :
→ À 8 jours par mois maximum
Ne pas prescrire d'antalgiques opiacés dans les céphalées et algies faciales primaires.
Risques des opiacés :
→ Céphalée par abus médicamenteux
→ Addiction
→ Point clé : maximum 8 jours de traitement de crise par mois et éviter les antalgiques opiacés.
Céphalées primaires — Retentissement individuel et sociétal
Les céphalées primaires peuvent entraîner :
→ Une douleur importante
→ Un handicap fonctionnel
→ Une diminution de la qualité de vie
Conséquences économiques :
→ Coûts directs liés aux soins
→ Coûts indirects liés à l'absentéisme
Selon l'OMS :
→ Les céphalées primaires sont sous-estimées
→ Insuffisamment reconnues et traitées
→ Point clé : les céphalées primaires peuvent provoquer un handicap majeur, même en l'absence de lésion neurologique.
Céphalée primaire — Principes du diagnostic
Le diagnostic est clinique.
Il repose sur :
→ L'interrogatoire
→ Les critères diagnostiques de l'ICHD-3 (2018)
→ La normalité de l'examen clinique
Il n'existe pas de :
→ Marqueur biologique
→ Marqueur radiologique spécifique
Exception à la normalité de l'examen :
→ Signes dysautonomiques pendant une crise d'algie vasculaire de la face
→ Point clé : interrogatoire + critères ICHD-3 + examen clinique normal orientent vers une céphalée primaire.
Céphalée secondaire — Signes imposant une exploration
Toute céphalée aiguë, récente et inhabituelle doit être considérée comme :
→ Potentiellement secondaire
Elle nécessite :
→ Une exploration rapide
→ La recherche de drapeaux rouges
Ne pas poser un diagnostic de céphalée primaire :
→ Lors d'un premier épisode
→ Point clé : une céphalée récente ou inhabituelle impose d'abord d'éliminer une cause secondaire.
Céphalées — Drapeaux rouges : début brutal et aura atypique
Céphalée brutale ou en coup de tonnerre :
→ Suspecter une hémorragie sous-arachnoïdienne
Céphalée avec aura migraineuse atypique :
→ Accident ischémique transitoire (AIT)
→ Accident vasculaire cérébral (AVC)
→ Épilepsie
→ Malformation artérioveineuse
→ Point clé : céphalée en coup de tonnerre = rechercher une hémorragie sous-arachnoïdienne ; une aura atypique impose de rechercher une autre cause neurologique.
Céphalées — Drapeaux rouges : traumatisme et aggravation progressive
Traumatisme crânien :
→ Suspecter un hématome sous-dural
Céphalée progressive :
→ Suspecter un processus expansif intracrânien
→ Point clé : traumatisme crânien → hématome sous-dural ; céphalée progressive → processus expansif intracrânien.
Céphalées — Drapeaux rouges : influence de la posture
Céphalée modifiée par la posture :
→ Suspecter un trouble de la pression intracrânienne
Céphalée augmentée en décubitus :
→ Hypertension intracrânienne
Céphalée augmentée en position debout :
→ Hypotension intracrânienne
→ Point clé : aggravation couchée = hypertension intracrânienne ; aggravation debout = hypotension intracrânienne.
Céphalées — Drapeaux rouges : toux, éternuement et effort
Céphalée provoquée par :
→ La toux
→ L'éternuement
→ L'effort
Diagnostic à suspecter :
→ Processus expansif intracrânien
→ Point clé : une céphalée déclenchée par la toux, l'éternuement ou l'effort impose de rechercher un processus expansif intracrânien.
Céphalées — Drapeaux rouges : signes généraux et âge
Céphalée associée à :
→ Amaigrissement
→ Troubles mnésiques
→ Modification de la personnalité
Diagnostic à suspecter :
→ Céphalée secondaire
Début des céphalées après 50 ans :
→ Rechercher une céphalée secondaire
→ Toujours évoquer une artérite temporale
→ Point clé : céphalée débutant après 50 ans = évoquer une artérite temporale ; les signes généraux ou cognitifs orientent vers une cause secondaire.
Céphalées — Drapeaux rouges à l'examen : fièvre et raideur de nuque
Fièvre inexpliquée :
→ Suspecter une méningite
Raideur de nuque :
→ Suspecter une méningite
→ Ou une hémorragie sous-arachnoïdienne
→ Point clé : fièvre inexpliquée + raideur de nuque = rechercher une méningite ; une raideur de nuque peut également évoquer une hémorragie sous-arachnoïdienne.
Céphalées — Drapeaux rouges à l'examen : signes neurologiques et généraux
Déficit neurologique focal :
→ Suspecter une céphalée secondaire
Perte de poids :
→ Suspecter une céphalée secondaire
Altération :
→ De la mémoire
→ De la conscience
→ Du caractère
Ces anomalies orientent vers :
→ Une céphalée secondaire
→ Point clé : déficit focal, perte de poids ou altération neuropsychique sont des drapeaux rouges nécessitant une recherche de cause secondaire.
Céphalées primaires — Conditions du diagnostic
Le diagnostic d'une céphalée primaire est envisagé après avoir établi que le patient présente :
→ Des céphalées habituelles
→ Des céphalées anciennes
→ Évoluant depuis au moins 3 mois, souvent beaucoup plus longtemps
L'interrogatoire permet de préciser les caractéristiques des céphalées.
Le profil temporel est particulièrement important pour orienter le diagnostic.
→ Point clé : devant des céphalées habituelles depuis au moins 3 mois, l'interrogatoire permet d'identifier le type de céphalée primaire.
Céphalées primaires — Éléments du profil temporel
L'interrogatoire doit préciser :
→ La durée des crises sans traitement
→ Le nombre de jours de céphalée par mois
→ La durée des céphalées sans traitement
Ces éléments permettent de distinguer :
→ Les céphalées épisodiques
→ Les céphalées chroniques quotidiennes (CCQ)
→ Point clé : retenir les 3 paramètres temporels : durée des crises, fréquence mensuelle et durée des céphalées sans traitement.
Céphalées primaires — Céphalées épisodiques
Définition :
→ Céphalées présentes moins de 15 jours par mois
Principales causes :
→ Migraine épisodique
→ Céphalée de tension épisodique
→ Point clé : moins de 15 jours de céphalée par mois évoquent principalement une migraine ou une céphalée de tension épisodique.
Céphalées chroniques quotidiennes — Définition et classification
Définition :
→ Céphalées présentes au moins 15 jours par mois
Deux catégories selon la durée :
→ CCQ de courte durée : moins de 4 heures
→ CCQ de longue durée : plus de 4 heures
→ Point clé : CCQ = au moins 15 jours/mois, avec distinction selon le seuil de 4 heures.
Céphalées chroniques quotidiennes — Principales étiologies
CCQ de courte durée (< 4 heures) :
→ Algie vasculaire de la face (AVF)
→ Névralgie du trijumeau
CCQ de longue durée (> 4 heures) :
→ Migraine chronique
→ Plus rarement, céphalée de tension chronique
Ces formes prolongées peuvent survenir :
→ Avec ou sans abus médicamenteux
La douleur peut être :
→ Permanente du lever au coucher
→ Et se poursuivre pendant la nuit
→ Point clé : moins de 4 h : AVF ou névralgie du trijumeau ; plus de 4 h : migraine chronique ou céphalée de tension chronique.
Migraine sans aura — Critères diagnostiques ICHD-3
Critère A :
→ Au moins 5 crises répondant aux critères B, C et D
Critère B :
→ Crises durant 4 à 72 heures sans traitement ou avec traitement inefficace
Critère C :
→ Au moins 2 des 4 caractéristiques suivantes :
→ Topographie unilatérale
→ Douleur pulsatile
→ Intensité modérée ou sévère
→ Aggravation par les activités physiques habituelles ou évitement de celles-ci
Critère D :
→ Au moins 1 des 2 associations suivantes :
→ Nausées et/ou vomissements
→ Photophobie et phonophobie
Critère E :
→ Symptômes non mieux expliqués par un autre diagnostic de l'ICHD-3
→ Point clé : migraine sans aura = au moins 5 crises de 4 à 72 h, avec 2 caractéristiques douloureuses sur 4 et au moins 1 critère associé.
Migraine — Nature neurovasculaire et retentissement
La migraine est une maladie neurovasculaire :
→ Associée à des altérations subtiles neuronales et vasculaires
Prévalence :
→ Environ 15 % de la population
Maladie qualifiée de bénigne :
→ Absence de déficit neurologique persistant
Cependant :
→ Handicap très important
→ Handicap souvent invisible
→ Point clé : la migraine est une maladie neurovasculaire, sans déficit neurologique persistant, mais potentiellement très invalidante.
Migraine — Deux grandes variétés
Migraine sans aura (MSA) :
→ Forme la plus fréquente
→ Prévalence : 6 à 10 % de la population
Migraine avec aura :
→ Prévalence : 3 à 6 %
→ Céphalée précédée ou accompagnée de symptômes neurologiques transitoires
→ Point clé : distinguer la migraine sans aura, la plus fréquente, et la migraine avec aura, associée à des manifestations neurologiques transitoires.
Migraine avec aura — Risque d'infarctus cérébral
La migraine avec aura constitue un facteur de risque indépendant d'infarctus cérébral.
Risque d'infarctus cérébral :
→ Multiplié par 2
Risque majoré en présence de cofacteurs :
→ Sexe féminin
→ Âge inférieur à 45 ans
→ Tabagisme
→ Contraception œstroprogestative
→ Point clé : migraine avec aura = risque d'infarctus cérébral × 2, augmenté notamment par le tabac et la contraception œstroprogestative.
Migraine — Prédisposition génétique
La migraine est une maladie héréditaire.
Plus de 180 gènes de susceptibilité connus en 2024.
Ces gènes sont exprimés dans :
→ Les neurones
→ Les vaisseaux
ils favorisent :
→ Une hyperexcitabilité cérébrale
→ Une dysfonction des centres modulant la nociception céphalique
Localisation de ces centres :
→ Hypothalamus
→ Tronc cérébral
→ Point clé : la susceptibilité génétique favorise l'hyperexcitabilité cérébrale et une altération du contrôle de la douleur.
Migraine — Génétique et âge de début
Plus les crises commencent précocement :
→ Plus la contribution des facteurs génétiques est importante.
Avant la puberté :
→ Environ 7 % des enfants sont migraineux.
→ Pas de différence de fréquence entre filles et garçons
→ Point clé : un début précoce renforce le poids de la prédisposition génétique.
Migraine — Rôle des changements dans le déclenchement des crises
La migraine est une maladie de l'adaptation aux changements.
Les crises peuvent être favorisées par des modifications de l'homéostasie cérébrale.
Déclencheurs internes ou externes :
→ Modification des repas : qualité ou quantité
→ Modification du sommeil
→ Effort physique inhabituel
→ Changements climatiques
→ Chute des œstrogènes en période cataméniale
→ Émotions positives ou négatives
→ Point clé : les crises sont favorisées par les changements d'équilibre, plutôt que par un facteur déclenchant unique et constant.
Migraine — Âge de début et évolution avec l'âge
Maladie principalement du sujet jeune.
90 % des crises débutent avant 40 ans.
Fréquence maximale :
→ Entre 30 et 50 ans
Avec l'âge :
→ Diminution de l'excitabilité cérébrale
→ Diminution de la fréquence des migraines
Migraine rare après 65 ans
→ Point clé : 90 % des migraines débutent avant 40 ans et elles deviennent plus rares avec le vieillissement.
Migraine — Influence du sexe et des hormones
La migraine est environ 3 fois plus fréquente chez la femme que chez l'homme.
Après la puberté :
→ L'imprégnation en œstrogènes augmente l'excitabilité cérébrale.
Les variations hormonales au cours du cycle favorisent :
→ Les crises cataméniales
Évolution typique :
→ Amélioration pendant la grossesse
→ Amélioration après la ménopause
→ Point clé : les variations œstrogéniques participent à la prédominance féminine et aux crises cataméniales.
Migraine — Les cinq phases du cycle migraineux
La migraine est une maladie paroxystique et cyclique.
Elle comporte 5 phases :
→ 1. Prodromes
→ 2. Aura
→ 3. Céphalée
→ 4. Post-dromes
→ 5. Période interictale
L'aura n'est pas obligatoire pour qu'une crise migraineuse survienne.
→ Point clé : retenir les 5 phases ; l'aura est facultative.
Migraine — Physiopathologie des prodromes
Les prodromes associent :
→ Une hyperactivité hypothalamique
→ Une dysfonction du système nerveux végétatif
L'activation hypothalamique :
→ Est visible en imagerie fonctionnelle
→ Peut débuter jusqu'à 72 heures avant la céphalée
→ Entraîne une levée de l'inhibition exercée sur le tronc cérébral et le système trigémino-vasculaire
→ Point clé : les prodromes peuvent précéder la céphalée de 72 heures et impliquent une hyperactivité hypothalamique.
Migraine — Rôle du système nerveux végétatif
Les systèmes sympathique et parasympathique possèdent :
→ Des noyaux dans le tronc cérébral
→ Des projections artérielles et méningées
Ces projections se situent au voisinage des :
→ Afférences trigéminées
Rôle :
→ Régulation de l'adaptation du débit sanguin cérébral aux besoins énergétiques
→ Point clé : le système nerveux végétatif participe à l'adaptation du débit sanguin cérébral et intervient dans la physiopathologie migraineuse.
Migraine avec aura — Dépression corticale envahissante
L'aura est liée à une dépression corticale envahissante (DCE).
Il s'agit d'une onde qui :
→ Se propage lentement
→ D'arrière en avant
→ À une vitesse de 3 à 5 mm/minute
Elle provoque des symptômes neurologiques transitoires :
→ Variables selon les régions corticales traversées
→ Point clé : l'aura correspond à une DCE progressant à 3–5 mm/minute, expliquant l'installation progressive des symptômes.
Migraine avec aura — Phases de la dépression corticale envahissante
La DCE est un phénomène biphasique.
Première phase :
→ Hyperactivité neuronale brève
→ Hyperperfusion
Deuxième phase :
→ Hypoactivité neuronale prolongée
→ Hypoperfusion modérée
→ Sans atteindre le seuil ischémique
La DCE peut :
→ Activer directement le système trigémino-vasculaire
→ Ou renforcer son activation
L'aura concerne des personnes ayant une susceptibilité génétique spécifique
→ Point clé : la DCE provoque une hyperactivité suivie d'une hypoactivité neuronale, sans ischémie cérébrale.
Points clés — Physiopathologie de la migraine
Maladie neurovasculaire avec prédisposition génétique et hyperexcitabilité cérébrale.
Migraine avec aura : risque d'infarctus cérébral multiplié par 2.
Déclencheurs : modifications de l'homéostasie cérébrale.
Prodromes : activation hypothalamique jusqu'à 72 h avant la céphalée.
Aura : dépression corticale envahissante progressant à 3–5 mm/min.
Migraine — Activation du système trigémino-vasculaire
La céphalée migraineuse est liée à l'activation du système trigémino-vasculaire.
Cette activation survient en réponse à :
→ Une rupture de l'homéostasie cérébrale
La branche ophtalmique du nerf trijumeau :
→ V1
→ Innerve les vaisseaux intracrâniens et les méninges :
→ Dure-mère
→ Pie-mère
→ Point clé : la céphalée migraineuse résulte de l'activation du système trigémino-vasculaire, dont les afférences V1 innervent les vaisseaux intracrâniens et les méninges.
Migraine — Rôle physiologique du réflexe trigémino-vasculaire
Le réflexe trigémino-vasculaire possède un rôle physiologique :
→ Protection du cerveau contre le risque ischémique
Mécanisme :
→ Libération de neuropeptides vasodilatateurs par les afférences trigéminées
Principal neuropeptide :
→ CGRP : Calcitonin Gene-Related Peptide
→ Point clé : le réflexe trigémino-vasculaire protège physiologiquement le cerveau grâce à la libération de neuropeptides vasodilatateurs, notamment le CGRP.
Migraine — CGRP et inflammation neurogène
Le CGRP et les autres neuropeptides déclenchent :
→ Une inflammation aseptique périvasculaire et méningée
→ Une vasodilatation modérée
Les patients migraineux présentent :
→ Une hypersensibilité au CGRP
Lors des tests de provocation :
→ L'administration intraveineuse de CGRP déclenche une céphalée chez les migraineux
→ Mais pas chez les sujets sains
→ Point clé : le CGRP participe à l'inflammation aseptique et à la vasodilatation méningée ; les migraineux présentent une hypersensibilité au CGRP.
Migraine — Transmission du message douloureux et complexe trigémino-cervical
Le message douloureux est transmis :
→ Par la branche V1 du trijumeau
→ Vers le noyau caudal du trijumeau situé dans le tronc cérébral
Ce noyau reçoit également :
→ Des afférences de la racine C2
Le complexe trigémino-cervical reçoit une convergence d'afférences sensitives :
→ V1 : partie antérieure de la tête
→ C2 : partie postérieure de la tête
→ V2 et V3 : face
Conséquence :
→ La douleur migraineuse est typiquement une céphalée
→ Mais peut également toucher la face et le cou
→ Point clé : la convergence des afférences V1, V2, V3 et C2 dans le complexe trigémino-cervical explique les localisations crâniennes, faciales et cervicales de la douleur migraineuse.
Migraine — Sensibilisation centrale et allodynie cutanée
L'activation du premier neurone entraîne celle du :
→ Deuxième neurone central
Ce deuxième neurone relie :
→ Le complexe trigémino-cervical
→ Au thalamus
Lors de crises migraineuses :
→ Prolongées
→ Et/ou fréquentes
Il peut apparaître une :
→ Sensibilisation centrale
Conséquence :
→ Allodynie cutanée
Définition de l'allodynie :
→ Douleur provoquée par un stimulus normalement indolore
→ Point clé : les crises prolongées ou fréquentes favorisent la sensibilisation centrale, responsable d'une allodynie cutanée.
Migraine — Phase des post-dromes
Les post-dromes surviennent :
→ Après la fin de la céphalée
Ils correspondent à :
→ Un rétablissement progressif de l'homéostasie cérébrale
→ Point clé : les post-dromes correspondent à la phase de récupération progressive de l'homéostasie cérébrale après la céphalée.
Migraine — Période interictale
La période interictale correspond à la période entre les crises.
Sa durée est variable.
Elle dépend de l'efficacité :
→ Des systèmes de contrôle du réflexe trigémino-vasculaire
→ Des systèmes de contrôle des voies de la nociception
→ Point clé : la durée de la période interictale dépend de l'efficacité des systèmes de contrôle de la douleur.
Migraine sévère ou chronique — Symptômes persistants entre les crises
Dans la migraine sévère ou la migraine chronique, la période interictale peut s'accompagner de :
→ Photophobie permanente
→ Phonophobie permanente
→ Osmophobie permanente
→ Allodynie cutanée permanente
Ces manifestations :
→ S'aggravent pendant les prodromes
→ Culminent pendant la céphalée
→ Point clé : dans les migraines sévères ou chroniques, l'hypersensibilité sensorielle et l'allodynie peuvent persister entre les crises.
Migraine — Variabilité des types de crises
La migraine peut se manifester par :
→ Des crises sans aura
→ Des crises avec aura
Chez un même patient :
→ Le type de crise peut changer au cours de la vie
→ Les caractéristiques des crises peuvent également évoluer
→ Point clé : les migraines avec et sans aura peuvent coexister chez un même patient et évoluer au cours de sa vie.
Migraine sans aura — Présentation clinique
Le diagnostic de migraine sans aura concerne les patients :
→ Présentant uniquement des crises sans aura
→ N'ayant jamais présenté d'aura isolée
Les crises comportent :
→ Une céphalée invalidante
→ Une hypersensibilité à la lumière et/ou des nausées
Durée de la céphalée sans traitement :
→ 4 à 72 heures
Localisations possibles :
→ Frontale
→ Orbitaire
→ Temporale
→ Occipitale
→ Point clé : la migraine sans aura associe une céphalée invalidante de 4 à 72 heures à des symptômes associés, notamment photophobie et/ou nausées.
Migraine sans aura — Symptômes non douloureux
Symptômes sensoriels :
→ Photophobie
→ Phonophobie
→ Osmophobie
→ Allodynie cutanée
Symptômes généraux et neuropsychiques :
→ Fatigue
→ Bâillements
→ Troubles de concentration
→ Troubles de l'humeur : tristesse
Autres manifestations :
→ Troubles digestifs
→ Raideur de nuque
→ Pâleur
→ Sensations vertigineuses
→ Point clé : la crise migraineuse ne se limite pas à la douleur : elle peut comporter de nombreux symptômes sensoriels, digestifs, généraux et neuropsychiques.
Migraine sans aura — Manifestations digestives et dysautonomiques
Les troubles digestifs peuvent être :
→ Majeurs
→ Responsables d'une impossibilité de prise alimentaire
Anciennes appellations erronées :
→ « Crise de foie »
→ « Crise d'acétone »
Certains patients présentent des signes dysautonomiques :
→ Larmoiement
→ Congestion nasale
→ Autres manifestations similaires à celles de l'algie vasculaire de la face
Ces signes sont toutefois :
→ Moins importants que lors d'une AVF
→ Point clé : une migraine peut provoquer des troubles digestifs majeurs et des signes dysautonomiques, généralement moins marqués que dans l'AVF.
Migraine chez l'enfant — Particularités des crises
Chez l'enfant, la crise migraineuse :
→ S'accompagne de pâleur
→ Dure souvent moins de 4 heures
→ Est calmée par le sommeil
→ Point clé : chez l'enfant, une migraine peut durer moins de 4 heures, s'accompagner de pâleur et être soulagée par le sommeil.
Migraine avec aura — Diagnostic et fréquence
Le diagnostic de migraine avec aura est retenu dès qu'un patient a présenté :
→ Au moins 2 crises avec aura
Cela reste valable quel que soit :
→ Le nombre de crises de migraine sans aura
Environ 1/3 des migraineux présentent des auras.
Les auras sont le plus souvent :
→ Typiques
→ Point clé : 2 crises avec aura suffisent au diagnostic de migraine avec aura, indépendamment du nombre de crises sans aura.
Migraine avec aura typique — Manifestations neurologiques
L'aura typique peut comporter :
→ Des troubles visuels
→ Des troubles sensitifs
→ Des troubles de la parole ou du langage
Ces manifestations sont :
→ D'installation progressive
→ Éventuellement successives
→ Entièrement réversibles
→ Point clé : l'aura typique associe des symptômes visuels, sensitifs ou langagiers, d'installation progressive et réversibles.
Migraine avec aura typique — Troubles visuels
Manifestations les plus fréquentes de l'aura.
Elles intéressent :
→ Les deux yeux
Phénomènes visuels positifs :
→ Scotome scintillant associé à une tache aveugle
→ Phosphènes
→ Zigzags lumineux
Parfois, phénomènes déficitaires :
→ Vision floue
→ Hémianopsie latérale homonyme
→ Point clé : l'aura visuelle typique est binoculaire, souvent faite de scintillements ou de zigzags, parfois accompagnés d'un déficit visuel.
Migraine avec aura typique — Troubles sensitifs
Manifestations moins fréquentes que les troubles visuels.
Symptômes :
→ Paresthésies unilatérales
→ Avec ou sans hypoesthésie
Progression caractéristique :
→ Début au bout des doigts
→ Extension vers le coude
→ Puis vers l'hémiface
Cette progression survient :
→ Au fil des minutes
Elle constitue la :
→ Marche migraineuse
→ Point clé : la marche migraineuse correspond à une progression sensitive doigts → coude → hémiface en plusieurs minutes.
Migraine avec aura typique — Troubles du langage
Manifestations plus rares.
Elles peuvent comporter :
→ Un manque du mot
→ Une dysarthrie
→ Parfois une aphasie totale
→ Point clé : l'aura peut comporter des troubles du langage allant du manque du mot à une aphasie totale.
Migraine avec aura — Relation entre aura et céphalée
L'aura est généralement :
→ Suivie d'une céphalée
→ Ou accompagnée d'une céphalée
La céphalée peut :
→ Avoir les mêmes caractéristiques que celle d'une migraine sans aura
→ Être moins intense
→ Être plus courte
L'aura peut également survenir :
→ Sans céphalée
On parle alors :
→ D'aura isolée sans céphalée
→ Point clé : une aura migraineuse peut survenir sans céphalée.
Migraine avec aura atypique — Manifestations et conduite diagnostique
Les auras atypiques peuvent comporter :
→ Des troubles basilaires : vertige, ataxie, diplopie
→ Des troubles moteurs : migraine hémiplégique
→ Des troubles visuels monoculaires : migraine rétinienne
Ces manifestations imposent :
→ Des examens complémentaires systématiques
→ Un avis neurologique
→ Point clé : une aura avec vertige, ataxie, diplopie, déficit moteur ou trouble visuel monoculaire nécessite des explorations et un avis neurologique.
Migraine avec aura typique — Critères diagnostiques A et B
Critère A :
→ Au moins 2 crises répondant aux critères B et C.
Critère B :
→ Aura comportant des symptômes entièrement réversibles :
→ Visuels
→ Sensitifs
→ De la parole ou du langage
→ Absence de symptômes :
→ Moteurs
→ Basilaires
→ Rétiniens
→ Point clé : au moins 2 crises, avec une aura entièrement réversible, sans symptôme moteur, basilaire ou rétinien.
Migraine avec aura typique — Critère C : caractéristiques temporelles et cliniques
Critère C :
→ Au moins 3 des 6 caractéristiques suivantes :
1. Au moins un symptôme se développe progressivement en ≥ 5 minutes.
2. Au moins deux symptômes surviennent successivement.
3. Chaque symptôme dure 5 à 60 minutes.
4. Au moins un symptôme est unilatéral.
5. Au moins un symptôme est positif.
6. L'aura est accompagnée d'une céphalée ou suivie d'une céphalée dans les 60 minutes
→ Point clé : retenir 3 caractéristiques sur 6, notamment la progression en ≥ 5 minutes, la durée de 5–60 minutes et le délai maximal de 60 minutes avant la céphalée.
Migraine avec aura typique — Critère D et exclusion diagnostique
Critère D :
→ Les manifestations ne sont pas mieux expliquées par un autre diagnostic de l'ICHD-3.
→ Un accident ischémique transitoire (AIT) a été exclu
→ Point clé : le diagnostic de migraine avec aura typique nécessite d'écarter un AIT.
Migraine chronique — Définition et seuils diagnostiques
Migraine épisodique :
→ Moins de 15 jours de céphalée/mois
Migraine chronique :
→ Au moins 15 jours de céphalée/mois
→ Depuis plus de 3 mois
→ Dont au moins 8 jours/mois correspondant à une migraine avec ou sans aura
→ Point clé : migraine chronique = ≥ 15 jours de céphalée/mois pendant plus de 3 mois, dont ≥ 8 jours migraineux/mois.
Migraine chronique — Évolution et épidémiologie
Environ 3 % des personnes ayant une migraine épisodique développent une migraine chronique chaque année.
Cette évolution est appelée :
→ Transformation
→ Chronicisation
→ Progression
Prévalence en France :
→ 1,7 % des adultes
Il existe une prédominance féminine
→ Point clé : environ 3 % des migraines épisodiques se chronicisent chaque année ; la migraine chronique touche 1,7 % des adultes en France.
Migraine chronique — Retentissement fonctionnel
La migraine chronique entraîne un retentissement majeur sur :
→ La santé physique
→ La santé mentale
→ Le fonctionnement social et familial
→ Les capacités de travail : scolarité ou emploi
Elle altère profondément la qualité de vie.
Son retentissement est nettement supérieur à celui de la migraine épisodique.
→ Point clé : la migraine chronique provoque un handicap majeur, supérieur à celui de la migraine épisodique.
Migraine chronique — Critères diagnostiques A à D
Critère A :
→ Céphalée migraineuse ou tensive
→ Au moins 15 jours/mois depuis plus de 3 mois
→ Répondant aux critères B et C
Critère B :
→ Patient ayant présenté au moins 5 crises de migraine sans aura et/ou avec aura
Critère C :
→ Au moins 8 jours/mois depuis plus de 3 mois, la céphalée satisfait les critères :
→ De la migraine sans aura (code 1.1)
→ Ou de la migraine avec aura (code 1.2)
Critère D :
→ Céphalée non mieux expliquée par un autre diagnostic de l'ICHD-3
→ Point clé : retenir 15 jours de céphalée/mois, 8 jours migraineux/mois, plus de 3 mois et au moins 5 crises migraineuses antérieures.
Céphalée par abus médicamenteux — Définition
La céphalée par abus médicamenteux (CAM) survient :
→ Au moins 15 jours/mois
→ Chez un patient présentant une céphalée préexistante
→ Dans un contexte de surconsommation de traitements de crise
→ Depuis plus de 3 mois
→ Point clé : CAM = céphalée ≥ 15 jours/mois associée à une surconsommation de traitements de crise depuis plus de 3 mois.
Céphalée par abus médicamenteux — Médicaments à risque
Les médicaments présentant le plus haut risque de CAM sont :
→ Les opiacés
→ Les antalgiques combinés
La surconsommation d'antalgiques peut être :
→ Une cause de l'augmentation de fréquence des céphalées
→ Une conséquence de cette augmentation
→ Ou les deux simultanément
→ Point clé : les opiacés et les antalgiques combinés présentent le risque le plus élevé de CAM.
Céphalée par abus médicamenteux — Interprétation clinique
Le rôle de la surconsommation d'antalgiques dans l'apparition d'une migraine chronique :
→ Ne doit pas être surestimé
Risques d'une mauvaise interprétation :
→ Stigmatisation du patient
→ Patient considéré à tort comme responsable de sa maladie
→ Sevrage privilégié comme traitement unique
→ Négligence d'autres solutions thérapeutiques plus efficientes
Une migraine chronique peut être diagnostiquée :
→ Même en présence d'un abus médicamenteux associé
→ Point clé : migraine chronique et CAM peuvent coexister ; le sevrage ne doit pas être considéré systématiquement comme l'unique traitement.
Céphalée par abus médicamenteux — Critères diagnostiques ICHD-3
Critère A :
→ Céphalée survenant au moins 15 jours/mois
→ Chez un patient ayant une céphalée préexistante
Critère B :
→ Surconsommation régulière depuis plus de 3 mois d'un ou plusieurs traitements de crise :
→ Antalgiques non opiacés : AINS, aspirine, paracétamol pris ≥ 15 jours/mois
→ Triptans, ergotamine, opiacés et/ou antalgiques combinés pris ≥ 10 jours/mois
Critère C :
→ Céphalée non mieux expliquée par un autre diagnostic de l'ICHD-3
→ Point clé : CAM : ≥ 15 jours/mois pour les antalgiques non opiacés, mais ≥ 10 jours/mois pour les triptans, ergotamine, opiacés et antalgiques combinés, pendant plus de 3 mois.
Migraine — Examen clinique pendant une crise
L'examen clinique pendant une crise migraineuse peut montrer :
→ Pâleur
→ Hypotension ou hypertension artérielle
→ Raideur des muscles cervicaux
→ Sensibilité des muscles cervicaux
→ Allodynie cutanée
→ Parfois, des signes dysautonomiques crâniens
→ Point clé : pendant une crise, l'examen peut retrouver des signes végétatifs, des manifestations cervicales et une allodynie cutanée.
Migraine — Examen clinique en période interictale
Entre les crises, l'examen clinique est :
→ Typiquement normal
Il peut néanmoins montrer :
→ Une allodynie cutanée
→ Une sensibilité des muscles crâniens
→ Une sensibilité des muscles cervicaux
→ Point clé : l'examen est habituellement normal entre les crises, mais une allodynie ou une sensibilité musculaire peut persister.
Migraine sans aura — Diagnostic différentiel
L'interrogatoire permet :
→ D'éliminer une céphalée secondaire
→ De distinguer les autres céphalées primaires selon la durée et les caractéristiques des crises
Dans la migraine chronique :
→ Les céphalées peuvent être quotidiennes
→ Certaines ont des caractéristiques tensives
→ D'autres ont des caractéristiques migraineuses
Risques d'erreur diagnostique :
→ Attribuer la douleur aux yeux, dents, sinus ou cervicales
→ L'attribuer à tort à une cause psychologique ou au stress
→ Point clé : une migraine chronique peut associer des céphalées tensives et migraineuses ; éviter les diagnostics locaux ou psychologiques erronés.
Aura migraineuse et AIT — Diagnostic différentiel
Aura migraineuse :
→ Symptômes d'installation progressive
→ Extension possible sur plusieurs minutes
Accident ischémique transitoire (AIT) :
→ Déficits neurologiques brusques
→ Maximaux d'emblée
→ Durée généralement inférieure à 30 minutes
Au moindre doute :
→ Explorations cérébrales et cardiovasculaires complètes
→ Introduction d'un traitement antiplaquettaire selon l'évaluation médicale
Vigilance particulière :
→ Sujet de plus de 50 ans
→ Présence de facteurs de risque vasculaire
→ Point clé : aura = progression graduelle ; AIT = déficit brutal maximal d'emblée. En cas de doute, rechercher une cause vasculaire en urgence.
Aura migraineuse et épilepsie focale — Diagnostic différentiel
Aura migraineuse :
→ Symptômes neurologiques durant généralement plusieurs minutes
Crise d'épilepsie focale :
→ Symptômes ou signes neurologiques durant généralement quelques secondes à quelques minutes
→ Durée nettement plus courte que celle d'une aura migraineuse
→ Point clé : les manifestations d'une crise épileptique focale sont généralement beaucoup plus brèves que celles d'une aura migraineuse.
Aura symptomatique — Causes à rechercher
Certaines pathologies peuvent provoquer des auras symptomatiques :
→ Malformation artérioveineuse cérébrale
→ Maladies des petites artères cérébrales
→ États hypercoagulables
→ Point clé : une aura n'est pas toujours migraineuse : rechercher notamment une malformation artérioveineuse, une microangiopathie cérébrale ou un état hypercoagulable.
Migraine — Principes d'orientation diagnostique
Toute céphalée :
→ Évoluant par crises
→ Depuis plus de 3 mois
→ Motivant une consultation
→ Doit faire considérer une migraine jusqu'à preuve du contraire
Toute céphalée chronique quotidienne :
→ Depuis plus de 3 mois
→ Avec IRM cérébrale normale
→ Doit faire considérer une migraine chronique jusqu'à preuve du contraire
→ Point clé : devant des céphalées récurrentes anciennes ou chroniques quotidiennes avec IRM normale, rechercher prioritairement une migraine.
Migraine épisodique sans aura — Absence d'indication d'imagerie
L'imagerie cérébrale n'est pas recommandée si toutes les conditions suivantes sont réunies :
→ Migraine épisodique sans aura
→ Respect de tous les critères ICHD-3
→ Crises présentes depuis au moins 1 an
→ Examen physique normal
L'imagerie cérébrale :
→ N'a aucun rôle diagnostique dans cette situation.
→ Point clé : migraine épisodique sans aura typique depuis ≥ 1 an + examen normal = pas d'imagerie cérébrale recommandée
Migraine — Examens locaux inutiles en l'absence de signe d'appel
En l'absence de point d'appel évident, les examens locaux n'ont aucun rôle dans le diagnostic étiologique.
Régions concernées :
→ Yeux
→ Sinus
→ Dents
→ Cou
La migraine peut provoquer des douleurs :
→ Faciales
→ Cervicales
Cela peut entraîner des diagnostics erronés :
→ Céphalée d'origine sinusienne
→ Céphalée d'origine ophtalmologique
→ Névralgie d'Arnold
→ Arthrose cervicale
Conséquence :
→ Investigations inutiles
→ Point clé : les douleurs faciales ou cervicales peuvent appartenir à la migraine et ne justifient pas systématiquement des examens locaux.
Migraine — Indications d'une IRM cérébrale au moins une fois
Une IRM cérébrale est nécessaire au moins une fois chez les patients présentant :
→ Des crises de migraine débutant après 50 ans
→ Une migraine avec aura
→ Une migraine chronique
→ Point clé : retenir les 3 indications d'IRM au moins une fois : début après 50 ans, migraine avec aura, migraine chronique.
Céphalées — Indications d'une imagerie cérébrale urgente
Une imagerie cérébrale urgente est nécessaire devant une céphalée associée à :
→ Un début brutal ou en coup de tonnerre
→ Un début récent avec aggravation progressive depuis moins de 7 jours
→ Une fièvre sans cause générale évidente
→ Des signes neurologiques associés
→ Des caractéristiques suggérant une intoxication, notamment au monoxyde de carbone
→ Un contexte d'immunodépression
→ Point clé : une céphalée brutale, rapidement progressive, fébrile, neurologique, toxique ou survenant chez un immunodéprimé impose une imagerie urgente.
Migraine avec aura — Anomalies possibles de l'IRM cérébrale
Chez les patients présentant une migraine avec aura, l'IRM cérébrale peut montrer :
→ Des hypersignaux de la substance blanche cérébrale
Ces hypersignaux sont :
→ Non spécifiques
→ Point clé : l'IRM peut retrouver des hypersignaux non spécifiques de la substance blanche chez les migraineux avec aura.
Migraine — Facteurs déclenchants liés aux habitudes de vie
Les facteurs déclenchants ont pour point commun un changement intrinsèque ou extrinsèque.
Modifications de l'alimentation et de l'hydratation :
→ Horaires, quantité ou qualité des repas
→ Quantité ou horaires d'hydratation
Modifications du sommeil :
→ Qualité et durée
→ Horaires de coucher et de lever
Effort physique intense et inhabituel
Stress ou périodes de décontraction :
→ Week-ends
→ Vacances
→ Point clé : ce sont surtout les changements de rythme de vie qui favorisent les crises migraineuses.
Migraine — Facteurs déclenchants hormonaux, environnementaux et émotionnels
Changements climatiques :
→ Pression atmosphérique
→ Température
→ Hygrométrie
Changements hormonaux :
→ Période cataméniale
→ Reprise des migraines en post-partum
Émotions négatives :
→ Colère, contrariété
Émotions positives :
→ Anniversaire, mariage
Déclencheurs pharmacologiques :
→ Alcool
→ Inhibiteurs de la phosphodiestérase
→ Point clé : les variations hormonales, climatiques, émotionnelles et certains médicaments peuvent favoriser les crises.
Migraine — Surestimation des facteurs déclenchants
Le rôle des facteurs favorisants est souvent surestimé.
Pendant les prodromes :
→ Dysfonction hypothalamique
→ Fringales : chocolat, gâteaux
→ Hypersensibilité sensorielle
Le patient peut attribuer à tort la crise ultérieure :
→ À un aliment
→ À une lumière
→ À un bruit
→ À une odeur
Ces manifestations peuvent en réalité être des symptômes prémonitoires de la crise.
→ Point clé : une fringale ou une hypersensibilité sensorielle peut être un prodrome, et non la cause de la migraine.
Migraine chronique — Trois principaux facteurs de chronicisation
Les 3 facteurs de risque majeurs de passage à une migraine chronique sont :
→ Fréquence initiale élevée des céphalées
→ Surveillance par un agenda des crises
→ Dépression
→ Dépistage par l'échelle HAD (Hospital Anxiety and Depression Scale)
→ Surconsommation de traitements de crise
→ Surveillance par l'agenda des crises
→ Point clé : fréquence élevée des céphalées + dépression + abus de traitements de crise constituent les trois facteurs majeurs de chronicisation.
Migraine — Retentissement fonctionne
La migraine peut entraîner :
→ Un absentéisme professionnel ou scolaire
→ Une annulation d'activités sociales
→ Des jours passés au lit
L'impact de la migraine peut être évalué par :
→ L'échelle HIT-6 (Headache Impact Test)
→ L'agenda des céphalées
→ Point clé : le retentissement de la migraine est évalué par l'HIT-6 et l'agenda des céphalées.
Migraine sévère — Formes résistantes et réfractaires
La migraine sévère peut être difficile à traiter.
Migraine résistante :
→ Échec d'au moins 3 classes différentes de traitements de fond
Migraine réfractaire :
→ Échec de tous les traitements de fond
→ Point clé : migraine résistante = échec d'au moins 3 classes ; migraine réfractaire = échec de tous les traitements de fond.
Migraine — Évaluation du traitement de crise
Le patient migraineux consulte volontiers :
→ Lorsqu'il n'est plus soulagé par l'automédication
→ Lorsqu'il s'inquiète de sa consommation importante d'antalgiques
Lors de la première consultation et du suivi, évaluer :
→ Le type de traitement utilisé
→ Le nombre mensuel de prises (agenda)
→ La tolérance
→ La dose
→ La voie d'administration
→ Le moment de la prise par rapport au début de la céphalée
→ Le respect des contre-indications
→ Point clé : évaluer traitement, nombre de prises, tolérance, dose, voie d'administration, moment de prise et contre-indications.
Migraine — Évaluation de l'efficacité et de la tolérance du traitement de crise
Reprise des activités :
→ Capacité à reprendre rapidement les activités normales après le traitement :
→ Travail
→ Activités familiales ou sociales
→ Loisirs
Soulagement à 2 heures :
→ Soulagement suffisant 2 heures après la prise lors de la plupart des crises
Nombre de prises :
→ Une seule prise du traitement dans les mêmes 24 heures
Confiance dans le traitement :
→ Confiance suffisante pour planifier les activités quotidiennes
Tolérance :
→ Traitement bien toléré
→ Point clé : les 5 critères sont la reprise rapide des activités, le soulagement à 2 heures, une seule prise en 24 heures, la confiance et la bonne tolérance.
Migraine — Explications à donner au patient
Les crises migraineuses résultent d'une affection neurologique héréditaire.
Les examens complémentaires ne permettent pas :
→ De voir la maladie
→ D'en identifier une cause
Il est important d'expliquer au patient :
→ La nature neurologique de la migraine
→ Les limites des examens complémentaires
→ Point clé : la migraine est une affection neurologique héréditaire qui ne peut pas être visualisée par les examens complémentaires.
Migraine — Éducation du patient : évaluation du handicap
Évaluer l'impact fonctionnel des crises.
Proposer :
→ La tenue d'un agenda des céphalées
→ Une évaluation par l'échelle HIT-6
→ Point clé : l'agenda des céphalées et le HIT-6 permettent d'évaluer le retentissement fonctionnel de la migraine.
Migraine — Éducation du patient : hygiène de vie et facteurs déclenchants
Encourager une hygiène de vie régulière :
→ Sommeil suffisant
→ Horaires de lever réguliers
→ Repas équilibrés et réguliers
→ Hydratation optimale
→ Pratique d'activités physiques
Décourager les comportements d'éviction excessifs :
→ Par exemple, les régimes draconiens
Ces comportements d'éviction :
→ Contribuent à diminuer la qualité de vie
→ Point clé : privilégier la régularité du mode de vie plutôt que des restrictions excessives.
Migraine — Prévention du passage à la migraine chronique
Dépister et lutter contre les 3 principaux facteurs de chronicisation :
1. Fréquence élevée des céphalées :
→ Dépister grâce à l'agenda
→ Instaurer une prophylaxie
2. Dépression :
→ Dépister par l'échelle HAD
→ Prendre en charge la dépression
3. Surconsommation des traitements de crise :
→ Limiter les prises à 8 jours par mois
→ Point clé : agenda + prophylaxie, dépistage de la dépression et limitation des traitements de crise à 8 jours/mois.
Migraine — Objectifs du traitement de crise
Le patient doit être :
→ Activement impliqué dans la prise en charge
→ En accord avec des objectifs thérapeutiques réalistes
Le traitement de crise est pris lors de chaque crise.
Objectifs :
→ Soulagement de la céphalée dans les 2 heures suivant la prise
→ Absence de récurrence dans les 24 heures
Il n'existe aucun traitement permettant d'écourter les auras
→ Point clé : traitement de crise = soulagement en 2 heures, sans récurrence à 24 heures ; aucun traitement n'écourte l'aura.
Migraine — Objectifs du traitement de fond
Le traitement de fond est destiné aux patients éligibles.
Objectifs :
→ Diminuer la fréquence des crises
→ Diminuer leur sévérité
Il ne permet pas de faire disparaître toutes les crises.
Objectifs de réduction du nombre de jours de céphalée par mois :
→ Migraine épisodique : 50 %
→ Migraine chronique : 30 %
→ Point clé : objectif du traitement de fond = −50 % des jours de céphalée dans la migraine épisodique et −30 % dans la migraine chronique.