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Caractéristiques de la miction normale (rang A)
- Miction normale :
Permet une vidange complète de la vessie.
Volontaire.
Contrôlée.
Indolore.
Prédomine pendant la journée.
- Fréquence :
Dépend des apports hydriques.
Environ 1 miction toutes les 3 à 4 heures dans la journée.
- Structures impliquées :
Détrusor.
Sphincter lisse.
Sphincter strié.
Coordination indispensable entre ces structures.
- Contrôle neurologique :
Parasympathique médullaire → contrôle la contraction du détrusor.
Système sympathique → participe au contrôle sphinctérien.
→ Point clé : miction normale = vidange complète, volontaire, indolore, grâce à la coordination détrusor–sphincters.
Symptômes du bas appareil urinaire : phase de remplissage (rang A)
- SBAU = symptômes du bas appareil urinaire.
- Phase de remplissage :
- Pollakiurie diurne :
Augmentation de la fréquence des mictions pendant la journée.
- Nycturie :
Besoin d'uriner réveillant le patient.
- Énurésie :
Miction involontaire.
Énurésie nocturne → miction involontaire pendant le sommeil.
- Urgenturie :
Envie soudaine, impérieuse et irrépressible d'uriner.
- Incontinence urinaire (IU) :
Perte involontaire d'urine par l'urètre.
Non précédée d'une sensation de vessie pleine, selon la définition du chapitre.
→ Point clé : pollakiurie = fréquence ↑ ; nycturie = réveil nocturne ; urgenturie = besoin irrépressible.
Symptômes du bas appareil urinaire : phases de vidange et post-mictionnelle (rang A)
- Phase de vidange :
Anomalie du jet urinaire.
Dysurie :
Difficulté à uriner.
Possibilité de poussée abdominale pour déclencher ou maintenir la miction.
- Phase post-mictionnelle :
Sensation de vidange incomplète.
Perte d'urine après la fin de la miction.
- Classification des SBAU en 3 phases :
Remplissage.
Vidange.
Post-mictionnelle.
→ Point clé : dysurie = trouble de vidange ; sensation de résidu ou fuite terminale = trouble post-mictionnel.
Incontinence urinaire d'effort : définition et mécanismes (rang A/B)
- Incontinence urinaire d'effort (IUE) :
Fuite involontaire d'urine lors d'un effort physique.
Exemples :
Course.
Tennis.
Toux.
Éternuement.
Rire.
- Caractéristique majeure :
Fuite non précédée d'un besoin d'uriner.
- Mécanismes principaux :
Insuffisance sphinctérienne.
Cervico-cystoptose.
Hypermobilité urétrale.
→ Point clé : fuite à l'effort sans urgenturie préalable = IUE.
Incontinence urinaire par urgenturie : définition et mécanisme (rang A/B)
- Incontinence urinaire par urgenturie (IUU) :
Fuite d'urine associée à un besoin impérieux et irrépressible d'uriner.
- Mécanisme :
Hyperactivité du détrusor.
Ou hyperactivité vésicale.
- Symptômes associés :
Urgenturie.
Pollakiurie.
- Origines possibles mentionnées dans les objectifs du chapitre :
Obstruction.
Cause neurologique.
Cause idiopathique.
→ Point clé : urgenturie + fuite = IUU, liée à une hyperactivité vésicale ou détrusorienne.
Autres types d'incontinence urinaire et diagnostics différentiels (rang B)
- Incontinence urinaire mixte (IUM) :
Association de :
IUE.
IUU.
→ fuites à l'effort et lors d'urgenturies.
- Incontinence urinaire permanente :
Pertes urinaires continues.
- Miction par regorgement :
Contexte de rétention chronique.
Globe vésical chronique.
→ fuites par débordement.
- Fistule vésicovaginale :
Perte d'urine par le vagin.
Favorisée notamment par des antécédents de dystocie.
→ Point clé : distinguer fuites d'effort, urgenturies, fuites mixtes, regorgement et fistule vésicovaginale.
Interrogatoire : caractérisation des fuites urinaires (rang B)
- Objectif :
Identifier le type d'incontinence.
Préciser le mode de survenue.
Rechercher des signes associés.
- Fuites à l'effort :
Préciser les circonstances :
Toux.
Éternuement.
Rire.
Activité sportive.
Autre effort physique.
- Urgenturie :
Impossibilité de retenir longtemps les urines lorsque la vessie est pleine.
Nécessité ressentie de vider immédiatement la vessie.
- Fuites mixtes :
Recherche de circonstances :
D'effort.
D'urgenturie.
→ Point clé : les circonstances des fuites permettent d'orienter vers une IUE, une IUU ou une IUM.
Interrogatoire : antécédents gynéco-obstétricaux et facteurs mécaniques (rang B)
- Antécédents obstétricaux :
Parité :
Risque d'IU augmentant avec le nombre d'accouchements.
Déroulement des accouchements :
Traumatismes périnéaux.
Accouchement par le siège.
Poids de naissance > 4 kg :
Facteur de risque d'IU.
Rééducation du post-partum.
- Facteurs favorisant les pressions abdominales :
Constipation :
Poussées abdominales.
Bronchopathies chroniques :
Toux fréquente.
Obésité.
Activité professionnelle avec port de charges lourdes.
- Antécédents thérapeutiques :
Radiothérapie pelvienne.
Chirurgie pelvienne :
Notamment hystérectomie.
→ Point clé : rechercher accouchements traumatiques, macrosomie > 4 kg, constipation, toux chronique, obésité et chirurgie pelvienne.
Interrogatoire : facteurs neurologiques, médicamenteux et tumoraux (rang B)
- Pathologies neurologiques :
Sclérose en plaques (SEP).
Maladie de Parkinson.
Traumatisme médullaire.
Traumatisme pelvien.
Diabète.
- Médicaments :
Anticholinergiques.
Dérivés morphiniques :
→ possibles mictions par regorgement.
Diurétiques :
→ peuvent majorer les symptômes urinaires.
- Facteurs de risque de tumeur vésicale :
Tabagisme.
Expositions professionnelles :
Amines aromatiques.
→ Point clé : ne pas méconnaître une origine neurologique, iatrogène ou tumorale.
Quantification et retentissement de l'incontinence urinaire (rang B)
- Évaluation de la gêne fonctionnelle :
Fréquence des épisodes.
Importance des pertes urinaires.
Nécessité de porter des protections.
Impact sur la qualité de vie.
- Questionnaire USP :
Urinary Symptom Profile.
Permet de caractériser et coter les symptômes urinaires.
- Calendrier mictionnel :
Peut être demandé.
Recueil de :
Fréquence des mictions diurnes.
Fréquence des mictions nocturnes.
- Évaluation complémentaire mentionnée dans les objectifs de l'item :
Score de Sandvik.
Pad test.
Questionnaires de qualité de vie.
→ Point clé : quantifier les symptômes et leur retentissement avant de décider de la prise en charge.
Signes urinaires et pelviens associés à rechercher (rang A/B)
- Cystalgies / cystites :
Douleur localisée à la vessie.
Augmente habituellement pendant le remplissage vésical.
Peut persister après la miction.
Souvent associée à une hyperactivité vésicale.
- Urétrites / urétralgies :
Douleurs localisées à l'urètre.
Fréquentes après la ménopause.
Peuvent être liées à l'atrophie vulvovaginale.
- Signes évocateurs d'infection urinaire :
Brûlures mictionnelles.
Douleurs mictionnelles.
Pollakiurie.
Urgenturie ou IU.
Parfois hématurie macroscopique.
→ ECBU.
- Autres signes associés :
Incontinence anale.
Sensation de pesanteur pelvienne.
Extériorisation d'une boule vaginale :
→ évoque un prolapsus génital.
→ Point clé : brûlures, pollakiurie, urgenturie ou hématurie → rechercher une infection urinaire par ECBU.
Principales situations devant faire rechercher une cause grave (rang B)
- Signes ou contextes d'alerte :
Déficit neurologique.
Hématurie sans infection.
Douleur persistante.
Infections urinaires récidivantes.
Résidu post-mictionnel important.
Prolapsus extériorisé.
Suspicion d'obstacle urétral :
Impossibilité de cathétériser l'urètre.
Histoire très ancienne d'incontinence urinaire.
Échec du traitement médical de première intention.
- Conduite à tenir :
→ adresser la patiente à un urologue ou à un gynécologue chirurgien.
- Principales causes graves à éliminer selon les objectifs du chapitre :
Infection.
Corps étranger.
Tumeur.
Maladie neurologique.
→ Point clé : hématurie inexpliquée, déficit neurologique, rétention ou douleur persistante → avis spécialisé.
Examen clinique devant une incontinence urinaire (rang B)
- Examen clinique avec touchers pelviens.
- Recherche d'une cause locale :
Compression pelvienne.
Corps étranger.
Endométriose.
- Évaluation des muscles du plancher pelvien :
Demander à la patiente une contraction volontaire du périnée.
→ apprécier la fonction musculaire.
- Recherche d'un prolapsus génital :
Inspection avec un spéculum à valve.
Identification des compartiments atteints.
Cotation du degré de prolapsus.
- Manœuvres fonctionnelles :
Recherche d'une instabilité vésicale.
Manœuvre de Bonney.
- Examen neurologique périnéal :
Sensibilité périnéale.
Réflexes sphinctériens.
→ Point clé : examen clinique = touchers pelviens + plancher pelvien + prolapsus + manœuvres fonctionnelles + examen neurologique.
Recherche et classification clinique d'un prolapsus génital associé (rang B)
Recherche d'un prolapsus à l'examen gynécologique.
Cotation clinique de 0 à 3 selon le référentiel :
Stade | Caractéristiques |
|---|---|
0 | Absence de prolapsus |
1 | Prolapsus intravaginal |
2 | Prolapsus affleurant la vulve |
3 | Prolapsus extériorisé |
- Trois compartiments à rechercher :
Vésical → cystocèle.
Utérin → hystéroptose.
Rectal → rectocèle.
- Refoulement du prolapsus :
Peut démasquer une incontinence urinaire jusque-là masquée par le prolapsus.
→ Point clé : prolapsus extériorisé = stade 3 ; le refoulement peut révéler une IU.
Manœuvres fonctionnelles et examen neurologique périnéal (rang B)
- Manœuvres cliniques :
Rechercher une instabilité vésicale.
Évaluer les mécanismes de l'incontinence urinaire.
- Manœuvre de Bonney :
Utilisée dans l'évaluation de l'IUE.
Peut aider à prédire le succès d'une intervention par bandelette sous-urétrale.
- Examen neurologique :
Recherche d'une anomalie de la sensibilité périnéale.
Évaluation des réflexes sphinctériens.
- Anomalie neurologique retrouvée :
→ rechercher une vessie neurologique.
→ avis spécialisé.
→ Point clé : ne pas oublier la sensibilité périnéale et les réflexes sphinctériens devant des troubles mictionnels.
Examens urinaires biologiques devant des troubles mictionnels (rang A)
- Bandelette urinaire :
Peut être réalisée en consultation.
- ECBU systématique devant des signes évoquant une infection urinaire :
Brûlures mictionnelles.
Cystite.
Urétrite.
Hématurie.
Urgenturie.
Dysurie.
- Cytologie urinaire :
Si suspicion de tumeur vésicale.
→ Point clé : symptômes évocateurs d'infection → ECBU ; suspicion tumorale → cytologie urinaire.
Indications de l'échographie pelvienne et du bilan urodynamique (rang A)
- Échographie pelvienne indiquée en cas :
D'anomalie à l'examen clinique.
De suspicion de compression pelvienne.
De suspicion d'endométriose.
De miction par regorgement.
- Utilité supplémentaire :
Évaluation du résidu post-mictionnel.
- Explorations urodynamiques :
Prescrites par l'urologue ou le gynécologue chirurgien.
Notamment lorsqu'une intervention chirurgicale est envisagée.
- Pas de bilan urodynamique systématique :
Avant le traitement médical ou la rééducation périnéale de première intention.
→ Point clé : échographie si anomalie, compression ou rétention ; bilan urodynamique non systématique avant la première ligne de traitement.
Épidémiologie de l'incontinence urinaire féminine (rang B)
- Fréquence :
Incontinence urinaire 2 fois plus fréquente chez la femme que chez l'homme.
- Prévalence féminine :
10 à 57 % selon les études.
- Évolution avec l'âge :
Prévalence augmentant avec l'âge.
Plus fréquente après la ménopause.
- Facteurs ménopausiques :
Hypoœstrogénie.
Atrophie vulvovaginale.
- Grossesse et post-partum :
Incontinence parfois transitoire.
Sa survenue augmente le risque de réapparition ultérieure.
→ Point clé : IU féminine très fréquente, notamment après la ménopause, avec un risque de récidive après une IU gravidique ou du post-partum.
Étiologies gynécologiques et générales de l'incontinence urinaire (rang B)
- Ménopause :
Hypoœstrogénie.
Atrophie vulvovaginale.
IU volontiers associée à :
Dyspareunie.
Cystites ou urétrites, souvent abactériennes.
Parfois dysurie avec sténose urétrale.
- Accouchements :
IU possible au décours des accouchements.
- Maladies du tissu conjonctif :
Exemple → syndrome d'Ehlers-Danlos.
- Diagnostics différentiels :
Miction par regorgement sur globe vésical chronique.
Fistule vésicovaginale :
Perte d'urine par le vagin.
Favorisée par les antécédents de dystocie.
→ Point clé : rechercher notamment ménopause, antécédents obstétricaux et maladies du tissu conjonctif.
Causes de pollakiurie et de dysurie (rang A/B)
- Pollakiurie :
Augmentation de la fréquence des mictions.
Peut résulter d'une compression vésicale :
Myome utérin.
Tumeur pelvienne.
Tumeur abdominale.
- Diagnostic différentiel :
Polyurie :
Augmentation du volume des urines.
→ à distinguer de la pollakiurie.
- Causes de dysurie :
Endométriose.
Obstacle local :
Corps étranger vaginal.
Corps étranger urétral.
Corps étranger rectal.
Lithiase enclavée dans l'urètre.
Tumeur pelvienne.
- Retentissement sur le haut appareil urinaire :
Possible en cas d'obstacle.
Bilan :
Créatininémie.
Imagerie à la recherche d'une dilatation pyélocalicielle.
→ Point clé : dysurie obstructive → créatinine + imagerie pour rechercher une atteinte du haut appareil.
Étiologies des vessies neurologiques (rang B)
- Vessie neurologique → trouble de la fonction vésicale associé à une atteinte neurologique.
- Causes centrales :
Sclérose en plaques.
Traumatisme médullaire.
Maladie de Parkinson.
- Causes périphériques :
Diabète.
Syndrome de la queue de cheval.
Éthylisme chronique.
→ Point clé : devant des troubles mictionnels, rechercher une cause neurologique centrale ou périphérique.
Traitement de première intention de l'incontinence urinaire féminine (rang A)
- Rééducation périnéale :
Traitement de premier recours.
Doit être poursuivie dans la durée, selon le référentiel.
- Femme ménopausée :
Œstrogènes vaginaux :
Présentés comme indispensables dans le collège.
- Urgenturie :
Anticholinergiques.
- Cystites, urétrites et infections urinaires :
Boissons abondantes selon le référentiel.
Prise en charge de l'infection urinaire lorsqu'elle est présente.
→ Point clé : première ligne = rééducation périnéale, associée selon le contexte aux œstrogènes vaginaux ou aux anticholinergiques.
Échec du traitement de première intention et indications d'avis spécialisé (rang A)
- En cas d'échec du traitement initial :
Après au moins 6 mois de :
Rééducation périnéale.
Traitements locaux associés.
→ explorations urodynamiques.
→ avis spécialisé.
- Orientation vers un urologue ou un gynécologue chirurgien en présence de :
Déficit neurologique.
Histoire très ancienne d'IU.
Infections urinaires récidivantes.
Prolapsus extériorisé.
Résidu post-mictionnel important.
Suspicion d'obstacle urétral :
Impossibilité de cathétériser l'urètre.
Échec du traitement médical de première intention.
Douleur persistante.
Hématurie sans infection.
→ Point clé : échec après ≥ 6 mois de rééducation + traitements locaux → bilan urodynamique et avis spécialisé.