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(détail)
Claude Monet, Les Nymphéas, 1914-1926, huile sur toile, 219 × 602cm, Musée de l’Orangerie
Comment Monet transforme-t-il la représentation du paysage en une expérience immersive, porteuse d’une réflexion sur le temps et la paix ?
I. Un paysage d’eau aux limites effacées
8 panneaux, env. 200 m² → nymphéas, reflets, nuages, saules
horizon absent → perte des repères, immersion
compo décentrée, all-over (aucun centre dominant)
traces de pinceau, réserves de toile → matérialité visible
inspi des jardin d’eau de Giverny (1883), passion botanique
II. Une peinture qui capte le temps et renouvelle le regard
continuité des séries : gare Saint-Lazare (1877), meules (1890-91), cathédrales (1892-94), Pont japonais (dès 1895) → variations lumineuses
10 ans pour 8 panneaux
1GM, Monet reste à Giverny, vision très diminuée
salles elliptiques de Camille Lefèvre, lumière naturelle, orientation est/ouest → continuum temporel
seconde salle : tronc, espace retrouvé, composition décentrée, japonisme
III. Un monument immersif à la paix
don à l’État le 12 nov. 1918 → paix intérieure/extérieure
vestibule = seuil vers un espace méditatif
installation en 1927, réception froide face aux avant-gardes
après 1945, rapprochements avec l’expressionnisme abstrait, all-over
André Masson (1952) : « Sixtine de l’Impressionnisme » → art comme environnement
Ccl : Monet dépasse le paysage traditionnel en faisant de la peinture un espace à vivre
—> prolongement dans la Chapelle Rothko de Mark Rothko (1971)
ATTENTION : IL MANQUE UNE COMPARAISON
Qui a conçu les salles élliptiques du musée d l’orangerie destinée à conserver Les Nymphéas de Monet ?
L' architecte en chef du Louvre, Camille Lefèvre, suivant les indications du peintre de 1922 à 1927 (Claude Monet meurt en 1926) .

Pablo Picasso, Nu sur fond rouge, 1906, huile sur toile, musée de l’Orangerie
Comment Picasso renouvelle-t-il le nu par la simplification des formes et l’évolution de son langage plastique ?
I. Un nu simplifié, entre intériorité et évolution picturale
Fond rouge uni, absence de profondeur
tête inclinée, mèche tenue → innocence, vulnérabilité
période rose après la période bleue → palette plus chaude, figures moins mélancoliques
simplification des volumes → dépassement du naturalisme
intérêt pour les arts ibériques et africains → stylisation, sans influence directe certaine sur chaque forme
II. Du visage-masque à la modernité, entre influences et diffusion
Coude déformé, sourcil-nez continus, yeux noirs en fente → hiératisme
comp. Autoportrait (Picasso, 1906) : simplification du visage
puis Les Demoiselles d’Avignon (Picasso, 1907) : fragmentation et masques → radicalisation
→ rapprochement avec masques Fang, contexte de Derain
collection Paul Guillaume (1929) → rôle des marchands dans la diffusion des avant-gardes
Conclusion: Le nu devient un laboratoire formel, trouve prolongement dans le cubisme de Picasso et Maisons à l’Estaque de Georges Braque (1908)
Qui est Modigliani ?
(1884-1920)
1884 : Naissance à Livourne, en Italie → nationalité italien
1902-1905 : Il étudie les BA à Florence et à Venise, où il découvre les maîtres de la Renaissance.
1906 : Il s’installe à Paris et rencontre les artistes de l’avant-garde
1909-1914 : S’intéresse à la sculpture, influencé notamment par Constantin Brâncuși.
1914-1919 : Il se consacre surtout à la peinture et développe son style caractéristique : visages ovales, cous allongés et traits épurés.
1917 : Sa première exposition personnelle à Paris provoque un scandale à cause de ses nus.
1920 : Il meurt à Paris, à 35 ans → tuberculose
→ Figure importante de l’art moderne et de l’École de Paris.

Modigliani, Femme au ruban de velours, vers 1915, huile sur papier collé sur carton, 54 x 45cm, musée de l’Orangerie
Comment Modigliani transforme-t-il le portrait en une construction stylisée, entre masque, expérimentation picturale et intériorité ?
I. Un visage-masque aux formes épurées
Visage allongé, traits simplifiés, yeux sans pupilles → regard énigmatique, figure hiératique
influence des arts africains et océaniens
prolongement des recherches sculpturales de Modigliani (Têtes, Cariatides AJOUTER SOURCES ET LIEUX) → stylisation, dépassement du portrait naturaliste
fond paysager courbe inhabituel, arbres esquissés → figure isolée
Contraste fond sombre / visage clair
II. Une peinture expérimentale entre matière et stylisation
- Huile sur papier collé sur carton
touche divisée et modulée, blanc du support visible → vibration, surface fragmentée
expérimentation de 1914-1915
comparaison avec Portrait de Diego Rivera et Portrait de Pablo Picasso (Modigliani, 1915) → divisionnisme plus radical
chevelure et ruban noirs uniformes → contraste de matière
provenance : collection Paul Guillaume (1929) → rôle des marchands dans la diffusion de l’art moderne
CCL: Le portrait dépasse la ressemblance pour devenir une synthèse formelle ouverture → les sculptures de têtes de Modigliani, où le visage-masque est exploré en trois dimensions (AJOUTER SOUCES

Modigliani, Paul Guillaume, Novo Pilota, huile sur carton collé sur contre-plaqué parqueté, 105 x 75cm, musée de l’Orangerie
Portrait du jeune marchand et mécène Paul Guillaume, réalisé au début de sa collaboration avec Modigliani → comment le peintre transforme-t-il un portrait individuel en hommage au défenseur visionnaire de l’art moderne ?
I. Une figure élégante, construite par la simplification
Fond rouge uni ↔ silhouette sombre centrale → détachement, monumentalité
Contours synthétiques, volumes lisses, visage anguleux, mâchoire carrée, épaule tombante → déformation expressive ≠ réalisme photographique
Regard direct, posture assurée, costume, chapeau, cigarette → élégance, autorité ; main à peine esquissée → hiérarchie des détails
II. Un portrait-manifeste du mécène moderne
Inscription « Novo Pilota » → nouveau pilote, guide de l’avant-garde ; figure du Roi Mage guidé par une étoile
4 portraits de Guillaume (1915-1916) → relation peintre-marchand, soutien matériel et diffusion de l’art moderne
Comparaison : Picasso, Portrait d’Ambroise Vollard, 1910, conservée au musée des beaux-arts Pouchkine, à Moscou.→ fragmentation cubiste et regard fermé ≠ synthèse stylisée et regard frontal
Collection léguée à l’État → portrait conservé à l’Orangerie, mémoire du mécène
Cvl : L’image construit autant une identité artistique qu’un visage
→ ouverture sur le rôle des marchands dans la reconnaissance des avant-gardes, notamment Daniel-Henry Kahnweiler
Qui est Henri Rousseau, surnommé le Douanier Rousseau ? Exemple d’une oeuvre ?
Né à Laval, surnommé le Douanier Rousseau par Alfred Jarry en référence à son travail à l’octroi
Représentant de « l’art naïf » (terme aujourd’hui remis en question)
Autodidacte, se définit comme un réaliste
1885 : expose au salon des Indépendants
1893 : se consacre à son art
Reconnu par l’avant-garde : séduit Apollinaire, Picasso, Delaunay
Banquet pour Henri Rousseau, 1968
Catalogue : « Henri Rousseau, l’ambition de la peinture »
S’autoproclame l’auteur du portrait-paysage -> décors sont des indices sur le portrait
Travaille selon PARADOXE : attention minutieuse portée au détail VS liberté vis-à-vis des conventions
Ex : représentation réaliste du feuillage, mais ne donne pas un aspect réaliste
Henri Rousseau, dit le Douanier Rousseau, Noces, 1905, huile sur toile, 163 x 114cm, musée de l’Orangerie

Henri Rousseau, dit le Douanier Rousseau, Noces, 1905, huile sur toile, 163 x 114cm, musée de l’Orangerie
Portrait collectif inspiré de la photographie → comment Rousseau transforme-t-il une scène familiale ordinaire en une apparition étrange, entre réel et imaginaire ?
I. Une photographie de groupe déformée par la peinture
8 personnages en habits de fête, frontalité, immobilité, hiératisme → pose photographique, solennité
Mariée blanche semblant flotter ; voile passant devant la grand-mère malgré la perspective → repentir volontaire, apparition irréelle
Visages individualisés, corps simplifiés → réalisme des détails ≠ cohérence spatiale
II. Un décor stylisé qui transforme le réel
Ciel bleu intense, arbres miniaturisés, fond ocre → profondeur incertaine ; végétation en mandorle protectrice
Échos aux fresques médiévales et ex-voto → scène familiale idéalisée, presque sacrée (Basler)
Chien surdimensionné au premier plan → repoussoir, fidélité, étrangeté comique
Comp. Henri Rousseau, La Carriole du père Junier, 1908, Musée de l'Orangerie → chiens disproportionnés structurent l’espace, valorisent la jument, distorsion = logique expressive, non erreur
Conclusion :
Rousseau fait basculer le quotidien vers une vision poétique
→ Le Rêve (1910), où l’imaginaire envahit pleinement la représentation

Marie Laurencin, Femmes au chien, 1923, huile sur toile, Musée de l’Orangerie.
deux jeune femmes autour d’un animal. Couleurs délicates, décor stylisé, ouevre caractéristique de son univers féminin qu’elle développe ds les années 20 → comment Laurencin transforme-t-elle un groupe familier en un univers poétique, raffiné et ambigu ?
I. Un trio féminin entre proximité et distance
Composition horizontale : 2 femmes songeuses, guitare, chien interposé → lien animal/femmes, mais absence d’échange des regards
Silhouettes graciles, robes à nœuds, écharpe → féminité idéalisée, élégance stylisée
Tons froids (blanc, vert, bleu, gris, noir) + rose et bande jaune inhabituelle → atmosphère lunaire, contraste lumineux
II. Un univers décoratif entre tradition et modernité
Fond végétal et tissus stylisés → espace abstrait, théâtral
Écho à l’esthétiques des fêtes galantes Ex : Antoine Watteau, Le Pélerinage à l’île de Cythère, Musée du Louvre
—> et aussi mentionner les scènes raffinées de Jean-Honoré Fragonar
Parallèle avec l’operette Les Biches (1924, basé sur un livret du poète Jean Cocteau ) dont elle réalise les décors → continuité peinture/scénographie
Cadre exceptionnel à miroirs et perles de verre → œuvre précieuse, lien avec clientèle mondaine (Coco Chanel, Mme Paul Guillaume)
Ccl : Laurencin associe modernité décorative et étrangeté des relations → ouverture sur Les Biches (1923), transposition scénique de son univers féminin
Qu’est ce que l’expressionisme allemand ? (dates, définition, inspirations, figures de proue )
1905-1923
L’expressionnisme allemand est l’un des mouvements artistiques allemands du début du 20e siècle qui mettait l’accent sur les émotions ou les pensées internes de l’artiste plutôt que sur l’imitation de la réalité. L’expressionnisme allemand cherche davantage à exprimer le monde qu’à véritablement le montrer. L’experssionisme artistique, terme trans-historique, devient au XXe une véritable philosophie, au delà du simple style pictural.
→ On peut rattacher les peintres des XVe et XVIe siècles, Matthias Grünewald et Le Greco, à la tendance expressionniste par ex
Filiation forte avec le fauvisme, dans le style mais aussi ds les sources d’inspi : le primitivisme (avec le développement des musée d’ethno, en lien avec l’empire colonial), et l’expressionisme norvégien (ex :Edvard Munch, Le Cri, 1893, tempera et pastel (une des 5 version), Oslo.)
Le terme « expressionnisme » (Expressionismus en allemand) vient du critique d’art Wilhelm Worringerlors du salon annuel de 1911 de la sécession berlinoise. Cet art s’oppose à l’art officiel protégé par Guillaume II, 3e empereur allemand (r.1888-1918).
Les premiers éléments annonciateurs de l'expressionnisme apparaissent à la fin du XIXe siècle, en particulier dans la série d'Edvard Munch intitulée Le Cri, ainsi que dans l'évolution des travaux de Van Gogh et de James Ensor
Exemples de peintres et oeuvres expressionistes du XVIe et XVIIe siècle ?
Mathias Grünwald, Retable d’Issenheim, Première ouvertue : accomplissement de la nouvelle loi, 1512-1516, tempera et huile sur bois, musée Unterlinden de Colmar.
Le Greco, Laocoon, vers 1610, Washington, National Gallery of Art.

Quelles sont les dates de reigne de Guillaume II, dernier empereur allemand et 9e roi de Prusse ?
r. 1888-1918 (abdication)
D’où naît le terme “expersionnisme” ?
Du critique d’art Wilhelm Worringerlors du salon annuel de 1911 de la sécession berlinoise.
(Expressionismus en allemand)

Edvard Munch, Le Cri, 1893, tempera et pastel (une des 5 version), Oslo.

Franz Marc, Cheval dans un paysage (Pferd in Landshchaft), 1910, huile sur toile, Essen : musée Folkwang
Pb:
Couleur
→ La couleur dans l’art expressioniste joue un rôle essenciel. Couleur vives, subjectives et non mimétique forme la puissnace visuelle recherché par les artistes expressionistes pour exprimer le monde plutôt que le montrer fidèlement.
cheval rouge = non mimétique → Paul Gaugin, Arearea, 1882, huile sur toile, musée d’Orsay → chien rouge avait été moqué par la critique
Rouge contraste vc crinière bleue : complémentarité qui intensifie les couelur d’après → Michel-Eugène Chevreul, De la loi du contraste simultané des couleurs, 1839. → contraste de valeur
Violence des contrastes, la crudité des tons et la vigueur de la touche, influencées par le fauvisme français
=> Autonomie progressive de la couelur dans l’art du XXe
Forme
→ Si couleur = important, les expression formelles contribue tt autant à l’expression artistique de Franz Marc
cadrage serré, sans ligne d’horizon → caractéristqiue fauve → fait entrer le spéctateur dans la peinture
Max Pechstein, In den Dünen (Dans les dunes), 1911, Centre Pompidou
→ Jeux de courbe dans un paysage en harmonie avec les êtres qui l’habite, ici avec lignes courbes du cheval + même couleurs jaune, rouge et verte qui unissent les élements
→ Pechstein = artiste de die Brücke (1905-1913) un des deux groupes de l’expressionisme alld, l’autre étant le Der Blaue Reiter (1911-1914) que co-fonde Franz Marc.
Cheval à la place d’humain : hautement symbolique, n’a pas rompu le lien originel avec la nature. Cheval = son sujet de prédilection, associé à la valeur symbolique du bleu et à l’interet de Kandinsky pour les cavalier et la figure du Saint-George donne le nom au groupe der Blaue Reiter fondé en 1912 → expression de l’interiorité de l’artiste est un élément majeur
Quelles sont les dates de fondations et de dissolution des groupe Die Brücke et Der Blaue Reiter ?
Die Brücke :
formé à Dresde le 7 juin 1905
1913 dans le catalogue de la dernière exposition Chronik der Brücke
Der Blaue Reiter:
1912 (ap tenssion dans la NKVM, et ap rejoint par Franz Marc et August Macke)
1914 (1er Guerre Mondiale)
→ Marc et Macke sont rapidement tués dans les combats, tandis que Kandinsky et Jawlensky sont forcés de rentrer en Russie.