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Fiches de vocabulaire historique basées sur l'analyse critique des sources primaires et des débats historiographiques relatifs à la Révolution française et au régime napoléonien.
Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (26 août 1789)
Texte politique et juridique voté par l'Assemblée nationale constituante comprenant un préambule et 17 articles proclamés « sous les auspices de l'Être suprême », qui abolit la société d'ordres, place la souveraineté dans la nation et garantit les droits naturels.
Droits naturels (DDHC de 1789)
Droits inaliénables proclamés à l'article 2 de la Déclaration de 1789, définis précisément comme la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression.
Nature libérale de la DDHC de 1789
Caractère d'un texte qui consacre la propriété comme un « droit inviolable et sacré » (art. 17) et n'impose pas le suffrage universel (art. 6), ouvrant la voie au suffrage censitaire de 1791 plutôt qu'à une démocratie intégrale.
Interprétation de la DDHC par Eric Hobsbawm
Analyse historique définissant la Déclaration de 1789 comme un manifeste bourgeois dirigé contre les privilèges féodaux et traditionnels, et non comme un texte démocratique.
« La terreur et la vertu » (Robespierre, 5 février 1794)
Rapport présenté à la Convention au nom du Comité de salut public (18 pluviôse an II) justifiant politiquement la Terreur comme le ressort moral nécessaire du gouvernement républicain en temps de révolution.
Despotisme de la liberté
Formule par laquelle Robespierre définit le gouvernement de la Révolution, justifiant l'usage de la force et d'une justice « prompte, sévère, inflexible » contre la tyrannie pour faire triompher la république.
Citoyenneté républicaine (selon Robespierre)
Conception restrictive et idéologique selon laquelle « il n'y a de citoyens dans la République que les républicains », faisant des opposants intérieurs les complices directs des ennemis extérieurs.
Gravure « Gouvernement de Robespierre » (vers 1794)
Caricature issue de la collection de Vinck (BnF), postérieure à la chute de Robespierre, qui présente la Terreur comme une œuvre destructrice individuelle et absurde à travers des piles de têtes décapitées.
Samson (gravure « Gouvernement de Robespierre »)
Figure du bourreau représentée dans la caricature de 1794 en train de se guillotiner lui-même sur l'échafaud, après avoir exécuté l'ensemble des corps de la société faute d'autres victimes.
Légende noire de la Terreur
Représentation hostile, forgée par les conservateurs, décrivant la Terreur jacobine comme une pure « folie sanguinaire » et un système dictatorial incarné exclusivement par Robespierre.
Bilan de la Terreur selon Eric Hobsbawm
Données historiques rappelant un bilan de 17 000 exécutions officielles en quatorze mois et soulignant que Robespierre n'était pas un dictateur, replaçant ces mesures dans le cadre d'un effort de guerre totale.
Proclamation à l'armée d'Italie (1796)
Discours de Napoléon Bonaparte promettant « honneur, gloire et richesses » à des soldats dénués de tout dans les plaines conquises, instaurant le principe d'une armée nourrie par la guerre et fidèle à son chef.
Justification du coup d'État du 18 brumaire (1799)
Discours de Bonaparte légitimant sa prise de pouvoir au nom même de la République, affirmant que celle-ci est « mal gouvernée depuis deux ans ».
Proclamation des consuls (décembre 1799)
Texte officiel présentant la Constitution de l'an VIII, fondé sur la primauté des droits de « la propriété, de l'égalité, de la liberté » et concluant par la formule : « Citoyens, la Révolution est fixée aux principes qui l'ont commencée : elle est finie. »
« Empereurs au petit pied »
Expression employée par Napoléon Bonaparte en exil à Sainte-Hélène pour désigner les préfets et illustrer la centralisation administrative poussée de son régime.
Mémorial de Las Cases (1816)
Recueil des propos et mémoires dictés par Napoléon en exil à Sainte-Hélène, constituant la matrice de son plaidoyer politique et de sa légende dorée pour les historiens futurs.
« Roi du peuple » (Napoléon)
Titre revendiqué par Napoléon à Sainte-Hélène pour affirmer que son autorité émane de la nation tout entière, par opposition aux Bourbons qualifiés de « rois des nobles ».
Analyse napoléonienne par Annie Jourdan
Étude montrant comment Napoléon fabrique sciemment à Sainte-Hélène sa posture de « roi du peuple » et se réécrit rétrospectivement en « historien visionnaire ».
« The Final Pacification of Europe!! » (1803)
Caricature anonyme britannique publiée après la rupture de la paix d'Amiens (mai 1803), illustrant la légende noire en montrant Bonaparte pendu à un gibet comme unique condition de paix en Europe.