I. Qu'est ce que la croissance économique ?

0.0(0)
Studied by 0 people
call kaiCall Kai
learnLearn
examPractice Test
spaced repetitionSpaced Repetition
heart puzzleMatch
flashcardsFlashcards
GameKnowt Play
Card Sorting

1/12

encourage image

There's no tags or description

Looks like no tags are added yet.

13 Terms

1
New cards

Comment est ce la croissance économique présentée

La croissance économique est souvent présentée comme le remède à tous les maux. Elle permettrait la création d’emploi pour tous, réduirait alors le chômage et permettrait l’accroissement des niveaux de vie. Et moins de chômage veut aussi dire que l'État verse moins de prestations sociales (comme l'allocation chômage ou le RSA), réduisant ainsi ses dépenses publiques. Les entreprises, en produisant davantage et mieux, réaliseraient un profit important et seraient en mesure de financer plus facilement les investissements nécessaires à la croissance économique future. Il y aurait une augmentation de l'activité des entreprises, ce qui leur permet de payer plus d'impôts à l'État (recettes publiques). La hausse des recettes et la baisse des dépenses de l’État permettent de réduire le déficit public et de mieux rembourser la dette publique (ou d'éviter qu'elle n’augmente). Il apparaît donc que la croissance économique est le remède à tous les maux. Mais l’est-il véritablement?

2
New cards

La croissance avant le XVIIIè siècle

Jusqu'au XVIIIe siècle, le niveau de vie moyen des habitants de la planète est resté stagnant, dans la mesure où le niveau de vie d'un esclave romain n'était pas significativement différent de celui d'un paysan du Languedoc au XVIe siècle ou d'un ouvrier de la grande industrie du début du XIXe siècle. En effet, chaque fois qu'une société découvre une technologie nouvelle (une nouvelle technique pour produire plus par exemple), cette croissance économique entraîne une croissance démographique. Malthus, un économiste anglais explique que la richesse augmente la natalité et réduit la mortalité, tandis que la hausse de la population fait baisser progressivement le revenu par tête. À un certain moment, il n'y a plus assez de terres pour nourrir toute cette population, ce qui faisait réinventer les famines et les épidémies qui brisent l’essor des sociétés en croissance

3
New cards

La croissance économique, un phénomène récent

Vers le milieu du XVIIIe siècle, la Révolution industrielle provoque une rupture totale par l'émergence de nouvelles techniques dans le domaine industriel, la plus célèbre d'entre elles étant la machine à vapeur de James Watt qui va permettre de développer l'industrie textile, les chemins de fer puis les bateaux à vapeur. En 1733, John Kay invente la navette volante qui permet de tisser plus large. La vitesse du travail va doubler et cette seule innovation explique la moitié de la croissance britannique. Mais ça n'a intérêt que si l'on a du fil, ce qui pousse l'invention de la machine à filer (en 1764). La croissance économique devient alors moderne car elle repose sur un progrès technique permanent qui progresse plus vite que la population. À partir du XIXe siècle, dans les pays industrialisés, le revenu par habitant augmente durablement ce qui améliore concrètement les conditions de vie et caractérise une société qui prospère.

4
New cards

La croissance économique, un phénomène inégal

Parallèlement à son caractère récent, la croissance économique mondiale se révèle profondément inégale selon les époques, les pays et les zones régionales. La croissance économique est pendant très longtemps circonscrite, elle ne touche que l’Occident (États-Unis, l’Europe) et un peu plus tard le Japon. C’est seulement à partir des années 1990 que d’autres régions comme l’Asie s’ouvrent à la croissance. Ces grands pays émergents tels que la Chine, l'Inde ou le Brésil se sont à leur tour engagés dans une dynamique de rattrapage économique rapide. Chacun s’est appuyé sur des moteurs spécifiques, qu’il s’agisse de l’industrie pour la Chine, des services pour l’Inde ou du secteur primaire (agriculture) pour le Brésil, ce qui leur permet aujourd’hui de peser lourdement au sein de l’économie mondiale

5
New cards

Le PIB, un indicateur de richesse

Le PIB est un indicateur économique permettant de mesurer la richesse produite par tous les agents productifs dans un pays, sur une année. Il correspond à la somme des valeurs ajoutées de l'ensemble des branches d’activité économique au sein du pays. La croissance économique c’est l’augmentation du PIB

Calcul : Final - Initial/Initial x 100

Ex : Si le PIB en France était de 2750 Md d’€ en 2023 et qu’il est de 2820 Md d’€ en 2024, alors la croissance a été de 2,5%

6
New cards

Les limites du PIB : indicateur quantitatif

Malgré son utilité incontestable pour quantifier l'activité économique, le PIB présente des limites structurelles importantes. Tout d'abord, il s'agit d'un indicateur purement quantitatif qui ne prend pas en compte la production domestique non marchande réalisée par les ménages pour eux-mêmes, telle que le bricolage, le jardinage ou les tâches parentales et ménagères. Bien que ces taches représente un volume d'heures et une valeur économique considérable, équivalant à une part importante du PIB, elle échappe totalement à la comptabilité nationale classique. De plus, le PIB ne prend pas en compte l'économie souterraine ou informelle, et il ne reflète ni les inégalités de répartition des richesses au sein de la population ni les dégradations environnementales liées à l'activité productive. Dès qu’il y a une transaction monétaire, malgré la nature de l’activité, c’est une hausse dans le PIB : par exemple le fait qu'il y'ait bcp d'accident de la route augmente le PIB parce que cela représente des nouvelles voitures, des garagistes, des assurances, des médecins…

7
New cards

Les limites du PIB : bien être/bonheur

Ensuite, le PIB n'est pas un indicateur de bien-être ou de bonheur humain, ce qui met en évidence le célèbre paradoxe d’Easterlin. Dès 1974, Richard Easterlin, montre que sur le long terme, malgré l'augmentation spectaculaire du PIB par habitant et du niveau de vie dans les pays développés, le niveau de satisfaction ou de bonheur déclaré par la population reste globalement stagnant. Ce phénomène s'explique par deux mécanismes psychologiques et sociaux majeurs : d'une part, les individus s'habituent rapidement à un niveau de vie élevé et leurs exigences augmentent en même temps que leurs revenus ; d'autre part, la satisfaction humaine est relative, car l'individu évalue son bien-être par comparaison avec son « groupe de référence » et non dans l'absolu. Ainsi, un accroissement de la richesse matérielle ne garantit pas mécaniquement une hausse du bien-être général de la société.

8
New cards

Quelles sont les sources de la croissance ?

Accumulation des facteurs de production et augmentation de la productivité


9
New cards

L’accumulation des facteurs de production

La croissance économique repose avant tout sur l'utilisation combinée des facteurs de production, qui désignent l'ensemble des ressources mises en œuvre pour produire des biens et des services, principalement le travail et le capital.

Le facteur travail représente l'ensemble de la main d'oeuvre mobilisée dans la production : ce sont les travailleurs qui sont rémunérés en échanges de leurs temps de travail. Le facteur travail est donné par la population active (occupés et inoccupés (chômeurs)). Le niveau de la population active est donnée par l’evolution démographique, la migration, les comportements d'activité (durée des études)…

Le facteur capital regroupe l'ensemble des biens durables utilisés lors de plusieurs cycles de production, comme le capital fixe (les machines, les infrastructures…) et des biens qui sont détruits ou transformés dans le processus de production, comme le capital circulant (énergie, farine, matière première…). L’accumulation de ces facteurs, permise notamment par l'investissement, constitue une augmentation majeure du PIB.

10
New cards

La loi des rendements décroissants

La loi des rendements décroissants occupe une place centrale dans l'étude de la croissance économique par accumulation des facteurs. Elle se trouve au cœur du modèle de Robert Solow Appliquée à la fonction de production, cette loi explique que si on augmente la quantité d'un facteur de production (le capital, par exemple) tandis que l'autre reste fixe (le travail), le gain de production supplémentaire, c’est-à-dire la productivité marginale, diminue progressivement. Dans cette perspective, la simple accumulation de machines ou d'équipements ne peut pas nourrir la croissance indéfiniment : l'économie finit par bloquer et atteindre un « état stationnaire » où la croissance s'arrête. Pour dépasser cette limite, les économistes expliquent que le vrai moteur de la croissance à long terme est le progrès technique. Ce dernier est capable de briser la loi des rendements décroissants en rendant le capital et le travail structurellement plus performants.

Ex : Dans le travail agricole, si un agriculteur recrute progressivement de nouveaux ouvriers sans agrandir son champ ni ajouter d'outils, la production totale va augmenter au début. Cependant, passé un certain seuil, les ouvriers finissent par se gêner et se partager le même matériel : l'efficacité de chaque travailleur supplémentaire devient donc de plus en plus faible.

11
New cards

L’augmentation de la productivité globale des facteurs

Ainsi, la quantité seule des facteurs ne suffit pas à garantir une croissance économique durable. Dans les années 50', Robert Solow, économiste américain constate que la croissance peut s'expliquer de façon résiduelle. Le résidu c'est ce qu'on appelle souvent la part inexpliquée de la croissance une fois qu'on a pris en compte l'augmentation quantitative des facteurs. Si un pays produit plus sans embaucher plus ni acheter plus de machines, c'est grâce à une efficacité plus grande : elle est liée à une amélioration de la productivité globale des facteurs (PGF)

L'augmentation de la PGF traduit les gains d'efficacité et de performance de l'appareil productif, largement stimulé par le progrès technique. Le progrès technique englobe les innovations de produits et de procédés souvent promu par les dépenses de recherche et développement (R&D), et permet de produire de plus grandes quantités avec un même niveau de capital et de travail (générer des gains de productivité) ce qui est facteur de croissance économique. Ainsi, la croissance économique s'explique à la fois par une dimension quantitative, liée à l'accumulation des ressources de travail et de capital, et par une dimension qualitative, portée par l'efficacité du progrès technique.

Ex : En France, en 2019, la croissance a été de 1,5%. Le facteur travail (0,7p%), le facteur capital (0,7p% ) et la PGF (0,1p%).

12
New cards

La croissance extensive

Les économistes distinguent deux types de croissance selon l'origine des gains de production : la croissance extensive et la croissance intensive. La croissance extensive correspond à la part de l'augmentation du PIB qui découle directement de l’augmentation quantitatif des facteurs de production, c'est-à-dire l'accumulation accrue de capital physique et l'augmentation du volume de travail. Dans ce cas de figure, la contribution des facteurs travail et capital à la croissance globale est supérieure à celle de la productivité globale des facteurs.

Ex : L’URSS dans les années 50, lors de son industrialisation rapide (évolution démographie importante, travail des femmes …), elle base son modèle sur l'accumulation massive de capital (construction d'usines, achat de machines) et l'embauche d'un grand nombre de travailleurs, augmentant ainsi la production de manière purement quantitative.

13
New cards

La croissance intensive

À l'inverse, la croissance intensive est celle où l'augmentation de la production est principalement tirée par l'amélioration de l'efficacité et de la productivité des facteurs de production grâce au progrès technique. Ici, la contribution de la productivité globale des facteurs (PGF) dépasse la contribution combinée du travail et du capital. L'analyse des données économiques montre que les économies développées reposent de plus en plus sur un modèle de croissance intensive, où l'innovation et l'optimisation des savoir-faire emportent sur la simple accumulation de quantités de travail ou de machines.

Ex : Pendant les Trente Glorieuses, la croissance était portée par l'augmentation de l'efficacité des facteurs de production (productivité) plutôt que par le seul ajout de travail ou de capital