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— Pensée de philosophe —
Weber
• Nous avons désenchanté le monde, en croyant à notre propre maîtrise techno-scientifique du monde.
Weber observe un désenchantement du monde lié au progrès de la rationalité, notamment des sciences. Cela se traduit par une compréhension intellectuelle qui élimine les explications mystiques ou surnaturelles des phénomènes. Nous préférons désormais la technique et la prévision aux pratiques magiques pour influencer notre environnement.
• Nous avons désenchanté le monde, mais aussi perdu le sens de l'existence.
Selon Weber, le désenchantement du monde a privé les individus de la satisfaction et de la plénitude ressenties dans des sociétés moins rationalisées. Les individus modernes se sentent souvent épuisés par la vie, confrontés à un flux constant de défis et de questionnement. Bien qu'ils aient accès à de nombreuses connaissances, ils ne peuvent tout saisir, ce qui peut susciter frustration et perception de la mort comme dépourvue de sens. Ainsi, la vie moderne semble souvent vide de sens, privant l'homme de toute compréhension de son existence.
— Pensée de philosophe —
Bergson
L'existence des religions est bien plutôt le signe d'une crédulité de l'espèce humaine qui s'enorgueillit pourtant de sa raison contre l'animal.
Bergson critique la tendance de l'humanité à s'accrocher aux superstitions et aux religions, malgré sa capacité à raisonner. Il remarque que même lorsque l'expérience et la raison indiquent que quelque chose est faux ou absurde, les gens persistent dans leurs croyances irrationnelles. Pour lui, la présence omniprésente et persistante des religions dans toutes les sociétés humaines est révélatrice de la propension de l'espèce humaine à la crédulité. Il souligne ainsi un étrange paradoxe : l'homme, vanté pour sa raison, est aussi celui qui s'attache le plus aux choses déraisonnables, comme en témoignent les nombreuses aberrations et crimes perpétrés au nom de la religion.
— Pensée de philosophe —
Durkheim
La religion est par essence sociale, un ensemble de croyances religieuses qui distinguent le sacré et le profane dans, et pour, une communauté.
Durkheim soutient que la religion est essentiellement sociale où le rapport à Dieu n'est pas central. Durkheim met en lumière que les croyances religieuses sont toujours partagées au sein d'une collectivité spécifique qui les pratique ensemble en se rassemblant. En effet, les individus se sentent liés les uns aux autres par leur adhésion à une même foi. Il définit la religion comme un système de croyances et de pratiques concernant des réalités sacrées qui unissent une communauté morale, appelée Église. Il ajoute que même les cultes dits privés sont célébrés par une collectivité, qu'il s'agisse de la famille ou de la corporation. Ainsi, il montre que ces religions particulières et ces Églises restreintes sont souvent des manifestations d'une religion plus générale et d'une Église plus vaste, englobant davantage de membres. Ainsi, la religion, selon Durkheim, unit une communauté en distinguant le sacré du profane (le domaine ordinaire ou non sacré de la vie), créant ainsi un cadre symbolique qui donne sens à la vie collective.
— Pensée de philosophe —
Locke
La religion n'est pas l'affaire de l'État parce que la croyance est toujours privée et personnelle.
Selon Locke, la religion n'est pas du ressort de l'État car la croyance est toujours une affaire privée et personnelle. Cela signifie que chaque individu a le droit fondamental de croire ce qu'il souhaite, sans l'ingérence de l'autorité gouvernementale. Par conséquent, l'État ne devrait pas réglementer ni contrôler les questions religieuses, et la liberté de religion devrait être protégée comme un droit individuel.
— Pensée de philosophe —
Ricœur
L'État est laïc, c'est-à-dire qu'il s'abstient d'intervenir en matière religieuse, mais il importe de ne pas confondre la laïcité par l'abstention et la laïcité polémique.
Selon Ricœur, l'État est laïc, ce qui signifie qu'il s'abstient d'intervenir en matière religieuse. Cependant, il est important de distinguer deux types de laïcité. Tout d'abord, la laïcité par l'abstention qui se caractérise par le fait que l'État ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte. Ensuite, la laïcité polémique qui est caractérisée par son lien avec la qualité de la discussion publique et l'acceptation des arguments de l'autre. Cela implique un engagement actif dans le débat et la reconnaissance mutuelle du droit de s'exprimer. Cette distinction est cruciale pour comprendre les différents aspects de la laïcité et leurs implications, notamment en ce qui concerne des questions sensibles telles que le rôle de l'école.
— Pensée de philosophe —
Rousseau
L'État adapte les dogmes religieux en dogmes civils pour la paix sociale.
Rousseau considère qu'il existe une liberté privée théologique et une religion publique. Il soutient que l'État transforme les dogmes religieux en dogmes civils dans le but de maintenir la paix sociale. La religion publique, établie par l'État, vise à encourager les citoyens à remplir leurs devoirs civiques. En d'autres termes, l'État utilise des principes religieux pour promouvoir la cohésion sociale et le respect des lois, sans pour autant imposer de croyances spécifiques.
— Pensée de philosophe —
Russell
La science s'oppose au dogmatisme religieux.
Selon Russell, la nature même du « credo » religieux s'oppose à la démarche scientifique. Les crédos religieux prétendent exprimer une vérité éternelle et absolument certaine, tandis que la science reconnaît son caractère provisoire et logiquement incapable de parvenir à une démonstration complète et définitive. Les crédos religieux, en affirmant des vérités indiscutables, affaiblissent l'autorité du clergé et sont liés à la moralité, ce qui conduit à craindre les doctrines révolutionnaires des hommes de science. Ainsi, la science s'oppose au dogmatisme religieux en remettant en question les vérités absolues et en adoptant une approche fondée sur la révision constante de ses théories.
— Pensée de philosophe —
Pascal
Croire n'est pas savoir et il faut distinguer cœur et raison en matière religieuse.
Selon Pascal, croire et savoir sont deux notions distinctes, chacune ayant son propre domaine. Il ne s'agit pas de remplacer la croyance par la science, mais plutôt de reconnaître leur complémentarité. Il propose un raisonnement pour ceux qui manquent de foi. L'incroyant, qui se fie uniquement à la raison, peut trouver un argument dans le célèbre "pari pascalien". Ce pari stipule que l'hypothèse de l'existence de Dieu offre un bénéfice probable, tandis que l'inexistence de Dieu n'apporte rien. Ainsi, l'homme de raison a tout intérêt à miser sur l'existence de Dieu. Cependant, Pascal souligne que la foi va au-delà de la simple preuve rationnelle. Elle est un don de Dieu, un sentiment profond dans le cœur qui dépasse la simple raison. Ceux qui ont reçu ce don sont légitimement persuadés de leur foi, tandis que ceux qui ne l'ont pas peuvent être guidés vers elle par le raisonnement, en attendant que Dieu leur accorde cette conviction intérieure.
— Pensée de philosophe —
Spinoza
La science ne s'oppose pas tant à la croyance qu'à la superstition.
Selon Spinoza, la superstition est le danger de toute croyance dépourvue de savoir. Spinoza souligne que si les hommes pouvaient régler toutes leurs affaires suivant un but arrêté ou si le sort leur était toujours favorable, ils ne seraient jamais prisonniers de la superstition. Cependant, confrontés à des situations où ils ne savent plus comment agir, où l'incertitude et l'instabilité règnent, ils sont naturellement enclins à la crédulité. Dans ces moments de doute, la moindre impulsion les pousse dans un sens ou dans l'autre, et leur mobilité mentale s'accroît encore lorsqu'ils oscillent entre la crainte et l'espoir. La superstition prospère dans cette incertitude et ce désir excessif, nourrissant l'âme humaine de croyances irrationnelles et de comportements impulsifs. Ainsi, la vraie opposition se situe entre la méthode scientifique, fondée sur la raison et la recherche de vérité, et la superstition, qui se nourrit de l'ignorance et de l'instabilité émotionnelle.
— Pensée de philosophe —
Nietzsche
Le savoir cache une croyance, le savant croit en la vérité.
Selon Nietzsche, bien que la science revendique l'objectivité, elle repose en réalité sur une croyance profonde en la vérité. Cette conviction absolue de l'importance de la vérité est essentielle pour le scientifique, qui l'idolâtre comme un dieu moderne. L'idée de la "mort de Dieu" exprime la fin de toute référence à un domaine suprasensible ou à un au-delà réconfortant. Ainsi, même si la science rejette les croyances religieuses traditionnelles, elle n'échappe pas à une forme de religiosité, la vérité devenant son objet de dévotion ultime. Nietzsche suggère que cette croyance en la vérité, bien qu'elle soit présentée comme une évolution au-delà des croyances religieuses traditionnelles, reste néanmoins enracinée dans la tradition religieuse occidentale. Par conséquent, la science, tout en rejetant les dieux traditionnels, perpétue une forme de dévotion séculaire héritée de la tradition religieuse occidentale.
— Exemple —
Film
• Le Nom de la rose de Jean-Jacques Annaud (1986, d'après le roman d'Umberto Eco) est une enquête policière médiévale durant laquelle le héros est confronté aux querelles internes du christianisme qui règne sur l'Europe (opposition du Pape à l'ordre franciscain, qui prône la pauvreté de l'Église), ainsi qu'à la question des interdits religieux (le rire est proscrit parmi les moines de l'abbaye visitée par le héros, à tel point que les représentations et récits qui visent à faire rire sont rendus inaccessibles).
• Le film La Controverse de Valladolid de Jean-Daniel Verhaeghe (2001) retranscrit la controverse du XVIe siècle au cours de laquelle d'éminents représentants de l'Église ont débattu sur la question suivante : les indigènes du continent américain ont-ils une âme ? Ce film montre à quel point des esprits cultivés et sincères peuvent être amenés à une conclusion moralement insupportable, le tout avec la bénédiction d'une Église instituée (qui protégeait alors des intérêts économiques).
— Exemple —
Œuvre d'art
• The Angelus de Salvador Dali est une reprise du célèbre Angélus de Millet, dans lequel un paysan et sa femme s'arrêtent de travailler pour se recueillir et prier. L'esthétique surréaliste des ruines qui représentent ce paysan et sa femme incite à réfléchir sur l'évolution de la religion dans notre société. Est-ce le crépuscule de la religion, une religion tombant en ruine ? Paradoxalement, on pourrait comprendre que la religion reste vivante dans la mémoire, en tant que vestige, et que le péril ultime pour la religion serait en réalité de disparaître totalement de la mémoire.
• Le sacrifice d'Isaac par Abraham représenté par Le Caravage, au moment où celui-ci est interrompu par un ange : on peut lire sur les traits de son visage un mélange d'angoisse et de conviction, qui reflète toute l'ambiguïté de la foi religieuse décrite par Kierkegaard.
— Exemple —
Roman
Siddhartha est un roman de Hermann Hesse publié en 1922. Se référant au bouddhisme, ce roman invite à penser la possibilité d'une spiritualité religieuse, sans dogmatisme ; Siddhartha ne suit pas des préceptes mais découvre dans une expérience de vie, parfois douloureuse, un chemin spirituel. Il n'est pas satisfait par les brahmanes, ni les samanas, ni même Gotama, le célèbre Bouddha et sa doctrine censée délivrer de la souffrance.
— Exemple —
Vie quotidienne/Société
Il est possible de comparer les versions de la laïcité pratiquées dans différents pays du monde : la France et les États-Unis sont tous deux des pays laïques, bien qu'il soit inscrit « In God we trust » (« En Dieu nous croyons ») sur les billets de banque américains et que l'on y jure sur la Bible. La Loi de 1905 portant sur la séparation de l'Église et de l'État fait de la France un pays laïque et par là agnostique (elle est neutre), par différence à l'URSS qui était une république athée.
— Citation —
Anselme
La foi cherchant l'intelligence.
Anselme
— Citation —
Kant
Il me fallait donc mettre de côté le savoir afin d'obtenir de la place pour la croyance.
Emmanuel Kant
— Citation —
Freud
La religion est la névrose obsessionnelle de l'humanité.
Sigmund Freud
— Citation —
Dostoïevski
Si Dieu n'existe pas, tout est permis.
Fiodor Dostoïevski
— Généralités —
Introduction de la notion
RELIGION
La religion est un enjeu culturel, moral, politique et scientifique. En effet, le retour du religieux met aujourd'hui en question notre culture en tant qu'elle est désenchantée, mais aussi la place même du religieux dans l'espace public de la cité politique. La résurgence des intégrismes religieux, qui parfois ignorent les progrès de la science, réinterroge l'opposition traditionnelle entre religion et science. Comment penser la religion aujourd'hui ?
— Généralités —
Définir la notion
RELIGION
La philosophie comprend et analyse donc la religion comme un lien : entre les êtres humains, mais aussi entre l'individu et le divin. Effectivement, la religion est d'une part un ensemble de croyances et de rites unissant les membres d'une société : partagée par plusieurs individus, elle crée un lien entre eux. D'autre part, la religion peut être vécue intimement : elle lie alors chacun et chacune à une entité supérieure.
— Repères —
Croire / Savoir
• On croit lorsque l'on tient pour vrai quelque chose, sans pouvoir le prouver. En général, on range la croyance aux côtés de l'opinion et du préjugé. En matière de religion, on entend par croyance l'acte personnel de foi qui traduit, au sens étymologique de « credere », la confiance accordée à quelqu'un (le prophète, Dieu).
• En revanche, on sait quand on adhère à une idée en se fondant sur des connaissances établies qui prouvent sa vérité. À cet égard, les démonstrations ou preuves de l'existence de Dieu relèvent du savoir.
C'est pourquoi croire et savoir peuvent porter sur le même objet et dire la même chose, parce que leur différence réside dans la manière de se rapporter à un contenu.
Exemple: Je sais que ma vie aura un terme car je peux démontrer que les cellules vivantes s'affaiblissent. Je peux croire que cette vie biologique fera place à une vie spirituelle pour mon âme.
— Repères —
Public / Privé
On distingue public et privé comme deux sphères ou espaces, qui ne sont pas forcément en conflit ni strictement séparés.
• Le public est le fait d'être en présence de plusieurs individus. Par extension, le public désigne une affaire commune, mettant en jeu l'intérêt général : l'État en tant qu'administration publique.
• Le privé est référé non seulement à l'individuel mais, dans une certaine mesure, au groupe ou à la communauté qui ne font pas partie de l'espace public large de la société. Le privé concerne alors les opinions, les choix et les modes de vie qui nous sont intimes.
Exemple : D'après le principe de laïcité, la religion est affaire privée en France. Pourtant, les lieux de culte semblent publics. Il ne faut donc pas confondre l'espace public au sens large (c'est-à-dire ce qui est vu et entendu de tous) et l'espace public dans son sens restreint, plus politique et délimité par l'État. Cela pose le problème de la tolérance des choses privées dans l'espace public.
— Repères —
Transcendant / Immanent
• La transcendance se caractérise par un rapport extérieur d'une chose à une autre chose qui se trouve au-delà d'elle, qui la dépasse et la surpasse. En religion, on fait traditionnellement du Dieu monothéiste un être transcendant qui est hors du monde, au-delà. Se transcender vers Dieu, c'est s'élever et sortir de soi.
• À l'inverse, l'immanence signifie un rapport intérieur et inclusif d'une chose à une autre. En somme, le concept de limite est sous-jacent à la transcendance et à l'immanence.
Exemple: L'extase mystique est une sortie de soi et une élévation vers Dieu, c'est une expérience transcendante. Au contraire, le panthéisme religieux défend l'idée d'une immanence de Dieu au monde : Dieu est le monde, il n'est ni au-dessus ni séparé, il est donc immanent au monde.
— Glossaire —
Foi
C'est une croyance qui renvoie, dans son sens restreint, à la religion et qui, au sens large et par son étymologie latine de fides, désigne la confiance accordée à quelqu'un.
— Glossaire —
Fondamentalisme
C'est une tendance à revenir aux dogmes fondamentaux d'une religion qui manifeste une forme de radicalité (retour à la racine). Cela peut entraîner une attitude rigide et intransigeante, également qualifiée d'intégriste.
— Glossaire —
Laïcité
C'est un principe qui pose la séparation politique et économique des Églises et de l'État, tout en tolérant la liberté religieuse dans les limites de l'ordre public.
— Glossaire —
Religion
C'est un ensemble de croyances et de cultes portant sur le divin ou le sacré, et donnant des règles de vie (sous la forme d'une morale qui prescrit et interdit certaines pratiques) aux individus, qui font ainsi partie d'une communauté de croyants ou de fidèles.
— Glossaire —
Sacré / Profane
Ce couple de concepts est difficile à définir, mais leur étymologie montre une séparation. Le sacré est la chose séparée qui est interdite ou intouchable, tandis que le profane réfère à ce qui est devant le temple « pro fanum », et qui ne fait pas l'objet d'interdits spécifiques, comme le sacré.
— Glossaire —
Sécularisation
C'est une notion qui signifie le transfert juridique des biens ecclésiastiques au domaine laïc et public. Séculier désigne à l'origine « dans le siècle ». La sécularisation désigne plus généralement aujourd'hui le passage du sacré au profane, à l'échelle de notre siècle.
— Glossaire —
Superstition
C'est une croyance - religieuse ou non - dont l'irrationalité, provoquée par la crainte ou l'ignorance, tombe dans l'excès de prêter des pouvoirs à certaines choses ou de les voir comme des signes.
— Glossaire —
Tolérance
Ce terme désigne la capacité à admettre et, dans le cadre de l'État, de ne pas interdire des opinions différentes des siennes.
— Sujet de dissertation possible —
Que signifie notre culture rationaliste et intellectualiste ?
Nous vivons dans une culture qui s'enrichit continuellement de pensées et de savoirs, mais qui ne nous rend pas forcément plus heureux. Selon Max Weber, cela signifie que nous avons « désenchanté le monde », en croyant en notre propre maîtrise technoscientifique, qui ne recourt pas à des forces magiques intermédiaires.
— Sujet de dissertation possible —
Que signifie notre culture d'un monde désenchanté ?
Elle ne se réduit pas à un progrès technologique et scientifique, mais au contraire cache la perte du sens des limites, en particulier le sens de la mort. La vie et l'existence humaine ne semblent-elles pas alors dépourvues de sens ? Inversement, Bergson se demande si l'existence des religions n'est pas le signe évident d'une crédulité de notre espèce qui se glorifie pourtant de la puissance de la raison.
— Sujet de dissertation possible —
La religion est-elle sociale ou individuelle ?
Pour Durkheim, la religion est par essence sociale parce qu'elle se définit comme un ensemble de croyances qui distinguent le sacré du profane, dans, et par une communauté. La religion édicte des règles de vie, mais quel est l'apport fondamental de ces règles sociales, sinon la constitution d'une ekklesia, d'une communauté ?
— Sujet de dissertation possible —
Si public signifie État, la religion est-elle l'affaire de l'État ?
La religion n'est pas l'affaire de l'État, en tant qu'elle serait une croyance par essence privée. L'État n'est donc pas en droit compétent ni de fait assez puissant, pour agir sur la liberté de conscience religieuse des âmes. L'État se prononce alors pour la laïcité. Mais cette dernière a plusieurs significations, comme le dit Paul Ricœur. Ne peut-on pas, à la suite de Rousseau, envisager une religion civile qui adapte les dogmes religieux en dogmes civils (sécularisation) ?
— Sujet de dissertation possible —
La science peut-elle s'accommoder du credo religieux ?
Religion et science semblent s'opposer lorsqu'il est question d'établir une connaissance. Ainsi, Russell indique que l'objectif de la science est d'éliminer toute forme de dogmatisme. Cependant, étant donné que savoir et croire sont de deux ordres différents, comme l'indique Pascal, la science et la religion ont toutes les deux une place sociale.
— Sujet de dissertation possible —
Tout savoir n'implique-t-il pas nécessairement de croire ?
Plus fondamentalement encore, toute démarche scientifique n'implique-t-elle pas de croire au minimum en la vérité ? Mais alors, tout en prétendant suspendre toute croyance, le scientifique n'en maintient-il pas nécessairement une ? La recherche de la vérité ne présuppose-t-elle pas un culte qui s'ignore, comme le dit Nietzsche ? Le savant est-il, à sa façon, « encore pieux » ?