1/37
Fiches de vocabulaire synthétisant les concepts majeurs de la philosophie politique et morale antique, médiévale et de la Renaissance à partir des figures de Platon, Aristote, Augustin, Thomas d'Aquin, Guillaume d'Occam et Machiavel.
Name | Mastery | Learn | Test | Matching | Spaced | Call with Kai | Chat |
|---|
No analytics yet
Send a link to your students to track their progress
Maïeutique socratique
Art de faire accoucher les esprits de leurs propres connaissances par le biais d'un questionnement méthodique.
Dialectique (platonicienne)
Art du dialogue permettant de s'élever des opinions sensibles vers la connaissance pure des Idées et du Bien suprême.
Sophistes
Penseurs itinérants de l'Antiquité (tels Protagoras ou Gorgias) enseignant l'art de la rhétorique et de la persuasion contre rémunération, défendant un relativisme moral selon lequel il n'existe pas de vérité absolue.
Justice selon Céphale
Conception morale traditionnelle définissant la justice comme le fait de dire la vérité et de rendre à chacun ce que l'on en a reçu (payer ses dettes).
Justice selon Polémarque
Règle morale de réciprocité affirmant qu'il est juste de faire du bien à ses amis (aux bons) et de nuire à ses ennemis (aux méchants).
Justice selon Thrasymaque
Thèse assimilant la justice au pouvoir et à la loi du plus fort, selon laquelle les lois expriment toujours les intérêts de ceux qui gouvernent.
Monde sensible (chez Platon)
Monde auquel nous avons accès par nos sens, constitué de choses matérielles, particulières, multiples, changeantes et périssables.
Monde intelligible (chez Platon)
Monde accessible uniquement par la pensée et la raison, contenant les Idées ou Formes parfaites, éternelles, immuables et universelles de toutes choses.
Théorie de la réminiscence
Conception platonicienne selon laquelle connaître consiste à se ressouvenir d'un savoir pur que l'âme a contemplé dans une vie antérieure avant de s'incarner dans un corps.
Philosophe-roi
Thèse platonicienne selon laquelle une cité ne sera authentiquement juste que lorsque les philosophes détiendront le pouvoir politique ou que les gouvernants deviendront philosophes, guidés par la connaissance du Bien plutôt que par leurs intérêts personnels.
Téléologie aristotélicienne
Conception finaliste de la nature selon laquelle les processus et les êtres naturels sont orientés vers des fins déterminées, car « la nature ne fait rien en vain ».
Théorie des quatre causes
Modèle explicatif d'Aristote comprenant la cause matérielle (ce dont la chose est faite), formelle (sa forme/structure), efficiente (ce qui la produit) et finale (ce en vue de quoi elle est faite).
Eudaimonia
Souverain Bien ou bonheur véritable chez Aristote, défini non comme une jouissance passive, mais comme l'accomplissement d'une existence humaine à travers l'exercice effectif de ses capacités propres et de la vertu rationnelle.
Ergon
Tâche, fonction ou œuvre spécifique propre à un être humain ou à un objet, dont l'accomplissement excellent définit sa réussite naturelle.
Entéléchie première (ou acte au sens premier)
Possession ou disposition (hexis) d'une faculté ou d'un savoir acquis, prête à être exercée mais non nécessairement active à l'instant présent (comme l'âme pour le corps ou le fait de posséder une science en dormant).
Entéléchie seconde (ou acte au sens second)
Exercice actif, usage réel et mise en œuvre concrète d'une faculté ou d'une disposition (comme le fait de lire effectivement ou de pratiquer la vertu rationnelle).
Vertu éthique (comme juste milieu)
Disposition de caractère acquise par l'habitude, consistant à observer un équilibre mesuré entre deux extrêmes vicieux, l'un par excès et l'autre par défaut.
Phronèsis (prudence ou sagesse pratique)
Vertu prescriptive de la raison pratique permettant de bien délibérer et d'adapter le jugement éthique ou législatif aux circonstances particulières en vue du bien commun.
Animal politique (zoon politikon)
Formulation aristotélicienne définissant l'être humain comme un vivant naturellement fait pour vivre au sein d'une communauté politique organisée (polis), hors de laquelle il ne peut être pleinement vertueux ni heureux.
Équité (épiéikéia)
Correcteur de la loi générale qui permet d'adapter la règle universelle aux spécificités d'un cas humain particulier et imprévu, afin de rendre une justice sur mesure.
Héliée
Tribunal populaire d'Athènes composé de citoyens tirés au sort qui jugeaient sans délibérer entre eux en choisissant la version de l'accusateur ou de l'accusé au moyen de jetons.
Augustinisme politique
Interprétation médiévale fusionnant la religion et l'État, subordonnant le pouvoir politique temporel à l'autorité spirituelle de l'Église pour réaliser la Cité de Dieu sur Terre.
Cité de Dieu (Cité céleste)
Société spirituelle fondée sur l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi, réunissant les justes, les saints et les anges en quête de paix éternelle.
Cité terrestre
Société temporelle fondée sur l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu, animée par l'orgueil terrestre et la recherche de la domination (libido dominandi).
Scolastique
Courant philosophique et théologique dominant des universités médiévales (XIIe-XVIIe siècles), utilisant la logique aristotélicienne et la dialectique pour concilier la foi révélée et la raison.
Loi (selon Thomas d'Aquin)
Ordonnance de la raison en vue du bien commun, promulguée par celui qui a la charge de la communauté.
Loi naturelle (chez Thomas d'Aquin)
Participation de la créature rationnelle à la loi éternelle de Dieu, par laquelle l'être humain distingue naturellement les principes fondamentaux du bien et du mal.
Justice distributive
Dimension de la justice qui régit la répartition des biens, des charges et des honneurs communs entre les individus selon leurs mérites et leur condition.
Justice commutative
Dimension de la justice qui régit les relations et contrats particuliers entre les personnes sur la base d'une équivalence rigoureuse d'égal à égal.
Droit subjectif (chez Guillaume d'Occam)
Faculté ou liberté juridique inhérente à la personne elle-même, existant avant ou indépendamment du pouvoir politique temporel.
Distinction entre propriété et usage (controverse franciscaine)
Thèse d'Occam défendant le droit naturel d'utiliser les biens indispensables à la survie sans en être juridiquement le propriétaire titulaire.
Plenitudo potestatis
Doctrine médiévale de la plénitude du pouvoir pontifical accordant au pape une souveraineté universelle sur les affaires spirituelles et temporelles, vigoureusement réfutée par Guillaume d'Occam.
Rasoir d'Occam (application politique)
Principe de parcimonie selon lequel l'État et ses institutions ne doivent pas être multipliés sans nécessité, limitant le pouvoir au strict minimum garantissant la liberté individuelle.
Fortuna (chez Machiavel)
Part de contingence, de hasard et d'imprévisibilité inhérente au cours de l'histoire, que le dirigeant politique doit savoir anticiper et maîtriser.
Virtù (chez Machiavel)
Énergie, lucidité tactique et savoir-faire du dirigeant politique lui permettant de s'adapter aux circonstances changeantes et de dompter la fortune.
Vérité effective (verità effettuale)
Principe de réalisme politique machiavélien invitant à analyser les actions réelles des gouvernants et les contraintes concrètes du pouvoir plutôt que des constructions morales idéalisées.
Les deux « humeurs » (chez Machiavel)
Division sociale constitutive de toute cité opposant le désir des grands de dominer et d'opprimer au désir du peuple de ne pas être dominé.
République conflictuelle
Conception républicaine de Machiavel selon laquelle l'organisation institutionnelle des conflits sociaux entre le peuple et les puissants engendre des lois bénéfiques et préserve la liberté politique.