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— Pensée de philosophe —
Bachelard
L'opinion est un obstacle à la science. Il ne faut jamais s'appuyer sur l'opinion.
Bachelard, dans La formation de l'esprit scientifique, expose l'objectif essentiel de la science et de la formation de l'esprit du scientifique : combattre l'opinion. L'opinion ne pense pas, elle pense mal, et s'il lui arrive d'aboutir à un résultat vérifiable, c'est sans construction rationnelle et sans valeur explicative.
Les scientifiques sont pourtant souvent sujets à l'opinion qui, dans le cadre de leur recherche, est un obstacle épistémologique majeur. Il s'agit d'abord d'affirmer que l'on ne peut connaître que contre une connaissance antérieure. Ensuite, une connaissance est une réponse à une question : sans cette phase de questionnement, la pensée démissionne au profit du dogmatisme. Il ne s'agit donc pas de privilégier l'instinct conservatif, mais de faire prévaloir l'instinct formatif des jeunes scientifiques. Bachelard parle d'« instinct » car il lui semble que l'idée scientifique est toujours, primitivement, chargée d'affects qui gênent sa « fine pointe abstraite ».
— Pensée de philosophe —
Heidegger
La science ne pense pas sa propre activité d'acquisition des savoirs.
Heidegger notait que la science, bien qu'elle établisse des protocoles et suive des méthodes rigoureuses, ne fait pas retour sur ses propres protocoles. De façon polémique, il déclarait ainsi : « la science ne pense pas ». Il suggère ainsi que l'activité de la science est axée sur le raisonnement et l'établissement de procédures plutôt que sur une introspection critique de sa propre méthodologie. Cette pensée souligne l'importance d'une réflexion épistémologique dans les sciences du vivant, afin de mieux comprendre les présupposés et les limites de notre approche scientifique.
— Pensée de philosophe —
Platon
La science peut décrire des phénomènes, mais pas expliquer la cause de ces phénomènes.
Dans Phédon de Platon, Socrate exprime sa déception face aux limites de l'explication scientifique des causes des phénomènes et expose les raisons qui l'ont conduit à se tourner vers la philosophie. En effet, si Anaxagore propose une prétendue explication des phénomènes naturels, il n'en éclaire pas la cause. Ainsi, la science n'est pas, contrairement aux idées reçues, un modèle parfait de connaissance. Cette réflexion met en évidence la différence entre la description des phénomènes et leur explication. La science peut décrire avec précision les phénomènes, mais elle se heurte souvent à des limites lorsqu'il s'agit d'expliquer leurs causes profondes. Ainsi, bien que la science puisse fournir des descriptions détaillées, elle ne garantit pas une compréhension complète de la nature des phénomènes.
— Pensée de philosophe —
Nietzsche
On projette sur la science des ambitions qu'elle ne peut satisfaire.
La religiosité dont il est question n'est pas liée au respect ou à la pratique de rites, ni à l'observation stricte de préceptes de vie conformes à une révélation, ni à l'appartenance à une église. Elle consiste dans la foi en un ordre cosmique, un principe organisateur du monde, une harmonie sous-jacente aux lois de la nature. Pour le scientifique, la projection de telles aspirations sur la science dépasse souvent ses capacités réelles, bien que le chercheur soit profondément imprégné de l'admiration pour cette harmonie. L'idée même d'un ordre, d'une harmonie ou d'un cosmos n'est pas indifférente à l'histoire des valeurs occidentales. Ainsi le chercheur croit dans la vérité comme Nietzsche s'est attaché à le révéler.
— Pensée de philosophe —
Einstein
Il ne fait pas sens de poser la question de la vérité de la géométrie, car celle-ci n'a pour objectif que la conformité à la logique.
Selon Einstein, la géométrie n'est ni vraie ni fausse, car son discours ne s'intéresse pas au réel, mais cherche seulement à être conforme à la logique. La notion de « vrai » ne s'applique pas aux énoncés de la géométrie pure, car par le terme « vrai » nous désignons, en dernier ressort, toujours la concordance avec un objet « réel ». Or, la Géométrie ne s'occupe pas du rapport entre ses notions et les objets de l'expérience, mais seulement du rapport logique de ces notions entre elles.
— Pensée de philosophe —
Gödel
Les mathématiques s'appuient nécessairement sur des principes indémontrables. Cela ne constitue pas une faiblesse, c'est une nécessité pour maintenir la cohérence des mathématiques.
Selon Gödel, tout système qui permet de dénombrer - c'est-à-dire de compter le nombre d'éléments que comporte un ensemble - ne peut maintenir sa cohérence qu'au prix de l'incomplétude. L'incomplétude du système signifie que ce dernier comporte des énoncés dits indécidables. La conjecture de Goldbach est un exemple d'énoncé indécidable : « Tout nombre entier pair supérieur à 3 peut s'écrire comme la somme de deux nombres premiers. » Cet énoncé est vérifié pour un grand nombre d'entiers, mais il n'est toutefois ni démontrable, ni réfutable.
— Pensée de philosophe —
Leibniz
Les mathématiques s'appuient sur des vérités universelles, qui ne dépendent pas de l'univers.
Leibniz explique la différence entre vérité générale et vérité universelle : les vérités mathématiques ne dépendent pas de l'expérience, c'est pourquoi elles sont « nécessaires » et « éternelles ». Les mathématiques ne se rapportent pas au réel de la même façon que le font les sciences appliquées. Les mathématiques doivent avoir des principes dont la preuve ne dépende pas des exemples, ni par conséquent du témoignage des sens.
— Pensée de philosophe —
Broglie
Les mathématiques s'appuient sur la déduction et non sur l'induction. Ces deux raisonnements sont toutefois complémentaires.
Pour Broglie, ceux qui réfléchissent aux procédés que l'homme emploie pour construire les théories scientifiques et parvenir ainsi à comprendre les phénomènes naturels et à en faire la synthèse ont depuis longtemps remarqué que notre esprit suit dans cette recherche deux voies différentes et presque opposées. On les a nommées le raisonnement déductif et le raisonnement inductif.
Le raisonnement déductif part de conceptions et de postulats admis a priori et il cherche à en tirer, à l'aide des règles de la logique telles qu'elles s'imposent à notre esprit, des conséquences qu'ensuite on pourra comparer avec les faits.
Le raisonnement inductif est beaucoup moins facile à définir et à analyser. S'appuyant sur l'analogie, sur l'intuition, faisant appel à l'esprit de finesse plus qu'à l'esprit de géométrie, il cherche à deviner ce qui n'est pas encore connu de façon à établir de nouveaux principes qui pourront servir de base à de nouvelles déductions.
— Pensée de philosophe —
Jaspers
Les sciences humaines ne peuvent pas venir à bout de leur objet, car l'homme ne peut tout connaître de lui-même.
Selon Jaspers, les sciences humaines ne peuvent comprendre qu'un aspect de l'homme. En effet, la physiologie étudie son corps, la psychologie étudie son âme, la sociologie l'étudie comme être social. Les sciences humaines ont apporté toutes sortes de connaissances, mais pas celle de l'homme dans sa totalité. L'homme peut être abordé de deux manières : comme objet de recherche scientifique et comme existence d'une liberté inaccessible à toute science. Dans le premier cas, nous parlons de l'homme comme objet ; dans le second, de la réalité impossible à objectiver que l'homme est, et qu'il approfondit quand il est vraiment conscient de lui‑même.
— Pensée de philosophe —
Lévi-Strauss
Le seul critère de l'expérience ne suffit pas à opposer les sciences de la nature et les sciences humaines.
Selon Lévi-Strauss, la différence que l'on établit entre sciences de la nature et sciences humaines repose sur des confusions : le seul critère expérimental ne permet pas de les distinguer et les sciences dites « de la nature » ne proposent pas toujours des prévisions couplées à des explications. Si les sciences physiques définissaient leurs faits scientifiques avec la même fantaisie et la même insouciance dont font preuve la plupart des sciences humaines, elles aussi seraient prisonnières d'un présent qui ne se reproduirait jamais.
Dans les sciences humaines, la distinction entre l'humain et le naturel doit aller en s'atténuant. Si jamais elles deviennent des sciences de plein droit, elles cesseront de se distinguer des autres. Dans les sciences exactes et naturelles, il n'y a pas de liaison automatique entre la prévision et l'explication. Il arrive que la science explique des phénomènes qu'elle ne prévoit pas : c'est le cas de la théorie darwinienne. Il arrive aussi qu'elle sait prévoir, comme fait la météorologie, des phénomènes qu'elle est incapable d'expliquer.
— Pensée de philosophe —
Marrou
Ce qui fait de l'histoire une science, c'est la méthode qu'elle applique à l'analyse de son objet d'étude.
Selon Marrou, l'histoire est la connaissance du passé humain. Pour lui, nous devons parler de connaissance et non pas de recherche ou d'étude , car c'est confondre la fin et les moyens.
En histoire, ce qui importe c'est le résultat atteint par la recherche. L'histoire se définit par la vérité qu'elle se montre capable d'élaborer. Car, en disant connaissance, nous entendons connaissance valide, vraie : l'histoire s'oppose par là à ce qui serait, à ce qui est représentation fausse ou falsifiée, irréelle du passé, à l'utopie, à l'histoire imaginaire. L'histoire doit être le résultat de l'effort le plus rigoureux, le plus systématique pour se rapprocher d'un idéal difficile à atteindre.
— Pensée de philosophe —
Durkheim
Tout comme les phénomènes naturels, les phénomènes sociaux sont soumis à des causes, mais cela ne conduit pas le sociologue à soutenir la thèse du déterminisme.
La sociologie est une science de l'observation des comportements récurrents des hommes dans la société. Chacun de ces hommes est nié dans sa singularité au profit d'une prise en compte de cohortes. La sociologie, ainsi que l'exprime Durkheim, est une science de l'observation et de l'hypothèse. Mais les hypothèses ne peuvent pas être vérifiées par un protocole expérimental strict, car les faits humains reposent sur la liberté des agents et qu'ils ne sont pas reproductibles, donc non expérimentables. Il ne s'agit donc pas d'un protocole hypothético-déductif, mais d'une démarche d'interprétation des répétitions de comportements mesurées statistiquement. De nombreuses sciences humaines reposent sur des méthodes scientifiques d'enquête qui se soldent par une interprétation des résultats, naturellement soumise à un débat.
— Pensée de philosophe —
Beauvoir
La société présente comme naturelles des causalités sociales.
Dans Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir, elle fait une description de tous les phénomènes physiques qui empêchent la femme de se détacher de son corps. Son corps impose à la femme un rythme, des douleurs, la possibilité de grossesses à répétition, qui l'aliènent. Mais ces données biologiques ne définissent pas intégralement ce qu'est une femme. Elles ne sont un argument pour sa mise à l'écart que dans un système de valeurs où la force et la performance sont valorisées. L'articulation entre biologique et social est finalement ce qui est le plus difficile à comprendre chez Beauvoir, elle-même restant parfois un peu floue sur ce point.
— Exemple —
Film
Bienvenue à Gattaca d'Andrew Niccol est un film d'anticipation réalisé en 1997. Il décrit un univers où les parents peuvent choisir un embryon parmi tous les embryons possibles : il s'agit d'optimiser son enfant pour qu'il ait la meilleure combinaison de gènes. Ce film permet de réfléchir à la place de la bioéthique dans la science, et notamment dans la médecine.
La mouche de David Cronenberg, film réalisé en 1986, met en scène un scientifique travaillant sur la téléportation. Alors qu'il téléporte de la matière dans l'espace, il ne se rend pas compte qu'une mouche est elle aussi téléportée. Ce film permet de réfléchir au principe de précaution et à l'éthique scientifique.
Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley, publié en 1932, est un roman dystopique qui repose sur un monde où la génétique permet la fabrication des êtres humains, en vue d'une finalité précise et limitée qui sert l'intérêt de la société.
— Exemple —
Paradoxe d'Achille et de la tortue
Le paradoxe d'Achille et de la tortue a été formulé par Zénon d'Élée. Si Achille et une tortue font une course, et qu'Achille laisse à la tortue une longueur d'avance, il ne pourra jamais la rattraper, car le temps qu'Achille arrive à la position de la tortue, celle-ci aura atteint une nouvelle position qu'il devra lui-même atteindre, etc. Cet exemple montre une contradiction entre l'expérience et la pure déduction. Cette dernière peut être vaine, en tant qu'elle est dissociée du réel.
— Exemple —
Pièce de théâtre
L'héliocentrisme, dont le modèle fut décrit par Copernic, remet en question les observations depuis la Terre, les modèles scientifiques connus, et la foi en la place centrale de l'homme. Les observations de Galilée pour fonder les thèses de Copernic sur l'héliocentrisme s'appuient sur les possibilités qu'offre un instrument de mesure nouveau : la lunette astronomique.
La vie de Galilée de Bertolt Brecht présente un monde qui bascule lorsque son ordre vole en éclat. Brecht traite, au-delà de la simple biographie de Galilée, de l'humanité en quête de repères.
— Exemple —
Sophisme
Le sophisme est une proposition qui mime la logique, mais qui s'appuie en réalité sur des arguments fallacieux, c'est-à-dire visant à tromper l'interlocuteur.
Exemple : « s'il pleut, le sol est mouillé, donc si le sol est mouillé, alors il pleut » est un sophisme. Si A implique B, cela ne signifie pas que B implique A.
Un sophisme n'est pas, au sens strict, un paradoxe, car son apparente contradiction n'est que le résultat d'une faute dans le raisonnement.
— Exemple —
Syllogisme
Un syllogisme est une forme de raisonnement comportant deux prémisses - une majeure et une mineure - qui, si elles sont valides, permettent d'arriver à une conclusion.
Exemple : « tous les hommes sont mortels, or Socrate est un homme, donc Socrate est mortel » est différent de « Tous les chats sont mortels, or Socrate est mortel, donc Socrate est un chat » (Eugène Ionesco).
— Citation —
Comte
Science, d'où prévoyance ; prévoyance d'où action.
Auguste Comte
— Citation —
Novalis
Nous cherchons partout l'Absolu, mais nous ne trouvons que des choses.
Novalis
— Citation —
Galilée
La nature est un livre écrit en langage mathématique.
Galilée
— Citation —
Einstein
Ce qui est incompréhensible, c'est que le monde soit compréhensible.
Albert Einstein
— Généralités —
Introduction de la notion
SCIENCE
Comment déterminer si une discipline est une science ? À première vue, une science permet l'augmentation des connaissances. Cependant, à quelles conditions un énoncé est-il une connaissance ? La méthode scientifique est peut-être ce qui distingue les sciences des non-sciences. Toutefois, s'il n'est question que de méthode, alors les sciences humaines peuvent aussi prétendre à la dénomination de « science ».
— Généralités —
Définir la notion
SCIENCE
Si Rabelais rappelait déjà que « science sans conscience n'est que ruine de l'âme », c'est surtout à partir du XXe siècle que la question de la limite éthique de la science se pose.
Dans son sens philosophique, la science est un jugement qui porte sur le monde (la physique) ou sur un ensemble de propositions logiques (les mathématiques) et qui établit les lois de ce domaine par une méthode basée sur la vérification ou/et la cohérence des énoncés.
— Repères —
Analyse / Synthèse
Dans la Critique de la raison pure, Kant distingue les jugements analytiques et synthétiques.
• Dans les premiers, l'entendement n'apporte aucune connaissance nouvelle ; il ne fait que développer ce qui est déjà contenu dans un concept.Exemple : « tout célibataire n'est pas marié ».
• Au contraire, les seconds requièrent un travail de synthèse de l'esprit qui doit relier entre eux deux concepts hétérogènes.Exemple : les concepts « beige » et « table » dans la proposition « la table est beige ».
Contrairement aux jugements analytiques, les jugements synthétiques semblent reposer nécessairement sur l'expérience. Cependant, est-ce toujours le cas ?
— Repères —
Expliquer / Comprendre
Généralement, le verbe « expliquer » est appliqué aux sciences de la nature, et « comprendre » aux sciences humaines et sociales.
• Expliquer, c'est remonter aux causes d'un événement.Expliquer un fait social, c'est considérer qu'il y a des causes qui produisent des comportements humains.Exemple : on explique un tremblement de terre, mais on comprend les intentions d'un écrivain.
• Comprendre revient à étudier les facteurs qui éclairent un évènement. Les facteurs ne sont pas des causes, mais des éléments sélectionnés pour rendre compte d'un événement ; toutefois, ils ne doivent pas être considérés comme des causes mécaniques de ce dernier.
— Repères —
Exemple / Preuve
• Un exemple est un cas particulier observé dans des circons- tances particulières ; il peut s'agir de l'application d'une règle.
• Une preuve est un outil pour la démonstration : elle peut servir d'argument, alors que l'exemple n'est qu'une illustration.
Un exemple n'est pas une preuve. Dans une expérience, il est possible de donner des exemples d'application du protocole ; la preuve, elle, est une généralisation qui permet de conclure que l'expérience démontre la théorie initiale.
— Glossaire —
Horizon de prédictibilité
Dans le cadre d'une incertitude dans la prévision à long terme, comme pour la météorologie, l'horizon de prédictibilité désigne le moment où le système devient indécidable, c'est-à-dire lorsqu'il y a une égale probabilité que X soit vrai ou faux.
— Glossaire —
Induction / Déduction (démontrer par)
Démontrer par induction, c'est partir d'observations pour élaborer une théorie ; il s'agit donc de systématiser un matériau particulier, individuel. Démontrer par déduction consiste à partir d'une théorie que l'on souhaite prouver et à réaliser des expérimentations (c'est-à-dire des observations encadrées par un protocole et reposant sur une hypothèse) à cette fin.
— Glossaire —
Paradigme
Il s'agit d'un modèle de compréhension de la réalité appuyé sur un nombre restreint de principes et de théories dont le reste du système découle. Tout le savoir scientifique d'une époque se développe à l'intérieur du paradigme dominant. Des théories issues de deux paradigmes différents sont incommensurables, comme si ces deux théories étaient exprimées dans deux langues différentes et que toute traduction de l'une à l'autre était impossible.
— Glossaire —
Prévision / Prédiction
La prévision est une projection dans le futur à partir d'une situation initiale ; elle repose sur une loi ou théorie scientifique. Il existe différents types de prévisions, notamment la prévision déterministe (une seule prévision en fonction d'une situation initiale) et la prévision probabiliste (ensemble de prévisions associées à des probabilités). La prédiction caractérise tout type de projection dans le futur, quand bien même elle n'est qu'intuitive et non scientifique.
— Glossaire —
Raisonnement par l'absurde
Pour prouver une hypothèse, on commence par admettre l'hypothèse qui lui est contraire et on montre que cela mène à une contradiction logique, c'est-à-dire à une absurdité.
— Glossaire —
Réfutabilité
La réfutabilité est le caractère réfutable d'une théorie. Une théorie réfutable est une théorie qui s'expose à la réfutation, qui peut fournir les conditions de sa contradiction. Attention, une théorie réfutable n'est pas une théorie réfutée.
— Glossaire —
Révolution scientifique
Il s'agit d'un bouleversement occasionné par le changement du paradigme dominant : toute la compréhension du monde est transformée par ce nouveau paradigme. Aucune des anciennes hypothèses ou théories n'est compatible avec le nouveau paradigme. Ce concept est notamment étudié par Thomas Kuhn.
— Glossaire —
Science
Ce sont les activités humaines qui élaborent des connaissances sur la nature (physique) ou sur les systèmes symboliques (mathématiques). Ces connaissances sont fondées sur le calcul ou l'observation du réel et sont établies grâce à une méthode expérimentale ou une démarche logique. Par extension, les sciences humaines désignent des activités qui élaborent des connaissances sur l'homme en appliquant des méthodes scientifiques.
— Sujet de dissertation possible —
Dans quelle mesure la science propose-t-elle une méthode d'acquisition du savoir ?
La science est avant tout définie par sa méthode : les scientifiques se mettent d'accord sur des principes que tous respectent, et c'est à cette condition que leurs recherches sont crédibles. Le raisonnement scientifique est une façon d'acquérir du savoir : il nous permet de construire logiquement une argumentation en nous apprenant à nous défier de l'opinion, comme l'indique Bachelard.
— Sujet de dissertation possible —
En quoi les réponses de la science sont-elles insuffisantes ?
Le problème des scientifiques est qu'ils ne posent pas la question de l'origine des choses : dans le Phédon, Socrate prend l'exemple de la cosmogonie (vision du monde) d'Anaxagore et montre que celle-ci décrit les phénomènes sans remonter à leurs causes. Quant aux causes de la science, elles tiennent toutes à des erreurs de jugement si l'on suit Nietzsche.
— Sujet de dissertation possible —
Peut-on démontrer les premiers principes ?
Les axiomes d'Euclide sont des postulats de départ, dont toute la géométrie ordinaire découle. Ces axiomes, par définition, ne sont pas démontrés. Einstein prend l'exemple de la géométrie : toute démonstration suppose l'acceptation de principes qui ne sont pas connectés au réel, mais déduits d'un processus logique.
— Sujet de dissertation possible —
Les théorèmes mathématiques dépendent-ils de l'univers ?
Si la physique s'appuie de plus en plus sur les mathématiques pour étudier le réel, ces dernières ne sont pas une science appliquée. Les mathématiques manipulent des abstractions et, ainsi, découvrent des vérités éternelles. C'est leur qualité propre d'après Leibniz. Toutefois, l'être humain doit être prudent quand il pense décrire le réel.
— Sujet de dissertation possible —
Y a-t-il une différence entre les sciences de la nature et les sciences humaines ?
Les sciences de la nature et les sciences humaines ont des objets différents : les premières portent sur les phénomènes naturels, alors que les secondes portent sur les hommes. Le problème qui se pose aux sciences humaines, c'est que leur objet est un être libre. Ces dernières ne traitent, au mieux, qu'un aspect de la totalité humaine. D'après Jaspers, cette irréductible liberté est un obstacle à la scientificité.
— Sujet de dissertation possible —
Pouvons-nous parler de causes lorsque nous analysons des faits sociaux ?
Si nous considérons que l'homme est libre, son comportement ne peut être que compris, et non expliqué. Parler de causes en ce qui concerne les comportements sociaux peut remettre en question le libre arbitre. Pourtant, l'existence d'un déterminisme non pas individuel mais social pourrait être conçu, ainsi que le propose Durkheim.