1/16
Série de fiches de vocabulaire et de concepts clés portant sur l'histoire démographique, sociale et urbaine de la France au XIXe siècle, d'après les documents d'historiens (Charle, Dupeux, Asselain, Gégot) et la source littéraire de Balzac.
L’Houmeau
Faubourg d'Angoulême situé en contrebas le long de la Charente et de la route de Paris à Bordeaux, regroupant papeteries, tanneries, roulage et commerce des eaux-de-vie, qualifié par Balzac de « seconde Angoulême ».
Vieille ville d'Angoulême (selon Balzac)
Ville haute enfermée dans ses remparts et vouée à l'immobilité, abritant la préfecture, l'évêché, la justice et une noblesse fermée qui méprise les bourgeois commerçants du faubourg.
Les « deux France » (Fredj / Balzac)
Division sociale et spatiale sous la Restauration opposant l'aristocratie gardant le décor de l'Ancien Régime à la bourgeoisie d'affaires enrichie, nourrissant des rancœurs qui conduisent à l'insurrection de 1830.
Singularité de la fécondité française (Asselain / Gégot)
Baisse précoce, profonde et générale du nombre d'enfants touchant indistinctement toutes les classes sociales dès le XIXe siècle, phénomène qualifié de « cas aberrant » par Gégot.
Nombre d'enfants par couple en France (1900-1910)
Niveau globalement bas oscillant entre environ 2,1 (professions libérales, employés, ouvriers du vêtement) et 3,4 (mineurs), avec 2,66 pour les paysans et 2,74 pour les ouvriers.
Disparités sociales de fécondité en Angleterre et Allemagne (1900-1910)
Écarts marqués où les ouvriers allemands comptent de 3,8 à 4,7 enfants et les mineurs anglais jusqu'à 6,6, tandis que les professions libérales en comptent environ 2,5 à 3,4.
Évolution de la population française (1801-1911)
Croissance globale très lente, le nombre d'habitants passant de 27,4 millions en 1801 à 35,8 millions en 1851, puis à seulement 39,6 millions en 1911.
Excédent naturel français (1811-1910)
Solde naturel réduit à presque rien sous l'effet conjugué d'une natalité tombant de 32 ‰ à 20,5 ‰ et d'une mortalité régressant de 26 ‰ à 19 ‰.
Années noires (démographie française)
Périodes de crise démographique où les décès dépassent les naissances, identifiées en France durant la guerre de 1870-1871 et le conflit de 1914-1918.
Vieillissement de la population française (1826-1911)
Tendance structurelle voyant la proportion des moins de 20 ans chuter de 41,9 % à 34,6 %, tandis que les plus de 60 ans grimpent de 8,7 % à 11,6 %.
Immigration en France (1851-1881)
Apport démographique extérieur passant de 379000 personnes en 1851 à près d'un million dès 1881, atteignant environ 3 % de la population pour compenser la faible natalité.
Seuil statistique d'urbanité (1846)
Critère quantitatif définissant la population urbaine en France comme celle vivant dans des communes comptant plus de 2000 habitants agglomérés.
Taux d'urbanisation de la France (1846-1911)
Part de citadins doublant presque de 24,4 % en 1846 à 44,2 % en 1911, laissant toutefois le pays majoritairement rural en 1914 avec 56 % de ruraux.
Urbanisation comparée en Europe (1850-1914)
Processus par lequel les citadins deviennent majoritaires dès 1850 en Grande-Bretagne et vers 1890 en Allemagne, alors que la France demeure à majorité rurale en 1914.
Croissance des grandes villes industrielles françaises (1801-1921)
Multiplication par dix de la population de Saint-Étienne, par plus de cinq pour Marseille, Lyon et Lille-Roubaix-Tourcoing, et par trois pour Bordeaux et Toulouse, particulièrement entre 1831 et 1866.
Évolution urbaine de Paris (1801-1911)
Progression passant de 546000 habitants en 1801 à plus d'un million en 1846, atteignant 2,9 millions en 1911 après l'annexion de la petite banlieue en 1860.
Croissance de la banlieue parisienne (post-1880)
Ralentissement démographique de Paris intra-muros au profit d'un essor beaucoup plus vigoureux de sa périphérie, incarnée par Boulogne-Billancourt et le département de la Seine.