Les régimes totalitaires en Europe dans les années 1930

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Cartes de vocabulaire et notions fondamentales sur les régimes totalitaires (fascisme, nazisme, stalinisme) en Europe dans les années 1930.

20 Terms

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Totalitarisme

  • Système politique spécifique du XXᵉ siècle, fondé sur idéologie très forte, en opposition avec le système démocratique et libéral.

  • Forme la plus aboutie de dictature.

  • Idée centrale : un projet idéologique que le pouvoir impose à toute la société pour transformer l'homme (« Homme nouveau »), par l'encadrement, la propagande et la violence.


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Faisceaux de combat

  • Premier mouvement fasciste fondé en mars 1919 par Benito Mussolini

  • Constitué d'anciens combattants (arditi), de socialistes et de nationalistes

  • Prend un tournant exclusivement nationaliste lors du congrès de 1920.


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Squadrisme

  • Violence politique exercée par les milices fascistes (« chemises noires », squadre d'azione)

  • Terrorise villes et campagnes (surtout contre les socialistes, communistes et libéraux) et occupe la rue.


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L’idéologie marxiste-léoniste

  • Karl Marx et Engels

  • Textes de référence : Le Manifeste du parti communiste (1848) et Le Capital (1867).

  • Doctrine anticapitaliste : analyse de la lutte des classes (capitalisme vu comme une forme d'esclavage).

  • But final : une société d'égalité absolue, le communisme.

  • Lénine veut une révolution mondiale : mouvement internationaliste, à l'échelle de l’Europe. Il ajoute dictature du prolétariat comme étape de transition vers communisme, appliquée par un parti unique (le parti bolchevik/communiste) qui utilise la violence politique.


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Mussolini et l’idéologie fasciste

  • Mussolini d'abord socialiste puis converti au nationalisme.

  • Se comprend que dans le contexte de la Grande Guerre : esprits « brutalisés », expériences de violence, « victoire mutilée » (l'Italie, vainqueur, ne reçoit pas les territoires promis par les traités), situation économique et sociale difficile → colère des anciens combattants, nationalisme.

  • Mars 1919 : fondation des Faisceaux de combat

  • Stratégie à deux tactiques : participer aux élections (cadre légal) et occuper la rue par l'intimidation et la violence (squadrisme).

  • 1920 : Congrès des faisceaux, tournant nationaliste, dimension sociale disparaît.

  • 7-10 novembre 1921 : création du Parti national fasciste (PNF).

  • 28 octobre 1922 : Marche sur Rome → le roi Victor-Emmanuel III nomme légalement Mussolini président du Conseil (peur du communisme).


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Giovanni Gentile

  • Giovanni Gentile (1875-1944) : Se définit lui-même, avec Mussolini, comme le « philosophe officiel du fascisme »

  • Rôles : Grand Conseil du fascisme, ministre de l'Instruction publique et auteur de la réforme Gentile (système scolaire hiérarchique et élitiste), président du Conseil supérieur de l'Instruction publique, créateur de l'Institut national fasciste de la culture, directeur de l'encyclopédie Treccani.

  • La Doctrine du fascisme (1932, avec Mussolini) et Manifeste des intellectuels fascistes (21 avril 1925, jour symbolique de la fondation de Rome) pour donner au régime une légitimité morale et philosophique. Il justifie la violence et le squadrisme, et rejette le libéralisme et la démocratie.

  • Fin de Gentile : reste fidèle à Mussolini, rejoint la République de Salò (1943), assassiné à Florence le 15 avril 1944 par des partisans antifascistes.


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La doctrine fasciste

  • Textes de référence : Qu'est-ce que le fascisme ? (1925) ; Origine et doctrine du fascisme (1929) ; La Doctrine du fascisme (1932, avec Mussolini)

  • L'État éthique et le totalitarisme : l'individu n'a de liberté et de droits que dans et par l'État + tout est absorbé dans une volonté collective, incarnée par un chef.

  • Antilibéralisme et anti-marxisme

  • La « religion politique » : foi spirituelle et morale, glorification de la lutte, la violence est vue comme morale et purificatrice. Inspirations : Nietzsche, Hegel (dont la pensée est trahie).

  • L'État éducateur : encadrement total de la jeunesse pour façonner un citoyen discipliné et dévoué à la nation.

  • Corporatisme et impérialisme : contrôle de l'économie par les corporations d'État; politique d'expansion pour restaurer la grandeur de la Rome antique. L'État totalitaire n'est jamais achevé : la volonté de puissance est sans limite, d'où l'impérialisme.

  • Propose régénération de la nation italienne.


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L’idéologie nazie

  • Racisme : l'humanité est divisée en races hiérarchisées. Au sommet, les Aryens qui doivent lutter pour leur survie car la pureté de la race est menacée par le métissage (théorie du « sang pur »). Slaves, Asiatiques et Africains sont considérés comme inférieurs, les Juifs sont à part, tout en bas de l'échelle.

  • Antisémitisme nazi : très ancien, devient au XIXᵉ-début XXᵉ siècle un racisme biologique, et s'appuie sur le mythe du complot juif mondial. Pour les nazis, les Juifs sont des microbes/parasites qui infestent le sang allemand, souvent animalisés dans la propagande, associés aux communistes, ils sont accusés d'avoir causé la défaite de 1918.


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Hitler

  • Accès au pouvoir : crise de 1929 qui frappe durement l'Allemagne ; Hitler apparaît comme l'homme providentiel. Sous la pression des élites politiques et économiques, Hindenburg le nomme chancelier le 30 janvier 1933. L'incendie du Reichstag (27-28 février 1933) sert de prétexte à la suppression des libertés.


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Pogrom

  • Violence de masse, souvent tolérée ou organisée par le pouvoir, dirigée contre une minorité (surtout les Juifs) : meurtres, pillages, destruction de biens et de lieux de culte.


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Holodomor (1932-1933)

  • Famine organisée par le pouvoir stalinien en Ukraine, qui a fait des millions de morts. Reconnue comme génocide par l'Ukraine et par de nombreux États, dont la France.


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Violences nazies

  • Opposants politiques : la Gestapo cible socialistes, communistes, démocrates, libéraux.

  • Dachau, premier camp de concentration, ouvre en 1933.

  • Purges internes au parti : Nuit des longs couteaux (1934), élimination des chefs SA jugés menaçants.

  • Violences antisémites : dès 1933, boycott des magasins, violences de rue, autodafés, exclusion de professions, quotas à l'université, propagande de Goebbels.

  • Lois de Nuremberg (1935) : cadre légal des persécutions, loi sur la protection du sang allemand (interdiction des mariages et relations entre Juifs et non-Juifs), les Juifs perdent la citoyenneté.

  • Nuit de cristal (9-10 novembre 1938) : prétexte = assassinat du diplomate E. von Rath, pogroms organisés par SA, SS, Gestapo ; morts, 25 000 à 30 000 arrestations, synagogues incendiées, magasins pillés

  • Ensuite contribution de 1 milliard de Reichsmarks, aryanisation des biens, exclusions renforcées. La population reste majoritairement passive, les démocraties condamnent mais restent prudentes, l'immigration est de plus en plus difficile.

  • Opération T4 (1939) : programme d'euthanasie des handicapés, au nom de la pureté du sang.


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Violences fascistes

  • Opposants politiques : police politique OVRA, arrestations de communistes et d'antifascistes,

  • Confino (exil dans des îles ou régions isolées) prison.

  • Catégories spécifiques de la population : marginaux, prostituées, homosexuels, ciblés au nom de la pureté morale.

  • Politique antisémite à partir de 1938 : volonté d'accélérer la transformation totalitaire (« deuxième révolution fasciste ») et de régénérer la « race italienne ». Recensement (août 1938), expulsion des Juifs étrangers, décret-loi du 17 novembre 1938 (mariages mixtes interdits, professions interdites) : les Juifs deviennent des citoyens de seconde zone.

  • Violences coloniales : Libye, Érythrée, Somalie, Éthiopie. Massacres, camps d'internement, armes chimiques, environ 760 000 morts en Éthiopie.


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Violences staliniennes

  • Les grandes famines : Staline met fin à la NEP, lance industrialisation et collectivisation forcées, réquisitions brutales, dékoulakisation (élimination des koulaks, paysans « riches »).

  • En 1932-1933, l'Ukraine est ciblée : réquisition totale des récoltes, loi des épis, interdiction de circuler → Holodomor.

  • La Grande Terreur (1937-1938) : plus de 750 000 exécutés, plus de 800 000 déportés au goulag. Elle frappe : les élites et une « purification sociale et ethnique » menée par le NKVD avec des quotas par région (Polonais, Allemands, Estoniens…). Elle prend fin sur ordre de Staline en novembre 1938.


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Moyens pour fabriquer un Homme nouveau

1) L'encadrement de l'individu

  • La jeunesse en priorité :

    • Italie : Fils de la Louve (dès 4 ans), puis Balilla.

    • Allemagne : Jeunesses hitlériennes

    • URSS : Komsomol, après un « baptême rouge » à la naissance.

    • But : conditionner les esprits, façonner les corps, croire et obéir au chef.

  • Travail et loisirs :

    • Italie : corporatisme, Charte du Travail, Œuvres nationales des loisirs.

    • Allemagne : Front du Travail, « La Force par la joie » (croisières, centres de vacances).

    • URSS : surveillance des ouvriers et des paysans (fermes collectives), temps libre géré par le parti (Maisons de la Culture).

2) Les grandes cérémonies

  • Hitler et Mussolini exploitent la psychologie des foules : grandes manifestations (congrès de Nuremberg), mise en scène autour du chef charismatique, message simpliste, musique entraînante.

  • En URSS, Staline est plutôt absent devant les foules et préfère les images.

3) La politique culturelle

  • Art totalitaire : sculpture, peinture, architecture. Les artistes ou œuvres non conformes sont censurés ou persécutés : autodafés, exposition sur l'« art dégénéré » (Munich, 1937).

  • Radio : discours d'Hitler diffusés dans les usines et les écoles ; musique allemande (Beethoven, Wagner, Bach) valorisée, jazz banni.

  • Cinéma


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La guerre expansionniste, au cœur des régimes fasciste et nazi

  • Moyen de régénération et d'unification de la nation.

  • Hitler : la conquête doit garantir un espace vital (Lebensraum), indispensable à la survie de la race germanique. Dès les années 1920, le programme nazi réclame « de la terre et des colonies » pour nourrir le peuple. Il veut aussi réunir tous les peuples de « sang et de langue allemande » dans un Grand Reich : le pangermanisme.

  • Mussolini : permet de retrouver la grandeur impériale et de relancer le projet totalitaire dans les années 1930.


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Les premiers coups de force (1935-1937)

  • L'Allemagne quitte la SDN (1933) et remet en cause l'ordre de Versailles (révisionnisme) : service militaire rétabli en 1935, remilitarisation de la Rhénanie le 7 mars 1936 (région frontalière de la France).

  • Mussolini envahit l'Éthiopie en 1935. Les deux dictateurs signent en 1936 l'Axe Rome-Berlin.


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La guerre d’Espagne (1936-1939)

  • Guerre civile entre nationalistes franquistes et républicains, qui fracture l'Europe.

  • Mussolini : afficher un nationalisme de puissance.

  • Hitler : éviter une Espagne communiste alliée à la France, qui encerclerait l'Allemagne.

  • Les deux répondent à Franco par des livraisons d'armes. Hitler crée la Légion Condor qui bombarde Guernica avec l'aviation italienne.

  • Staline : d'abord prudent (il veut sécuriser ses frontières et cherche des alliances avec la France et le Royaume-Uni), puis le Komintern livre des armes aux républicains et organise les Brigades internationales.

  • L'Espagne devient le théâtre d'un affrontement indirect entre le camp fasciste et nazi et le camp soviétique.


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La marche à la guerre (1938-1939) : la conférence de Munich

  • Contexte : les démocraties sont paralysées, leurs opinions encore marquées par la Grande Guerre et pacifistes. Chamberlain (Royaume-Uni) défend la politique d'apaisement.

  • Anschluss (13 mars 1938) : Hitler lance son projet de Grande Allemagne en annexant l'Autriche. Il réclame ensuite les Sudètes (Tchécoslovaquie), région riche en ressources où vivent 2 millions d'Allemands, et menace de guerre la France et le Royaume-Uni.

  • Acteurs : Chamberlain propose la conférence. Daladier et Chamberlain rencontrent Hitler et Mussolini à Munich (29 septembre).

  • Résultat : affaiblis par leurs désaccords et pressés par leurs opinions pacifistes, ils cèdent. L'accord du 30 septembre permet l'annexion des Sudètes.

  • Réactions : Chamberlain affirme que la paix est assurée, Daladier est moins optimiste. Churchill : « Vous avez voulu la paix au prix du déshonneur. Vous aurez le déshonneur et vous aurez la guerre. »

  • Suite : Hitler ne respecte pas l'accord. Après les Sudètes (1er octobre 1938), l'armée allemande envahit toute la Bohême-Moravie et Prague. Sa cible suivante est la Pologne.


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Le pacte germano-soviétique (23 août 1939)

  • Pourquoi Hitler ? Éviter un conflit direct avec l'URSS (l'Allemagne ne peut pas affronter l'Armée rouge) et « neutraliser » la puissance russe avant d'attaquer la Pologne.

  • Pourquoi Staline ? Contrôler une partie de la Pologne.

  • Contenu : pacte de non-agression et neutralité de chacun si l'autre entre en guerre, avec un accord secret de partage de la Pologne.

  • Conséquence : Hitler a les mains libres. Le 1er septembre 1939, l'Allemagne envahit la Pologne ; les démocraties n'ont plus d'autre choix que de répondre par les armes.