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Jeu de fiches de vocabulaire exhaustif couvrant l'École de Palo Alto, la sociologie interactionniste de Chicago et Goffman, l'histoire et les notions de la rhétorique classique et contemporaine, ainsi que la théorie mathématique de la communication de Shannon et Weaver.

Mental Research Institute (MRI)
Institut de recherche fondé en novembre 1958 à Palo Alto (Californie), centre majeur de développement des approches interactionnelles et systémiques regroupant notamment Gregory Bateson, Don D. Jackson et Paul Watzlawick.

Conférences Macy (1942-1953)
Rencontres interdisciplinaires réunissant des logiciens, mathématiciens, psychologues, économistes et anthropologues autour du fonctionnement de l'esprit, à l'origine de la cybernétique, des sciences cognitives et des théories modernes de la communication.
Métacommunication
Communication au sujet de la manière dont on communique, permettant de définir la relation et d'indiquer comment le message transmis doit être interprété (par des indices verbaux, non verbaux ou contextuels).
Homéostasie familiale
Tendance d'un système familial (défini comme un ensemble de relations gouvernées par des règles stables) à retourner spontanément vers son point d'équilibre pour préserver sa cohérence interne face aux perturbations.

Double contrainte (Double bind)
Situation relationnelle d'interdépendance identifiée en 1956 par Bateson, Jackson, Haley et Weakland, où une personne reçoit deux injonctions contradictoires à des niveaux différents sans pouvoir y obéir, ni s'enfuir, ni discuter librement de la contradiction sous peine de reproches.
Injonction paradoxale
Message directif structuré de manière contradictoire (tel que « Sois spontané ! »), rendant l'obéissance littéralement impossible puisque se conformer à l'ordre revient à lui désobéir.
Cybernétique
Discipline issue des travaux de Norbert Wiener (du grec kubernetes, signifiant pilote ou gouvernail) qui étudie les processus de commande, de régulation et de communication chez les êtres vivants et les machines.
Rétroaction négative
Boucle de rétroaction qui réduit l'écart entre l'état actuel d'un système et son état souhaité, contribuant ainsi à stabiliser son fonctionnement et à maintenir son équilibre.
Rétroaction positive
Boucle de rétroaction qui amplifie un écart ou une divergence au sein d'un système, pouvant engendrer un phénomène d'emballement ou une escalade.
Système (selon Ludwig von Bertalanffy)
Ensemble d'éléments en interaction dynamique dont les relations mutuelles produisent une organisation d'ensemble irréductible à ses composants pris isolément.
Holisme
Principe épistémologique de totalité postulant que les parties d'un système ne peuvent être comprises et expliquées qu'à partir de l'organisation du tout.
Premier axiome de Palo Alto (« On ne peut pas ne pas communiquer »)
Principe fondamental stipulant que tout comportement en contexte d'interaction (y compris le silence, le retrait ou l'inaction) possède une valeur de message et affecte les partenaires présents.
Deuxième axiome de Palo Alto (Contenu et relation)
Principe affirmant que toute communication comporte deux dimensions : le contenu (l'information transmise) et la relation (la manière dont le message doit être compris), la relation englobant le contenu sous la forme d'une métacommunication.
Troisième axiome de Palo Alto (Ponctuation des séquences)
Principe stipulant que la nature d'une relation dépend de la façon dont chaque partenaire découpe et ordonne la séquence circulaire des échanges, chacun percevant généralement son propre comportement comme une simple réaction à celui de l'autre.
Quatrième axiome de Palo Alto (Digital et analogique)
Principe selon lequel la communication humaine combine le mode digital (fondé sur des symboles conventionnels arbitraires, comme le langage verbal) et le mode analogique (fondé sur un rapport direct de ressemblance ou de variation continue, comme l'intonation ou les mimiques).
Cinquième axiome de Palo Alto (Symétrie et complémentarité)
Principe indiquant que tout échange repose soit sur l'égalité où les participants adoptent des conduites en miroir (interaction symétrique), soit sur la différence mutuellement articulée (interaction complémentaire).
Escalade symétrique
Dérive conflictuelle d'un échange symétrique où chacun des partenaires tente de ne pas être dominé par l'autre et surenchérit continuellement.
Complémentarité rigide
Dysfonctionnement d'une relation complémentaire où la dissymétrie des rôles se fige et interdit toute négociation ou remise en question, même lorsque les circonstances l'exigeraient.
École de Chicago (sociologie)
Courant sociologique empirique fondé à l'Université de Chicago (1892, puis 1915-1935), orienté vers l'étude de la vie urbaine, de l'immigration et des relations sociales par l'observation directe et la collecte de récits de vie.

Interactionnisme symbolique
Perspective sociologique inspirée par George Herbert Mead et formalisée par Herbert Blumer, qui conçoit la vie sociale comme un processus continuel où les acteurs agissent en fonction du sens qu'ils attribuent aux objets et aux conduites à travers leurs interactions.

Trois principes de Blumer (1969)
Fondements de l'interactionnisme symbolique : 1) Les humains agissent envers les choses en fonction du sens qu'elles ont pour eux ; 2) Ce sens découle de l'interaction sociale ; 3) Ce sens est manipulé et modifié par un processus d'interprétation.

Erving Goffman
Sociologue d'origine canadienne (1922-1982), figure majeure de la sociologie des interactions, ayant développé l'approche dramaturgique du monde social, l'analyse des cadres et les concepts de face et de figuration.
Définition de la situation (selon Goffman)
Accord implicite ou explicite co-construit par les interactants sur la nature d'une rencontre, structuré par des hypothèses, des inférences et des règles qui déterminent la place et les devoirs moraux de chacun.
Jeu d'expression et d'impression
Dynamique interactionnelle où un individu tente de contrôler et d'orienter l'impression qu'il dégage, tandis que ses interlocuteurs décodent ses signaux intentionnels ainsi que les indices expressifs involontaires qui lui échappent.
Cadre de l'interaction (Frame)
Structure cognitive et sociale préexistante organisant l'expérience, qui permet aux participants de reconnaître ce qui se déroule dans une situation donnée et d'y adopter le comportement attendu.
Rupture de cadre
Incident ou transgression qui brise la fluidité habituelle d'une interaction, rendant brusquement visibles les conventions et règles implicites qui structurent ordinairement la situation.
Façade (selon Goffman)
Partie de la performance d'un individu qui fonctionne de manière générale et fixe pour définir la situation, comprenant le décor matériel ainsi que la façade personnelle (apparence et manière).
Façade personnelle
Ensemble des attributs expressifs intimes de l'acteur, décomposés en « apparence » (qui révèle le statut et l'état social) et en « manière » (qui indique le rôle et l'attitude adoptés dans les circonstances immédiates).
Idéalisation (dramaturgie)
Effort déployé par un acteur social pour donner à sa performance une apparence exemplaire, conforme aux normes, valeurs et attentes les plus légitimes de son milieu.
Face (selon Goffman)
Valeur sociale positive qu'une personne revendique effectivement auprès des autres à travers la ligne de conduite que ses partenaires supposent qu'elle a adoptée durant une interaction.
Figuration (Facework)
Ensemble des pratiques préventives, réparatrices ou de coopération mises en œuvre par les individus au cours d'une interaction pour éviter les incidents, préserver leur propre face et protéger celle d'autrui.

Parabole des porcs-épics (Schopenhauer / Goffman)
Allégorie illustrant la condition humaine : pour se réchauffer par temps froid sans se blesser mutuellement avec leurs piquants, les porcs-épics établissent une « distance moyenne », équivalent social de la politesse et des bonnes manières.
Rhétorique (définition générale)
Art, méthode et science oratoire visant à persuader, convaincre ou influencer des auditeurs ou interlocuteurs à l'aide du langage et des moyens de discours.
Sophistes
Enseignants professionnels de la parole au Ve siècle avant notre ère dans le monde grec (comme Protagoras ou Gorgias), formant leurs disciples contre rémunération à maîtriser l'art de défendre n'importe quelle thèse politique ou judiciaire.
Corax de Syracuse
Rhéteur sicilien du Ve siècle avant notre ère, considéré par la tradition comme le fondateur de la rhétorique judiciaire, ayant théorisé l'usage du vraisemblable pour convaincre les juges en l'absence de preuves directes.
Vraisemblable (Eikos)
Critère persuasif reposant sur ce qui paraît habituel, logique ou plausible aux yeux d'un auditoire, employé en rhétorique pour emporter l'adhésion lorsque les faits certains ne peuvent être matériellement démontrés.
Relativisme de Protagoras
Position philosophique selon laquelle « l'homme est la mesure de toute chose », postulant l'impossibilité d'une vérité absolue et universelle, ce qui fonde la nécessité du débat et de la confrontation d'opinions.
Kairos
Concept rhétorique sophistique désignant l'opportunité et le moment propice, exigeant de l'orateur qu'il adapte son discours au temps, au lieu et à la disposition émotionnelle exacte de son auditoire.

Dialectique (selon Platon)
Démarche de dialogue rigoureux visant la recherche désintéressée de la vérité et de la justice par l'examen et la distinction méthodique des concepts, par opposition à la séduction oratoire des sophistes.
Rhétorique (selon Aristote)
Faculté de découvrir spéculativement et dans chaque cas particulier ce qui est propre à persuader, rendant possible un jugement pondéré, juste et raisonnable.
Ethos (Aristote)
Moyen de persuasion fondé sur l'image de compétence, d'intégrité morale, de vertu et de bienveillance que l'orateur projette de lui-même à travers son discours.
Logos (Aristote)
Moyen de persuasion fondé sur le raisonnement rationnel, la solidité logique des arguments, les déductions et les exemples probants présentés dans le propos.
Pathos (Aristote)
Moyen de persuasion consistant à émouvoir l'auditoire en mobilisant ses sentiments, ses passions et ses états affectifs afin d'orienter favorablement son jugement.
Genre délibératif
Genre rhétorique aristotélicien orienté vers l'avenir, dont le rôle est de conseiller ou de déconseiller une action en débattant de son utilité, de ses risques ou de ses avantages futurs.
Genre judiciaire
Genre rhétorique aristotélicien orienté vers le passé, dont la visée est d'accuser ou de défendre en établissant la justice, la légalité ou l'injustice d'actes antérieurs.
Genre épidictique
Genre rhétorique aristotélicien centré sur le présent, dont l'objectif est de louer ou de blâmer afin de célébrer et de renforcer les valeurs et croyances morales communes à un groupe.
Cinq opérations de la rhétorique classique
Étapes d'élaboration d'un discours oratoire : l'invention (inventio), la disposition (dispositio), l'élocution (elocutio), la mémoire (memoria) et l'action (actio).

Situation rhétorique (Lloyd F. Bitzer, 1968)
Cadre théorique montrant que le discours oratoire naît en réaction à une réalité contextuelle préalable, définie par l'articulation d'une exigence, d'un auditoire et de contraintes.
Exigence rhétorique (Bitzer)
Problème, manque ou imperfection pressante suscité par les circonstances, qu'une intervention par le discours est susceptible de clarifier, corriger ou transformer.
Effets de présence (Perelman et Olbrechts-Tyteca)
Procédés argumentatifs par lesquels l'orateur rend certains faits, idées ou images particulièrement vivants et prégnants à la conscience de l'auditoire afin de polariser son attention et orienter son adhésion.
Négociation de la distance (Michel Meyer)
Conception de la rhétorique définie comme la gestion et la négociation discursive de la différence ou de la distance intellectuelle, affective et sociale entre individus autour d'une question problématique.
Théorie mathématique de la communication
Modèle linéaire et stochastique élaboré par Claude Shannon et explicité par Warren Weaver, formalisant la transmission technique d'un signal à travers un canal en présence de bruit entre une source et un destinataire.
Information (au sens de Claude Shannon)
Grandeur statistique mesurant la liberté de choix et le degré d'incertitude lors de la sélection d'un message parmi un répertoire d'alternatives possibles, sans aucun égard à sa signification sémantique.
Bit (Binary digit)
Unité élémentaire de mesure de l'information (terme forgé par John W. Tukey), égale au logarithme de base 2 d'une alternative entre deux choix équiprobables (log2(2)=1).
Entropie informationnelle
Mesure du désordre, de l'imprévisibilité ou de la liberté de choix d'une source de messages, mathématiquement équivalente à l'entropie thermodynamique de Boltzmann et Clausius.
Néguentropie (Entropie négative)
Concept désignant l'ordre, l'organisation et la liaison au sein d'une structure, s'opposant au désordre statistique pur ou au bruit chaotique.
Niveau A (Problème technique de Weaver)
Problématique examinant avec quelle exactitude physique et fidélité technique les symboles de la communication peuvent être acheminés depuis l'émetteur jusqu'au récepteur.
Niveau B (Problème sémantique de Weaver)
Problématique examinant avec quelle précision les symboles transmis par l'émetteur véhiculent la signification souhaitée jusqu'à l'esprit du destinataire.
Niveau C (Problème d'efficacité de Weaver)
Problématique examinant avec quel succès la signification reçue oriente et influence le comportement ou la conduite du récepteur dans le sens souhaité par l'émetteur.
Capacité d'un canal (C)
Quantité maximale d'information (exprimée en bits par seconde) qu'un canal physique donné est capable de convoyer sans distorsion, fonction de sa bande passante et de sa dynamique.
Bruit technique
Ensemble des ajouts indésirables, altérations aléatoires ou distorsions parasites qui s'introduisent dans le canal lors de la transmission physique du signal.
Bruit sémantique
Distorsions et perturbations qui altèrent la signification d'un message entre la source et le destinataire, nécessitant un récepteur sémantique pour accorder les contextes statistiques et culturels.
Redondance (théorie de l'information)
Part de la structure d'un message imposée par les règles statistiques du code plutôt que par la liberté de l'émetteur (environ 50% dans la langue anglaise), jouant un rôle protecteur essentiel pour surmonter le bruit.