1/184
Looks like no tags are added yet.
Name | Mastery | Learn | Test | Matching | Spaced | Call with Kai | Chat |
|---|
No analytics yet
Send a link to your students to track their progress
Qui incarne la mémoire dans la mythologie grecque ?
La déesse Mnémosyne, une titanide, fille d'Ouranos (le Ciel) et de Gaïa (la Terre). Elle aurait inventé les mots et le langage.
Que donne Mnémosyne en s'unissant à Zeus ? Quelle idée en découle ?
Les 9 muses, dont chacune préside un domaine de connaissance.
La mémoire est ainsi considérée comme donnant naissance aux connaissances.
Quand apparaissent les premiers écrits scientifiques sur la mémoire ?
En 1881 (France), avec la psychologie expérimentale.
Avant le 19e siècle, la mémoire relevait de la philosophie.
Qui est Théodule Ribot et qu'a-t-il publié en 1881 ?
Fondateur de la psychologie scientifique française.
Il publie « La mémoire et les maladies » (1881) et propose la loi de Ribot.
Qu'énonce la loi de Ribot ?
Un gradient temporel selon lequel les souvenirs anciens sont plus robustes que les souvenirs récents.
Ribot l'a observé dans l'amnésie rétrograde (souvenirs d'enfance plus robustes que les récents)
Qu'a apporté Ebbinghaus (1885, Allemagne) ?
Premières études expérimentales de la mémoire : il étudie sa propre mémoire (syllabes à retenir de jour en jour) et fait des avancées méthodologiques.
Il a aussi étudié le rappel immédiat (le chiffre 7, repris plus tard par Miller) et introduit les termes « encodage », « stockage », « récupération ».
Que montre la courbe d'Ebbinghaus ?
Sans répétition, l'information s'efface selon une courbe descendante.
Avec répétition, la courbe ne descend pas directement mais plus lentement.
Que représente le chiffre 7 chez Ebbinghaus/Miller ?
L'empan moyen pour la rétention en mémoire à court terme.
Que publie Korsakoff en 1889 (Russie) ?
Une étude médico-psychologique sur une forme de maladie de la mémoire, parue dans la Revue Philosophique, avec plusieurs faits cliniques exposés avec précision.
Quelles sont les caractéristiques du syndrome de Korsakoff (syndrome alcoolo-carentiel) ?/#*#/
Suite d'une encéphalopathie de Gayet-Wernicke ; amnésie antérograde massive (oubli à mesure) ; amnésie rétrograde partielle (gradient de Ribot) ; désorientation temporo-spatiale ; anosognosie ; fausses reconnaissances et fabulations ; atteinte des fonctions exécutives ; mémoire sémantique et procédurale conservées.
Quelles lésions et signes d'imagerie dans le syndrome mnésique diencéphalique (Korsakoff) ?
Lésions du thalamus et des corps mamillaires.
Imagerie : perte progressive du volume cortical, rétrécissement du corps calleux, élargissement des ventricules et des sillons (visibles en coupes axiales), atteinte du cervelet, altération du lobe temporal (coupes coronales).
Qu'apporte William James (1890) ?/#*#/
La distinction entre
mémoire primaire (= mémoire immédiate) et
mémoire secondaire (mémoire à plus long terme).
Qu'apporte Papez (1937, US) ?
Le circuit de Papez : un ensemble de structures du lobe temporal interne qui jouerait un rôle dans les émotions alors même qu'il serait plutôt impliqué dans la mémoire à long terme.
Quel est le trajet du circuit de Papez (M.A.T.C.H.) ?
Hippocampe
→ corps mamillaires
→ thalamus antérieur
→ gyrus cingulaire
→ retour à l'hippocampe (une boucle, via le fornix).
Il s'active quand on veut mémoriser ; quand on répète, c'est cette boucle qui se renforce.
Qu'apportent Scoville et Milner (1957) ?
La distinction entre mémoire à court terme et mémoire à long terme.
Qui est le patient HM et que lui est-il arrivé (Milner, 1962) ?
Patient de l'Institut neurologique de Montréal, étudié par Milner, opéré pour épilepsie pharmaco-résistante par ablation bilatérale du lobe temporal interne.
Quel est le profil du patient HM (syndrome amnésique bi-hippocampique) ?
Lésions du gyrus parahippocampique et des 2/3 antérieurs de l'hippocampe ;
atteinte de la MLT avec préservation de la MCT (préservée mais seulement 2 minutes) ;
atteinte de la mémoire déclarative avec préservation de la procédurale (savoir-faire, routines automatiques).
Que montre le cas HM sur le rôle de l'hippocampe ?
L'importance du rôle de l'hippocampe dans la mémoire (surtout MLT déclarative).
Qu'est-ce que le modèle sériel (modal) d'Atkinson et Shiffrin (1968) ?
Un modèle multi-système à 3 types de mémoires en série :
registres sensoriels
→ (attention)
→ mémoire à court terme
→ (encodage)
→ mémoire à long terme, avec répétition (autorépétition) dans la MCT, un générateur de réponse, et des pertes possibles à chaque niveau.
Quelles sont la durée de rétention et le traitement de chaque mémoire dans le modèle d'Atkinson et Shiffrin ?
Mémoire sensorielle (RIS) : traitements sensoriels, moins d'1 seconde.
MCT (cœur du modèle) : encodage ou autorépétition, quelques secondes (augmente avec l'autorépétition).
MLT : apprentissage et oubli, des années voire la vie entière.
Quelle est la critique du modèle sériel ?
Il suppose qu'une lésion à un niveau endommage les niveaux suivants.
C'est inexact : une atteinte de la MLT sans atteinte de la MCT est possible (et inversement).
Qui a proposé le modèle de la mémoire de travail et quand ?
Baddeley et Hitch (1977). Le buffer épisodique a été ajouté en 2000.
On passe de la MCT (passive) à la mémoire de travail (dynamique : on peut manipuler l'information, composante exécutive).
Quelles sont les composantes du modèle de Baddeley et Hitch ?
Administrateur central, ardoise (calepin) visuo-spatiale (registre statique et registre dynamique),
boucle phonologique (stock phonologique et boucle articulatoire)
buffer épisodique (ajouté en 2000), reliés à la MLT (visuel sémantique, MLT épisodique, langage).
Quelles sont les 3 fonctions de l'administrateur central selon Miyake ?
Mise à jour,
flexibilité,
inhibition.
Quel exemple illustre les fonctions de l'administrateur central ?
Au restaurant, vous commandez steak, frites, salade puis changez de choix : le serveur doit faire une mise à jour, être flexible (jongler entre différents stimuli) et inhiber (arrêter ou supprimer une information ou un parasite qui gêne le traitement en cours).
À quoi sert l'ardoise (calepin) visuo-spatiale ?
À maintenir de l'information visuelle et spatiale, statique (retenir une photo, une image)
ou dynamique (information avec mouvement, forme de spatialité).
Quelle épreuve évalue l'ardoise visuo-spatiale dynamique ? Et pour faire intervenir l'administrateur central ?
Le Block Tapping Test (test de Corsi), qui est dynamique.
Le Block Tapping Test à l'envers (Corsi à l'envers) fait intervenir l'administrateur central.
Quelles sont les 2 sous-composantes de la boucle phonologique ?
Le stock phonologique (plutôt MCT, ex. maintenir un numéro de téléphone)
et la boucle articulatoire (répéter les informations dans la tête pour les retenir plus longtemps : la petite voix intérieure).
Quelle épreuve correspond à quelle sous-composante de la boucle phonologique ?
Empan endroit → stock phonologique.
Empan à l'envers → boucle articulatoire (selon le cours).
Quel est le rôle du buffer épisodique ?
Intégrer l'information en un tout cohérent avant de l'envoyer dans la MLT.
Quelle distinction font Squire et Zola-Morgan (1988) ?
Mémoire explicite/implicite (déclarative/non déclarative).
Implicite : récupération des connaissances de manière non consciente et involontaire (« knowing how »).
Explicite : faits récupérables consciemment et volontairement (« knowing that »).
Comment s'organise la mémoire à long terme chez Squire ?
Déclarative (faits = sémantique, événements = épisodique ; lobe temporal médian/diencéphale)
et non déclarative : procédurale (habiletés et habitudes ; striatum),
amorçage et apprentissages perceptifs (néocortex),
conditionnement classique (réponses émotionnelles : amygdale ; réponses musculaires : cervelet),
apprentissages non associatifs (voies réflexes).
Quelles sont les deux positions théoriques fortes du schéma de Squire ?
1) Le lobe temporal médian fonctionne comme un système intégré dans lequel la mémoire épisodique et sémantique antérogrades ne sont pas dissociables par des lésions sélectives internes à la structure.
2) L'acquisition de nouvelles connaissances (sémantique) ne peut être que le « produit décontextualisé » de la mémoire épisodique.
Quelle nuance apporte le cours à la position de Squire ?
Pour Squire, épisodique et sémantique viennent d'une même zone et sont au même niveau,
mais ce n'est pas tout à fait exact (Tulving propose une hiérarchie des mémoires).
Quelle distinction fait Tulving (1972, 1983, 1984, 1985) ?
Mémoire sémantique/épisodique, appuyée par des atteintes dissociées chez certains patients amnésiques
Qui est le patient KC (Tulving) ?
Victime d'un accident de moto à 30 ans, avec lésions cérébrales multiples (surtout lobes temporaux internes).
Dissociation MS/ME : incapacité totale à se souvenir des événements de sa propre vie (amnésie épisodique sur toute la vie, sauf les 2 dernières minutes) et incapacité de former de nouveaux souvenirs, mais savoir sémantique acquis avant l'accident intact (savoir général et personnel : date de naissance, prénom).
Définition de la mémoire épisodique (Tulving) ?
Informations relatives aux événements, inscrits dans un contexte spatial et temporel ;
« reviviscence » mentale des événements. Autonoétique (voyage mental dans le temps, lié à la conscience de soi) et tout à fait individuelle.
Définition de la mémoire sémantique (Tulving) ?
Connaissances générales, mots et leur sens. Noétique (liée à la conscience du monde), elle permet d'évoquer des concepts ou faits en leur absence (savoir qu'une pomme est un fruit sans en voir une). Connaissances partagées entre les personnes.
Définition de la mémoire procédurale (Tulving) ?/#*#/
Mémoire des habiletés et habitudes, automatique et non consciente (« anoétique »).
C'est la récupération de ces habiletés implicites.
Que signifient noétique, autonoétique et anoétique ?
Noétique : conscience du monde (mémoire sémantique).
Autonoétique : conscience de soi (mémoire épisodique).
Anoétique : sans conscience (mémoire procédurale).
Quelle est la vision phylogénétique/ontogénétique de Tulving ?
Phylogénétique (évolution de l'espèce) : d'abord procédural, puis sémantique, puis épisodique.
Ontogénétique : éducation/développement d'un être humain.
Que propose le modèle multi-système de Tulving (1980) ?
3 systèmes de mémoire hiérarchiques :
(sémantique, épisodique, procédurale)
et 3 formes de conscience
(noétique, autonoétique, anoétique),
et 3 formes de conscience
(noétique, autonoétique, anoétique),
avec une organisation hiérarchique par emboîtements :
ME = sous-système de la MS,
MS = sous-système de la MP.
Que suppose l'organisation hiérarchique par emboîtements de Tulving (1980) ?
Que l'atteinte d'un processus de bas niveau impacte les processus de plus haut niveau.
Le modèle exclut donc les doubles dissociations (dépendance des systèmes de haut niveau aux systèmes de bas niveau).
Quelle observation contredit le modèle multi-système de Tulving ?
La démence sémantique : atteinte massive des connaissances sémantiques mais pas épisodiques (double dissociation).
Que propose le modèle SPI (sériel parallèle indépendant, Tulving, 1990) ?
2 nouveaux systèmes
(mémoire de travail et système de représentation perceptive, SRP)
et une organisation où l'encodage est sériel,
le stockage parallèle et la récupération indépendante.
Il tente d'expliquer les doubles dissociations.
Qu'est-ce que le SRP (système de représentation perceptive) ?
Représentation perceptive et asémantique : identification perceptive des stimuli.
Selon Schacter, 3 sous-systèmes :
visuel,
structural,
auditif. .
Caractéristiques :
niveau pré-sémantique,
non conscient,
sous la dépendance de mécanismes corticaux.
Ressemble au modèle de Camarazza.
Quels sont les systèmes du modèle SPI ?
4 systèmes de représentation (4 unités mnésiques) :
SRP,
sémantique,
mémoire de travail,
épisodique ;
et 1 système d'action : la mémoire procédurale.
Que signifie « encodage sériel, stockage parallèle, récupération indépendante » ?
Encodage sériel : l'encodage dans un système dépend de la qualité de l'encodage dans le système inférieur.
Stockage parallèle dans les différents systèmes.
Récupération dans un système indépendante de la récupération dans les autres.
Qu'est-ce que la contrainte forte d'encodage du SPI ?
L'encodage d'une information dans un système inférieur est possible même si l'encodage dans un système supérieur est défaillant, mais pas l'inverse.
Si l'encodage en MS est déficitaire, il l'est aussi en ME ; si l'encodage est déficitaire en ME, on peut quand même encoder en MS.
Qu'est-ce que la contrainte faible de récupération du SPI ?
Le modèle n'exclut pas un trouble de la récupération en mémoire sémantique sans trouble de la récupération en mémoire épisodique : la récupération est indépendante, donc une récupération faible en MS peut s'accompagner d'une récupération épisodique déficitaire ou préservée.
Cela rend compte des doubles dissociations (ex. APP sémantique).
Qu'est-ce que le modèle GAPS (Tulving, 1983) ?
General Abstract Processing System : modèle fondateur qui décrit les mécanismes fonctionnels de la mémoire épisodique en 3 étapes :
encodage, stockage, récupération. Modèle abstractif.
Qu'est-ce qu'un engramme mnésique ?
La trace créée à l'encodage = information spécifique (item, interne) + information de contexte (externe). Ex. raconter le cours du jour : infos spécifiques du cours + contexte spatio-temporel (salle étouffante, cours l'après-midi)
Qu'est-ce que l'encodage dans GAPS ?
La première étape : les événements ou stimuli sont transformés en trace mnésique en mémoire à long terme.
Il peut être intentionnel ou non (tâche de mémoire incidente).
Quels facteurs influencent l'encodage dans GAPS ?
1) Le niveau de traitement de l'information, profond vs superficiel (Craik et Lockhart, 1972) ;
2) les caractéristiques des informations à encoder (Craik, 1979 : connotation émotionnelle, ex. biais de négativité si on est triste ; mots courts et simples) ;
3) le « binding » (Van der Linden, 2003 ; intervention hippocampique) ; 4) les ressources attentionnelles allouées (Grady et Craik, 2000).
Qu'est-ce que le binding ?
L'association d'une information avec des informations préalablement encodées en mémoire (intervention de l'hippocampe).
Comment se fait la récupération dans GAPS ?/#*#/
La conservation de l'engramme au sein du stock épisodique.
Comment se fait la récupération dans GAPS ?
Réactivation de la trace mnésique, grâce à l'interaction entre indice et engramme.
Récupération = reconstruction de l'engramme et réactivation en MDT (processus ecphorique).
Récupération distincte entre épisodique (« quand », « où », « quoi ») et sémantique (« quoi »).
Quel exemple illustre l'interaction indice-engramme ?
Aller dans une pièce et ne plus savoir ce qu'on cherchait ; en retournant dans la pièce où l'on a encodé, on retrouve des éléments de contexte qui permettent de s'en souvenir.
Qu'est-ce que le principe de spécificité d'encodage (Tulving et Thomson, 1973) ?
La facilité de se rappeler dépend du lien entre le contexte d'encodage et le contexte de récupération ; réinstaller à la récupération un indice présent à l'encodage améliore le rappel. Ex. des nageurs qui apprennent une liste sous l'eau : meilleur rappel sous l'eau.
Qu'est-ce que le modèle MNESIS (Eustache et Desgranges, 2003) ?
Modèle NéoStructural Inter-Système : proposition de synthèse des modèles importants de la mémoire.
Il situe la mémoire épisodique dans une vision intégrée et en interrelations avec les autres systèmes mnésiques.
Principe de la spécificitéQuelles sont les composantes de MNESIS ?
3 systèmes de représentation à long terme (mémoire perceptive, sémantique, épisodique ;
organisation hiérarchique de Tulving), la mémoire de travail (boucle phonologique, administrateur central, registre visuo-spatial, avec le buffer épisodique en position centrale)
et la mémoire procédurale (apprentissage procédural cognitif, perceptivo-verbal, perceptivo-moteur).
Pourquoi MNESIS parle de mémoire perceptive plutôt que de SRP ?
Le concept est plus large : il inclut les opérations conscientes et non conscientes, alors que le SRP est uniquement non conscient.
Quels sont les exemples de mémoire procédurale dans MNESIS ?
Dans l'ordre cognitif, perceptivo-verbal, perceptivo-moteur : lecture/tables de multiplication, langage, vélo.
Quel est le rôle du buffer épisodique dans MNESIS ?
Position centrale : structure d'interface temporaire entre différents systèmes neurocognitifs.
Le modèle de mishkinQue représentent les flèches blanches de MNESIS ?
Des rétroactions qui montrent le caractère dynamique et reconstructif de la mémoire :
de l'épisodique vers la sémantique (processus de sémantisation des souvenirs)
et de l'épisodique vers la mémoire perceptive (processus de reviviscence, indispensable à la consolidation).
Qu'est-ce que la sémantisation et la reviviscence ?
Sémantisation : de nombreux souvenirs deviennent sémantiques, sans que cela signifie qu'il ne persiste pas de vrais souvenirs épisodiques.
Reviviscence : revivre un souvenir à travers une perception consciente ou inconsciente. Ex. détails d'un événement qui changent quand on le raconte (16h ou 16h30, chocolat noir ou blanc).
Que représentent les flèches noires de MNESIS ?
Les interactions entre le système d'action et les systèmes mnésiques :
procédurale cognitive ↔ mémoire déclarative ;
procédurale perceptivo-motrice ↔ mémoire perceptive. .
Ces liens se distendent ensuite avec l'automatisation.
Qu'est-ce qu'un modèle non-abstractif ?
Un modèle qui abandonne l'opposition sémantique/épisodique et propose une représentation distribuée des connaissances dans les systèmes perceptifs et moteurs : évoquer une connaissance ou un souvenir revient à réactiver des traces sensorimotrices.
Le système conceptuel (ni épisodique ni sémantique) est ancré dans la perception et l'action.
Comment comparer modèles abstractifs et non abstractifs (Carbonnel et al., 2010) ?
Abstractifs : modulaires (distinction système sensorimoteur/sémantique/épisodique), format amodal, non situé (sens décontextualisé), stabilité (sens invariable et permanent).
Non abstractifs : non modulaires (mémoire entièrement épisodique), format modal, situé dans le temps et l'espace, non stable (sens variable selon le contexte, l'expérience et l'individu).
Que dit l'approche de la cognition incarnée ?
La cognition est ancrée dans la perception et les actions ; connaissances et souvenirs sont acquis par les expériences du corps via des systèmes sensoriels, moteurs/kinesthésiques, proprioceptifs, émotionnels et cognitifs.
Quel est l'exemple de la chaise (Barsalou, 2008) ?
Quand on s'assoit, le cerveau capture les états via les modalités sensorimotrices et les intègre en représentations multiples (apparence, action de s'asseoir, confort).
Quand le concept « chaise » est évoqué, ces représentations multimodales sont réactivées pour simuler la perception, l'action et l'introspection associées.
Qu'est-ce que l'approche située ?
La connaissance est simulée dans un contexte de situations probables : les représentations d'une chaise ne s'activent pas pareil pour s'asseoir ou pour changer une ampoule (Barsalou et al., 2008).
Expérience : mémoriser des mots manipulables (bic, téléphone) les mains dans le dos rend la récupération plus difficile.
Qu'est-ce que le continuum de l'embodiement ?
Le degré d'influence du corps varie selon les auteurs (de absent à fort embodiement). On peut imaginer des processus partiellement incarnés et d'autres abstraits : approche plutôt hybride.
Qu'est-ce que le modèle ACT-IN (Versace et al., 2009) ?
Modèle qui explique en quoi la mémoire est incarnée et dynamique et fait émerger des souvenirs de façon dynamique et interactive. Il s'inspire des modèles à traces multiples (MINERVA II) : chaque expérience crée une trace.
Quels sont les principes des traces mnésiques dans ACT-IN ?
Les traces sont multisensorielles/multimodales (traits sensoriels, moteurs, émotionnels).
1) Formées lors de l'expérience perceptive ;
2) codées sur un ensemble de structures cérébrales ;
3) récupérer une connaissance active le même système neuronal que lors de la perception.
La représentation schématique du modèle Activation- Intégration, adaptée ( Versace et al. 2014 )
Les souvenirs émergent d'une dynamique d'activation et d'intégration (comparaison avec ce qui est stocké).
L'activation rend un souvenir accessible. L'intégration multi-composantes combine l'info perçue/traitée avec les souvenirs activés pour produire une réponse ou récupérer des souvenirs.
Quelle différence entre activation inter-trace et intra-trace (ACT-IN) ?
Inter-trace : diffusion de l'activation à d'autres traces selon leurs points communs (ex. autres souvenirs de chats, faisant émerger des connaissances catégorielles : les chats sont des mammifères).
Intra-trace : propagation à travers les composants d'une trace (auditif : miaulement ; tactile : fourrure).
Que suppose l'intégration dans ACT-IN ?
Que la trace est davantage que la somme des activations impliquées : intégration dynamique des composantes (sensorimotrices, contextuelles, émotionnelles) en une représentation mentale intégrée, durant la création de la trace (~ encodage).
L'intensité de cette intégration module l'activation.
Comment ACT-IN définit-il la mémoire ?
Dynamique par essence : les connaissances (« représentations ») émergent selon un profil d'activation donné, pas stockées de façon statique.
Quelles sont les parties de l'hippocampe et leurs fonctions ?
La tête de l'hippocampe encode, intègre et récupère l'information.
Cortex entorhinal : connecte l'hippocampe avec les autres parties.
Cortex périrhinal : familiarité et reconnaissance d'objets, de détails précis, plutôt sémantique.
Cortex parahippocampique : rappel des lieux (spatial, où quelque chose s'est produit).
Mémoire contextualisée/décontextualisée : quelles positions de Squire et de Mishkin ?
Squire et Zola-Morgan : de façon indifférenciée au niveau du lobe temporal médian.
Mishkin : séparation anatomo-fonctionnelle.
Qu'est-ce que le modèle de Mishkin ?
Modèle hiérarchique et modulaire à 2 grands systèmes :
1) mémoire contextualisée (autobiographique et spatiale), dépendant de l'hippocampe ;
2) mémoire décontextualisée (sémantique et reconnaissance fondée sur la familiarité), dépendant du cortex périrhinal.
Hiérarchique car le système contextualisé dépend des systèmes afférents.
Quelles voies et structures dans le modèle de Mishkin ?
Mémoire décontextualisée : cortex périrhinal, voie ventrale (voie du quoi, sémantique).
Mémoire spatiale : cortex parahippocampique, voie dorsale (voie du où).
Au sommet : hippocampe (mémoire contextualisée).
Lésion de l'hippocampe → syndrome amnésique ; si les lésions sont limitées à l'hippocampe, les structures sous-hippocampiques permettent de traiter certaines informations décontextualisées.
Où se passent encodage, stockage et récupération (vision simple à nuancer) ?
Encodage plutôt préfrontal (plutôt gauche pour le verbal) ; stockage plutôt temporal ; récupération plutôt préfrontale (plutôt droite pour le visuo-spatial).
Mais aussi hippocampique (cf. binding). Vision simpliste à nuancer : les régions sont interconnectées.
Qu'est-ce que le modèle HIPER (Lepage et al., 1998) ?
Hippocampal Encoding/Retrieval : partie antérieure de l'hippocampe → encodage en mémoire épisodique ; partie postérieure → récupération en mémoire épisodique.
Régions préfrontales impliquées dans l'encodage et régions occipitales dans la récupération des détails perceptifs. Fonctions exécutives partiellement impliquées.
Quelle dissociation fonctionnelle hippocampique gauche-droite ?
Hippocampe gauche : encodage et/ou récupération des informations verbales en MLT.
Hippocampe droit : encodage et/ou récupération des données visuo-spatiales.
Qu'est-ce que le modèle HERA (Tulving et al., 1994) ?
Hemispheric Encoding Retrieval Asymmetry :
cortex préfrontal gauche plus impliqué dans l'encodage d'informations épisodiques (surtout verbales) ; cortex préfrontal droit plus impliqué dans la récupération d'informations épisodiques (surtout non verbales).
Même pattern valide pour la mémoire sémantique : le préfrontal gauche pour la récupération d'informations verbales/sémantiques.
Quels outils cliniques évaluent la mémoire épisodique ?
California Verbal Learning
Test, RL/RI-16,
test des portes,
GERIA-12,
15 mots de Rey,
5 mots de Dubois et Pillon,
etc.
Quand éviter le RL/RI-16 ?
Si la personne a un haut niveau socio-culturel : sinon il y a un effet plafond et plancher.
Comment se déroule le CVLT (California Verbal Learning Test) ?
1) Apprentissage en 5 essais d'une liste de 16 mots correspondant à 4 catégories sémantiques ;
2) apprentissage en 1 essai d'une autre liste de 16 mots à rappeler librement ;
3) rappel différé de la première liste ;
4) épreuve de reconnaissance à long terme.
Qu'est-ce que le GERIA-12 ?
Évaluation de la mémoire épisodique verbale chez les personnes âgées de 70 à 89 ans.
Même procédure que le rappel libre/indicé à 16 items mais avec 12 items et 2 essais d'apprentissage.
Rappels différés après 20 minutes et 24 h (processus de consolidation).
Comment se déroulent les 5 mots de Dubois et Pillon ?
Encodage (« quel est le nom du vêtement ? », « quel est le nom de la fleur ? »), interférence, rappel libre (2 min), rappel indicé (« quel était le vêtement ? »), rappel différé (20 min) et reconnaissance.
Items type : musée, limonade, sauterelle, passoire, camion. Score de mémoire /5, score total /10.
Quel test évalue la mémoire épisodique non verbale ?
Le test des portes (reconnaissance de photos de portes).
Quelles sont les limites des tests classiques de mémoire épisodique ?
Peu écologiques, apprentissage intentionnel avec délai court (sauf GERIA-12 : H24) et peu d'éléments de contexte.
Différent de la vie quotidienne où les éléments à mémoriser sont riches, varient selon le délai, les caractéristiques associées, les émotions, l'importance.
Qu'est-ce que le DMS-48 ?
Test de reconnaissance visuelle à choix forcé de 48 images mémorisées de façon incidente.
1) Encodage : regarder les 48 items un à un et dire s'il y a plus ou moins de 3 couleurs ;
2) tâche distractrice (fluence P) 2 minutes ;
3) reconnaissance (immédiate, après 1 h, après 24 h) parmi des distracteurs (paires). Items concrets vs abstraits, uniques/appariés.
Qu'est-ce que la théorie des deux processus (Dual Process) ?
2 modes comportementaux distincts de récupération :
Remember (remémoration, recollection) et - -
Know (familiarité).
Qu'est-ce que le mode Remember (remémoration) ?
Récupération explicite de l'information encodée, associée au souvenir conscient du contexte d'acquisition ; processus contrôlés et lents de récupération des détails contextuels ; associé à un plus grand sentiment de confiance.
Degré de certitude élevé ; dépendrait des régions hippocampiques et parahippocampiques. Réponse « R » : souvenir conscient des détails contextuels.
Qu'est-ce que le mode Know (familiarité) ?
Accès direct à l'information sur la base d'un sentiment de « déjà-vu », sans souvenir conscient du contexte spatio-temporel d'acquisition ; accès automatique (« je sais qu'un épisode a été enregistré »).
Degré de certitude faible ; dépendrait du cortex périrhinal. Réponse « K ».
Comment comparer rappel libre, reconnaissance et rappel indicé selon la théorie des deux processus ?/
Rappel libre : stratégies spontanées basées sur la récupération d'éléments contextuels, sous-tendu par la remémoration.
Reconnaissance : discriminer des items anciens de nouveaux, sous-tendue par la familiarité.
Rappel indicé : guidé par des indices, repose sur une mise en œuvre plus partagée des deux processus.
Qu'est-ce que la mémoire prospective ?
Versant de la mémoire épisodique tourné vers le futur : mémoire des intentions (se rappeler du futur : RV, éteindre le four, récupérer les enfants), opposée à la mémoire rétrospective (se rappeler du passé, voyage mental dans le passé).
Régions cérébrales communes entre mémoire du passé et du futur.