Connaissances du contexte patrimonial. Eléments de réglementation et de connaissance des institutions – Le patrimoine naturel
Enjeux :
· Connaître l’état de l’environnement
· Comprendre les grandes tendances dont il résulte
· Connaître l’historique de la protection de l’environnement en France
· Connaître les outils majeurs de la protection du patrimoine naturel
Examen : DS de 2h, rattrapage à l’oral
08/11/2024
I – Constats et causes
- La biodiversité en crise -> perte de 69% de population des espèces
- 32% d’humains, 1% d’animaux sauvages et 67% d’animaux domestiques -> en soit remplacement des animaux sauvages par domestiques
- Biomasse dominée par humains et leur cheptel
- Largement au-dessus du taux d’extinction naturel, très variable en fonction des groupes (700 espèces de vertébrés en moins)
- Phases de vulnérabilité des espèces avant l’extinction, outil qui détermine niveau de vulnérabilité d’une espèce
- Insectes souvent exclus de ces statistiques car difficile de collecter des données
- Destruction des habitats, fragmentation, pollution, chasse, espèce invasives, changement climatique
a) Le constat
Les grandes tendances de changement d’occupation des sols : les milieux forestiers
- Stables, certains en augmentation, mais facteur de diminution = incendies
- Dans le monde = baisse, exploitation agricole et artificialisation des sols
Milieux boisés en France :
- Forte proportion dans régions productrices de bois (Landes, Jura…) et régions « récréatives » (Var)
- Faible proportion dans les zones à vocations agricole
- Augmentation en quantité mais pas nécessairement en qualité
- 70¨% à 80% des forêts sont des champs d’armes (silviculture)
- 19% de 1993 à 2004 des bosquets et arbres épars : élimination des arbres isolés (arbres têtards), conséquences des remembrements successifs, intensification agricole
Les grandes tendances :
- Prairies (surfaces toujours en herbe) : Régression très forte dans le régions tempérées et régression dans les régions chaudes (désertification)
Sols agricoles :
- Terre arables et surfaces toujours en herbe = forte diminution
- 60% du territoire par terres agricoles, forêts 30% -> reste = surfaces artificialisées
- CORINE Land Cover : inventaire biophysique de l'occupation des sols en Europe, créé en 1985 dans le cadre du programme européen Copernicus
Révolution verte
- Accélération suite à la révolution verte :
-> politique de remembrements
-> mécanisations et intrants
-> apparition du concept d’itinéraire technique (conventionnel, intensif, raisonné)
- Concept d’itinéraire technique : Un itinéraire technique est une combinaison logique et ordonnée de techniques culturales appliquées à une parcelle pour obtenir une production donnée. Ce concept, introduit par Michel Sebillotte en 1974
- Pas de diversité génétique avec agriculture = grave car population vulnérable
Agriculture intensive
- Les consommations d’engrais et de pesticide ont explosé depuis les années 1970
- Rendements stables mais quantité d’intrants ne fait qu’augmenter
- Surface agricole utilisées diminue et aussi le cas des exploitations
- Artificialisation en très forte hausse en France
Surfaces artificialisées :
- Essentiellement due à l’urbanisation
- 2007 = année historique
- Différents niveaux d’urbanisation, densification, étalement, mitage (cause désertification des centres villes)
- Disparités régionales : centre reste couverte d’espace urbain = 22% du territoire
- ZAN = loi de zéro artificialisation net
En bref en France
è Artificialisation au détriment des forêts et surtout des surtout des surfaces agricoles
Rattraper cours du 15/11/24 (pdf Aubrée)
22/11/2024
Année 1990 :
· (EU) 21 mai 1992 : Directive CEE 92/43 sur la conservation des habitats naturels de la faune et de la flore sauvage dite Directive Habitats
-> Transposition au niveau européen des objectifs de CDB
· Objectifs :
- Renforcer les dispositions en faveur de la conservation de la nature et en en particulier de contribuer au maintien de la diversité biologique
- Maintenir ou rétablir dans un bon état (référence de quelque chose de dynamique donc vision fixiste) de conservation certains milieux naturels et certaines populations d’espèces animales et végétales
· Voir schéma du diapo
Année 2000-de nos jours
· 2002 : IVème Sommet de la Terre (Johannesburg)
· (fr) 2005 : la loi constitutionnelle n°2005-205 du 01/03/05 relative à la Charte de l’environnement
- Consacre le droit de l’environnement dans l’ordre juridique français intégrant ses principes dans la Constitution
- Son préambule reconnait 3 principes : les ressources et les équilibre naturels ont conditionné l’émergence de l’humanité, l’avenir et l’existence même de l’humanité sont indissociable de son milieu naturel, la diversité biologique /
· Texte reconnaît environnement comme « patrimoine commun » des êtres vivants
· (fr) 2005 : La Charte de l’environnement
· Grands principes en droit : devoir, principe pollueur-payeur (responsabilité environnementale), principe de Prévention et Principe de Précaution, principe d’éducation à l’environnement
· (fr) 2009 : Loi dite de « Grenelle I » : elle se compose de 57 articles qui touchent « les secteurs de l’énergie, du bâtiment, des transports, de la biodiversité et des milieux »
· (fr) 2010 : Loi dite de « Grenelle II » : elle porte sur « l’engagement blabla »
- Reconnaissance de l’importance des trames vertes et bleues
- Concept de biodiversité ordinaire
· (int) 2010 : Conférence mondiale sur la biodiversité de Nagoya
- Lutte contre la biopiraterie
- Accord pour la création de l’IPBES
- Plan stratégique 2011-2020
· (fr) 2016 : Loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages ou Loi Biodiversité
- Création de l’Agence Française pour la Biodiversité (AFB)
- Renforcement des politiques de compensation (séquence ERC)
· (fr) Stratégie nationale pour les aires protégées -> 2030
30/09/2025
Quel point de référence choisir ?
- Apologie du « sauvage » vs glissement du point de référence (le fait que chacun connait la biodiv à son pic à un certain moment de sa vie, mais le pic pour une autre génération n’est pas le même)
- Changement sociétaux liés
- Perte d’expérience/déconnexion par rapport à la biodiversité (urbanisation, intensification agricole)
- Conséquences sur santé physique et psychique, l’humain est en majorité biophile (de manière sélective car organismes qui ne sont pas appréciés)
- Etudes sur l’importance du virtuel
- Notion de sauvage : inverse de domestique, espèces commensales de l’Homme
- Marronage = espèce domestique qui redevient sauvage
- Marqueur ADN entre chien et loup : tolérance au gluten
- Apparition de zoonoses quand contact
Rewilding ou réensauvagement :
- Penser un retour à un état de l’environnement avant l’impact humain reviendrait à revenir au néolithique
- Déclin de la mégafaune caractéristique du néolithique
- Espèces ont des fonctions : former les sols, prédation, coloniser
- Il s’agit donc de trouver des espèces qui ont une fonction proche donc en trouvant ces équivalents, le résultat obtenu serait étrange avec des girafes par exemple (cf diapo)
- La limite de cette approche est que l’environnement a énormément changé, y compris le climat qui change et donc les conditions ne sont plus les mêmes
- Certaines espèces se réintroduisent toutes seules comme les loups, d’autres ont besoin de l’action humaine comme les ours dans les Pyrénées françaises
- Si espèce réintroduite, alors besoin du terrain de vie nécessaire + des ressources alimentaires
- Si espèce clé de voûte, impact encore plus significatif
Permafrost, rewilding et dé-extinction :
- Beaucoup de débats sur le permafrost, avec le réchauffement climatique il fond donc conséquences locales pour rares populations présentes (glissements de terrain, effondrements, émanations de gaz comme méthane)
- Une molécule de méthane à un effet beaucoup plus important qu’une molécule de CO2
- Sources principales de méthane actuelles : élevage et dégagement par le sol
- Méga herbivores tassaient la neige ce qui créait une couche très isolante
- Actuellement il y a des tentatives de réintroduire des mammouths
- Dé-extinction = fait de recréer des espèces disparues
- La plus célèbre est « revive & restore », par d’un point de référence d’abondance et de diversité et essaye de l’atteindre à nouveau par des biotechnologies
Les mammouthans :
- Documentaire Arte
- Croisement entre mammouths et éléphants donc pas réellement des mammouths
- Ciseaux génétiques
- Mise en scène écologique
- A voir l’impact du biobag sur le développement des espèces
Conclusion :
- Novel ecosystem = écosystème originel mais impossible d’y revenir
- Impossible de repeupler une espèce avec 2 individus (cf rhinocéros)
- Impact de l’homme et du climat qui dans tous les cas va impacter ce rewilding
- Anthropobiomes = désigne les biomes dont les caractéristiques écologiques principales sont dûes aux interactions entre les humains et les écosystèmes. Ce terme inclut les agglomérations, les cultures, les pâturages et les anthromes semi-naturels
- Socio-écosystème plutôt qu’écosystème
04/11/2025
Les sites naturels sacrés
- Définis comme « territoires ou plans d’eau revêtant une importance spirituelle particulière pour les populations et les communautés » (Sacred Natural Sites: Guidelines for Protected Area Managers, No. 16, IUCN, 2008, page xi)
- Dans la plupart des cas, ne recèlent pas de traces culturelles tangibles
- Un site sacré peut être de nature purement symbolique en chargeant d’une porte signification religieuse ou spirituelle toute sortes d’éléments naturels remarques : pierres, falaises ou montagnes, arbres ou forêts, sources, lacs ou cours d’eau
- Ces lieux sont générlaent le support de pratiques religieuses, méditatives, contemplatives ou bien encore commémoratives
- Du fait de son caractère métaphysique, le site jouit d’un emplacement privilégié par rapport aux autres lieux fonctionnels de la communauté
La Montagne Sainte-Victoire :
- Bataille des Cimbres et Teutons contre Marius
- Ermite Saint Servin en 483 assassiné par Wisigoth dans une chapelle
- Grand site de France : un Grand site de France est un label décerné par l’État à un site soumis à une très forte fréquentation touristique, dans le but d’encadrer cette fréquentation et de mettre en œuvre des politiques de préservation / (fosse Dione, forêt de Brocéliande, ect)
- Site Natura 2000
Animisme : L'animisme a été défini par l'ethnologue britannique Edward B. Tylor (1871) comme la croyance selon laquelle la nature est régie par des esprits analogues à la volonté humaine. Il y voyait la forme primitive ayant engendré toutes les religions.
Aristote : hiérarchie dans le vivant, scalisme avec âme végétative, âme sensible et âme rationnelle
Descartes (1596-1650) avec la théorie de l’animal-machine :
- Point culminant de la rupture en l’Homme et les autres animaux
- Les animaux ne répondent qu’au principe de causalité (une cause entraîne un effet totalement prévisible) et sont donc des êtres comparables à des machines/automates
- Vision cartésienne battue en brèche par scientifiques
- Déclaration de Cambridge : être humain n’est pas le seul à avoir un substrat de conscience
- Jacques Tassin, Penser comme un abre
- Laudato si’ en 2015, encyclique par le Pape François, prise de conscience et empathie envers nature et animaux
- Ecologie et spiritualité de André Comte-Sponville, Albert Jacquard, Théodore Monod et al.
02/12/2025
- EEE = espèces exotiques et envahissantes : impact sur santé, écosystème, et économie
- Espèces proliférantes : se multiplient beaucoup sans réel impact et sont natives
- Chat n’est pas une espèce considérée comme introduite, arrivé au néolithique, par contre pour plantes, date de référencement 1492 (naturalisés = intégré au fonctionnement des écosystèmes)
- Toutes les espèces exotiques ne sont pas nécessairement envahissantes, très variable
- Pour 1000 espèces introduites, 10 à 100 survivent, et 1 sera invasive
Etude cas : Les forêts sacrées de l’aire Ouatchi au sud-est du Togo et les contraintes actuelles des modes de gestion locale des ressources forestières
Modèle Pression – Etat – Réponse
(voir tableau sur diapo)
Comment protéger les sites sacrés ?
- Systèmes de gestion locale -> ascendante (bottom-up)
- Encadrement par l’Etat -> descendante (top-down)
- Concept de living lab = écologie participative, outil de co-construction et d’expérimentation en cas réel, regroupe partie prenantes, expérimenter solutions en cas réel
Parties prenantes :
- Population locale avec gardiens
- Etat
- Organisation agricoles
- Associations locales, internationales
- Faune et flore = la forêt -> agentivité des non-humains, reconnaissance récente, écocides
Reconnaître les sites sacrés qui se trouvent déjà dans les aires protégées :
- Valeurs naturelles et culturelles
- Services écosystémiques e bien-être humain
- Reconnaissance
- Consultation
- Modèles holistiques (inverse = réductionniste)
è Voir diapo
Planifier une aire sacré :
- Parfois lieu caché comme refuges à chauves-souris, localisation précise n’est pas divulguée
- Colonialisme vert : L’invention du colonialisme vert de Guillaume Blanc
09/12/2025
1. Historique des études comportementales et émergence de la notion d’éthologie
Edward Osborne Wilson (1929-2021) :
· Grand spécialiste des fourmis, un des plus grand biologistes de notre époque
· Wilson a généralisé le terme de biodiversité dans la littérature scientifique et dans la protection de l’environnement
· Un des fondateurs de ma biogéographie
· Inventeur de la sociobiologie
Sociobiologie :
· Science qui a pour objet l’étude des sociétés animales
· Elle repose sur le postulat que les comportements sociaux comme l’altruisme ne sont pas en contradiction avec la sélection naturelle
Antispécisme : Accordant à tous les individus, indépendamment de l'espèce à laquelle ils appartiennent, un même statut moral, l'antispécisme combat toutes les formes de maltraitance et d'exploitation animales.
Anthromes (biomes anthropiques ou biomes humains) : modèles écologiques d'importance mondiale façonnés par des interactions directes et soutenues entre les personnes et les écosystèmes, notamment les anthromes urbains, villageois, de terres cultivées, de pâturages et cultivés.