Nationalisme et Unifications Nationales en Europe au XIXe Siècle
L'héritage du Congrès de Vienne de et les Aspirations Nationales
Le redécoupage territorial de : Suite à la défaite de Napoléon, les dirigeants et les diplomates se sont réunis lors du Congrès de Vienne en pour fixer les nouvelles frontières des États européens. Cependant, ces frontières n'ont pas satisfait le désir d'indépendance et d'unité de nombreuses nationalités.
Échecs du Congrès de Vienne à satisfaire les groupes nationaux :
Les populations de langue allemande : En Europe centrale, les germanophones vivaient sous l'autorité de nombreux gouvernements différents.
L'Empire autrichien : Cet État germanophone dominait de nombreux peuples slaves.
La Pologne : Aucune Pologne indépendante n'a été créée à cette époque.
La péninsule italienne : Elle restait divisée en plusieurs États, certains Italiens vivant sous domination autrichienne ou française.
Le cas belgo-néerlandais : Le territoire qui deviendra plus tard la Belgique a été uni à la Hollande et placé sous le règne du roi des Pays-Bas.
L'indépendance de la Grèce et le Phillellénisme
Le conflit contre l'Empire ottoman : La lutte grecque pour l'indépendance s'est dirigée contre l'Empire ottoman, une puissance musulmane alors que les Grecs étaient chrétiens orthodoxes. Ce motif religieux est central dans les représentations artistiques de l'époque, notamment chez le peintre Theodoros Vryzakis.
L'éveil national dans les Balkans : La conscience nationale croissante sur la péninsule balkanique menaçait l'unité de l'Empire ottoman, qui était en déclin depuis la fin du siècle.
Le mouvement Phillellène :
Définition : L'enthousiasme des intellectuels d'Europe occidentale pour la cause grecque est connu sous le nom de Phillellénisme.
Symbolisme de la Grèce : Pour les Européens de l'Ouest, la « Grèce » ne représentait pas seulement une nation moderne, mais le berceau de la civilisation classique (Homère, Sophocle, Platon, Aristote).
Figures clés : Lord Byron est une figure emblématique de ce mouvement (illustré par le tableau « Lord Byron à Missolonghi » de T. Vryzakis).
L'esprit de : Le « Printemps des Peuples »
Une « religion politique » : En , le nationalisme est devenu une sorte de religion politique balayant l'Europe. L'imagerie religieuse de l'époque, comme dans l'œuvre de Frédéric Sourieu, « La République universelle démocratique et sociale » (), illustre cette fusion entre foi religieuse et sentiment national libéral.
Idéaux de la période - :
L'image de Sourieu célèbre l'unité des nations libres (les drapeaux allemand et italien y sont proéminents) sous le signe de la « Fraternité ».
Ce mouvement s'opposait directement au système conservateur de relations internationales mis en place en .
L'Indépendance de la Belgique (-)
La Révolution de : Des batailles de rue ont éclaté entre les révolutionnaires belges et les troupes néerlandaises, notamment aux portes du Parc Royal (peinture de Constantinus Fidelio Coene, -).
L'instauration de la monarchie : Léopold Ier, prince de l'État allemand de Saxe-Cobourg, a accepté de devenir le premier roi constitutionnel des Belges. Il a prêté serment officiellement en (représenté par Egidius Karel Gustaaf Wappers).
L'Unification de l'Allemagne : Du Printemps des Peuples au Reich de Bismarck
La Révolution de à Berlin : Connue sous le nom de « Journées de Mars », cette période a vu d'importants soulèvements populaires.
Le Parlement de Francfort () : L'Assemblée nationale s'est réunie dans la Paulskirche. À cette occasion, le drapeau Noir-Rouge-Or est devenu un puissant symbole national.
Origine des couleurs : Ces couleurs proviennent du Lützow Freikorps, une unité militaire composée d'étudiants lors des guerres de libération contre Napoléon. Leurs uniformes étaient teints en noir avec des boutons dorés et des insignes rouges.
Interprétation symbolique : « De la noirceur de l'esclavage (noir), à travers le rouge des batailles sanglantes (rouge), vers la lumière dorée de la liberté (or) ».
Obstacles à l'unification avant :
La Confédération germanique de était dirigée par des souverains étrangers (ex: le roi du Danemark pour le Holstein et le Lauenburg ; le roi des Pays-Bas pour le Luxembourg).
L'Autriche dominait des territoires non allemands (Hongrie, Croatie, Lombardie).
L'intégration de l'Autriche dans l'Allemagne aurait nécessité l'abandon de ses populations slaves et magyars.
La solution bismarckienne :
Le nouvel Empire allemand (proclamé à Versailles le janvier ) excluait l'Autriche germanophone.
Le Reich allemand est devenu un État-nation fédéral sous la dynastie des Hohenzollern (Prusse).
Berlin, ancienne capitale de la Prusse, est devenue la capitale du nouvel État.
Note sur l'iconographie : Le tableau d'Anton von Werner représentant la Proclamation de l'Empire a été peint en pour les ans de Bismarck. Les personnages y sont représentés avec leur âge de , et non celui qu'ils avaient en .
L'Unification de l'Italie (-)
Le noyau de l'unification : Le Royaume de Sardaigne (Piémont) a été le moteur du processus.
Chronologie de l'expansion territoriale :
: Annexion de la Lombardie.
: Incorporation des Duchés de Parme et Modène, du Grand-Duché de Toscane et du Royaume des Deux-Siciles (Naples et Sicile).
: Cession de la Savoie et de Nice à la France en échange de son soutien.
: Acquisition de la Vénétie, auparavant sous contrôle autrichien.
: Annexion de Rome (États pontificaux), qui devient la capitale finale.
Limites géographiques : Le territoire s'étend de Turin au nord jusqu'à la Sicile au sud, sur environ milles (ou kilomètres) de largeur maximale selon les projections cartographiques spécifiques.