Une 1ere mondialisation
Après la phase de conquête et la constitution d'espaces coloniaux, les Portugais et les Espagnols vont développer des échanges commerciaux maritimes entre des espaces qui n'étaient pas ou peu en contact jusque-là, par exemple, l'Afrique, l'Amérique et l'Asie. Grâce à des villes telles que Lisbonne, au Portugal, et Séville, en Espagne, qui deviennent des ports florissants grâce à ces échanges, les marchandises, comme l'or et surtout l'argent extrait des mines de Potosí au Pérou, transitent par ces lieux. Les Amérindiens, soumis à la Mita, travaillent obligatoirement pour l'été espagnol.
Ainsi, dans le port de Séville, les marchandises passent obligatoirement par la Casa de la Contratación, où la monarchie espagnole prélève une taxation. Cette activité commerciale profite à l'économie portuaire, notamment à la construction navale, et rend ces villes très attractives. Séville et Lisbonne sont au cœur d'un ensemble de relations commerciales qui créent une première mondialisation, reliant l'espace européen, américain et asiatique.
On assiste ainsi à un basculement des échanges de la Méditerranée vers l'Atlantique et à l'émergence d'une économie mondiale à travers ces échanges. La mise en valeur des possessions américaines passe notamment par la naissance d'une économie de plantation, en particulier axée sur le sucre destiné au marché européen, où la consommation augmente parmi l'élite sociale, comme pour le cacao, qui est considéré comme un produit de luxe très rémunérateur.
Cette économie de plantation nécessite le retour massif d'une population servile, donc d'esclaves, qui sont acheminés en Amérique. La traite négrière transatlantique joue un rôle clé dans cette dynamique. Cette économie de plantation contribuera à faire des sociétés américaines des sociétés marquées par le métissage.