HC - CM1

Contexte Historique des Échanges Internationaux
  • Période d'étude : De la sortie de la guerre jusqu'aux années 1970.

  • Exposé + partiel blanc.

  • Échange : Renvoie à une notion de changement, soulignant que les questions monétaires dominent celles des échanges internationaux, en particulier celles des capitaux.

  • Contexte Historique des Échanges Internationaux

    • Période d'étude : Examine la période allant de la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945, jusqu'aux années 1970, marquée par des transformations économiques et politiques majeures.

    • Échange : Concept fondamental renvoyant à la notion de changement et d'interconnexion mondiale, soulignant que les questions monétaires dominent celles des échanges internationaux, en particulier celles des capitaux. L'échange n'est pas seulement matériel mais également culturel et idéologique.

    • Système de Bretton Woods :

      • Mise en place : À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, un nouveau système monétaire international a été institué lors de la conférence de Bretton Woods en 1944, visant à instaurer une stabilité économique mondiale après les bouleversements causés par la SGM.

      • Fonctionnement : Ce système se caractérisait par des taux de change fixes entre les monnaies, définis par rapport au dollar américain, lui-même convertible en or.

      • Critiques et échec : Malgré ses ambitions, ce système a connu des critiques croissantes au fil des ans, notamment en raison de son incapacité à s'adapter aux changements économiques et politiques globaux, ce qui conduit finalement à sa défaillance en 1971.

    • Contexte des conférences :

      • Dans ce contexte de reconstruction mondiale, plusieurs conférences ont été organisées pour réorganiser le système monétaire international et établir des règles de coopération et de régulation financière. L'accord de Bretton Woods faisait partie d'une série de rencontres, telles que la conférence de Philadelphie de 1944, qui a affirmé l'importance des droits des travailleurs.

      • Comparaison avec la Première Guerre mondiale : Contrairement à l'après-PGM, où des erreurs telles que la pénurie de liquidités ont mené à des instabilités économiques, la SGM incitait à établir des compromis globaux afin de prévenir de futurs conflits.

    • Première conférence de la série :

      • Conférence de Philadelphie (mai 1944) :

      • Cette rencontre a abouti à la Déclaration de Philadelphie, insistant sur les droits des travailleurs et la nécessité d'une sécurité sociale, soulignant les préoccupations sociales qui ont émergé dans le sillage de la guerre.

    • Séries de conférences : Des conférences successives ont été tenues pour établir un nouvel ordre mondial. Tandis que la Conférence de Bretton Woods s'est attardée sur les questions monétaires, la Conférence de San Francisco a abordé des questions politiques, et celle de La Havane (1947-1948) visait à traiter des questions commerciales, mais a échoué dû aux tensions politiques, particulièrement avec les États-Unis et l'Union soviétique, mettant ainsi en lumière la complexité des relations internationales d'après-guerre et la difficulté de parvenir à un consensus sur des enjeux globaux. Cette série de conférences illustre comment chaque réunion a cherché à répondre à des défis spécifiques tout en tentant de bâtir des fondations solides pour la coopération future entre les nations.

    • Conférence de La Havane (1947-1948) : Cette conférence a tenté de promouvoir le commerce international et le développement économique, mais a été marquée par des désaccords entre les participants, notamment sur des questions telles que le protectionnisme et l'aide au développement, ce qui a révélé les tensions persistantes de l'époque. En effet, malgré les intentions louables, ces tensions ont entravé la mise en œuvre des recommandations qui en ont découlé, illustrant ainsi les obstacles majeurs à la construction d'un ordre économique mondial stable.

Système de Bretton Woods : Présentation et Caractéristiques

  • Échecs des années 1930 :

    • La crise économique mondiale de 1929 à 1939 fut provoquée par plusieurs facteurs clés, notamment :

    • Renforcement du protectionnisme : Plus de 20 pays imposèrent des tarifs douaniers élevés, entraînant une guerre commerciale qui exacerbait les tensions économiques à l'échelle mondiale.

    • Politiques monétaires non coopératives et dévaluations compétitives : Les pays cherchaient à stimuler leurs économies par des dévaluations de leur monnaie, ce qui a provoqué un cycle récessif en augmentant la méfiance entre nations.

    • Résultat : tous les pays perdent à long terme, car le manque de coordination a mené à une contraction drastique du commerce international et à des souffrances économiques durables.

    • Pour éviter une répétition de ces erreurs, un système régulé basé sur la coopération internationale a été établi pour encourager le commerce libre et réduire les tensions économiques, notamment par le biais de l'institutionnalisation de règles et de structures de coopération.

  • Caractéristiques Principales
    A) Système de change fixe

  • Définition :

    • Un système où la valeur relative des monnaies reste constante, ne variant pas ou uniquement dans des proportions très encadrées, avec référence à la valeur de l'or pour instaurer la confiance et assurer la stabilité des prix.

  • Importance du système fixe :

    • Essentiel pour la restauration du système international après les troubles des années 1930, car il a permis de réduire les incertitudes liées aux fluctuations monétaires et a facilité les échanges commerciaux.

    • Associé à la visibilité et à la stabilité pour les acteurs économiques, rendant le commerce international plus prévisible grâce à des taux de change fixes qui offraient une assurance aux investissements internationaux.

    • En 1944, cette fixité était largement acceptée, bien que difficile à envisager dans le contexte flottant des années 1970, où de nombreux pays ont commencé à adopter des systèmes de change flexibles.

  • Accords de Bretton Woods complétés par le GATT (Accord Général sur les Tarifs et le Commerce) :

    • Considérés comme des accords intérimaires, ils ont été élaborés pour assurer une régulation plus efficace des échanges internationaux tout en prévenant les erreurs du passé.

    • Ces accords fixent des principes tels que la clause de la nation la plus favorisée, stipulant que si un pays baisse ses droits de douane envers un autre, il doit le faire pour tous les pays signataires, favorisant ainsi un environnement commercial équitable et sans discrimination.

    • Ce principe, cependant, n'a pas toujours été respecté par des institutions comme la CEE, qui ont instauré un marché commun, illustrant les tensions entre l'intégration régionale et l'engagement multilatéral au sein de la communauté internationale.

B) Rôle central de l'or

  • Opposition politique :

    • La délégation américaine sous Harry Dexter White a préconisé un système basé sur l'or, alors que John M. Keynes plaidait pour une approche moins rigide. Leur désaccord a eu de profondes implications pour la structure du système monétaire futur.

  • Problématique du rattachement à l'or :

    • Position des USA :

      • Les États-Unis voulaient rattacher le dollar à l'or pour assurer une stabilité monétaire, renforçant ainsi le rôle du dollar comme monnaie de réserve mondiale. Ce choix a conduit à une dépendance croissante des économies étrangères sur le dollar américain.

    • Critique de Keynes :

      • Keynes proposa un panier de monnaies appelé « bancor », critiquant l'étalon-or comme une « relique barbare ». Son idée d'une alternative flexible permettrait d'éviter les rigidités d'un système basé uniquement sur l'or, ouvrant la voie à des discussions sur des mesures qui répondaient aux défis économiques changeants.

Ajustement Monétaire et Dissonances

Ajustement dans un Système de Change Fixe

  • Problèmes de déséquilibre :

    • Lorsqu'un pays présente un déséquilibre de sa balance des paiements, il doit ajuster sa monnaie. Cependant, cette opération se heurte à des rigidités institutionnelles qui compliquent la mise en œuvre de solutions économiques appropriées.

    • Une balance commerciale déficitaire entraîne une pression à la baisse sur la monnaie, rendant difficile la gestion des politiques économiques, surtout dans un cadre multilatéral.

    • Le système de Bretton Woods rend difficile ce processus d'ajustement, car tous les acteurs nationaux devaient pouvoir s'accorder sur un ensemble d'intérêts communs, ce qui est compliqué dans des contextes de souveraineté nationale.

  • Propositions de politique d’ajustement :

    • Trois leviers fondamentaux :

      • Augmenter les taux d'intérêt : Ce qui pourrait attirer des investissements étrangers mais aussi refroidir l'économie intérieure.

      • Augmenter les impôts : Cela peut générer un revenu pour rétablir la santé économique, mais réduit également le pouvoir d'achat des citoyens.

      • Diminuer la demande publique : Un outil coûteux et impopulaire qui peut exacerber des crises sociales dans des contextes déjà tendus.

    • Les mesures d'ajustement étant impopulaires, leur mise en œuvre s'est avérée extrêmement difficile, entraînant des résistances et tensions sociales dans plusieurs pays.

    • L'opposition s'est manifestée entre White, promouvant des ajustements uniquement pour les déficitaires, et Keynes, suggérant que les pays excédentaires devaient également participer à des ajustements globaux, soulignant la nécessité d'une durabilité économique collective.

Conséquences de ces Ajustements

  • Structure du système :

    • Les ajustements, bien qu'indispensables, entraînaient un coût asymétrique, mettant une charge disproportionnée d'équilibre sur les pays déficitaires, exacerbé par leur dépendance à l'économie américaine.

    • Dominance du dollar américain : Tous les autres pays étaient contraints de suivre cette domination, créant ainsi une dépendance structurelle envers les décisions économiques des États-Unis qui influençaient directement leurs propres économies.

  • Rôle dominant des USA :

    • Les États-Unis, capables de rattacher leur monnaie à l'or, disposaient d'un privilège d'émission unique, ce qui a conduit à des déséquilibres dans le commerce international.

    • À l'époque, 80% du stock mondial d'or se trouvait aux États-Unis, leur conférant un avantage stratégique lors des négociations économiques internationales et renforçant leur position dans le système monétaire mondial.

Institutions de Coopération Internationale

FMI et Banque Mondiale

  • Fonds Monétaire International (FMI) :

    • A été créé pour promouvoir la stabilité des changes en fournissant des financements d'urgence aux pays en difficulté, offrant ainsi une bouée de sauvetage pendant les crises macroéconomiques.

    • Le FMI accorde des crédits à court terme en fonction de la part de chaque État dans le capital, avec une gouvernance reflétant les poids économiques de chaque nation, soulevant parfois des critiques quant à une représentation inappropriée des pays en développement.

    • Le FMI est souvent critiqué pour ses conditions de prêt strictes qui imposent des mesures d’austérité, exacerbant parfois les difficultés économiques des nations emprunteuses.

  • Banque Mondiale :

    • Conçue pour fournir des prêts à long terme pour les grands projets d'infrastructure, mais a rapidement rencontré des limites face aux énormes besoins de reconstruction en Europe après la Seconde Guerre mondiale.

    • Le Plan Marshall, mis en œuvre par les États-Unis en 1947, a pris le relais du financement de la reconstruction, illustrant ainsi le rôle dominant des États-Unis dans la redéfinition des paradigmes de l'aide économique et du développement international.

Plan Marshall

  • Chiffres clés :

    • 13,2 milliards de dollars ont été répartis, dont 12 milliards sous forme de dons, reflétant l'engagement substantiel des États-Unis dans la reconstruction des pays européens, qui avaient été dévastés par la guerre.

    • La France, par exemple, a reçu 2,7 milliards de dollars, représentant 23% de l'aide totale, palpablement ciblée pour rétablir une stabilité régionale et éviter la montée des tensions économiques.

    • Les principaux bénéficiaires comprenaient également le Royaume-Uni, l'Allemagne (qui n'existait pas en tant que nation unifiée à l'époque), et l'Italie, soulignant la priorité stratégique de l’aide vers des pays clés pour assurer la stabilité et limiter l'influence communiste en Europe.

Défis et Échecs

  • Création du marché commun en Europe :

    • Les premières étapes de l'intégration européenne ont influencé les accords du GATT, créant des tensions entre les engagements multilatéraux au sein des institutions internationales et les intégrations économiques régionales, faisant valoir la nécessité d'harmoniser ces deux aspects.

  • Difficultés de convertibilité des monnaies :

    • Les problèmes de convertibilité des monnaies se sont intensifiés, nécessitant l'imposition de systèmes de compensation et de contrôle des changes, dont l'Union européenne des paiements (UEP) n’était qu'une facette, attestant des tensions croissantes dans le système monétaire international.

Critiques du Système de Bretton Woods

Remises en Cause Pratiques

  • Dilemme de Truffin :

    • L'économie américaine présentait un dollar fort, mais alors que les excédents diminuaient, les pays européens devenaient des exportateurs importants, suscitant des inquiétudes quant à la viabilité du dollar comme monnaie de réserve mondiale, augmentant ainsi le besoin de réformes structurelles.

  • Problèmes énergétiques des années 1960 :

    • L'inflation a été exacerbée dans le cadre des dépenses gouvernementales massives liées à la guerre du Vietnam, impliquant des tensions budgétaires qui ont conduit à des distorsions économiques considérables dans le système mondial.

Remises en Cause Théoriques

  • Critique par Jacques Rueff :

    • Rueff a plaidé pour un retour à un étalon-or, arguant que cela limiterait la masse monétaire en circulation, mettant ainsi en lumière la question de la régulation monétaire et incarnant une vision monétariste qui a stimulé des réflexions sur le système économique.

    • Sa position libérale sur la flexibilité des prix a ouvert un débat sur la capacité de réguler efficacement les marchés sans intervention excessive.

  • Critiques de Milton Friedman :

    • Friedman a désigné le système de Bretton Woods comme anti-économique, affirmant qu'il entrave la libre circulation des capitaux et provoque des distorsions sur les marchés financiers.

    • Le concept de triangle des incompatibilités a été introduit, exposant l'impossibilité de maintenir simultanément un système de change fixe, une libre circulation des capitaux et le contrôle de la politique monétaire, forçant ainsi les gouvernements à faire des choix économiques difficiles.

Tentatives de Sauvegarde

  • Création de nouveaux systèmes :

    • Les droits de tirage spéciaux ont été introduits comme une tentative de stabiliser le système monétaire international, mais le modèle de Bretton Woods est resté fragile, nécessitant des réformes continues pour s'adapter à un monde en mutation.

    • En 1971, le premier déficit de la balance commerciale américaine a été signalé, précipitant des changements drastiques qui mettent en lumière les événements allant au-delà des simples ajustements monétaires.

  • Nixon Shock :

    • Le 15 août 1971, la suspension de la convertibilité or du dollar a marqué la fin du système de Bretton Woods, mettant un terme à l'ère des monnaies fixes et ouvrant la voie à la flottabilité des monnaies sur le marché international.

  • Accords de Washington en 1971 et redéfinition des parités en 1973 :

    • Ces accords ont initié une réflexion sur les nouveaux mécanismes de coopération économique face à un monde devenu multipolaire et complexe sur le plan monétaire.

Conséquences de l'Effondrement

  • Démontage total du système de Bretton Woods en 1976 :

    • Cet effondrement a conduit à l'instauration de nouveaux mécanismes monétaires internationaux qui ont redéfini les relations économiques globales pour les décennies suivantes, préparant ainsi la voie à un monde où la flexibilité des monnaies et l'interdépendance économique sont devenues la norme.