HGGSP intro thème 5 (environnement)

C’est dans un contexte d’inquiétude face à la dégradation des milieux naturels que les sciences humaines ont commencé à s’intéresser aux questions environnementales, dans les années 1960. Premiers travaux paraissent aux EU et proposent une histoire environnementale. Elle vise trois objets : historiciser la nature, étudier les conséquences de l’anthropisation sur l’environnement, analyser l’impact de l’environnement sur l’homme.

 

Parallèlement à cette histoire environnementale, la géographie étudie les milieux en décryptant les relations des sociétés à leur cadre physique et la place des facteurs naturels (ressources, risques) dans l’aménagement à différentes échelles. Cette approche spatiale inclut à la fois la perception et représentation des populations sur leur environnement. Plus récemment, des chercheurs se sont intéressés aux questions de justice environnementale, inscrivant davantage l’environnement dans la géographie sociale et urbaine.

 

Prise de conscience des enjeux environnementaux tels que le réchauffement climatique et l’évolution de la biodiversité s’opère à partir des années 1970. En 1995, le Néerlandais prix Nobel de chimie Paul Josef Crutzen théorise la notion d’Anthropocène pour désigner l’époque géologique apparue avec la révolution industrielle au XIXème siècle, laquelle succède à l’Holocène, ère interglaciaire de 10 000-12 000 ans ayant favorisé l’expansion des sociétés humaines. Cette notion fait débat mais insiste sur l’irréversibilité et l’ampleur des changements environnementaux en relation avec les activités humaines: sixième extinction massive (crise biologique de quelques millions d’années marquée par une disparition rapide et massive d’espèces: au moins 75% des espèces végétales et animales; la 6ème extinction de masse aurait été amorcée il y a environ 13 000 ans à la suite de la colonisation du monde par les humains), perte de la biodiversité, réchauffement climatique et montée du niveau des eaux. Ces atteintes à l’environnement ont des conséquences politiques et sociales majeures. Elles expliquent en partie certains conflits, liés notamment aux déplacements de populations importants dans les décennies à venir. La notion d’Anthropocène est donc liée à celle des changements environnementaux globaux et se superpose aux débats sur la mondialisation et le développement durable défini dans le rapport Brutland en 1987. Si la sensibilité et l’intérêt pour cette notion ne cessent de grandir, les pratiques ne se transforment pas pour autant.

L’environnement, une construction historique, sociale et politique

Progressivement élaborée par les sciences sociales, notion d’environnement devient un enjeu social et politique. Sa définition juridique varie en fonction des Etats. Environnement est dans le droit français réduit à l’idée de “nature” cad “ensemble des espèces animales, végétales”, mais aussi des “équilibres biologiques et des ressources” ainsi que “les sites et les paysages”. Le droit européen le définit comme “l’ensemble des éléments qui, dans la complexité de leurs relations, constituent le cadre, le milieu et les conditions de vie pour l’homme”. Multiplicité de ces définitions montre l’ambiguïté du concept. Englobe en effet des composantes physiques des milieux dits “naturels”, l’interaction des sociétés avec des milieux, ainsi qu’une dimension écologique;

Evolution de la notion et de ses représentations découle d’une prise de conscience progressive par divers acteurs à plusieurs échelles. Si la prise en compte de la nature dans les politiques publiques n’est pas nouvelle, la compréhension des effets néfastes de la croissance économique sur l’environnement remonte aux années 1970. C’est ce dont témoigne le discours prononcé par le président Georges Pompidou devant l’Alliance française à Chicago en 1970. La période voit la création des premiers mouvements et partis écologistes. L’ONG Greenpeace est fondée en 1971. En France, le premier ministère dédié à l’environnement est créé en 1973. L’écologie politique fait vraiment son apparition en 1974 avec la candidature à l’élection présidentielle de l’agronome René Dumont. Il défend un changement radical de société : abandon de l’automobile, désurbanisation, limitation des naissances. Score faible, 1,32%, mais à l’origine d’un courant d’idées qui n’a cessé de grandir dans l’opinion. Trente ans plus tard, en 2005, une Charte de l’environnement est intégrée à la Constitution.