Famille et Migration
Séance 9 : Famille et Migration
Introduction
- Migration = mouvement : Comment ces mouvements affectent-ils la famille en France ?
- Immigration = migration interne.
- Émigration = migration externe.
- Les familles jouent toujours un rôle actif dans les migrations.
I. Des migrations de familles pour une nouvelle France ?
1) La France, terre d'accueil et d'exclusion
- La France de la Révolution promeut des principes d'accueil :
- 1790 : édit royal accueillant les réfugiés religieux.
- 1787 : édit de tolérance pour les protestants, facilitant le retour de certaines familles.
- Réfugiés politiques :
- 1731 : Femmes et enfants = 10 % des réfugiés politiques.
- Arméniens de Turquie, républicains espagnols.
- Exclusion :
- Révolution française : expulsion des anti-révolutionnaires (émigrés aristocrates).
- Femmes mariées interdites de suivre leurs époux, mais amnistiées rapidement.
- Exil de Victor Hugo sous le Second Empire.
- Les communards condamnés à la déportation en Nouvelle-Calédonie.
2) Les mutations économiques et la migration
- Exode rural :
- Migration vers les villes pour travailler.
- Exemples : filles de Bretagne, maçons de la Creuse.
- Migration temporaire : retour au pays pour se marier avant de repartir.
- Chaîne migratoire :
- Itinéraires migratoires privilégiés (exemple : les Corses à Paris).
- Formes d'entraide et de sociabilité régionale.
- Immigration en France :
- XIXe siècle : Italiens, Belges.
- XXe siècle : Polonais, Espagnols, Algériens (sujets français jusqu'en 1962), Portugais.
- Migrations ultramarines : 25 % des Antillais vivent en métropole (70 % en Île-de-France).
- Rôle du BUMIDOM (1963) : lutte contre le chômage dans les DOM, fourniture de main-d'œuvre à la métropole.
3) La colonisation de peuplement en Algérie
- Objectif : peuplement français d'agriculteurs.
- Réalité : migration de populations pauvres (Espagnols, Italiens, Allemands, Français).
- Migrations majoritairement masculines au départ, équilibre hommes/femmes après 40 ans.
- Évitement des mariages mixtes avec les Algériennes.
II. Fabriquer des familles françaises : le rôle des migrations
1) La loi de 1889 et le droit du sol
- Nationalité et mariage :
- XIXe siècle : la femme mariée adopte la nationalité de son mari.
- 1927 : les Françaises conservent leur nationalité après mariage.
- Naturalisation par mariage : 18223 cas en 2020 (22 % des acquisitions de nationalité).
- Droit du sang et droit du sol :
- Avant 1889 : transmission de la nationalité par le père.
- 1889 : introduction du droit du sol en France et en Algérie.
2) Migration : travailleurs célibataires ou familles ?
- Illusion du provisoire : les migrants pensent repartir mais restent.
- Travailleurs de l'empire colonial :
- Majorité de célibataires au départ.
- Union en France = mariage mixte plus probable.
- Migration en couple = maintien du lien avec le pays d'origine.
- Logement des travailleurs migrants :
- Garnis et meublés : 80 % des Algériens à Paris (1954).
- SONACOTRAL (1956) : foyers de travailleurs.
- Bidonvilles (ex. La Folie à Nanterre), remplacés par des cités de transit dans les années 1970.
3) Le regroupement familial
- 1976 : décret sur le regroupement familial sous conditions.
- Inscription dans la Convention européenne des droits de l’homme (1953).
- Continuité avec les politiques des années 1920 (introduction des familles rejoignantes).
- Réservé aux travailleurs migrants (certificat de travail requis).
- Conséquences :
- Dépendance des femmes migrantes à leur époux.
- Travail clandestin dans le secteur du ménage.
- Évolution :
- Années 1970 : crise économique et restrictions sur l’immigration.
- 1981 : fin du traitement spécifique des Algériens.
III. Devenir des familles françaises ?
1) Singularité des migrants algériens
- 1962 : accords franco-algériens facilitant la circulation.
- Conditions renforcées : logement décent exigé.
- 1974 : suspension de l’immigration de travail.
- 1976 : nouveau décret sur le regroupement familial.
2) Filles et femmes migrantes : de l’invisibilité à la focalisation
- Statistiques :
- XXe siècle : femmes = 40-47 % des immigrés.
- 30 % des familles monoparentales sont d’origine subsaharienne.
- Motifs de migration :
- Mariages forcés, violences conjugales, mutilations sexuelles.
- Travail :
- Moins d’emploi que les hommes et les Françaises.
- Précarité, temps partiel.
- Interventions de l’État :
- 2004 : loi interdisant le voile à l'école.
- 2006 : élévation de l'âge du mariage de 15 à 18 ans.
3) Indicateurs d’intégration
- Mariages mixtes : 6 % en 1950, 15 % en 2019.
- Alignement des descendantes sur la fécondité moyenne française.
- Retraite :
- Reste en France ou double résidence.
- 56 % des Maghrébins souhaitent être enterrés en terre musulmane.