La République romaine à l'Empire

  • Au Ier siècle avant J.-C., Rome glisse de l’oligarchie à la monarchie. Les imperatores cumulent toujours plus de pouvoirs, comme César, précurseur de l’Empire.

  • Octave, l’héritier de César, fonde un nouveau régime, le principat, et devient Auguste. Derrière une façade républicaine, c’est une monarchie héréditaire.

1. Un empire territorial immense

a. Une incroyable série de victoires

Rome, cité du Latium en Italie, aurait été fondée en 753 avant J.-C. Après avoir commencé la conquête et la domination sur toute la péninsule italienne au cours de ses premiers siècles d'existence, elle commence à s'étaler au-delà à partir de la fin du IIIe siècle avant J.-C. En moins de deux siècles, grâce à la supériorité militaire de ses légions, tout le bassin méditerranéen est conquis, dont la Grèce.

b. L'apogée de l'Empire au IIe après J.-C.

À l'époque de son apogée, au IIe siècle après J.-C., Rome domine l'intégralité du bassin méditerranéen et étend donc son empire sur trois continents (Afrique du Nord, Proche Orient asiatique et Europe). Les Romains appellent la Méditerranée Mare Nostrum (« notre mer »).

La limite entre le monde romain (civilisé) et le monde barbare s'appelle le limes. Certaines parties de cette frontière sont fortifiées, comme en Bretagne (province romaine qui couvrait une partie de l'actuelle Grande Bretagne, où l'empereur Hadrien fit édifier un mur – le mur d'Hadrien ) ou en Germanie, lorsqu'elle met l'Empire en contact avec des populations désobéissantes.

 

   Vestiges du mur           
     d'Hadrien, dans le comté de Northumberland, Angleterre

La ville de Rome est la plus grande ville de cet Empire et atteint le million d'habitants au début de la période impériale.

Limes : Frontière fortifiée de l'Empire romain.

 

2. De la Res publica au principat

a. La Res publica : un équilibre au profit de l’oligarchie

Au cours des trois premiers siècles de son existence, entre le VIIIe et le VIe siècle avant J.-C. (de 753 à 509 avant J.-C.), Rome est une monarchie, dirigée par des rois. Depuis cette époque, les Romains ont peur de la royauté, qu'ils associent à la tyrannie.

Pendant 500 ans environ, entre 509 et 27 avant J.-C., Rome est une République, c'est à dire un régime politique dans lequel le pouvoir n'est pas détenu par un seul homme et dans lequel le renouvellement du personnel politique est fréquent (le pouvoir ne se transmet pas de manière héréditaire).


Attention, le mot « République » peut être trompeur. Les Romains parlent de Res publica (la chose publique), qui combine des éléments de plusieurs types de régimes : un peu de monarchie, un peu de démocratie, mais surtout beaucoup d’oligarchie.

Les citoyens, riches et pauvres, ne sont pas tous directement impliqués dans l'exercice du pouvoir (à la différence d'Athènes) et seule une infime minorité d'entre eux a accès aux fonctions politiques (les riches et les nobles). L'organe central n'est pas l'assemblée des citoyens (appelée les comices), mais le Sénat, formé d'anciens magistrats. C'est lui qui entre autres, contrôle les magistrats en exercice (consuls, prêteurs, édiles, questeurs, etc.).

Au fil des siècles, on y retrouve toujours les mêmes familles, les plus puissantes, qui forment le patriciat.

Le patriciat : classe des patriciens, dans la Rome antique, regroupant les plus puissantes familles de Rome.

b. La chute de la Res publica

Les familles les plus puissantes, les familles patriciennes, s’arrangent pour maintenir entre elles un équilibre et empêcher un glissement vers la monarchie. Ainsi, il y a deux consuls (magistrature suprême) et un changement fréquent des consuls.

À partir du IIe siècle avant J.-C., cet équilibre est toujours plus fragile. Le Sénat est de moins en moins capable de contrôler les ambitions des chefs militaires, soutenus par leurs soldats, qui acquièrent par leurs victoires un prestige et une fortune considérables.

Tout le Ier siècle avant J.-C. est déchiré par les guerres civiles : les généraux (imperatores) accumulent toujours plus de pouvoirs et s'affrontent pour le contrôle de l'État. César affronte Pompée dans une guerre civile à l’échelle de la Méditerranée.

En 48 avant J.-C., César sort victorieux de cette guerre et concentre toujours plus de pouvoirs, à la fois politiques et religieux. Son pouvoir est tel que ses adversaires craignent un retour de la royauté.

c. Le principat : une monarchie déguisée

César est dictateur. Mais ce mot-là est trompeur : les Romains, en période de crise, confiaient tous les pouvoirs à un homme, temporairement, le temps qu’il ramène l’ordre. Mais César se voit confier la dictature à vie et concentre tous les pouvoirs. Il est assassiné en 44 avant J.-C., par un complot mené par des aristocrates.

Dictateur : à Rome, magistrat à qui l’on confie, dans une période de crise exceptionnellement grave, les pleins pouvoirs, le temps qu’il ramène l’ordre.

Mais les conspirateurs n’ont pas prévu l’établissement de l’Empire, pensant qu’il suffirait d’éliminer César pour un retour à la « liberté », c’est-à-dire un retour du régime oligarchique, dirigé par le sénat et les familles riches.

A la mort de César, Octave et Marc Antoine s’affrontent pour récupérer son héritage politique. Octave l’emporte mais il a bien retenu la leçon de César : il ne doit jamais faire croire à l’installation de la royauté ou de la tyrannie. Il fait semblant de rétablir la République. Il n’est que le princeps, le premier des citoyens.

Dans les faits, Octave concentre tous les pouvoirs : le principat (que nous appelons l’empire, du mot imperator, un des titres d’Octave) est une monarchie héréditaire.

Imperator : titre parfois à un général victorieux par ses soldats. Le mot a donné notre mot « empire », puisque c’est un des titres du princeps sous le principat.

 

Points cles

  • La fin du la republique romaine: 27 J.-C

  • La naissance de l’empire: 27 J.-C

  • Mort de Julius Cesar: 44 avant J.-C