Neurobiologie & Neurophysiologie – Chapitre 9. L’ouïe
L'ouïe
- Sens mécanique détectant le mouvement.
- Contrairement à l'olfaction et au goût (sens chimiques).
- Permet la sensation des sons (mouvements vibratoires de l'air).
- Transduction des ondes sonores et transmission au cortex temporal (via le thalamus) pour la perception auditive.
9.1. Ondes sonores
- Propagation rythmique de compression (haute pression) et de décompression (basse pression) du milieu (air, eau, etc., mais pas le vide).
- Caractérisées par:
- Fréquence (Hz = cycles par seconde) : basses fréquences = sons graves, hautes fréquences = sons aigus.
- Amplitude.
- Système auditif humain perçoit entre 20 Hz et 20000 Hz (20 kHz). Limite supérieure diminue avec l'âge (15 kHz vers 40 ans).
- Infrasons : fréquences < 20 Hz, peuvent provoquer une sensation de vibration via le système somesthésique.
- Ultrasons : fréquences > 20000 Hz.
- Mouvements de l'air font vibrer le tympan (membrane séparant oreille externe et moyenne).
- Tympan : tissu conjonctif dense (collagène, fibres élastiques), recouvert d'épithélium pavimenteux (externe) et en contact avec l'oreille moyenne (interne).
- Oreille moyenne : 3 osselets (marteau, enclume, étrier).
- Vibration du tympan transmise à la chaîne des osselets, puis à la fenêtre ovale (membrane séparant oreille moyenne et interne).
- Oreille interne : cochlée (tubulaire, remplie d'endolymphe).
- Cils des cellules ciliées auditives baignent dans l'endolymphe.
- Vibration de la fenêtre ovale provoque mouvements de l'endolymphe, activant les récepteurs auditifs.
9.2. Cellules ciliées
- Cellules non neuronales transformant l'information mécanique en modification du potentiel de membrane.
- Pas d'axone, pas de potentiel d'action, libèrent des neurotransmetteurs (glutamate).
- Environ 300 stéréocils (extensions contenant de l'actine) baignent dans l'endolymphe.
- Cellules ciliées sensibles au son dans l'organe de Corti (cochlée).
- Synapses avec neurones auditifs myélinisés (nerf auditif).
- Cellules ciliées sensibles aux accélérations dans le système vestibulaire (oreille interne) : organe de l'équilibre.
- Sensation d'accélérations (mouvements, gravité = graviception).
- Mécanisme commun à toutes les cellules ciliées:
- Canal cationique mécano-dépendant au sommet de chaque stéréocil.
- Stéréocils liés par cadhérines et filaments d'actine.
- Filament reliant le canal à la partie supérieure du cil adjacent.
- Cil vertical : canal partiellement ouvert.
- Mouvement de l'endolymphe déplace les stéréocils:
- Sens direct : tension du filament augmente, canal s'ouvre davantage.
- Sens opposé : canal se ferme.
- Canal perméable aux cations (sodium, potassium, calcium).
- Endolymphe riche en potassium :
- Ouverture du canal induit entrée de K+, dépolarisation.
- Dépolarisation se propage (réponse électrotonique) le long de la membrane du cil, puis du corps cellulaire.
- Ouverture de canaux calciques voltage-dépendants.
- Entrée de calcium active le système SNARE.
- Exocytose de vésicules de neurotransmetteurs (glutamate) au niveau de la synapse avec le neurone auditif.
- Neurone auditif produit un potentiel d'action.
- Mouvement vibratoire de l'air traduit par mouvement de l'endolymphe.
- Stéréocils ont mouvements alternés:
- Ouverture/fermeture alternée des canaux cationiques.
- Alternance de dépolarisation (entrée de K+) et hyperpolarisation (fermeture du canal).
- Au potentiel de repos (cil vertical) un peu de potassium entre par le canal partiellement ouvert.
- Alternance en phase avec la fréquence du son.
- Autour de 500 Hz, les fréquences de dépolarisation/repolarisation sont les mêmes que les fréquences de stimulation.
- Les cellules ciliées sont capables de se dépolariser successivement plusieurs centaines de fois par seconde, à des fréquences plus élevées que les trains de potentiels d'action.
- Codage de l’information mécanique en information électrique:
- Jusqu’à 500 Hz : courant alternatif (alternance de polarisation/dépolarisation) de même intensité que la stimulation.
- Au-delà de 500 Hz : codage aussi par courant continu.
- À partir de 2000 Hz : uniquement par courant continu.
9.3. Le réflexe stapédien
- Réflexe : stimulation afférente induit une réponse efférente du système nerveux.
- Réflexe stapédien (acoustique ou d’atténuation) : contraction du muscle de l'étrier (muscle stapédien) en réponse à un son intense.
- Rigidification de la chaîne des osselets, atténuation de l’amplitude des vibrations induites par l’oscillation du tympan.
- Muscle stapédien : muscle strié, contraction involontaire.
- Afférence du réflexe : nerf auditif (= nerf VIII).
- Efférence : nerfs faciaux (= nerfs VII) des DEUX oreilles.
- Son d’une grande intensité au niveau d’une oreille:
- Contraction bilatérale des muscles stapédiens.
- Rigidification de la chaîne des osselets des deux oreilles.
- Diminution de l’amplitude des vibrations, protection du système auditif.
- Diminution de l'oscillation de la fenêtre ovale (même fréquence, intensité réduite).
- Mouvements de l’endolymphe de même fréquence mais de moindre amplitude, son perçu moins intense.
- Surtout efficace pour les basses fréquences (sons graves).
- Dans un environnement bruyant, l’oreille reste sensible au langage verbal (hautes fréquences) mais sa sensibilité diminue aux basses fréquences.
- Se met aussi en action sans afférence lors qu’un sujet parle : s’enclenche juste avant de parler, diminue la perception des autres sons.