La connaissance de la vie
Les caractéristiques de la vie :
Le cœur de l’approche de Canguihlem “La vie est formation de forme” (La pensée et le vivant, p. 14)
“La vie c’est la création” (L’expérimentation en biologie animale, p. 49)
“La vie est expérience, c’est-à-dire improvisation, utilisation des occurrences ; elle est tentative dans tous les sens.” (Machine et Organisme, p. 152)
La vie est multiplicité : “Il y a mille et une façons de vivre” (Le normal et le pathologique, p. 206)
“Il n’y a pas de machine à faire des machines” (Machine et Organisme, p. 147)
“Le propre du vivant, c’est de se faire son milieu” (Le vivant et son milieu p. 184)
La mise en danger de la vie :
“La maladie est toujours un ensemble” (p 214)
“Une vie qui s’affirme contre, c’est déjà une vie menacée” (p 187) au contraire “Une vie saine, une vie confiante dans son existence, dans ses valeurs, c’est une vie en flexion, une vie en souplesse, presque en douceur”
Le contrôle de la nature par l’Homme :
“Il faillait d’abord que l’Homme fut conçu comme un être transcendant à la nature et à la matière pour que son droit et son devoir d’exploiter la matière, sans égards pour elle, fût affirmé. Autrement dit il fallait que l’homme fût valorisé pour que la nature fût dévalorisée” (Machine et Organisme, p. 138).
“Descartes fait pour l’animal ce qu’Aristote avait fait pour l’esclave, il le dévalorise afin de justifier l’homme de l’utiliser comme instrument” (Machine et Organisme, p. 142)
“La mécanisation de la vie, du point de vue théorique, et l'utilisation technique de l'animal sont inséparables” (Machine et Organisme, p. 142)
Homme et émerveillement :
“Tantôt l’homme s’émerveille du vivant, et tantôt, se scandalisant d’être vivant, il forge à son propre usage l’idée d’un règne séparé”
Les possibilités de l’expérimentation et de la connaissance :
“La pensée du vivant doit tenir du vivant l’idée du vivant” (La pensée et le vivant, p. 16)
“Si la connaissance est fille de la peur c’est pour la domination et l’organisation de l’expérience humaine, pour la liberté de la vie” (La pensée et le vivant, p 14)
Les formes vivantes “peuvent être saisies dans une vision, jamais dans une division” (p.14)
La distinction Umgebung / Umwelt de Uexküll dans Le vivant et son milieu
“En fait, en tant que milieu propre de comportement et de vie, le milieu des valeurs sensibles et techniques de l’homme n’a pas en soi plus de réalité que le milieu propre du cloporte ou de la souris grise” (Le vivant et son milieu, p. 196)
“Le problème de l’expérimentation sur l’homme n’est plus un simple problème technique, c’est un problème de valeurs” (L’expérimentation en biologie animale, p. 47)
“Les données sensibles sont disqualifiés, quantifiées, identifiées” (p 196)
“Si l’essai de tous les possibles, en vue de révéler le réel, est inscrit dans le code de l’expérimentation, il y a risque que la frontière entre l’expérimental et le monstrueux ne soit pas aperçue du premier coup. Car le monstrueux est un des possibles” (La monstruosité et le monstrueux, p. 233)
“Quelle lumière sommes-nous donc assurés de contempler pour déclarer aveugles tous les autres yeux que ceux de l’homme ?”
L’imaginaire et le monstrueux :
“Parce qu’ils paraissent spécifiquement équivoques, les monstres assurent le passage d’une espèce à une autre. Leur existence facilite à l’esprit la conception de la continuité” (La monstruosité et le monstrueux, p. 228).
“La vie est pauvre en monstre alors que le fantastique est un monde” (La monstruosité et le monstrueux, p. 235)
Canguilhem rapproche également par analogie son travail de celui de Foucault : “Au XIXe siècle, le fou est dans l’asile où il sert à enseigner la raison, et le monstre est dans le bocal de l’embryologiste où il sert à enseigner la norme.” (La monstruosité et le monstrueux, p. 228)
“Il s’agit d’une insurrection contre la légalité stricte imposée à la nature par la physique et la philosophie mécanistes, d’une nostalgie de l’indistinction des formes, du panpsychisme, du pansexualisme. Les monstres sont appelés à légitimer une vision intuitive de la vie où l’ordre s’efface derrière la fécondité.” (La monstruosité et le monstrueux, p. 229).