Les conflits

Guerre de 30 ans

Au XVIIᵉ siècle, les tensions entre catholiques et protestants sont très fortes en Europe, notamment au sein du Saint-Empire romain germanique, malgré la liberté religieuse que les princes y exercent depuis la Paix d’Augsbourg (1555).

Lorsque Ferdinand II (catholique de la dynastie des Habsbourg) devient empereur en 1619, il entend, avec le soutien de la branche espagnole des Habsbourg, renforcer son pouvoir face aux princes et éliminer le protestantisme du Saint-Empire. En effet, les Habsbourg, bien que solidement catholiques, se sentent menacés par la montée en puissance des princes protestants allemands, qui forment désormais la majorité des princes électeurs.

Commence alors une forte répression religieuse et une véritable guerre entre principautés catholiques, soutenant l’empereur, et principautés protestantes qui s’y opposent. Bientôt, les grandes puissances protestantes — le Danemark puis la Suède — interviennent à leur tour, à la fois par solidarité religieuse et par crainte de voir naître une vaste puissance catholique unifiée à leurs frontières. Ces puissances sont financées par… la France.

En effet, le cardinal Richelieu, bien que catholique, redoute l’encerclement de la France par les territoires des Habsbourg d’Autriche et d’Espagne. Cette politique, fondée sur la “raison d’État”, choque les catholiques d’Europe. Pour entrer dans la guerre, la France, manquant de troupes, engage des mercenaires qui ravagent les campagnes.

Malgré des débuts difficiles, la France prend l’avantage à partir de 1643, avec la victoire du duc d’Enghien à Rocroi, qui marque un tournant décisif. Cette victoire place la France en position de force pour imposer des négociations de paix à son avantage.

Ces négociations aboutissent en 1648 aux traités de Westphalie, qui mettent fin à la guerre de Trente Ans et redéfinissent durablement l’équilibre politique et religieux de l’Europe.

Guerre de 7 ans

En 1756 le conflit débute entre deux coalition : d’une part la France la Russie et l’Autriche (monarchies absolues) et d’autre part la Prusse et la Grande Bretagne (monarchies progressistes). Ces coalitions sont non seulement issues de leurs proximités de régimes, mais aussi de la naissance de tensions territoriales et économiques en Europe. Notamment entre :

  • la Prusse (qui a récemment annexé la Silésie en sortie de guerre) et l’Autriche (qui veut la récupérer)

  • La Prusse (qui monte en puissance) et la Russie (qui s’en inquiète)

  • La Grande Bretagne et la France (qui se disputent des territoires en Amérique du Nord (entre la nouvelle France et les 13 colonies anglaises de la côte est)

  • Les compagnies commerciales de Grande Bretagne et de France qui se disputent le contrôle des routes commerciales en Inde

Les combats ont lieu sur tous les continents.

Au début en Europe la Prusse de Frédéric II perd mais en 1762 la tsarine meurt et son successeur Pierre III est trop fan de Frédéric II et signe la paix avec lui. La Prusse vainc l’Autriche et voilà.

Dans les colonies la France n’a pas de flotte à envoyer pour aider ses colons et perd face à l’Angleterre.

Les traités de paix sont signés en 1763.

Guerres révolutionnaires

À la fin du XVIIIᵉ siècle, la Révolution française inquiète profondément les monarchies européennes. La chute de la monarchie en 1792 et l’exécution de Louis XVI en 1793 effraient les rois d’Europe, qui redoutent la contagion révolutionnaire dans leurs propres États. Pour les Français, au contraire, il s’agit de défendre la Révolution et d’étendre ses idéaux de liberté et d’égalité.

La France révolutionnaire, d’abord mal organisée, déclare la guerre à l’Autriche en avril 1792. Très vite, la Prusse, l’Espagne, la Grande-Bretagne et d’autres royaumes rejoignent la coalition contre la France. Envahie sur plusieurs fronts, menacée à l’intérieur par les révoltes royalistes, la République semble condamnée.

Mais la mobilisation générale décrétée en 1793 — la “levée en masse” — change la donne. Des centaines de milliers de citoyens sont enrôlés, portés par l’élan patriotique et la défense de la nation. Les armées révolutionnaires repoussent l’invasion, puis passent à l’offensive. En quelques années, elles conquièrent la Belgique, les Pays-Bas autrichiens, une partie de la Rhénanie et de l’Italie.

Sous le Directoire, la guerre devient aussi un moyen d’affirmer la puissance française et de financer la République par les conquêtes. Les généraux s’illustrent, surtout un jeune officier corse : Napoléon Bonaparte, qui remporte une série de victoires éclatantes en Italie en 1796-1797. La paix de Campo-Formio, signée avec l’Autriche, consacre la domination française sur l’Europe occidentale.

Mais la guerre contre la Grande-Bretagne reprend rapidement, notamment après l’échec de l’expédition d’Égypte. En 1802, les hostilités s’interrompent avec la paix d’Amiens, qui marque la fin des guerres révolutionnaires… et le début de l’ascension politique de Napoléon.

Guerres Napoléoniennes

Après s’être fait sacrer empereur en 1804, Napoléon Ier reprend les armes contre les puissances européennes. La Grande-Bretagne, inquiète de son influence croissante sur le continent, forme plusieurs coalitions successives avec la Russie, l’Autriche et la Prusse. Ces guerres ne sont plus seulement idéologiques : elles opposent désormais l’ambition impériale française à la volonté des autres puissances de rétablir l’équilibre en Europe.

Napoléon remporte d’abord des victoires spectaculaires : Austerlitz (1805) contre les Autrichiens et les Russes, Iéna (1806) contre la Prusse, Wagram (1809) contre l’Autriche. Grâce à ces succès, il impose sa domination sur une grande partie du continent, crée des royaumes satellites (Italie, Westphalie, Espagne…) et soumet presque toute l’Europe au “blocus continental”, destiné à asphyxier économiquement la Grande-Bretagne.

Mais la résistance s’organise. L’Espagne, envahie en 1808, s’enfonce dans une guerre de guérilla épuisante. La Russie refuse d’appliquer le blocus et, en 1812, Napoléon lance contre elle une immense armée. La campagne tourne au désastre : la retraite de Russie détruit la Grande Armée. Les puissances européennes saisissent l’occasion pour se coaliser à nouveau.

Vaincu à Leipzig (1813), Napoléon abdique en 1814 et est exilé sur l’île d’Elbe. Revenu brièvement au pouvoir lors des “Cent-Jours” en 1815, il est définitivement battu à Waterloo par les troupes britanniques et prussiennes.

Son abdication marque la fin de l’Empire et le retour de la monarchie en France. Le Congrès de Vienne (1815) redessine les frontières de l’Europe et tente de rétablir l’ordre monarchique, mettant fin à plus de vingt ans de guerres continues.

1ere GM

En 1914, l’Europe est dominée par des rivalités entre grandes puissances : d’un côté la Triple-Entente (France, Royaume-Uni, Russie) et de l’autre la Triple-Alliance (Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie). Ces alliances traduisent des tensions anciennes : la France cherche à récupérer l’Alsace-Lorraine perdue en 1871, l’Allemagne veut affirmer sa puissance sur le continent, et les empires d’Europe centrale sont fragilisés par les nationalismes.

L’étincelle a lieu en juin 1914 : l’archiduc François-Ferdinand, héritier de l’Empire austro-hongrois, est assassiné à Sarajevo par un nationaliste serbe. L’Autriche-Hongrie déclare alors la guerre à la Serbie. En quelques jours, à cause du jeu des alliances, tout le continent s’embrase : l’Allemagne soutient Vienne, la Russie soutient Belgrade, et la France et le Royaume-Uni entrent à leur tour en guerre.

Le conflit devient rapidement mondial : les colonies participent à l’effort de guerre, et les combats s’étendent au Moyen-Orient, en Afrique et sur les mers. En Europe, la guerre se fige dans les tranchées, notamment sur le front occidental. Les soldats y vivent dans des conditions épouvantables, soumis à la boue, au froid et aux bombardements constants.

À partir de 1917, le conflit bascule. La Russie, minée par la révolution, se retire de la guerre. Mais les États-Unis, jusqu’alors neutres, entrent en guerre aux côtés de l’Entente, apportant hommes, armes et ressources.

L’Allemagne, épuisée, capitule le 11 novembre 1918. Le traité de Versailles (1919) lui impose de lourdes sanctions territoriales, militaires et économiques. L’Europe sort dévastée, avec plus de 18 millions de morts et des empires effondrés (allemand, austro-hongrois, ottoman et russe). La paix, pourtant, reste fragile.

2ème GM

Vingt ans après la Première Guerre mondiale, l’Europe replonge dans un nouveau conflit encore plus meurtrier. Le traité de Versailles a humilié l’Allemagne, ruinée et politiquement instable. Dans les années 1930, Adolf Hitler prend le pouvoir et promet de restaurer la grandeur du pays. Il réarme l’Allemagne, annexe l’Autriche en 1938, puis revendique les Sudètes en Tchécoslovaquie, sans rencontrer de véritable opposition des démocraties occidentales, soucieuses d’éviter une nouvelle guerre.

Mais le 1ᵉʳ septembre 1939, l’Allemagne envahit la Pologne. Deux jours plus tard, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre au Reich. L’Europe est à nouveau en feu. En 1940, les troupes allemandes utilisent une stratégie de guerre éclair (Blitzkrieg) et envahissent la France, les Pays-Bas et la Belgique en quelques semaines. Paris tombe en juin ; la France est divisée entre la zone occupée et le régime de Vichy dirigé par le maréchal Pétain.

De 1941 à 1943, la guerre s’étend : l’Allemagne attaque l’URSS, tandis que le Japon, allié du Reich, bombarde Pearl Harbor, provoquant l’entrée en guerre des États-Unis. Le conflit devient total, mobilisant toutes les ressources humaines, économiques et scientifiques. Les civils sont directement visés : bombardements, persécutions, et surtout génocide des Juifs d’Europe, organisé par le régime nazi.

À partir de 1943, le rapport de force s’inverse : les Alliés reprennent l’avantage avec les victoires de Stalingrad et d’El Alamein. En juin 1944, le débarquement de Normandie ouvre la voie à la libération de l’Europe occidentale. L’Allemagne capitule le 8 mai 1945, suivie par le Japon après les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki.

La Seconde Guerre mondiale laisse le monde en ruines : plus de 60 millions de morts, des villes détruites, et l’Europe divisée entre États-Unis et URSS, annonçant la Guerre froide.

Guerre froide

Après 1945, le monde est dominé par deux superpuissances : les États-Unis, défenseurs de la démocratie et du capitalisme, et l’URSS, défenseur du communisme. Leurs idéologies s’opposent et divisent le monde en deux blocs.

La guerre froide ne connaît pas de combats directs entre les deux puissances, mais se manifeste par des crises et conflits indirects :

  • le blocus de Berlin (1948-49) ;

  • la guerre de Corée (1950-53) ;

  • la crise de Cuba (1962) ;

  • la guerre du Vietnam.

Les deux blocs s’affrontent aussi par la course aux armements et la conquête de l’espace. Dans les années 1970, une période de détente limite les tensions, mais elles reprennent dans les années 1980 avec la montée en puissance de Ronald Reagan et le ralentissement économique de l’URSS.

Les réformes de Gorbatchev (perestroïka et glasnost) affaiblissent le bloc soviétique. En 1989, la chute du mur de Berlin marque la fin de la division Est-Ouest, et en 1991, l’URSS disparaît, mettant un terme à la guerre froide.

1ere guerre du Golfe

En août 1990, l’Irak, dirigé par Saddam Hussein, envahit le Koweït, qu’il accuse de lui voler du pétrole et de menacer son économie déjà affaiblie après la guerre Iran-Irak (1980-1988). Cette invasion provoque un choc international et inquiète particulièrement les États-Unis, qui dépendent du pétrole du Golfe et craignent la montée en puissance de l’Irak dans la région.

Rapidement, une coalition internationale se forme sous l’égide des Nations unies, regroupant les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Arabie Saoudite et plusieurs autres pays. L’objectif est de contraindre l’Irak à se retirer du Koweït, sans viser initialement le renversement de Saddam Hussein.

Après plusieurs mois de sanctions économiques et de pressions diplomatiques, la coalition lance en janvier 1991 l’opération Tempête du Désert, une offensive aérienne massive suivie d’une offensive terrestre en février. L’armée irakienne, mal préparée et démoralisée, est rapidement vaincue. Le Koweït est libéré en moins de six semaines.

La guerre se termine officiellement en février 1991, avec une victoire nette de la coalition. Cependant, Saddam Hussein reste au pouvoir en Irak, et la région continue de connaître des tensions durables, notamment à cause des sanctions et des insurrections kurdes et chiites.

Guerre d’Irak/2nde guerre du Golfe

En mars 2003, les États-Unis et le Royaume-Uni lancent une invasion de l’Irak. Officiellement, ils accusent Saddam Hussein de posséder des armes de destruction massive et de soutenir le terrorisme international. Mais en réalité, aucune arme chimique n’est retrouvée après la guerre, et de nombreux observateurs estiment que le principal objectif des États-Unis était de contrôler le pétrole irakien et de renforcer leur influence au Moyen-Orient.

L’invasion est rapide : Bagdad tombe en avril 2003, Saddam Hussein est capturé en décembre, puis exécuté en 2006. Le régime est renversé, mais le pays sombre dans la guerre civile entre chiites, sunnites et kurdes, tandis que des groupes djihadistes profitent du chaos pour se renforcer.

Les troupes américaines restent en Irak jusqu’en 2011, laissant un pays fragilisé politiquement et économiquement, avec une instabilité qui perdure encore aujourd’hui.

Conflit Syrien

Bachar el Assad hérite du pouvoir en Syrie. Il est défié par des militants lors du printemps arabe. Les morts causés par la répression militaire de Bachar el Assad mènent à des déserteurs et à la création de l’ASL (déserteurs + militants). Le manque de soutient américain envers l’ASL face à l’intervention de l’Iran et de la Russie pro-Assad, mène à la radicalisation de membres de l’ASL, qui sont eux soutenus par le Qatar et l’Arabie Saoudite. Daech en profite pour tenter de prendre le contrôle mais est vaincu par les Kurdes et une coalition internationale.