Fondements des réseaux informatiques : notes détaillées

Définition et objectifs d’un réseau informatique

  • Définition générale
    • Ensemble d’ordinateurs, de périphériques ou d’équipements informatiques autonomes, interconnectés et situés dans un même domaine géographique.
    • Chaque élément peut envoyer/recevoir des données.
  • Objectifs fondamentaux
    • Échange d’informations à distance.
    • Évolution : d’un simple transport de données numériques (texte) → intégration voix, image, vidéo (convergence multimédia).
  • Enjeux pratiques
    • Productivité (partage de ressources).
    • Communication temps réel.
    • Centralisation ou mutualisation de services (impression, stockage, visioconférence…).

Composantes de base d’un réseau

  • Hôtes (Hosts)
    • Machines capables d’envoyer/recevoir des données.
    • Ex. : serveurs, PC, smartphones, IoT…
  • Périphériques partagés
    • Périphériques accessibles via les hôtes.
    • Ex. : imprimantes réseau, webcams, micros, scanners…
  • Périphériques réseau
    • Assurent l’interconnexion des hôtes et/ou de plusieurs réseaux.
    • Ex. : hub, switch, routeur, passerelle…
  • Support réseau (média)
    • Lien physique ou sans-fil portant le signal.
    • Câble cuivre, fibre optique, ondes radio, infrarouge, Bluetooth…

Classification des réseaux (distance & débit)

  • PAN – Personal Area Network
    • Portée : quelques cm → mètres.
    • Technologies : Bluetooth, infrarouge, NFC.
    • Exemple emblématique : oreillette Bluetooth ↔ smartphone.
  • LAN – Local Area Network
    • Portée : même bâtiment / campus (< 10km10\,km).
    • Protocoles dominants : Ethernet filaire, Wi-Fi.
    • Débits typiques : 10100Mbit!/s10 \rightarrow 100\,Mbit!/s (peuvent aujourd’hui atteindre 10Gbit!/s10\,Gbit!/s et +).
    • Usage : réseaux intra-entreprise, partage de ressources.
  • MAN – Metropolitan Area Network
    • Agrégation de plusieurs LAN dans une même ville (10–25 km).
    • Support fréquent : câble coaxial, fibre métropolitaine.
    • Débits : 1100Mbit!/s1 \rightarrow 100\,Mbit!/s.
  • WAN – Wide Area Network
    • Couverture nationale/internationale; souvent réseau d’opérateurs (Orange, Maroc Telecom…).
    • Débits historiquement faibles 50bit!/s2Mbit!/s50\,bit!/s \rightarrow 2\,Mbit!/s, aujourd’hui plusieurs Gbit/s avec MPLS, liaisons fibre sous-marines…

Bande passante vs. Débit

  • Bande passante (capacité maximale)
    • Volume maximal d’informations transférables entre deux points par unité de temps.
    • Exprimée en bit!/sbit!/s ou Mbit!/sMbit!/s.
    • Paramètre acheté auprès d’un FAI ; influence directe sur coûts & performance.
  • Débit (débit binaire effectif)
    • Quantité réelle de données transmises à un instant donné.
    • Peut aussi s’exprimer en octets / s (1octet=8bits1\,octet = 8\,bits).
    • Ex. 1octet!/s=8bit!/s\text{Ex. } 1\,\text{octet!/s} = 8\,bit!/s.
  • Facteurs influençant le débit
    • Performances des hôtes (CPU, NIC).
    • Nombre d’utilisateurs simultanés.
    • Nature/poids des données (texte vs. vidéo 4K).
    • Topologie et technologies réseau (bus, étoile, Wi-Fi, fibre…).

Formules fondamentales

  • Temps de transfert théorique (idéal)
    Ttheˊorique=Taille du fichier (bits)Bande passante (bit!/s)T_{théorique} = \dfrac{\text{Taille du fichier (bits)}}{\text{Bande passante (bit!/s)}}
  • Temps de transfert réel
    Treˊel=Taille du fichier (bits)Deˊbit mesureˊ (bit!/s)T_{réel} = \dfrac{\text{Taille du fichier (bits)}}{\text{Débit mesuré (bit!/s)}}

Exemples chiffrés

  1. Fichier de 2 Go, bande passante 2 Mbit/s
    • Taille en bits : 2×10243×8=17179869184bits2 \times 1024^3 \times 8 = 17\,179\,869\,184\,bits.
    • Temps : 1717986918420000008589.93s2h23min9s\dfrac{17\,179\,869\,184}{2\,000\,000} \approx 8\,589.93\,s \approx 2\,h\,23\,min\,9\,s.
  2. Même fichier, bande passante 0,7 Mbit/s
    • Bande passante : 700000bit!/s700\,000\,bit!/s.
    • Temps : 24542.6s6h49min2s\approx 24\,542.6\,s \approx 6\,h\,49\,min\,2\,s.

Normalisation et modèle OSI

  • Problèmes pré-norme
    • Systèmes propriétaires en couches : SNA (IBM 1974), DSA (Bull 1971), DECnet (DEC 1975).
    • Incompatibilités freinant l’interconnexion.
  • Solution : Normalisation
    • Adoption du modèle OSI (Open Systems Interconnection) par l’ISO (1978).
    • Objectif : standardiser services, protocoles, interface entre couches.
  • Organismes de normalisation (réseaux)
    1. ISO (International Organization for Standardization)
    2. ITU-T (ex CCITT)
    3. IEEE
    4. IETF / IRTF
    5. ANSI, ECMA, AFNOR, etc.

Les 7 couches du modèle OSI

CoucheUnité d’informationRôle essentiel
1. PhysiqueBitTransmission de suites de bits sur média physique ; caractéristiques mécaniques/électriques/optique.
2. Liaison de donnéesTrameTransfert fiable sur liaison directe, détection/correction d’erreurs, adressage MAC, contrôle d’accès (CSMA/CD, Token).
3. RéseauPaquetRoutage, adressage logique (IP), fragmentation/réassemblage.
4. TransportSegmentTransport de bout-en-bout, QoS, contrôle d’ordre et d’intégrité (TCP/UDP).
5. SessionDonnéesOuverture/fermeture de session, synchronisation, gestion du dialogue.
6. PrésentationDonnéesSyntaxe des données : encodage, chiffrement, compression.
7. ApplicationDonnéesServices applicatifs (HTTP, SMTP, FTP, …).

Vision « traitement » vs « communication »

  • Couches 5–7 : « Mise en forme / orientées traitement ».
  • Couches 1–4 : « Transport / orientées communication ».

Fonctionnement interne : PDU, SDU, PCI & Encapsulation

  • PDU (Protocol Data Unit) : unité échangée horizontalement entre entités homologues d’une même couche.
  • N-SDU (Service Data Unit) : données reçues du niveau supérieur (N+1)(N+1).
  • N-PCI (Protocol Control Information) : entête/contrôle ajouté par la couche NN.
  • N-PDU : N-PDU=N-PCI+N-SDU\text{N-PDU} = \text{N-PCI} + \text{N-SDU}.
  • Encapsulation : chaque couche ajoute son PCI avant de passer les données à la couche inférieure.
  • Désencapsulation : chemin inverse côté récepteur.

Services, protocoles et SAP

  • Service (N) : actions offertes verticalement par la couche NN à N+1N+1.
  • Protocole (N) : règles permettant la communication horizontale entre deux mêmes couches NN.
  • SAP (Service Access Point) : point d’accès où N+1N+1 invoque les services de NN.

Exemples de protocoles par couche

  • Application : DNS, BOOTP, DHCP, SMTP, POP, FTP, TFTP, HTTP, Telnet, SSH, SNMP…
  • Transport : TCP, UDP.
  • Réseau : IP, ICMP, IGMP, NAT, RIP, OSPF, EIGRP, BGP…
  • Liaison : Ethernet, Token-Ring, PPP, HDLC, ATM, ARP, RARP…

Implications pratiques & perspectives

  • Choix de la bande passante influence directement le coût opérationnel.
  • Optimiser la topologie et les protocoles (QoS, compression) permet de réduire la latence et améliorer l’expérience utilisateur.
  • Compréhension du modèle OSI facilite :
    • Dépannage (couche par couche).
    • Conception de réseaux évolutifs et interopérables.
  • Tendance actuelle : virtualisation, SDN, IPv6 → nécessite toujours l’approche en couches pour rester compatible & modulable.