ADULTE

N'est-ce pas contradictoire de parler du développement de l'adulte ? Un adulte n'a-t’ il pas atteint son maximum en termes de changements, de transformations ? Son développement n'est-il pas terminé ?


Sans doute y a-t’ il eut ce discours à un moment donné, tant les travaux en psychologie du développement se sont centrés sur l'enfant et l'adolescent, mais aujourd'hui, de plus en plus de travaux montrent que l'adulte est aussi un être en développement, et que le développement n'est jamais achevé !


Ainsi à l'âge adulte, il y a tout un ensemble de "transitions" importantes qui peuvent être sources de développement potentiel : quitter l'univers de l'étudiant, entrer dans la vie professionnelle, devenir parent…


Ainsi, être étudiant ou entrer dans la vie étudiante a été analysé comme un passage. Ce sont des changements sur les plans intellectuel et social… mais c'est aussi rencontrer une nouvelle culture scolaire, ou un nouveau statut social. Bref, c'est une transformation des modes de vie et donc une transformation de l'identité.
Entrer à l'université c'est à la fois une rupture avec la vie d'avant et beaucoup d'efforts pour construire de nouveaux repères et de nouveaux liens sociaux.


De nombreux travaux en psychologie du développement et de l'éducation vont essayer de comprendre les conditions pour apprendre et se développer en tant que personne à différents moments de la vie : quand on est professionnel, quand on perd son emploi, quand on devient  étudiant, quand on devient parent,...


Les chercheurs se sont intéressés à la transition « devenir parent ». Dans cette perspective, une étude a montré que choisir un prénom pour son enfant peut être, selon les ressources culturelles mobilisées, source d'un développement identitaire, social pour le couple et chacun des deux individus qui le compose.
Mais il se peut aussi que le choix du prénom n'engendre pas un tel développement de soi. Ce n'est pas l'événement en lui-même qui engendre de façon quasi-systématique un développement mais bien les façons dont les personnes se saisissent à la fois de leur histoire familiale, personnelle et des ressources culturelles pour entrer dans ce nouveau statut de parents. Par exemple utiliser un roman historique et choisir le prénom d'un personnage historique pour nommer son enfant, entreprendre son arbre généalogique et se questionner sur les ancêtres, sur ses ancêtres et leurs prénoms.


Ce type de recherche conduit à la fois à s'interroger sur comment les personnes s'y prennent-elles pour choisir un prénom pour leur enfant : Est-ce parce que cela sonne bien? Est-ce parce que la grand-mère ou le grand-père portait ce prénom? Ou bien, est-ce qu’en cherchant dans leur histoire et celle de leur conjoint, ils ont trouvé un prénom commun ? Est-ce que, par exemple, ce prénom leur rappelle un lieu qu’ils affectionnent particulièrement comme « Athena », par exemple, ou bien est-ce une passion commune, en lien avec la mer quand on prénomme son enfant « Océane »…


Il y a de multiples façons d'y arriver et certaines conduisent à un questionnement sur son origine, sur son identité sur ce futur à construire ensemble.
Prénommer un enfant c'est donc tout un programme !