Le Second Empire
Établissement et fondation du régime impérial (1851-1852)
Le coup d'État du 2 décembre 1851 :
Louis Napoléon Bonaparte prend l'initiative de dissoudre l'Assemblée Nationale.
À compter de cette date, le pouvoir est concentré entre les mains de Louis Napoléon Bonaparte, qui choisit désormais de gouverner par décrets.
La légitimation par plébiscite du 20 décembre 1851 :
Le coup d'État est soumis à la ratification populaire par le biais d'un plébiscite national.
Le résultat consacre le succès de l'opération politique : de voix favorables (« oui »), voix défavorables (« non »), et d'abstentions.
La proclamation du Second Empire le 2 décembre 1852 :
Un an jour pour jour après le coup d'État, le Second Empire est officiellement proclamé, également approuvé par plébiscite.
Louis Napoléon Bonaparte prend le titre officiel de Napoléon III, empereur des Français.
Vie intellectuelle, production littéraire et censure étatique
L'opposition littéraire en exil (1853) :
Victor Hugo publie son recueil poétique Les Châtiments, dans lequel il attaque vigoureusement le nouveau régime impérial.
L'auteur tourne l'empereur en dérision en le désignant sous la formule satirique de « Napoléon le petit ».
La censure d'œuvres majeures (1856) :
Parution et censure judiciaire du roman Madame Bovary de Gustave Flaubert pour outrage à la morale publique et religieuse.
Le recueil poétique Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire subit également la censure étatique sous les mêmes motifs.
Publication des Misérables (1862) :
Victor Hugo fait paraître son œuvre majeure Les Misérables, fresque sociale engagée au rayonnement retentissant.
Modernisation urbaine, mutations économiques et grands travaux
Révolution du commerce de détail (1852) :
Aristide Boucicaut crée Le Bon Marché, reconnu comme le tout premier grand magasin moderne à Paris, inaugurant un nouveau modèle économique de distribution.
Transformations urbaines de la capitale (1853) :
Georges Eugène Haussmann est nommé au poste stratégique de préfet de la Seine.
Cette nomination marque le lancement des chantiers de modernisation et des grands travaux d'urbanisme à Paris (percement des grands boulevards, assainissement, réaménagement de l'espace public).
Tournant économique libéral et ouverture commerciale (1860) :
Signature d'un accord bilatéral de libre-échange avec l'Angleterre, concrétisant l'orientation économique libérale et modernisatrice portée par le régime.
Projets d'envergure internationale (1869) :
Inauguration officielle du canal de Suez en Égypte, présidée par l'impératrice Eugénie, illustrant le rôle et le prestige de la France à l'échelle mondiale.
Évolution des institutions intérieures : De la répression autoritaire à la libéralisation
Répression politique accrue (1858) :
Adoption et vote de la loi de sûreté générale.
Cette législation permet aux autorités d'infliger l'emprisonnement ou la relégation en exil sans jugement préalable à l'encontre de tout individu considéré comme suspect politique.
Concessions sociales aux classes populaires (1864) :
Octroi officiel de l'autorisation du droit de grève au bénéfice des ouvriers.
Suppression légale du délit de coalition, marquant une rupture majeure dans l'histoire des droits des travailleurs en France.
Réformes libérales et institutionnelles (1867) :
Napoléon III fait une annonce impériale formalisant une série de réformes d'ouverture politique.
Rétablissement de la liberté de réunion publique.
Réorganisation complète de l'armée française et de ses modes de recrutement.
Montée des oppositions politiques et concessions parlementaires (1869) :
Lors des élections législatives, les forces d'opposition remportent près de des suffrages exprimés.
Face à cette progression électorale, Napoléon III octroie de nouvelles prérogatives et concessions constitutionnelles au Corps législatif.
La période voit une prolifération et une floraison sans précédent de titres de journaux républicains et socialistes.
Le plébiscite réformateur de 1870 :
Un plébiscite national est organisé afin de faire valider par le peuple l'ensemble des réformes libérales appliquées depuis 1860.
Le résultat témoigne d'un large assentiment : des Français votent en faveur des réformes.
Politique extérieure, expansion territoriale et chute du régime (1859-1870)
La campagne d'Italie (1859) :
Déclenchement des hostilités militaires dans la péninsule italienne.
Les armées françaises et piémontaises remportent les batailles décisives de Magenta et de Solferino contre les troupes autrichiennes.
L'Empire d'Autriche est défait et perd la guerre face à la coalition.
Agrandissement territorial national (1860) :
À l'issue d'un plébiscite populaire favorable, les territoires de Nice et de la Savoie sont officiellement rattachés à la France et deviennent français.
La guerre franco-prussienne et la fin de l'Empire (1870) :
Juillet 1870 : La France formule une déclaration de guerre formelle contre la Prusse.
2 septembre 1870 : Les forces françaises sont encerclées lors du siège de Sedan ; la capitulation militaire est prononcée, aboutissant à la reddition de Napoléon III.
4 septembre 1870 : Conséquence directe de la capture de l'Empereur à Sedan, la déchéance de la dynastie bonapartiste est actée et la Troisième République est officiellement proclamée.