RI-C7
Guerres Civiles, Terrorisme et Sécurité Collective : Analyse de la 4ème Guerre du Golfe
Introduction et Cadre de la Session
Contexte de la session : Il s'agit de la septième session du cours, portant principalement sur les thématiques des guerres civiles, du terrorisme et des mécanismes de sécurité collective.
Actualité internationale : Le cours débute par une analyse de la situation conflictuelle entre les États-Unis, Israël et l'Iran, qualifiée par certains de « quatrième guerre du Golfe ».
Objectif pédagogique : Utiliser les outils théoriques développés durant les semaines précédentes pour comprendre les dynamiques, les enjeux et les interactions du conflit actuel.
Rappel administratif important : L'inscription aux examens doit impérativement se faire dans les délais impartis. L'absence d'inscription empêche toute participation aux épreuves.
Étude de Cas : Le Conflit États-Unis, Israël et l'Iran
Analyse des Acteurs en Présence : * Acteurs principaux : D'un côté, le bloc constitué par les États-Unis et Israël ; de l'autre, l'Iran. * Acteurs secondaires (Bloc Occidental/Alliés) : Les monarchies sunnites du Golfe, les États européens (France, Royaume-Uni, Grèce) ayant aidé à intercepter des drones et missiles. * Acteurs satellites de l'Iran : Le Hezbollah au Liban (très actif), le Hamas, les Houthis (relativement calmes ouvertement pour l'instant), et les milices pro-iraniennes en Irak. * Acteurs stratégiques mondiaux : La Russie (soutien stratégique et renseignement à l'Iran) et la Chine (position ambiguë, préoccupée par les répercussions à long terme sur Taïwan).
Intérêts et Motivations des États-Unis (sous l'administration Trump) : * Objectifs politiques : Renversement du régime iranien (justifié par des massacres d'opposants), désarmement de la menace nucléaire et arrêt du soutien aux groupes satellites. * Facteurs personnels et médiatiques : Pour Trump, l'intérêt est aussi lié à l'image télévisuelle et à la valorisation personnelle (exemple cité de l'intervention au Venezuela). * Incohérence tactique : Les revendications changent fréquemment (reddition inconditionnelle vendredi, fin de la menace nucléaire le lendemain), contrairement à la préparation de la guerre en Irak où les arguments sur les armes de destruction massive étaient constants.
Intérêts et Stratégies de l'Iran : * Survie du régime : Priorité absolue. * Dissuasion : Utilisation du programme nucléaire et des capacités non nucléaires. * Influence régionale : Maintien de ses alliés (Hezbollah, Houthis) comme moyens de pression. * Intégrité territoriale : Protection directe du sol iranien.
Actions Engagées et Interaction Stratégique : * Actions Américaines/Israéliennes : Assassinat de leaders politiques iraniens, frappes intenses sur les capacités balistiques et nucléaires, destruction d'infrastructures économiques (pétrole, aéroports), soutien aux rebelles Kurdes et Balouchi (Pakistan). * Actions Iraniennes : Refus de négocier, escalade régionale par drones/missiles, fermeture du détroit d'Ormuz (provoquant une hausse du cours du pétrole de ). * Le « Jeu de la Poule Mouillée » (Game of Chicken) : Cette interaction est une lutte de détermination (resolve). Chaque acteur cherche à démontrer qu'il ne cédera pas pour forcer l'autre à reculer. * Le dilemme de l'invasion : Les États-Unis veulent éviter une invasion terrestre car le coût d'occupation d'un pays de d'habitants est prohibitif et l'opinion publique américaine y est opposée. * Conséquences économiques mondiales : Le prix du baril est passé de à en une semaine. Les billets d'avion Genève-New York ont grimpé de à .
La Sécurité Collective
Définition : Organisations visant à favoriser la coopération et à prévenir les agressions en postulant que tous les membres ont un intérêt commun à la paix (ex: ONU, OSCE).
Différence avec les Alliances : * Alliances : Logique de « biens privés » (protection réservée aux membres). Nécessitent crédibilité, communication publique et contrôle des alliés. * Sécurité Collective : Logique de « biens publics ». Problème de l'action collective (incitation au « passager clandestin » ou free-riding).
Le Conseil de Sécurité des Nations Unies (CSNU) : * Composition : membres ( permanents avec droit de veto, élus pour ans). * Prise de décision : Nécessite au moins votes favorables et aucun veto des membres permanents. * Opérations d'imposition de la paix : Sanctionner l'usage de la force entre parties n'ayant pas accepté d'arrêter les combats (ex: Corée , Golfe , Libye). * Opérations de maintien de la paix : Déploiement de Casques bleus pour surveiller un cessez-le-feu et résoudre les problèmes d'engagement crédible et d'accès à l'information. * Efficacité empirique : Les missions de maintien de la paix réduisent le risque de reprise de conflit de entre États et de lors des guerres civiles. * Marginalisation actuelle : La perte de crédibilité de l'ONU, notamment face aux puissances comme les États-Unis, limite ses capacités de stabilisation future.
Analyse des Guerres Civiles
Définition et Seuils : * Conflit armé : Usage organisé de la force militaire par au moins deux parties. * Conflit interne : Minimum par année. * Guerre civile : Conflit intermédiaire ou majeur causant au moins (battle deaths). * Conflit internationalisé : Guerre civile impliquant l'intervention d'États tiers (ex: Vietnam, Afghanistan).
Causes et Motivations (Grief vs Greed) : 1. Frustrations (Grief) : Inégalités économiques, politiques (exclusion du pouvoir) ou sociales. On distingue les inégalités verticales (entre individus) et horizontales (entre groupes ethniques/religieux). 2. Avidité (Greed) : Désir de capture de gains ou de ressources naturelles (diamants, or, pétrole, terres rares, cuivre au Katanga en ).
Facteurs Favorisant l'Émergence d'une Rébellion : * Facteurs liés au groupe : L'identité ethnique ou religieuse facilite la mobilisation car elle est « ascriptive » (visible et collante) et renforce la confiance. * Facteurs étatiques : Les « anocraties » (régimes hybrides peu démocratiques mais faiblement répressifs) sont plus instables. La pauvreté réduit le coût d'opportunité des combattants et affaiblit la capacité bureaucratique/militaire de l'État. * Facteurs géographiques : Territoires larges, montagneux, forestiers ou avec un arrière-pays peu peuplé (ex: Mali, Myanmar). * Facteurs internationaux : Soutien étranger (armes, sanctuaires) et risque de contagion (« bad neighbor »).
Pourquoi l'échec des compromis ? : * Information incomplète : Les rebelles se cachent ; l'État peine à évaluer le risque réel. * Engagement crédible : Peur des rebelles que l'État ne les élimine une fois les armes déposées. * Indivisibilité des enjeux : Problème de partition territoriale ou crainte d'une réaction en chaîne (exemple de l'ex-Yougoslavie).
Le Terrorisme
Définition : Menace ou usage prémédité de la violence contre des non-combattants par des individus ou groupes subnationaux pour atteindre un objectif politique en intimidant un public plus large.
Caractéristiques : * Action stratégique : La cible physique (civils) n'est pas la cible politique (l'État) que l'on veut faire fléchir. * Notion contestée : « Terroriste » pour l'un est « libérateur » pour l'autre (ex: Fidel Castro). * Asymétrie : Les groupes sont petits, organisés en cellules secrètes et autonomes à cause de leur faiblesse militaire et du peu de soutien pour leurs intérêts extrémistes. * Rationalité : Bien que les objectifs soient extrêmes, le choix des méthodes pour les atteindre suit une logique stratégique (rationalité des moyens, pas des fins).
Questions & Discussion
Question sur la rationalité des terroristes : Pourquoi les considère-t-on comme rationnels malgré l'aspect aléatoire des cibles ?
Réponse : La rationalité ne concerne pas la moralité des buts, mais l'adéquation entre les méthodes et les objectifs fixés. L'utilisation de la violence contre les civils vise spécifiquement à compenser une faiblesse numérique et militaire extrême face à l'État.
Question sur le "Jeu du Chicken" : Est-ce que cela s'applique toujours aux relations internationales ?
Réponse : C'est particulièrement utile dans les situations d'information incomplète où les acteurs testent mutuellement leur détermination au risque d'une catastrophe finale.
Remarque sur la marginalisation de l'ONU : Un étudiant a soulevé l'impact de cette marginalisation sur l'avenir des missions de paix. Le professeur confirme que cela rend les missions plus difficiles à l'avenir.