Ch 1 - La Méditerranée antique

A – Le monde grec en Méditerranée

1. Les cités grecques

• Depuis le VIIIème siècle avant J.-C., La Grèce est divisée en petits Etats

indépendants les uns des autres, les cités.

• Entre le VIIIème et le VIème siècle avant J.-C., des Grecs quittent leur cité

et vont en fonder de nouvelles sur les rives de la Méditerranée et autour

de la mer noire. Ils partent en général parce qu’ils sont trop pauvres ou

en désaccord avec leur gouvernement.

• Les cités ont des régimes politiques différents : oligarchie, tyrannie,

démocratie. Elle se font souvent la guerre pour agrandir leurs territoires.

Vers 500 avant J.-C., les cités les plus puissantes sont Athènes, Sparte et

Thèbes.

2. Une unité culturelle et religieuse

• Si les Grecs sont divisés politiquement, ils partagent une même culture :

la langue et l’alphabet grec, ainsi qu’une œuvre : L’iliade et l’odyssée.

• Les grecs partagent également une même religion. Ils honorent les mêmes

dieux (Zeux, Apollon, Athéna..) et pratiquent les mêmes rites (sacrifices,

processions). Ils se retrouvent à date régulière dans les grands sanctuaires

panhelléniques pour participer à des jeux sportifs (jeux d’Olympie).

B – Athènes : un empire et une démocratie

1. La fondation d’un empire maritime

• Au début du Vème siècle avant J.-C., les Perses envahissent la Grèce. Ils

sont repoussés par Athènes et ses alliées lors des guerres médiques :

- à Marathon en 490 avant J.-C.

- à Salamine en 480 avant J.-C.

- à Platées en 479 avant J.-C.

• Après ces victoires, Athènes jouit d’un prestige incomparable en Grèce.

Athènes forme alors avec les cités de la mer Egée une association appelée

Ligue de Délos (478 avant J.-C.) pour défendre la Grèce contre les Perses.

Chaque cité lui fournit des navires ou un financement pour équiper une

flotte de guerre capable de résister à une nouvelle invasion perse. Mais

très vite Athènes utilise à son profit le trésor de la ligue et établit da

domination sur les cités de l’alliance (en imposant notamment sa

monnaie, ses poids et mesures), formant ainsi un empire.

• Athènes développe son commerce avec son empire à partir de son port

du Pirée. Elle vend son huile, ses céramiques et son vin. Elle achète le blé

dont elle manque.

2. Périclès et la démocratie athénienne

• À Athènes, les citoyens sont les hommes âgés de plus de 18 ans, nés de

parents athéniens et ayant fait leur service militaire, l’éphébie. Eux seuls

peuvent posséder des terres, et participer aux élections politiques. Les

femmes n’ont pas de droits politiques, ni les métèques, qui doivent payer

une taxe de résidence. Les esclaves, très nombreux, appartiennent à des

particuliers ou à la cité et n’ont aucun droit.

• Au Vème siècle avant J.-C., le régime politique athénien est une

démocratie, ce qui signifie que le gouvernement est aux mains de

l’ensemble des citoyens. Ceux-ci votent les décisions et choisissent les

magistrats qui gouvernent la cité.

L’Ecclésia (l’assemblée des citoyens) se réunit plusieurs fois par mois sur

une colline, la Pnyx, pour voter les lois. Tous les ans, elle élit ou tire au sort

les magistrats qui gouvernent la cité ainsi que les juges de l’Héliée et les

membres de la Boulè qui préparent les lois. Les citoyens peuvent bannir

de la cité ceux qui risquent de mettre en danger la démocratie en votant

l’ostracisme.

• La démocratie a été renforcée par Périclès (495-429 avant J.-C.). Il a été

plus de trente fois stratège de 461 à 429 avant J.-C. Le stratège Périclès

utilise ainsi les richesses de l’Empire pour satisfaire le peuple athénien et

lui permettre de mieux participer à la vie politique. Il donne du travail aux

citoyens en faisant reconstruire les temples de l’Acropole. Il offre aussi

l’entrée gratuite au théâtre ou distribue des terres dans l’Empire. Il

instaure le misthos, une somme d’argent accordée aux citoyens qui sont

magistrats ou juges, pour permettre aux pauvres de participer à la vie

politique. Ainsi le régime démocratique est apprécié et renforcé grâce aux

ressources de l’Empire.

C – Des richesses pour toujours

1. Les temples et les sculptures grecs

• À Athènes, Périclès fait reconstruire les temples de l’Acropole qui ont été

incendiés par les Perses lors des guerres médiques. Le Parthénon, réalisé

par Callicratès et Ictinos, appartient à l’ordre dorique. Sur le haut du mur

intérieur la frise des Panathénées de près de 160 mètres réalisées par

Phidias, représente la procession qui avait lieu tous les quatre ans vers

l’Acropole. Le petit temple d’Athéna Nikè (victorieuse) appartient à l’ordre

ionique. Chaque cité a ses temples qui ont laissé des vestiges sur les bords

de la Méditerranée.

• Les Grecs ornent les temples ou les places de nombreuses sculptures. Ce

sont des dieux, des héros ou de simples mortels. Il s’agit surtout de

représenter le corps humain.

2 – L’héritage de la pensée grecque

• Les Grecs ont inventé le théâtre en l’honneur du dieu Dionysos. Au Vème

siècle à Athènes les représentations théâtrales ont lieu en plein air lors des

fêtes qui lui sont consacrées. On joue des tragédies ou des comédies. Les

grands auteurs sont Eschyle, Sophocle, et Euripide pour les tragédies,

Aristophane pour les comédies.

• Les Grecs sont aussi à l’origine d’une pensée plus rationnelle que celle des

civilisations qui les précèdent. Ils ont créé la philosophie, l’histoire, et fait

progresser les sciences. Les philosophes essaient de comprendre l’homme

et le monde. Les plus célèbres sont Socrate, Platon (Vème siècle avant J.-

C.) et Aristote (VIème siècle avant J.-C.). Les Grecs ont aussi inventé les

mathématiques, en particulier la géométrie (Pythagore, Euclide). En

médecine, Hippocrate est le premier à affirmer que toutes les maladies

sont naturelles et que les dieux n’en sont pas responsables.

Hérodote (480-425 avant J.-C.) peut-être considéré comme le père de

l’histoire mais dans ses récits les détails légendaires ou merveilleux

tiennent encore une grande place. Thucydide (465-395 avant J.-C.)

recherche la vérité historique en croisant les informations et les

témoignages.

A – Rome à la conquête d’un Empire

1. La République romaine

Comment s’organise le régime républicain à partir du IIIème siècle avant J.-C ?

• Rome est une cité latine du centre de l’Italie. En 509 avant J.-C., ses

habitants chassent le roi étrusque qui gouvernait la ville et instaurent une

République. Dans un premier temps, seules les vieilles familles romaines,

les patriciens, exercent le pouvoir. Mais le petit peuple de Rome, les

plébéins, obtiennent progressivement l’égalité des droits politiques.

• Ainsi les institutions politiques de la République évoluent pour se fixer au

IIIème siècle avant J.-C. Les citoyens réunis en comices votent les lois, et

élisent les magistrats qui dirigent la cité. Le Sénat, composé d’anciens

magistrats contrôle les dépenses, dirige la politique extérieure et surveille

l’action des magistrats.

Le République n’est pas une démocratie, ce sont les comices des riches qui

sont prioritaires lors des votes et les magistratures les plus élevées ainsi

que le Sénat sont aux mains des familles les plus riches.

• Le principal lieu de la République est le forum romain, avec des bâtiments

à fonctions politiques, religieuses, commerciales. C’est l’endroit où ont

lieu les campagnes électorales qui reposent sur la flatterie, l’apparence et

la constitution d’une clientèle.

2. Les conquêtes romaines et les guerres civiles

Quelles sont les grandes étapes de cette conquête de la Méditerranée ? Quelle

en est la conséquence politique au 1er siècle avant J.-C. ?

• Au début de la République, les romains font la conquête de l’Italie. Au

IIIème siècle avant J.-C., ils occupent toute la péninsule. Puis ils affrontent

Carthage, qui dominait l’Afrique du Nord, au cours de trois guerres

puniques, de 264 à 146 avant J.-C.

Après leur victoire, ils se lancent à l’assaut du bassin méditerranéen.

• Après leur victoire contre Carthage, les Romains font la conquête

progressive du bassin méditerranéen. De 58 à 52 avant J.-C/, Jules César

s’empare de toute la Gaule après avoir battu Vercingétorix à Alésia en 52

avant J.-C.

• Au cours du Ier siècle, soutenus par leurs légions, les généraux victorieux

se disputent le pouvoir lors des guerres civiles. En 49 avant J.C., après sa

victoire en Gaule, César l’emporte contre Pompée et prend le pouvoir à

Rome. Mais le 15 mars 44, il est assassiné par des républicains qui

craignent le retour de la monarchie.

3. Octave fonde un nouveau régime : l’Empire (Octave Auguste et la naissance

de l’Empire romain)

• Après la mort de César, son fils adoptif, Octave, l’emporte contre son rival,

Antoine, qu’il bat à Actium en 31 avant J.-C.

• Devenu seul maître, il fonde un nouveau régime, le Principat ou Empire en

27 avant J.-C. Il reçoit du Sénat le titre d’Auguste qui lui donne un

caractère sacré. Il se fait octroyer par le Sénat des magistratures et des

titres qui lui donnent des pouvoirs politique, militaire et religieux. A sa

mort, il est divinisé et son fils adoptif, Tibère, lui succède.

• Les successeurs d’Auguste s’appuient sur une administration impériale de

plus en plus étoffée. Par ailleurs, ils instituent un culte impérial à Auguste

et à Rome dans les provinces.

B – La Méditerranée romaine

1. La paix romaine favorise les échanges

Comment la domination romaine favorise-t-elle la prospérité et les échanges

dans le bassin méditerranéen ?

• Jusqu’au début du IIème siècle, les empereurs agrandissent l’Empire mais

ensuite ils cherchent surtout à le protéger des barbares. Les légions sont

déployées près du limes et là où il n’y a pas de limites naturelles, le limes

est fortifié. L’Empire est composé de provinces placées sous l’autorité de

gouverneurs nommés par l’empereur ou par le sénat. Les provinciaux

paient de lourds impôts mais Rome assure la paix et la sécurité et laisse

aux cités une large autonomie de gestion.

• Le commerce se développe dans l’Empire. Les marchandises sont

transportées par les voies fluviales et maritimes mais les empereurs font

aussi construire des voies romaines, qui facilitent les déplacements des

légions et des marchands. Les échanges mettent en contact les différentes

provinces mais aussi la Méditerranée avec l’Asie orientale (Inde, Chine) et

l’Afrique subsaharienne. Des Romains et des pérégrins créent de grands

domaines agricoles, les villae, dont la production est en partie vendue.

2. Une romanisation incomplète des populations

Quelles empreintes ont laissé les villes romaines autour de la Méditerranée ?

Quelles sont les formes et les limites de la romanisation ?

• Dans les territoires conquis, Rome fonde de nouvelles villes, surtout en

Occident et en Afrique du Nord et les autres se développent. On y

construit des lieux et monuments romains (forum, amphithéâtre,

cirque...) et elles sont administrées par des magistrats élus et un sénat

composé d’anciens magistrats, comme à Rome.

• Les populations des villes se romanisent. Elles utilisent la langue latine

(tout en conservant leur langue locale), adoptent les loisirs ou le mode de

vie des Romains.

• Mais la romanisation est plus faible dans les campagnes et les régions peu

urbanisées. En Orient, où les villes sont anciennes, la culture et la langue

grecque se maintiennent et le grec est la langue administrative officielle à

côté du latin.

• Avec l’assimilation des provinciaux, la citoyenneté romaine se répand. Les

empereurs l’accordent aux pérégrins les plus méritants, puis au IIème

siècle, ils la donnent à des cités entières. Enfin, elle est octroyée à tous les

hommes libres de l’Empire par l’édit de Caracalla en 212.